MAI




MAI




De pareil à moy point n’aura
En trestoute ceste assemblée,
Car qui bien nommer me saura,
Je suis le franc roy de l’année.
Je suis le may par qui parée
Est mainte belle damoiselle,
Et en mon temps fut approuvée
Des docteurs toute la querelle.

(Le Khalendrier des bergers)



MAI- Semaine 1- Jour 1 - US et COUTUMES

Au premier jour de mai la pluie,
Les coings, Madame sont cueillis.

LE PREMIER MAI

Dans le ciel du mois de mai, on voit passer les Pléïades qui annoncent le retour des beaux jours. Elles étaient sept nymphes, filles d’Atlas et de Pléione.
Electre, Taygète, Stérope, Mérope, Alcyone, Séléno et Maïa étaient poursuivies par Orion le chasseur .Pour les sauver, Zeus les change en étoiles. Mais Orion, changé a son tour en étoile continue la poursuite.
Maïa, devenue déesse de la terre et de la fécondité a donné son nom au cinquième mois de l’année.

Il entre au son des cloches dans la première nuit de mai parfumée de muguet. Ce carillon voudrait éloigner sorcières et sorciers qui, dès la première heure, courent par les bois et les champs. Ils vont tout nus se rouler dans la rosée qui est excellente pour la peau. Si vous ne craignez ni les sorciers ni ceux qui les pourchassent, vous pouvez en faire autant. La rosée fait passer la gale et l’acné, guérit des dartres, de la phtisie et des goitres ; elle fait pâlir les taches de rousseur et blanchit le linge marqué de rouille. Elle fait aussi revenir les amoureux volages.
On dit qu’en 1515, Catherine d’Aragon se fit accompagner de vingt-cinq dames d’honneur pour aller à l’aube dans ses jardins, prendre la rosée.
Certains sorciers recueillent la rosée dans des barattes que les bretons nomment « ribottes » ; ils versent leur récolte dans les abreuvoirs des vaches pour faire tourner leur lait.
En revanche, en Poitou-Charentes, et en Sologne, sortir le troupeau à l’aube du premier mai et quel que soit le temps, le garde en bonne santé et le préserve des maladies mortelles et accidents qui pourraient survenir dans le mois.
Le lait du premier mai a des vertus remarquables : il procure force et vigueur. C’est que les vaches ont brouté l’herbe imprégnée de rosée magique. Il faut aller le boire, ce lait, de bon matin dans les fermes. On vous l’offrira volontiers et la doyenne de la maison trempera dans votre bol un sarment de vigne qu’elle sucera.  Puis elle souhaitera à tous les présents du bonheur pour l’année. Vous garderez le sarment. Si effectivement l’année se passe bien, vous le nouerez à un ruban sur lequel vous aurez brodé  la date et vous garderez le tout comme porte bonheur. Dans le cas contraire, il faudra le brûler.
Sachez que le serein, la rosée du soir, a les mêmes vertus.

Au temps des  anciens Germains,  montées sur leurs manches à balais, les sorcières se rendaient à leur rendez-vous annuel, pendant la nuit du 30 avril au premier mai, sur la montagne du Blocksberg, la plus haute du massif du Hartz. Saint Boniface envoya une jeune anglaise nommée Walburge mettre fin à ce Sabbat. Elle fut canonisée sans pour autant y avoir changé grand-chose puisque en sa mémoire cette nuit fut nommée la nuit de Walpurgis.


La nuit du premier mai est partout une nuit magique ; les jeunes américaines qui déposeront un mouchoir sur un buisson y verront le lendemain inscrit en lettre de rosée le nom de leur amoureux. Avant de les épouser, ces jeunes gens iront chercher les pots remplis d’or qui se trouvent dans les ruisseaux ou au pied d’un arc-en-ciel. Leurs dirigeants, pragmatiques et qui croient aux vertus du travail,  plutôt que d’aller patauger dans l’eau fraîche,  ont inventé, le I° mai 1886, la Fête du Travail. Idée que reprirent les socialistes lors d’un congrès international qui s’est tenu à Paris peu après.



MAI - Semaine 1 – Jour 2 - CONTE


Ne se marient en Mai
Que les fous et les égarés

Lucas et les Sorcières

En allant à, Chennevières, on passe devant la Lucazière ; dans le champ qui sépare la ferme de la route, on peut voir deux grosses pierres. Pas en été parce que les blés les cachent mais la moisson finie et jusqu’au printemps suivant, on peut aller s’asseoir dessus et méditer un moment. On repart plein d’énergie nouvelle, c’est ce que dit la tradition.
Elle dit aussi qu’il y a bien longtemps, au temps des religions anciennes se dressait là une forêt, la grande forêt des Carnutes ; dans cette forêt une clairière et au milieu de la clairière, les pierres, sous un pommier sauvage.
Un garçon du hameau voisin y venait chaque jour chanter et jouer de la flûte ; un flûte qu’il avait inventée et qui avait le don d’attirer à lui toutes les créatures qui vivaient dans les parages. Sa musique possédait un charme tel qu’on pouvait voir dans la clairière la biche auprès du loup et le lièvre sans méfiance blotti contre le renard ; tous les oiseaux du voisinage rivalisaient de trilles avec la flûte magique.
Il se nommait Lucas,  il grandissait et prenait l’âge d’être berger, mais les vaches de son père l’inspiraient moins que les oiseaux des bois ;  aussi, tôt le matin, avant qu’on ait pu mettre la main sur lui, il sifflait son chien et se sauvait dans les chemins.
Pour remplacer sa mère morte en lui donnant le jour, une chèvre l’avait nourri ; il l’avait tant aimée, il avait tant pleuré sa mort, que pour le consoler son père lui avait fait confectionner dans la peau de sa nourrice une houppelande qu’il portait hiver comme été. Curieusement le tanneur avait gardé les cornes fixées à la peau, ce qui donnait à Lucas une bien étrange silhouette quand il rabattait le capuchon ; mais on s’y était habitué et personne n’y faisait plus attention.
Dans la clairière les animaux n’étaient pas seuls à écouter Lucas ; l’incrédulité des hommes n’avait pas encore contraint le petit peuple des sources et des forêts à se rendre invisible. Fées, enchanteurs, elfes et autres lutins participaient discrètement à la vie quotidienne et il n’était ni rare ni étonnant d’en rencontrer sur son chemin. Une fée habitait ce bois ; elle venait souvent écouter Lucas et parler avec lui.
Un jour que le garçon avait encore eu des démêlés avec son père qui le sommait de grandir un peu et de devenir un  homme, la fée tenta de le raisonner :
-« Ton père n’a pas tort, Lucas ; tu ne peux pas passer ta vie dans les bois ! Mais ta musique est si belle ; elle me manquera quand tu auras rejoint les hommes. Alors je vais t’aider : j’ai le droit de réaliser un de tes souhaits, mais un seul. Choisis bien et dis moi ce que tu désires ; je te l’accorderai et ensuite tu pourras plus facilement obéir à ton père. »-
Or Lucas ne désirait rien au monde sinon chanter toujours pour la fée et les animaux de la forêt. La fée hocha la tête :
-«  Tu veux cela parce que tu es encore un enfant, mais tu changeras. Veux-tu être un homme riche, puissant ? Veux-tu être aimé ? »-
Lucas ne voulait rien d’autre que demeurer ce qu’il était : un adolescent musicien.
-« C’est possible dit la fée soucieuse, Mais fait bien attention, si tu gardes ta jeunesse, tu n’auras jamais ni foyer, ni enfant, ni amour durable. Tu ne seras jamais comme les autres et il t’arrivera d’avoir de la peine à vivre ta différence. »-
-«  C’est tout réfléchi, répondit Lucas. »-
-«  Soit, ce ne sera pas facile ! mais après tout, c’est toi qui choisis ton destin. Et puis je ne serai jamais loin de toi et je t’aiderai de mon mieux. »-
 Les jours, les mois, les années s’écoulèrent. La fée aidant, personne au village ne s’étonnait de voir se prolonger l’adolescence de Lucas. Même son père finit par oublier son projet de le faire travailler aux champs et le village se réjouit d’avoir un barde qui animait les veillées et faisait danser la jeunesse les jours de fête.

De l’autre côté du bois, dans une combe au milieu des champs proliférait un maquis broussailleux, un mélange inextricable de taillis et de ronces ; par ici, on nomme cela une plesse. Les villageois passaient au large car dans cette plesse qu’elles seules savaient pénétrer, vivaient trois femmes ; on les disait sorcières. Il est vrai que le père de la plus âgée avait été un mage savant ; il lui avait transmis ses connaissances qu’elle-même avait enseignées à sa fille, puis à sa petite-fille. En ce temps-là, la religion du Christ avançait à grands pas, celle des druides perdait du terrain et les femmes instruites ne menaient pas une vie facile. De drame en drame et de fuite en poursuite, elles s’étaient réfugiées dans cet endroit désert et n’en sortaient pour ainsi dire jamais ; sauf quand le temps s’y prêtait, pour récolter les plantes, baies et écorces nécessaires à la fabrication de leurs médecines. Si  quelqu’un de village voulait les consulter, il laissait un signe aux abords du taillis et l’une des trois femmes se trouvait un jour sur son chemin. Elles savaient soulager hommes et animaux de bien des infortunes ; elles étaient secourables aux femmes en mal d’enfant et savaient faire en sorte qu’une grossesse mal venue disparaisse comme par enchantement. Mais la nature humaine est ainsi faite qu’on leur réclamait aussi des remèdes moins avouables ; à ces requêtes elles restaient sourdes mais n’en restaient pas moins dépositaires de secrets dangereux pour elles.
La plus jeune était aussi la plus hardie ; née à l’abri de la plesse, elle n’avait pas connu les tribulations de ses aînées. Quand elle partait cueillir des simples, il lui arrivait de s’aventurer jusqu’à la clairière ; et là, cachée dans les buissons, plus sauvage encore que les animaux de la forêt, elle écoutait… On la nommait Prunelle ; Prunelle était jolie, Prunelle avait quinze ans, l ‘âge qu’avait choisi Lucas. Et fatalement, les deux jouvenceaux se virent, se plurent et s’aimèrent au grand dam de la fée. Elle se reprocha amèrement de n’avoir pas songé à écarter Prunelle de la route de son protégé, mais il était trop tard ; les ennuis commencèrent.
Lucas voyait mal comment amener sa fiancée au village et la grand-mère de Prunelle pour sa part, refusait de laisser la petite rejoindre les gens qui avaient déjà fait tant de mal à sa famille. Rien ne renforce l’amour comme un interdit et là, il y en avait deux ! Les jeunes gens prirent l’habitude de se rencontrer la nuit près des deux pierres ; Lucas jouait et chantait pour sa belle qui dansait pour lui ; les animaux faisaient cercle autour d’eux sous la lune. La fée trouvait le tableau fort aimable mais comme elle savait l’avenir, elle fit part de ses craintes à Lucas qui s’en moqua éperdument.

Revint l’automne et le temps du braconnage ; les villageois poussaient rarement jusqu’à la clairière. La chasse n’y était pas bonne et pour cause ! Lucas savait repérer les pièges et pour protéger ses amis, armé d’un long bâton, il les désamorçait. Les hommes lassés allaient poser leurs collets ailleurs. Mais il faut bien que le malheur arrive, alors un soir de lune, un des villageois, sans raison précise vint braconner de ce côté.
Et il vit… Que vit-il de si effrayant pour s’en revenir tout courant et tremblant au village, où il eut besoin de plusieurs rasades d’eau de vie avant de pouvoir raconter ? Il avait vu, c’était pénible à dire, il avait vu…Prunelle danser avec le Diable ! Le  lendemain, le village en émoi ne parlait de rien d’autre : la fille des sorcières, la petite qui tournait autour de leur musicien, voilà qu’elle était sorcière aussi !  il fallait la prendre et s’en débarrasser. Lucas fut bientôt au courant ; le dimanche après la messe, devant tout le village il informa son père qu’il aimait Prunelle et qu’il voulait l’épouser, et d’ailleurs l’autre soir dans les bois c’est avec lui qu’elle dansait ; ce n’était pas les cornes du diable que le chasseur avait vu, mais la peau de sa bique ramenée sur sa tête. L’explication était si simple que personne n’y crût : non seulement Prunelle dansait avec le diable, mais elle avait ensorcelé Lucas !

Pour venir à bout des sorcières, on organisa une battue et puisque leur repaire était impénétrable, on l’encercla et on y mit le feu. Lucas courut dans la clairière demander de l’aide à la fée. Elle ne pouvait pas arrêter les paysans mais elle pouvait aider les trois femmes à fuir. Elle  se transporta avec Lucas au cœur du taillis ; après avoir rendu tout le monde invisible, elle dit : « Courez aussi vite que vous le pouvez jusqu’à la clairière ; ne vous attardez surtout pas car le charme qui vous protège ne dure que peu de temps ; près des deux pierres seulement vous serez en sûreté. Ensuite, quand la plesse aura fini de brûler, on vous croira mortes et je vous trouverai un refuge. »
Le maquis flambait, ils étaient à mi-chemin de la clairière quand Prunelle poussa un cri : un renardeau de ses amis avait une patte avant et la mâchoire inférieure prises dans un piège. Sans aide il allait mourir la mâchoire brisée. Oubliant le danger, Lucas s’arrêta pour délivrer le petit, employant à cette besogne le temps que la fée lui avait donné pour leur sauvegarde.
Les villageois rentrant chez eux les virent et leur donnèrent la chasse ; les fugitifs eurent beau courir, à l’orée de la clairière en dépit des hurlements de Lucas, les hommes ivres de gnôle autant que de violence, battirent à mort les trois femmes. Lucas épargné porta les victimes jusqu’aux pierres. Il enterra la mère et sa fille sous une pierre et Prunelle sous le pommier. Jamais il ne retourna au village ; sa musique devint triste et ne faisait plus danser personne. Il la jouait sous le pommier car il vivait là  avec les animaux sauvages, désormais ses seuls compagnons. Il se nourrissait peu, de baies sauvages et de champignons ; il n’aimait plus la vie. Mais il ne pouvait ni vieillir ni mourir et pour rejoindre Prunelle il aurait fallu qu’on le tue. Depuis la nuit du drame personne ne fréquentait plus ce bois dont on disait qu’il était maudit. Au fil des années Lucas devint de plus en plus triste, de plus en plus maigre et ses chansons fendaient le cœur. La fée n’y tenant plus, par une nuit de tempête pria le vent d’arracher au pommier une branche qui en tombant sur le désespéré le tua net pendant son sommeil.
La fée le coucha près de Prunelle. Nul ne vint plus jamais danser près des pierres qui prirent le nom qu’elles portent encore aujourd’hui : « Les Pierres du Diable. »


MAI - Semaine 1- Jour 3 -PAR ICI LA BONNE SOUPE
Quand il pleut à la Saint-Philippe
N’apprête ni tonneau ni pipe.


LE SAINT HONORE-




Mai fait
Ou défait




Hermès ce grand voyageur,  se doutait-il que notre mécréante époque, lui élèverait un temple dédié au bagage de luxe rue de faubourg Saint-Honoré à Paris ?
Saint Honoré, patron des boulangers-pâtissiers que l’on fête justement le 16 du ce mois de mai que gouverne Mercure, autrement dit,Hermès.

Saint Honoré fut, au VI° siècle, évêque d’Amiens. En 1060, Lors d’une sécheresse persistante, on sortit la châsse du saint pour faire une procession, avant même le retour du saint dans l’église, la pluie tomba en abondance, ce qui le rendit populaire dans toute la Picardie
En 1204, Renaud et Sybille Chérée, deux picards « montés » à Paris, lui élevèrent une église et les parisiens garderont la mémoire du saint puisque restent encore une rue et un faubourg à son nom, plus une église située dans un autre quartier, où l’on anoblit le saint du nom d’Eylau pour commémorer la bataille de 1807 gagnée conjointement par Napoléon et le tsar AlexandreI°.
La rue Saint Honoré, longue de 1804m, si on la prolonge des 2070m de son faubourg, rivalise presque avec la rue de Vaugirard qui avec ses 4360m est réputée être la plus longue de Paris.
Au 155, se trouvait l’Hospice des quinze-Vingts fondé par saint Louis pour accueillir 15 fois 20 aveugles.
C’est au 161, que se trouve l’emplacement de la porte Saint-Honoré de l’enceinte de CharlesV  dont tenta de s’emparer Jeanne d’Arc le 8 septembre 1429.
Ravaillac, quand il vint à Paris pour assassiner Henri IV logea à l’hôtel des trois pigeons, à l’angle de la rue Saint-Roch.
C’est dans cette rue que s’établit en 1772, à l’enseigne du « Grand Mogol », Rose Bertin, la modiste de Marie Antoinette.
Elle fut aussi le théâtre de nombre d’évènements : c’est, par exemple, au carrefour de la Croix du Trahoir, à la hauteur de l’actuel 111, que débuta Fronde.
Molière y naquit en 1622 au n° 96, à l’angle de la rue des Vieilles Etuves. Il aurait pu dans son enfance y rencontrer Cyrano de Bergerac dont la maison natale se trouve dans une rue adjacente .Ce Cyrano qu’Edmond Rostand fait évoluer dans le cabaret pâtisserie de Ragueneau qui se trouvait au 149. Le vrai Ragueneau aussi généreux que le peint Edmond Rostand finit sa vie, ruiné, comme moucheur de chandelles chez Molière.

Et c’est par là que l’on revient au gâteau, crée par Chiboust, lui aussi pâtissier à hauteur du Palais-Royal et qui lui donna le nom de la rue où il avait son commerce.
C’est une spécialité parisienne un peu compliquée à réaliser à la maison.
Si vous n’en trouvez pas chez votre pâtissier voici en gros la manière de s’y prendre :

Vous garnissez un fond de moule à tarte d’une abaisse de « pâte fine » (vraisemblablement sablée ou sucrée). Vous humectez le pourtour et le garnissez à l’aide d’une poche à douille d’une couronne de pâte à choux que vous dorez à l’œuf battu. Vous enfournez 15mn environ à four moyen.
Avec le reste de pâte à choux, vous fabriquez une douzaine de petits choux également dorés à l’œuf et enfournés 15mn.
Pendant ce temps, vous faites cuire 250gr de sucre mouillé de 2dl d’eau « au cassé ».
Quand le mélange bouillonne, on trempe l’index (humecté d’eau fraîche, ça vaut mieux) dans le mélange ; le sucre retiré doit « casser » sous la dent et ne plus coller.
Vous y trempez les petits choux que vous disposez autour de la couronne de pâte.
Ensuite vous garnissez l’intérieur avec ¾ de L ; de crème pâtissière à laquelle vous aurez ajouté 6 feuilles de gélatine diluée dans l’eau froide et 6 blancs d’œufs montés en neige ferme et légèrement sucrés.
Et voilà ! Ce n’était pas si compliqué que ça !
Il ne vous reste plus qu’à remettre de l’ordre dans la cuisine….







MAI- Semaine 1- Jour 4  -MOTS D’ AUTEUR


Mai fait
Ou défait



"L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé."

MONTESQUIEU



MAI - Semaine 1- Jour 5 - LE PANIER DE LA GLANEUSE

Sainte-Judith
Voit pinson au nid.


LA MORILLE

Après un hiver rigoureux, quand le temps est doux et humide et que la lune monte, glaneuse prend ton panier et va t’en au pied des chênes, des ormes ou des frênes, disputer aux chevreuils qui en sont friands, l’odorante et goûteuse morille.
Que te servira de savoir qu’elle est de la famille des Ascomycètes ? L’important est que tu ne peux  la confondre avec aucun autre champignon toxique.
Il en est de trois sortes :
La noire, qui préfère le midi de la France ; elle est petite, foncée et pousse en lisière des bois de sapins, dans les passages fréquentés des bûcherons. C’est dire que tu auras peu de chance de la trouver :un bûcheron est rarement ignorant en matière de champignons.
La vulgaire, ne l’est pas tant ; elle est très recherchée. Tula rencontreras  dans les bois clairs, à ses alvéoles irréguliers. Cette coquette aime à changer de robes ; elle en possède de nombreuses qui vont du gris très clair au brun. Il lui arrive d’être citadine : on dit qu’on en a trouvé à Saint-Ouen non loin du Marché aux Puces et même dans certains terrains vagues parisiens.
Il existe une morille blonde, qui n’est pas plus sotte que les autres ; il lui arrive de surgir dans la champs où l’on a détruit les taupinières.
Enfin, à l’orée des bois, au pied des haies ou sous des poiriers délaissés dont les fruits ont pourri sur le sol, tu rencontreras le morillon . Une rue à Paris lui est dédiée où justement, on peut retrouver les parapluies dont sa tête affecte la forme quand ils sont demi-fermés. Son pied est plus long et il est moins prisé que l’aristocratique morille, mais il ne déshonorera pas tes omelettes.
MAI - Semaine 1- Jour 6- LA MUSE S’AMUSE


S’il fait beau à la petite Saint-Jean,
Année fructueuse en froment


ICI-BAS


Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts ;
Je rêve aux étés qui demeurent
Toujours…

Ici-bas les lèvres effleurent
Sans rien laisser de leur velours ;
Je rêve aux baisers qui demeurent
Toujours…

Ici-bas tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours ;
Je rêve aux couples qui demeurent
Toujours…

SULLY-PRUDHOMME


MAI - Semaine 1- Jour 7- Y’ A UN TRUC !

Mai frileux : an langoureux.
Mai fleuri : an réjoui.
Mai venteux : an douteux.

LA RHUBARBE


Les feuilles de la majestueuse rhubarbe s’étalent au potager.  Avec les tiges vous confectionnerez tartes et des confitures. Mais savez-vous que les épluchures ont aussi leur utilité ? Additionnées d’eau et bouilles, elles feront disparaître les dépôts calcaires de casseroles et bouilloires.
Quand aux feuilles, l’acide oxalique dont elles sont amplement pourvues, nettoie parfaitement les casseroles en aluminium.
MAI- Semaine 2- Jour 1 – US ET COUTUMES


Au printemps ramènent l’hiver
Pancrace, Servais et Mamert.

LES SAINTS DE GLACE


Six semaines après l’équinoxe de printemps (21 mars), entre le 11 et le 14 mai, Mamert, Servais et Pancrace refroidissent l’atmosphère.
Pancrace fut martyrisé  en 304 ;  au IV° siècle, Servais devint évêque de Tongres en Belgique et  participa au concile de Rimini.
Mamert , archevêque de Vienne dans la Drôme, au V° siècle , ne parvenait pas à éradiquer les croyances « païennes » qui donnaient lieu à des fêtes et processions au cours desquelles on promenait des effigies de dragons et autres monstres. Il leur substitua progressivement et en douceur des processions chrétiennes destinées à bénir les futures récoltes : les Rogations.
 On fabriquait naguère en Bretagne le « beurre des Rogations » : le premier jour on met dans un linge quelques cuillers de crème qu’on suspend. Après la messe de l’Ascension, elle s’est transformée en beurre qu’on dépose au fond d’une armoire. Quand il est bien moisi, il est censé guérir toutes les plaies ? C’est aussi paraît-il, un excellent anti-rides.
D’une manière générale, le beurre du mois de Mai se conserve toute l’année, guérit les blessures, fait crever abcès et furoncles. Celui de Pentecôte a les mêmes pouvoirs.
Entre Pâques et Pentecôte, les sorcières font tourner le lait. Voici comment les en empêcher :
Enfermer la coupable dans une pièce avec une bassine de lait tourné, qu’il faut fouetter avec une baguette de noisetier en prononçant trois fois le nom de Dieu. La sorcière va se mettre à crier car elle ressent tous les coups de baguette.
Quand des flammes bleues danseront à la surface de la bassine le charme sera rompu. Vous pourrez cesser.



MAI- Semaine 2- Jour 2- CONTE

Rosée de Mai
Fait tout be

Maïa, la magicienne « aux belles tresses » vivait retirée dans une grotte du mont Cylène  en Arcadie.  Elle avait apprivoisé un pic noir. L’oiseau se perchait sur son épaule, venait picorer dans sa main et se montrait si tendre que la solitaire avait fini par l’aimer au point  d’avoir certaines nuits, des rêves troublants…
Elle fut bien davantage troublée, quelques mois plus tard ! Comment des rêves pouvaient ils se matérialiser à ce point et quel genre de créature allait-elle mettre au monde ?
Elle employa tout ce qu’elle savait de magie pour tenter de comprendre ce qui lui arrivait, et c’est en rêve encore, que Zeus lui parla : le pic noir, c’était lui, qui avait pris cette apparence pour épargner à son amante la possible vengeance d’Héra, son épouse, éternellement jalouse puisque éternellement trompée. Maïa allait mettre au monde non  pas un monstre emplumé mais un dieu ; il se nommerait Hermès.
 A peine né, le malicieux enfant de ces étranges amours savait parler et marcher. Maïa comme toutes les mères, ne voyait pas grandir ce bébé qui pourtant, chaque fois qu’elle avait le dos tourné, se débarrassait de ses langes, quittait son berceau d’osier, et sortait de la grotte pour découvrir le monde.
Une infortunée tortue qui passait par là, attira son attention. Le placide animal n’avait aucune chance d’échapper à celui qui serait le plus rapide des dieux. Hermès l’observe ; quel amusant jouet ! Il la tripote, la retourne et fait tant et si bien qu’il vient à bout du pauvre animal.  «  Tu ne seras pas morte en vain, lui dit le jeune dieu, plus curieux que chagrin ». Il vide la carapace, la frappe, dessus, dessous, elle résonne, il aime ce son qu’il veut encore améliorer. Il ajuste dessus des tiges de roseau. C’est bien, mais ce n’est pas parfait. Il verra plus tard…blog 120509
Pour l’instant, il s’estime assez grand pour quitter la grotte maternelle. Sa tortue sous le bras, il part à l’aventure.
Ses petites jambes robustes et agiles le portent jusqu’en Thessalie, sur le mont Piéros. Là, broutent 50 génisses, quelques bœufs et des taureaux : le troupeau d’Apollon. L’enfant divin, précoce et malhonnête contemple ce bétail qui lui fait bien envie. Le berger n’est pas là… Sait-il ce qu’est le vol ?
Ce qu’il sait en tout cas, c’est le dissimuler : entourer de feuillages les pieds des ruminants, attacher à leurs queues des balais d’herbes sèches, pour Hermès c’est un jeu. Il pousse devant lui le troupeau dérobé et traverse la Grèce. Seul, un vieillard l’a vu ; il se nomme Battos. A Pylos, il s’arrête et dans une caverne, camoufle le bétail.
Voilà que la nuit tombe ; l’enfant Hermès frissonne. Comment lui vint l’idée d’assembler des fagots et de faire pivoter une branche de laurier sur la souche d’un arbre, sans doute un grenadier ? Bientôt des étincelles embrasent le bois sec qui fume, qui crépite et des flammes s’élèvent. Hermès qui avait froid vient d’inventer le feu.
Au matin, il s’éveille et offre en sacrifice ses deux plus beaux taureaux. Il y avait sur l’Olympe, jusque là onze dieux ; il se dit  le douzième. Puis il brûle les carcasses mais garde les boyaux. Satisfait de lui-même, il regagne Cyllène, la grotte maternelle et comme un enfant sage, s’endort dans son berceau.
Apollon, cependant, recherche son troupeau. Il demande à Silène d’envoyer ses satyres partout en Thessalie. Lui-même parcourt la Grèce. Et c’est le vieux Battos, qui le met sur la piste. Hermès avait pourtant acheté son silence en lui offrant un bœuf, mais le dieu du soleil en a proposé deux. Battos a mal choisi ; Hermès n’oubliera pas  et fera de Battos pour toujours un rocher.blog 130509
Et puis quelques satyres, revenant d’Arcadie sans avoir vu les vaches racontent à Apollon qu’au pied du mont Cyllène, une musique étrange s’échappe d’une grotte. Apollon est devin et aussi musicien. Il part pour l’Arcadie et voit devant la grotte la nymphe Cyllené qui se dit la nourrice d’un enfant merveilleux qui en jouant gentiment avec une carapace de tortue et quelques boyaux de vaches a fabriqué ce jouet mélodieux, avec lequel il a bercé sa mère. Apollon est furieux, sur le sol et aux murs des peaux sont étendues ; il entre dans la grotte et réveille Maïa. Il la somme de rendre le bien qu’a pris son fils. Maïa hausse les épaules et montre le bébé qui dort dans son berceau. Qui ne dort que d’un œil ; Apollon n’est pas dupe. Il secoue le gamin qui ouvre de grands yeux, demande ce qu’est une vache et à quoi ça ressemble.
Pour être dieu lui-même il connaît le pouvoir d’une divinité, même encore en enfance. Hermès n’avouera pas. Il le prend sous un bras ; sous l’autre, les peaux roulées qui serviront de preuves et va montrer le tout au tribunal de Zeus.
 Le  monarque des Dieux qui est aussi son père interroge l’enfant.  Hermès fait le troublé, bafouille et balbutie, mais il ne quitte pas des yeux l’arc et les flèches d’Apollon. Ces armes lui font terriblement envie ; il les lui faut. Profitant de la discussion entre Apollon et son père, il escamote l’arc et les flèches. Mais Zeus l’a vu. Il est certain maintenant qu’Hermès a dérobé le bétail. Très fier d’avoir un fils aussi astucieux et précoce, Jupiter le nomme dieu des voleurs, puisque aussi bien il s’était compté au nombre des dieux. Il faudra cependant qu’il restitue les vaches et les armes.
Mais Apollon a vu la carapace tendue de trois boyaux. Intrigué, il la prend, quand il touche les boyaux le son est si merveilleux que le dieu musicien est ébloui.
Hermès le voyant tenté, entame une négociation : Apollon aura la lyre, s’il lui laisse en échange le troupeau dérobé. Zeus de plus en plus charmé nomme ce fils précoce, non seulement dieu des voleurs mais aussi dieu du commerce. Les deux vont ensemble pense le Maître des Dieux.blog 140509
Puis Hermès, prend l’apparence d’Arès pour aller se faire nourrir par Héra qui le prend sur ses genoux et lui donne le sein. Même après avoir découvert le subterfuge, la déesse pourtant si vindicative avec les enfants adultérins de son époux, gardera toujours une certaine tendresse pour le jeune et sympathique énergumène.
Hermès devint à son tour berger ; le berger du troupeau qu’il avait extorqué à Apollon. C’est avec le tibia d’une vache, qu’il inventa la première flûte. Le dieu musicien en eut envie et l’échangea contre une houlette aux propriétés particulières : sa baguette d’augure .
Hermès exigea en outre quelques leçons de divination. Les Thries, nourrices des dieux lui apprirent à prédire l’avenir à l’aide de petits cailloux. Le jeune Hermès, toujours prêt à s’amuser, en fit aussi un jeu. On joue encore aux osselets.
De plus en plus charmé des talents de ce fils, Zeus lui remet le pétase des voyageurs, des sandales d’or ailées et  en fait son messager personnel. Il entoure la baguette offerte par Apollon de rubans blancs qui, plus tard, deviendront des serpents. C’est le caducée, bâton oraculaire insigne d’Hermès psychopompe et aussi maître des songes qui a le pouvoir d’endormir et d’éveiller les hommes.
Hermès assiste les mourants ; poser les yeux sur la baguette les fait mourir en douceur. Mais le caducée peut aussi guérir.
Après que les trois Parques eurent inventé les cinq voyelles du premier alphabet et Palamède les onze consonnes, Hermès convertit ces sons en caractères. Il fit des lettres en forme de coins en pensant à la formation triangulaire du vol des grues. Puis il introduisit cette écriture de Grèce en Egypte.



MAI - Semaine 2- Jour 3 -LE JARDIN EXTRAORDINAIRE

C’est à la Saint Antonin
Que vend son vin le malin.


LE MUGUET


Dans la nuit de Beltaine, du 30 avril au 1° mai, les Celtes offraient à l’été naissant des bouquets d’Aubépine.
Offrir du muguet au lieu d’aubépine est une tradition relativement récente.
L’histoire voudrait qu’en 1561, Louis de Girard, agent secret à la solde de Catherine de Médicis, de retour d’Italie, offrît à Charles IX un brin de muguet.
L’année suivante, le roi en distribua  à toutes les dames de la cour pour leur porter chance et fit le vœu que la tradition se perpétuât.
Il fut entendu et depuis, des villes comme Compiègne, Rambouillet ou Chaville, organisent des défilées de chars fleuris et élisent la Reine du Muguet.
Dans la seconde moitié du XX° siècle, Christian Dior, couturier parisien, crée un parfum à la senteur de muguet. Il le lance un jour de premier mai en offrant quelques brins à ses clientes.. Ces dames trouvèrent l’attention charmante et Monsieur Dior fit du muguet la fleur fétiche de sa maison. Depuis, à chaque nouveau défilé, on vaporise du muguet dans les salons, ce qui enchante les clientes et donne la migraine aux vendeuses.
Mais le muguet se moque de ces mondanités ; il pousse modestement au fond des bois depuis que Léonard, un guerrier compagnon de Clovis, lassé des combats, se retira dans un ermitage, bien résolu à ne plus jamais se servir de ses armes. Hélas, un monstrueux dragon vint le provoquer dans sa retraite. Il dut s’armer pour se défendre et parvint non sans peine à tuer le monstre. Chaque goutte de sang versée par l’ermite fit jaillir du sol une pousse de muguet.
Offrez à celle ou celui que vous aimez un bouquet de brins de muguet à 12 clochettes, entouré de feuilles de mauve et vous gagnerez son cœur à coup sur. Mais ne trichez pas ! Le brin doit avoir naturellement ses 12 clochettes et retirer ou en ajouter (comment ?) ferait effet contraire !
De même que, si offrir du muguet au premier mai porte bonheur, en donner avant ou après pourrait avoir de néfastes conséquences.
Le muguet mérite largement la réputation et les hommages qu’on lui rend.
Vous pouvez ne pas croire à ses vertus magiques, mais la science en fait également une plante bénéfique : il renforce la mémoire et les facultés intellectuelles ; humez son parfum avant d’entreprendre un travail créatif. Le mois de mai passé, une bougie parfumée au muguet vous aidera à penser.
La tisane de muguet serait un tonicardiaque dont il convient d’user avec prudence.
Moins dangereux : la racine fait disparaître les cors au pied ; mettre dans sa poche autant de racines que vous avez de cors et partez d’un pied léger.

En Allemagne, prendre garde à la Dame Blanche qui se tient auprès des plantes pour vous empêcher de les  cueillir.
MAI-
Semaine 2- Jour 4 -QUELLE HISTOIRE

Gare qu’il ne gèle
A la Sainte-Estelle.
WILD BILL HICKOCK

« Tire d’abord, questionne ensuite ! »
Tel était le conseil donné par Wild Bill Hickock à ses adjoints du temps qu’il était marshall à Deadwood . Wild Bill  incarne à lui seul toutes les figures  du Western.
Né un 27 mai 1837 dans l’Illinois, l’un des plus célèbres « gunfighters » de l’Ouest, acquit très tôt le goût du risque et de l’aventure. Son père faisait partie d’un réseau clandestin qui aidait les esclaves noirs échappés des plantations du Sud à passer dans les états non esclavagistes.
Il était à peine sorti de l’adolescence quand il arrêta sans aide, le gang Mac Canles à Rock Creek . Cet exploit lui valut  sa réputation de tireur d’élite.
Engagé dans l’armée de l’Union pendant la Guerre Civile, James Butler Hickock gagna le surnom de Wild Bill sous lequel il est entré dans la légende par des actes  héroïques non dépourvus de cruauté. Une légende qui fait de lui non pas un assassin, car il se trouvait toujours du côté de la loi, mais en tout cas un personnage qu’il valait mieux ne pas contrarier. Il tirait vite et visait juste.
Démobilisé, il arrive à Fort Riley où il est nommé sherif adjoint. Puis le voilà éclaireur avant d’être shérif à part entière cette fois, à Hays City au Kansas où il conforte sa légende en abattant Tom, le frère du général Custer - qui n’était sans doute pas de son avis-, mais toutefois en état de légitime défense. Tous les cadavres qui jonchent sa route étaient des hors la loi ou des provocateurs.
Il faut dire que l’ouest en ce temps là, n’était pas peuplé de pantouflards lymphatiques.
L’air devenant malsain pour lui, il enfourche les poneys du Pony Expresse et filant comme le vent, botte à botte avec Kit Carson, achemine le courrier de l’Atlantique au Pacifique en des temps records.
On le revoit shérif à Abilène . Il y rencontre, Buffalo Bill et participe au massacre des bisons avant de se produire dans le Wild West Show, où il s’illustre en faisant du tir acrobatique au grand galop.
Séduit par Calamity Jane, il conduit avec elle des diligences jusque dans les Black Hills.
 On trouve de l’or dans le Wyoming . Wild Bill s’y arrête mais comprend vite que ce n’est pas en creusant la terre qu’on fait fortune. Il préfère gagner au poker les dollars que touchent les mineurs en échange de leurs pépites.
 Joueur habile et chanceux, il refusait de s’asseoir en tournant le dos aux portes et aux fenêtres et il aurait du se tenir à cette attitude puisqu’à Deadwood, un jour où il avait gagné contre un certain Jack Mc Call, le mauvais joueur l’abattit d’une balle dans la nuque…
Mauvais joueur ou tueur à gages stipendié par des amis des ses anciennes victimes ?? Allez savoir…
Depuis, une main qui comporte une paire d’as et une paire de huit noirs est nommée la main du mort ; c’est celle qu’on retrouva près de son cadavre..





MAI - Semaine 2-Jour 5 -LE BESTIAIRE ENCHANTE

Lorsque Pancrace apporte les dragées,
C’est toute la noce qui est mouillée.

Le coucou


Le coucou a chanté ; on est tout joyeux, il ne gèlera plus, on va pouvoir planter, semer, sortir les géraniums. Et l’on s’agite au doux chant du coucou… si monotone et tant sonore qu’il va bientôt  devenir parfaitement agaçant ! Deux notes insistantes, stridulées sans trêve avec parfois une altération quémandant une réponse.
Si on savait où il se perche, on lui enverrait bien ses savates pour le faire taire ; mais les coucous n’ont même pas de nid ; ils pondent, parents dénaturés dans celui des autres oiseaux et,  s’ils se font entendre, ils se montrent peu. Ce qui permet à d’aucuns de vous affirmer que le coucou a la taille d’une tourterelle, mais qu’il est plus fin et prolongée d’une queue longue et étroite. Sa couleur serait gris ardoise sur le dos et son ventre blanc crème rayé de sombre. Certaines femelles auraient le dessus du corps roux strié d’un brun proche du noir ce qui a donné naissance à une légende ; le coucou en hiver, deviendrait épervier.
Fariboles ! Ne croyez rien de tout ça !
Le coucou est en vérité un minuscule oiseau de bois que les suisses logent dans de petits chalets en dentelle de sapin, décorés de fleurs peintes du plus printanier effet. On les accroche aux murs des salles à manger, on y suspend deux pommes de pin et on dresse l’oiseau à sortir du chalet en lançant autant de « coucous » sonores que d’heures écoulées. Ce qui ne manque pas de surprendre, voire de donner le hoquet aux convives qui n’ont pas remarqué l’ingénieuse pendule avant de passer à table.


MAI - Semaine 2- Jour 6- LIRE ET RELIRE

Jeannet, gare à Jeannet,
Quand il s’y met, il nous fait trois pets
ANDERSEN

Vous avez très envie de pleurer et aucune raison légitime de le faire. Alors, lisez un conte d’Andersen. Andersen sait faire pleurer comme personne. Il laisse même entendre que ne pas pouvoir pleurer est un véritable malheur. Ains, dans la Reine des Neiges, le jeune Kay est frappé d’un éclat de miroir diabolique qui le rend insensible et le prive de larmes. Il est enlevé par la Reine des Neiges et son amie Gerda va se donner un mal de pendu pour le retrouver. Alors le méchant éclat de miroir tombe et bonheur… Kay peut à nouveau pleurer !
Ensuite vous pourrez pleurer sur les malheurs qui adviennent au Vilain Petit Canard, que personne n’accepte ni ne comprend. Mais essuyez vos larmes : si vous vous sentez tant  d’affinités avec ce malheureux volatile, c’est que bien entendu, vous êtes comme lui : un cygne.
Mouchez-vous, et pleurez encore sur le destin de la pauvre Petite Sirène qui renonce à sa voix, à son immortalité et à l’amour des siens, rien que pour avoir des jambes et faire un tour de valse avec un idiot de Prince qui lui préfère une ordinaire fille de roi.
Pleurez sur le vaniteux petit sapin qui souffre et va joyeusement à la mort pour passer quelques jours sous une parure brillante.
Et comme avec lui nous sommes arrivés à Noël, finissez votre provision de mouchoirs en compagnie de la Petite Marchande d’Allumettes, le conte de Noël le plus triste du monde :

Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu. 
Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.















MAI _ Semaine 2- Jour 7 -ON CONNAIT LA CHANSON


Saint Boniface nous ôte la boue
Ou il nous en met jusqu’au cou.


TOUT CA PARC’ QU’AU BOIS D’ CHAVILLE
Ce jour là au bois d’ Chaville
Y’avait du muguet
Si ma mémoire est docile
C’était au mois d’ mai
Au mois d’ mai dit le proverbe
Fais ce qu’il te plaît
On s’est allongé sur l’herbe
Et c’est c’ qu’on a fait.

Comm’ nous étions sous les branches
Bien dissimulés
Sam’di-Soir et Franc’-Dimanche
N’en ont pas parlé
Le lend’main d’cett’ aventure
Nous avons ach’té
Un traité d’puériculture
Et d’quoi tricoter
Tout ça parc’qu’au bois d’Chaville
Y’avait du muguet.

Quand je songe aux conséquences
De ce jour charmant
Je me sens rempli d’avance
D’un très grand tourment
Car par ma faute il va naître
Un pauvre ingénu
Qui va forcément connaître
Tour c’que j’ai connu
Le pion, l’adjudant d’ semaine
Le meilleur ami,
Autant de choses inhumaines
Plus qu’il n’est permis
Et des tas d’ choses inutiles
Comm’ les traités d’ paix
Les savants, les sergents d’ ville
Et l’ chef du budget.
Tout ça parc’ qu’au bois d’Chaville
Y’avait du muguet.





On t’apprendra l’ cod’ civique
Et la probité
Si tu mes mets en pratique
Tu s’ras exploité
Par contr’ si tu t’en balances
Tu s’ras respecté
Et selon toute évidence
Tu s’ras député
Pour te fair’ faire connaissance
De la liberté
Tu seras dès ta naissance
Fin’ment ligoté
Tu pourras souiller ton lange
Afin d’ protester
C’est d’ mêm’ toi, petit ange,
Qui s’ras embêté
Tout ça parc’ qu’au bois d’ Chaville
Y’avait du muguet.

On t’enverra fair’ la guerre
Dans les fantassins
Pour que ceux de la dernière
Soient pas morts pour rien
C’est c’ qu’ on a dit à mon père
Et c’est c’ qu’on m’a dit
Ca r’vient d’ façon régulière
Tout comm’ les radis
Voilà mon cher petit homme
Tout ce qui t’attend
Parc’ que j’ai croqué la pomme
Un jour de printemps
C’est peut-être une folie
Mais si tu voyais
Comm’ ta maman est jolie
Tu me pardonn’rais
D’avoir été à Chaville
Cueillir du muguet.

Pierre DESTAILLES






MAI -Semaine 3- Jour 1- US ET COUTUMES

Craignez le petit Yvonnet,
Le pire de tous quand il s’y met

L’ ASCENSION


St Yves de Tréguier, protecteur de la Bretagne et patron des avocats (1253-1303), tantôt annonce l’été, tantôt se veut un dernier saint de glace. Yves, préférant mourir tranquille, refusa les soins d’un médecin et depuis, on recommande de ne prendre aucun remède le jour de sa fête.
Heureusement, guêpes et abeilles ne sont pas encore à l’œuvre et on peut attendre le lendemain pour, en cas de piqûre, se frotter le visage et les mains de feuilles du noyer, toujours bon dernier à les laisser sortir.
Voici venir l’Ascension. Les fées Bulgares vont pouvoir commencer d’aller la nuit cueillir les fleurs de dictame, une sorte d’origan aux vertus magiques. Elles cesseront à la Pentecôte.
Dormir sous le dictame guérit les maladies nerveuses. Le parfum hallucinogène du dictame endort, permet des voyages nocturnes au cours desquels vous pourrez rencontrer  des femmes fleurs aux ailes blanches de papillons. Au réveil vos maladies nerveuses ne seront plus que souvenir.

Le jour de la Pentecôte, pensez à faire bénir de l’eau et répandez-là aux quatre coins de la maison pour éloigner la foudre.
 Observez d’où vient le vent : il soufflera de ce côté pendant 6 semaines ; de même s’il pleut, ce sera pendant sept semaines.
Ce qui n’empêchera pas les gens de Tarascon d’organiser les  jeux de la Tarasque institués par le roi René en mémoire de la capture de ce terrible dragon.







MAI - Semaine 3- Jour 2- CONTE

A la Saint-Honoré
S’il fait gelée
Le vin diminue de moitié.

Castor et Pollux-

Léda, reine de Lacédémone, avait sur son étang deux cygnes qu’elle nourrissait.
Un beau matin qu’elle leur portait dans un panier quelques friandises, elle en aperçut un troisième, plus grand, plus beau, majestueux et terrible. Les deux autres cygnes se tenaient à sa suite, l’air craintif et déférant. Le grand oiseau aborda au rivage, s’approcha de la reine, enroulant son long cou autour de son poignet. Léda était un peu méfiante : le bec du cygne peut être cruel, mais ce grand oiseau-là ne semblait que tendresse.
Tantôt la précédant, tantôt lui caressant les jambes, il la guidait vers un bosquet voisin, et là… censure pour cause d’ignorance totale du mode opératoire dans ce qui va suivre…
Bon !... mais le cygne était Zeus, vous vous en doutiez bien !
En sortant du bosquet, un peu ébouriffée, rajustant sa tunique, Léda reprit le cours de sa vie ordinaire. Elle eut toutefois la prudence de partager le soir même la couche du roi Tyndare, son époux.
Elle fit bien !
Car quelque temps après, Léda pondit deux œufs. De chacun sortirent un garçon et une fille, dont les destins, c’est bien le moins après une naissance pareille, furent peu ordinaires. Clytemnestre et Castor avaient pour père Tyndare.  L’œuf fécondé par Jupiter donna naissance à Hélène et Pollux.
Clytemnestre épousera plus tard le plus puissant des rois de son temps : Agamemnon, qui commandera l’armée grecque sous les murs de Troie. L’autre fille, Hélène la belle, sera la cause de cette guerre.
Quand aux garçons, unis comme de vrais jumeaux, ils étaient inséparables, toujours montés sur de sauvages chevaux blancs que Castor excellait à dresser, tandis qu’on disait de Pollux qu’il était invincible à la lutte.
A peine sortis de l’enfance, ils durent lever une armée pour reprendre leur sœur Hélène, enlevée (déjà !) par un Thésée quinquagénaire ; puis ils suivirent Jason sur le navire Argos, à la conquête de la Toison d’Or.
Ces aventures extraordinaires ne rendirent pas nos héros plus sages ; de retour au pays, ils n’eurent pas de meilleure idée que d’enlever les fiancées de leurs cousins, jumeaux eux aussi, - tout marche par paires dans cette histoire !- et de leur faire des enfants. Les cousins, justement mécontents engagèrent un combat sanglant au cours duquel Castor trouva la mort. Zeus, avant de foudroyer les deux rivaux enleva sur l’Olympe, Pollux, son rejeton, et lui offrit l’immortalité qu’il refusa. L’éternité sans son jumeau lui semblait bien trop longue.
Zeus, après réflexion, décida qu’ils seraient immortels à tour de rôle, un jour sur deux. Et, pour qu’un peu de paix règne sur terre, il expédia au firmament les deux énergumènes. On peut toujours les voir briller : Castor et Pollux sont les Gémeaux.





MAI - Semaine 3 -Jour 3 -C’ EST BON SIGNE

Mai fait le blé
Juin fait le foin.

Les gémeaux

« L’entêtement pour l’astrologie est une orgueilleuse extravagance. Nous croyons que nos actions sont assez importantes pour mériter d’être écrites dans le grand livre du Ciel. Et il n’y a pas jusqu’au plus méprisable artisan qui ne croit que les corps immenses et lumineux qui roulent sur sa tête ne sont faits que pour annoncer à l’Univers l’heure où il sortira de sa boutique. »
MONTESQUIEU

De mi-mai à mi –juin, dont la Révolution fit Prairial, les Gémeaux sont gouvernés par la planète Mercure, dont dépendent les épaules, les bras et les mains…
Les natifs sont beaux et (miséricordieux) ; ils mènent sagement une vie publique bien rémunérée et comme le dieu qui les patronne, ils sont aptes au commerce, et peuvent devenir riches avant 35 ans. Leur première épouse mourra tôt ce qui leur permettra, le deuil passé, d’épouser une étrangère.
S’ils courent le risque d’être mordus par un chien, et d’en garder la marque,  d’être sujets au mal de mer,  ils ont en revanche une chance de vivre cent ans et dix mois.

Les filles Gémeaux, peuvent être victimes d’erreurs judiciaires. Elles devront, si elles veulent se marier vierges, le faire avant l’âge de quatorze ans. Elles vivront ensuite soixante dix ans sans cesser d’honorer Dieu.
Si les jours de Mercure et du Soleil leur sont favorables, en revanche les jours de Lune et de Vénus ne leur valent rien.

Le Gémeau, signe aérien, retiendra son souffle en présence du poisson dont il pourrait transformer l’insondable océan en tempête ; qu’il craigne de faire déborder les lacs rivières et fleuves du Cancer. En revanche, il ridera à peine les sources puits et marécages du Scorpion.
Il rafraîchira le Lion caniculaire, ranimera les braises du Sagittaire mais qu’il prenne garde d’attiser les étincelles du Bélier qui n’a besoin que d’un soupir pour devenir incendie ravageur.

Pour affirmer leur personnalité et avoir du succès, les Gémeaux du premier décan se parfumeront à la vanille.
Les senteurs d’acacia permettront  à ceux du deuxième décan de ne douter de rien et leur apporteront la patience.
Les effluves de menthe doteront ceux du troisième d’une ardeur amoureuse sans égale.




MAI - Semaine 3 -Jour 4 -LUSTUKRU

Averse de Mai a plus de pouvoir
Que dix arrosoirs.

LES DOIGTS DANS LE NEZ


Il existe un moyen fort simple pour mesurer votre nez:
Couchez le pouce de la main droite sur l'index de la même main; tenez le pouce et l'index bien droits et bien tendus. La longueur de la partie libre de l'index non recouverte par le pouce est juste la longueur de votre appendice nasal.

NOS LOISIRS- 26 mai 1907

Note de la rédactrice: Vérifié exact mais, à quoi ça sert?
PP


MAI - Semaine 3- Jour 5- COURRIER DU CŒUR

Pluie de Mai
Ne vide pas le grenier


Lettre de Napoléon à Joséphine

Camp de Boulogne, le 25 thermidor, an XIII


J’ai voulu savoir comment on se portait à la Martinique. Je n’ai pas souvent de vos nouvelles. Vous oubliez vos amis ; ce n’est pas bien. Je ne savais pas que les eaux de la Plombières eussent la vertu du fleuve Léthé.
Il me semble que c’est en buvant ces eaux de Plombières que vous disiez : «Ah ! Bonaparte, si je meurs, qui est-ce qui t’aimera ?» Il y a bien loin de là, n’est-ce pas ? Tout finit, la beauté, l’esprit, le sentiment, le soleil lui-même ; mais ce qui n’aura jamais de terme, c’est le bien que je veux, le bonheur dont jouit… et la bonté de ma Joséphine. Je ne serai pas plus tendre si vous en faites des risées.
Adieu, mon amie, j’ai fait hier attaquer la croisière anglaise ; tout a bien été.






MAI -Semaine 3- Jour 6 -AH ! LA MODE DE CHEZ NOUS

Gelée de Saint-Bernardin
Tu peux dire adieu à ton vin

Le monde comme il va

Babouc alla passer la soirée chez un marchand de magnificences inutiles. Un homme intelligent, avec lequel il avait fait connaissance, l’y mena ; il acheta ce qui lui plut, et on le lui vendit avec politesse beaucoup plus qu’il ne valait . Son ami, de retour chez lui, lui fit voir combien on le trompait. Babouc mit sur ses tablettes le nom du marchand, pour le faire distinguer par Ituriel au jour de la punition de la ville. Comme il écrivait, on frappa à sa porte ; c’était le marchand lui-même qui venait lui rapporter sa bourse que Babouc avait laissée par mégarde sur son comptoir. Comment se peut-il, s’écria Babouc, que vous soyez si fidèle et si généreux, après n’avoir pas eu honte de me vendre des colifichets quatre fois au-dessus de leur valeur ?
-Il n’y a aucun négociant un peu connu dans cette ville, lui répondit le marchand, qui ne fût venu vous rapporter votre bourse ; mais on vous a trompé quand on vous a dit que je vous avait vendu ce que vous avez pris chez moi quatre fois plus qu’il ne vaut ; je vous l’ai vendu dix fois davantage ; et cela est si vrai, que si dans un mois vous voulez le revendre, vous n’en aurez pas même ce dixième. Mais rien n’est plus juste ; c’est la fantaisie passagère des homme qui met le prix à ces choses frivoles ; c’est cette fantaisie qui fait vivre cent ouvriers que j’emploie ; c’est elle qui me donne une belle maison, un char commode, des chevaux ; c’est elle qui excite l’industrie, qui entretient le goût, la circulation et l’abondance.
Je vends aux nations voisines les mêmes bagatelles plus chèrement qu’à vous, et par là je suis utile à l’empire. Babouc, après avoir un peu rêvé, le raya de ses tablettes ; car enfin, disait-il, les arts du luxe ne sont en grand nombre dans un empire que quand tous les arts nécessaires sont exercés, et que la nation est nombreuse et opulente. Ituriel me paraît un peu sévère.

VOLTAIRE





MAI - Semaine 3 -Jour 7 -LES METIERS

S’il pleut le jour de Saint Lenfroi
Foin dans le pré n’est pas à toi.

LA MIDINETTE

Qui sont les midinettes ?
Des lectrices assidues de « romans de gare » sentimentaux, de la collection Harlequin et de Barbara Cartland ?
Celles qui écoutent larmes montant du cœur jusqu’au yeux, André Rieu et Didier Barbelivien ?
Où qui sont devenues membres à part entière , partageant heurs et malheurs des familles des sagas télévisées ?
Les filles de celles qui naguère ne manquaient pas un numéro de « Nous Deux » ou « Confidence » ?
Pas seulement !
A la « Belle Epoque » qui ne fut  pas belle pour tout le monde, les employées , petites mains ou vendeuses des maisons de couture du quartier Saint Honoré et de la Rue de la Paix, pour cause de manque de temps et d’argent se nourrissaient mal. Leur déjeuner pris sur le pouce dans l’atelier, en libérant un coin de table du travail en cours soigneusement protégé, était composé la plupart du temps « d’un hareng et de deux sous de frites ».
De riches clientes se sont émues de la maigreur et de la criante mauvaise santé de ces jeunes filles dont beaucoup étaient phtisiques.
Afin de leur assurer au moins un repas décent par jour, car nombre d’entre elles n’étaient guère mieux nourries dans leurs foyers,elles fondèrent à leur intention les « Œuvres de Midi de Saint Germain l’Auxerrois » :un service social qui réclamait en outre une heure de repos pour leur laisser le temps de déjeuner.
Les couturiers n’étaient pas des monstres et, en fournisseurs soucieux de ne pas mécontenter leur clientèle, la grande majorité d’entre eux y souscrirent volontiers. On vit alors,  vers midi, se répandre dans le quartier des essaims de jolies filles que l’absence de moyens contraignait à la véritable élégance, au chic sans clinquant ni ostentation : les « midinettes ».

Puis vint la « Grande Guerre ». En 1917, la clientèle fortunée avait d’autres préoccupations que ses toilettes. Voyant leur chiffre d’affaires baisser, les couturiers voulurent imposer à leur personnel une demie journée de chômage obligatoire non rémunérée, le samedi.
Refus massif du personnel qui réclame alors la « semaine anglaise », la vraie, intégralement compensée, plus une indemnité de « vie chère ».
Dès le mois de mai, des centaines de jeunes femmes sont dans la rue. De plus, tandis que les hommes sont au front, les femmes travaillent à leur place, si bien que la revendication s’étend aux autres professions. Un journaliste de l’Humanité relate que le 16 mai elles sont 3000 et dix mille quelques jours plus tard, soutenues par les chauffeurs de taxi et les cochers de fiacre qui les transportent gratuitement au siège de la CGT, rue de la Grange aux Belles qui n’a jamais si bien porté son nom.
L’ambiance est tout à fait joyeuse et piou-piou puisque de soldats en permission accompagnent leurs fiancées et marraines de guerre en chantant :

« On s’en fout,
On aura la semaine anglaise !
On s’en fout,
On aura les 20 sous ! »

Mais les joyeux fiancés devront repartir au front et on sait ce que ce mot signifiait, aussi les « midinettes » ajoutent-elles la paix à leurs revendications.

Le mouvement gagna la province. On m’a raconté qu’à Nancy, ma grand-mère, alors « première » au Caprice, la meilleure maison de mode de la ville, avait été invitée avec tout son atelier, à un meeting afin d’y prendre la parole et d’exposer les revendications des modistes.
Le président de séance la présenta en ces termes :
« Nos gentilles midinettes sont ce qu’elles sont, cependant….
Et la suite de la phrase restera à jamais ignorée, car Lucienne Humbert étirant son mètre 55 assez pour toiser l’orateur qui la dépassait d’une tête, la veine bleue de son menton (qui plus tard, sèmerait la terreur parmi ses fournisseurs, son personnel et jusqu’au sein de sa famille), cette veine bleue palpitante, elle lança :
« Monsieur, les gentilles midinettes vous donnent le bonsoir ! Venez, Mesdames ! »
Et le bataillon de jeunes femmes en toilettes de printemps et chapeaux fleuris, gagna dignement la sortie.
Lucienne Humbert était modiste, sympathisait avec les midinettes, mais n’admettait en aucun cas, et n’a jamais admis, qu’on se serve de ce terme pour dévaloriser son métier et celles  dont l’agilité manuelle en faisaient la dignité.






MAI - Semaine 4 -Jour 1-  US ET COUTMES


A la Sainte-Emilie,
Luzerne à pleine faucille.

LES NOMBRES : le 5


Les fleurs à cinq pétales, figuraient pour les auteurs symbolistes médiévaux les cinq sens de l’Homme.
L’Homme dont Hésiode nous dit qu’il eût cinq âges : l’Age d’Or, l’Age d’Argent, l’Age de Bronze, le Temps des Demi-Dieux et l’Age de Fer.
En Amérique Centrale, le cinq est associé au dieu Maïs, puisque la première feuille de la plante se montre quatre jours après les semailles.
En magie, les pentacles protègent des maléfices.
Rêver du cinq assure sérénité et bien-être.



MAI - Semaine 4- Jour 2 -CONTE

Plante un pois à la Saint-Didier,
Tu en récolteras un setier,
Et s’il fait soleil, fais un vœu,
Il s’accomplira sous peu.


L’AUBEPINE ROUGE


L’aubépine fleurit en mai et le printemps, piqué, se transforme parfois en hiver puisque

Quand l’aubépine est en fleurs
Le temps est en rigueur.

On dit que l’aubépine est la petite sœur diabolique du pommier, mais savez vous pourquoi certaines on des fleurs rouges ?

C’était il y a longtemps ; beaucoup de poules avaient encore des dents, et dans un village de ce temps là, un jeune homme cultivait un verger, le plus beau de la région qui donnait tous les ans des montagnes de pommes avec lesquelles il faisait un cidre excellent.
Il se nommait Emile et il était amoureux.
Amoureux de la belle Félicie qui avait tant de soupirants qu’elle ne savait lequel choisir. A vrai dire Félicie aimait surtout les dentelles de ses jupons et les broderies de son corsage ; elle aimait sa jolie tournure quand elle allait danser et les compliments et les fleurs.
Elle s’aimait tant elle-même, qu’elle choisit d’accorder sa main à celui qui l’aimerait le mieux ; ce fut une grande chance pour Emile qui lui offrit pour leurs fiançailles un collier d’or.
Le jour de la noce arriva ; ce fut une belle fête et le soir on dansa. Emile et Félicie faisaient plaisir à voir. Il y a toujours dans les noces un invité que personne ne connaît ; les amis de la mariée pensent qu’il fait partie de ceux du marié et réciproquement.
Aux noces d’Emile et Félicie, l’inconnu était un grand beau garçon, au poil noir et à l’œil d’ambre et qui dansait miraculeusement bien ; il tournait, sautait, faisait des entrechats, sous le regard ébloui de Félicie qui pour une fois trouvait à admirer mieux qu’elle-même. Emile qui était bon danseur voulut rivaliser avec l’étranger et se mit lui aussi à tourner, à bondir mais il n’avait pas, pauvre villageois, les souples bottes de cuir de son rival. Ses souliers du dimanche étaient lourds ; il glissa, et se cassa la cheville. On l’emporta chez l’ancien, qui lui mit une attelle et lui donna une potion qui le ferait dormir sans douleur. Autour de lui, on riait lui promettant sa nuit de noces pour plus tard et disaient les plaisants, elle n’en sera que meilleure.
Oui, mais le lendemain matin, le beau danseur avait disparu et l’on ne trouva nulle part Félicie.
Sans attendre que ses os se ressoudent, Emile attela son âne et partit à la recherche de la fugitive. A la ville voisine, dans d’autres plus éloignées, il n’y avait pas trace de sa promise.
Il boitait de plus en plus et l’ancien, pour le faire tenir tranquille lui dit :
-« A quoi sert de partir dans tous les sens ? Si elle revient elle ne te trouvera pas…
Emile resta chez lui . Il ne savait plus rien faire d’autre qu’attendre. Il ne soignait plus son verger et les pommiers finirent par ne plus donner de pommes, puis un a un ils moururent et tombèrent. A leur place poussaient des aubépines. Tous les ans, en mai, a la date des noces manquées, elles se couvraient de fleurs blanches, comme des mariées.
Et les années ont passé, quand il n’est plus resté debout qu’un seul pommier, Emile s’est pendu à la plus haute branche. On l’a enterré dans ce qui n’était presque plus un verger et les ronces et les épines ont continué de pousser, toujours couvertes de fleurs blanches au mois de mai.
Et c’est un soir de mai, quand la nuit tarde à venir, que des jeunes gens qui revenaient d’une assemblée, ont vu une bohémienne rôder près de la maison d’Emile qu’on n’appelait plus que « la maison du pendu ». Effrayés ils sont vite rentrés chez eux. Le lendemain, plusieurs épines avaient des fleurs rouges.
Quelques années plus tard, les villageois pour avoir un pré communal, décidèrent d’abattre ce qui restait de la « maison du pendu » et de raser le roncier. On retrouva sous l’épine rouge, le tronc du vieux pommier, la tombe d’Emile et les restes d’une femme. Le squelette portait au cou le collier d’or offert par Emile à Félicie pour leurs noces.


MAI -Semaine 4- Jour 3 -RIMES SANS RAISON

Haricots de Rogations,
Rendent à foison.

LA VALSE DES THONS



Le thon Tontaine
Et le thon Tonton
Valsent valsent à perdre haleine
Valsent valsent au son des violons
Le thon Tontaine
Et le thon Tonton
Toute la semaine rêvent aux flonflons
Mais la tante du thon Tonton
Qui tricote sans plaindre sa peine
Pour son neveu un bonnet rond
Sur l’aiguille a perdu la laine
Tant pis pour toi vieux tonton
A ricané le thon Tontaine
Tu auras froid à ton chignon
Et tu pourras faire des fredaines
Quand on fera valser les thons


MAI -Semaine 4- Jour 4- DE TOUT UN PEU

A la Saint Hildevert
Est mort tout arbre qui n'est pas vert.
ARBRES DE MAI

Hildevert, au 7° siècle, était évêque de Meaux. Il n'avait guère le sens de l'orientation et se fiant pour trouver son chemin à la place de la mousse sur les arbres, il se perdait souvent. Quand on eut inventé la boussole, les artisans qui la fabriquaient, pour consoler sa mémoire , le prirent pour saint patron. Au jour de la fête du bon évêque, n'espérez plus voir pousser de feuilles sur le bois mort. Arrachez, coupez, brûlez; comme vous aurez pris soin, tout au long de l'hiver de conserver les coquilles d'amandes et de noix, votre flambée sera rapide, pétaradante et lumineuse. Pour mieux en profiter, vous ne l'allumerez qu'à la nuit tombée, et, comme les jours allongent (d'une heure dix-huit, environ), vous aurez tout le temps de sacrifier à la coutume ancienne des Arbres de Mai. On les plantait jadis sur les places des villages où garçons et filles chantaient et dansaient en l'honneur de Maïa; des unions se préparaient. On reliait de chemins fleuris les demeures des fiancés et les amoureux des jeunes filles sages ornaient leurs fenêtres de brassées de lilas. Gare, cependant à celles qui repoussaient leurs soupirants! Leurs différents péchés et travers s'étalaient au grand jour à grand renfort d'arbres moralisateurs: les paresseuses avaient droit au sureau, les souillons au bouleau, et pire, pour ruiner à jamais la réputation d'une inconstante, les mauvais galants n'hésitaient pas à déposer une charogne devant sa porte. Les sages ménagères suivaient ces démonstrations d'un oeil amusé et ramassaient des rameaux tombés des bouquets, les accrochaient à leurs portes et à leurs fenêtres pour que leurs vaches donnent du lait et aussi pour se protéger des sorcières qui, comme on sait, déambulent partout durant les douces nuits de printemps. Plus encore que les sorcières , les serpents sont à redouter; une branche plantée dans le fumier avait le pouvoir de les éloigner. Bien entendu, l'Eglise tenta d'abolir ces coutumes païennes et comme de juste, n'y parvint pas. On consulta Charlemagne. Non content d'avoir inventé l'école, il fut le premier à faire cultiver en France les roses dont il devait fleurir sa barbe quand il déciderait de la laisser pousser. Il suggéra à son clergé d'instituer une nouvelle fête, celle de la Reine de Mai. On choisirait dans les villages, la plus vertueuse des jeunes filles qui serait vêtue de blanc et couronnée de roses: La Rosière. Il est navrant de constater qu'au fil du temps, pour en trouver de vertueuses, on dut choisir les filles de plus en plus jeunes! Le mois de Maïa, récupéré par le clergé est devenu le mois de Marie? Consacré à la Sainte Vierge, il est réputé peu propice aux mariages. Comme le dit un proverbe: "Ne se marient en mai que les fous et les égarés." Pourtant les Anciens partageaient cette croyance puisqu'on trouve dans Horace: Les flammes de l'hymen qui s'allumeront pendant le mois de mai, se changeront bientôt en torches funèbres."




MAI _ Semaine 4 -Jour 5 -C’ EST POUR RIRE

Quand il pleut à la Saint Philippe,
Le pauvre n’a pas besoin du riche


FACE A FACE


Les seules créatures qui s'accouplent en se faisant face sont l'homme et le sandwich au pâté.

CAVANNA


MAI - Semaine 4 -Jour 6- CE SOIR JE SERAI LA PLUS BELLE

A la Sainte Théodosie,
La rose est la fleur choisie.


LES CHAPEAUX DE PAILLE


Nos grand-mères en portaient pour protéger leur teint du soleil. Nous autres qui ne craignons pas le hâle nous en coiffons parce que c’est joli. Mais d’un été sur l’autre, ils se fanent, prennent la poussière et deviennent cassants. Comment leur rendre la santé ?
Plusieurs méthodes.
La plus simple : frotter votre capeline avec un tissu de coton trempé d’eau savonneuse, puis le rincer avec un autre trempé lui, dans de l’eau claire.
On peur aussi la frotter avec un demi-citron, puis la brosser à l’eau froide.
Ou encore, la brosser à l’eau oxygénée coupée d’eau et rincer avec une éponge et de l’eau claire.


MAI - Semaine 4- Jour 7 -LE PARTRIOLE




Le cinquièm’ mois de l’année
Que donnerai-je à ma mie ?
Cinq lapins grattant la terre,
Quatre canards volant en l’air,
Trois rats des bois,
Deux tourterelles,
Un partriole,
Qui va, qui vient, qui vole,
Un partriole,
Qui vole dans ce bois.