JANVIER





Je me fais janvier appeler
Le plus fort de toute l’année,
Mais si me puis-je bien vanter
Que ma saison fut approuvée ;
La loy si y fît ordonner,
Car en mon temps fut circoncis
Jésus, et si fut desmonstrée
Aux troys roys l’estoille de pris.

(Le Khalendrier des Bergiers – XVI° siècle )









JANVIER -Semaine 1 – Jour 1- US ET COUTUMES-


L’EPIPHANIE

Soleil qui luit le jour des Rois
 Fait deux hivers pour une fois.

Noël est passé, il est temps d’ôter boules et guirlandes ; d’ailleurs, les malheureux sapins sacrifiés rendent l’âme en laissant tomber leurs épines. Les Anglais redoutent de garder les décors de Noël une fois passée la fête des Rois. Pour la crèche, on peut comme en Provence, attendre la Chandeleur avant de remettre le Petit Jésus dans sa boîte.
Epiphanie signifie apparition, avènement. En Egypte et en Arabie, on fêtait à cette époque la renaissance du Soleil. Plus tard, les Grecs bénissaient les cours d’eau en hommage à Dionysos. C’est entre 120 et 140 que l’Eglise chrétienne s’est emparée de ces cérémonies pour les dédier à la célébration des évènements de la vie du Christ. On  commémorait tout à la fois la Nativité, l’Adoration des Mages, le Baptême dans le Jourdain et les Noces de Cana.
Le IV° siècle mit un peu d’ordre en fêtant la naissance de Jésus le 25 Décembre ; le 6 janvier restant dévolu aux Rois Mages.
 Mathieu est le seul évangéliste à avoir parlé de ces personnages, probablement des astronomes –astrologues,  venus en Judée guidés par une étoile ; cependant il ne leur donne aucun titre et ne précise pas leur nombre. C’est la tradition qui, plus tard, en a fait des rois au nombre de trois : Gaspard, Melchior et Balthazar.
Pourquoi trois ? Sans doute parce que ce nombre symbolique représente les trois âges de la vie, mais aussi les trois continents connus en ce temps-là : l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
Leurs offrandes sont aussi au nombre de trois : l’or, l’encens et la myrrhe.
Melchior le plus âgé, porte une barbe blanche ; c’est lui qui offre l’or, cadeau royal. Gaspard, jeune et imberbe, offre l’encens parfum divin et Balthazar, homme basané à la barbe noire offre la myrrhe avec laquelle on embaume les corps, signe que celui qui la reçoit est mortel.
Ils représentent aussi, selon Béde le Vénérable les trois races destinées à peupler la terre, celles de Sem, Cham et Japhet.
Depuis le 12° siècle, la cathédrale de Cologne prétend détenir leurs reliques. On les invoque pour combattre l’épilepsie. Patrons des voyageurs et des pèlerins, ils sont aussi les protecteurs des maisons.
Vous qui craignez les accidents et plus encore la malveillance des sorciers, portez toujours sur vous une image représentant l’Adoration des Mages. Vous pouvez aussi en cas d’urgence réciter ces quatre vers de José Maria de Hérédia en guise d’incantation :

De l’Orient lointain, ils portent leurs hommages
Aux pieds du Fils de Dieu né pour guérir les maux
Que souffrent ici-bas l’homme et les animaux ;
Un page noir soutient leurs robes à ramages.

Si cette médecine ne guérit pas, elle ne peut en tout cas faire aucun mal !
Vous pourrez alors en toute quiétude « tirer les Rois » en dégustant une galette bien chaude.






JANVIER - Semaine 1 -Jour 2- CONTE-

Quand l’an entre en nageant
On peut plaindre le paysan

JANUS



Janvier, premier mois du calendrier romain est dédié à Janus, le dieu à double face, celui qui regarde à l’intérieur comme à l’extérieur, en avant et en arrière, qui voit le passé et le futur.
Un dieu essentiellement romain, car on ne trouve son pareil dans aucune autre mythologie, (sauf en Centrafrique où l’on a rencontré une idole à deux têtes, l’une blanche et l’autre noire, et qui n’a semble-t-il aucun rapport avec notre sujet).
Le seul dieu que les Romains n’ont pas emprunté aux Grecs.

Au temps où hommes et dieux vivaient sur terre en bonne intelligence, naquit en Thessalie, berceau des arts magiques et des incantations, Janus fils d’Apollon, lui-même fils d’une louve.
Il grandit avec les bergers qui gardaient les troupeaux de son père, sous le regard des dieux, hésitant encore à décider si Janus serait simple mortel ou bien l’un des leurs. Au gré de leur humeur facétieuse, ils le dotèrent de nombreux pouvoirs, lui suggérant les inventions dont il devait par la suite doter ses contemporains. C’est ainsi qu’un jour, ayant eu l’envie de se promener sur l’eau, il inventa les navires et l’art de s’en servir. A la tête d’une bande de chenapans de son âge (dont il était le chef incontesté, car il avait des yeux dans le dos), il embarqua sur une flottille d’esquifs en roseaux ; sans doute n’avaient-ils en tête que l’idée d’aller pêcher un peu plus au large. Mais les dieux aussi étaient jeunes et les dieux aiment à rire. Ils persuadèrent Eole d’ouvrir son outre ; l’un après l’autre et parfois ensemble, Borée, Zéphyr, Euros, Notos soufflèrent sur les radeaux ; bientôt Janus et ses compagnons furent dans l’impossibilité de regagner le rivage. Sans expérience et sans provisions, que devinrent les navigateurs ? Jouets des dieux, ils furent aussi leurs protégés ; le chat s’amuse longtemps avant de tuer la souris. Je ne vous conterai pas les aventures d’îles en îles autour de la Méditerranée de Janus et son équipage…
Les dieux se lassent, même des jeux les plus distrayants ; après Charybde, après Scylla, la flotte était presque intacte et Janus toujours en vie ; ils lui permirent enfin d’aborder….

Camèse était roi du Latium ; ce qui revient à dire que Camèse ayant un troupeau plus important que les autres bergers, était leur roi. En ces temps bénis que l’on nomma l’Age d’Or, la fonction n’était pas bien fatigante. Puisque chacun avait à sa suffisance, la discorde était inconnue et Camèse n’ayant rien d’urgent à régler avait du temps de reste. Un temps qu’il occupait ce jour là, sur une plage à l’embouchure d’un fleuve. Il méditait Camèse, le dos dans le sable tiède et l’œil perdu sur des vagues aussi bleues que ses pensées ; et sans doute crut-il s’être endormi car ce qu’il vit à l’horizon lui sembla sortir d’un rêve… Il voyait flottant sur l’eau une sorte de village sur les habitations duquel des hommes s’affairaient … Les tentes approchaient du rivage ; Camèse n’en croyait pas ses yeux car,  non ce n’était pas un rêve, c’était bel et bien des hommes qui immobilisaient le village flottant et celui qui dirigeait la manœuvre, se jetant à l’eau, nageait vers lui. Camèse voyait sans frayeur s’approcher l’étranger ; Janus avançait sans crainte, il salua cet homme qui l’observait depuis la rive. En quelle langue ? peu importe ! En ce temps-là, tout le monde se comprenait. Il répondit avec aisance aux questions du roi fort étonné de ce débarquement. Janus apprit qu’il venait d’aborder aux rives du Latium ; lui-même raconta qu’il venait de Thessalie et comme ce nom n’évoquait rien à Camèse, il dessina sur le sable l’itinéraire approximatif de son périple. Abasourdi par l’importance du trajet parcouru, le roi accorda aux marins l’hospitalité, mais Janus devrait lui faire le récit de ses aventures.§§§§
Le récit dura plus d’un soir ; il dura assez pour qu’une forte amitié naisse entre les deux hommes. Janus le Pacifique avait le don d’attirer les sympathies. Nombreux étaient ceux qui le soir venait sous la tente écouter ses histoires. Assise au milieu des femmes, une jeune personne le dévorait du regard, ne perdant pas une de ses paroles ; Janus l’avait remarquée et pour les beaux yeux de la jeune Camise, le voyageur solitaire, le navigateur taciturne devint un brillant conteur. Il se découvrit une verve, un humour qu’il ne se connaissait pas jusque là.
Le bon roi Camèse qui n’avait pas de fils, se réjouit de l’idylle naissante ; car Camise était sa fille ! Il lui plaisait de pouvoir garder près de lui l’aimable et ingénieux Janus.  Pensez ! Un homme qui savait voyager sur l’eau ! Et son discours laissait entendre qu’il avait bien d’autres idées en tête. Des idées qui pourraient bien améliorer la vie de ses sujets et partant, renforcer son prestige, à lui, Camèse .
Cette histoire pourrait bien manquer de piment : voyons !pas de batailles, pas de naufrages, pas d’amours contrariées ? Non, puisque c’était l’Age d’Or et que tout le monde était heureux ! On maria les jeunes gens et Janus s’établit sur la colline qui portera désormais son nom : le Janicule. Il y fonda sa ville au bord d’un fleuve qui portera le nom de son fils Tiber : le Tibre. Camèse partagea avec lui le pouvoir et Janus fit connaître aux hommes, outre la navigation, la culture. Jusque là, on se contentait de ramasser ce qui poussait ; Janus un jour, montra à Camèse un emplacement où l’été précédent des femmes avaient épluché des graines. Ces graines avaient germé ; il lui fit aussi remarquer que les graines poussaient plus dru sur les déjections de bétail. Les hommes, guidés par les deux rois prirent l’habitude au lieu de se contenter des offrandes du hasard, de cultiver ce dont ils avaient besoin. Certains réussissaient mieux certaines cultures : ils avaient trop d’une denrée, pas assez d’une autre ; Janus leur conseilla d’échanger. Et puis, de l’échange à la monnaie, il n’y a qu’un pas que les sujets de Janus eurent tôt fait de franchir. Qui dit culture, qui dit monnaie, dit aussi propriété ; qui dit propriété dit litige ; bientôt Janus dût inventer les lois. Savait-il Janus le Pacifique, en imposant ces innovations qu’il jugeait indispensables au bien-être de ses sujets, savait-il qu’il mettait fin en même temps à cet Age d’Or dont il est resté l’un des symboles ?

Camèse mourut et Janus régna seul sur le Latium ; pas longtemps !
Saturne chassé de l’Olympe par Jupiter, cherchait un asile ; Janus le lui donna. Son hôte étant dieu, il ne pouvait faire moins que lui offrir de partager le pouvoir. Saturne en retour lui apporta plus d’un bienfait. Il lui octroya premièrement le don de clairvoyance absolue. Quand on dirige un état ce n’est pas inutile ! Il lui apprit aussi comment on ouvre un passage aux fontaines et l’irrigation améliora grandement les cultures ; Fons, un autre fils de Janus devint le dieu des sources et des fontaines.

Janus le sage ne le fut pas toujours : la nymphe Canna avait fait vœu de chasteté. Le vœu n’en faisait pas une sainte ; elle était belle, avait de nombreux admirateurs qu’elle aimait tourmenter, leur faisant des avances pour s’enfuir ensuite brusquement dans un lieu où les malheureux ne pouvaient la trouver. Elle crut pouvoir en user de même avec Janus, mais elle avait compté sans sa clairvoyance et sa paire d’yeux supplémentaires : celle qu’il avait derrière la tête et que cachait ordinairement son abondante chevelure. Quand la nymphe se cacha, Janus eut tôt fait de la débusquer ; adieu chasteté ! La nymphe hypocrite se lamenta bien fort sur sa virginité perdue ; pour la faire taire Janus lui offrit, étrange cadeau, tout pouvoir sur les gonds  des portes. Le fruit de leurs amours devint le premier roi d’Albe la longue, mais d’aucuns prétendent que ce fut Ascagne, le fils d’Enée.
Une nommée Vénilia connut aussi ses faveurs ; leur fille Canens épousa le fils de Saturne, Picus et connut une fin aussi tragique que poétique, mais il s’agit d’une autre histoire.
Plus tard, Saturne fit de Janus un dieu et le chargea d’assurer la protection de Rome. La légende raconte que lorsque les Sabins menés par Tatius attaquèrent la ville, la fille du gardien du Capitole pour quelques bijoux, trahit ses compatriotes et ouvrit le passage à l’ennemi. Ceux-ci escaladèrent la colline et étaient près de l’emporter, quand Janus fit jaillir une source d’eau chaude ; terrifiés, ils rebroussèrent chemin. Romulus reconnaissant, institua le culte de Janus et décida que son temple resterait ouvert en temps de guerre afin de laisser au dieu la possibilité d’intervenir. Tout au long de l’histoire de Rome les portes furent rarement fermées.
Janus est souvent représenté sous les traits d’un homme âgé, barbu, couronné de laurier, un visage tourné vers l’avenir, l’autre regardant le passé. D’autres fois, comme dieu des quatre saisons, on lui octroie quatre têtes. Comme St Pierre, son objet symbole est la clef avec la quelle il ne prétend pas ouvrir les portes du paradis ; plus modestement, cette clef est celle qui ouvre et ferme l’année….





JANVIER -Semaine 1 – Jour 3-   PAR ICI LA BONNE SOUPE

Sainte Geneviève ne sort point
Si saint Marceau ne la rejoint

LA GALETTE DES ROIS

J’aime la galette,
Savez-vous comment ?
Quand elle est bien faite
Avec du beurre dedans….


Beaucoup de beurre : 450gr, ramolli !
Et de la farine : 500gr
Et 1 œuf (de poule)
Et une pincée de sel

Et en avant ! On touille, on mélange et on rajoute un verre d’eau et on mélange encore jusqu’à ce que la pâte ne colle plus aux doigts.
On peut alors la laisser reposer deux heures et en faire autant…
Après la sieste, on allonge la pâte au rouleau et on la plie trois fois pour former un carré.
On va encore se reposer mais cette fois, pas plus de 10mn…
Et on recommence… deux fois…avec 10mn de repos entre chaque tour.
Au dernier tour, comme on n’a jamais vu de galette carrée, on replie les coins pour former un rond : une galette !
On l’abaisse au rouleau à 2cm d’épaisseur.
Fabophiles érudits, c’est à vous ! entretenez une tradition venue des Saturnales de la Rome antique et perpétuée au XI° siècle par les chanoines du chapitre de Besançon. Faites comme Peau d’Ane et introduisez dans la galette, une bague, une figurine de porcelaine, un pièce d’or ou …une fève.
Posez la galette sur une plaque graissée, faites à la pointe du couteau un dessin ; les moins habiles se contenteront de croisillons. Badigeonnez d’oeuf battu ; saupoudrez de sucre et enfournez à four moyen.
Pendant que dore la galette, souvenons nous qu’elle fut, au XVI° siècle, condamnée par l’église comme survivance païenne. Louis XIV en fit un crime de lèse-majesté. Le mécontentement gronda dans le royaume et les successeurs du Roi Soleil n’ayant pas eu la sagesse d’écouter leur peuple, c’est la royauté elle-même qui fut condamnée. Enfin en 1801, le Concordat rétablit la tradition et fixa la fête au 6 janvier.
A la fin de cet intermède historique, votre galette doit être dorée et cuite à point. Sortez-là du four.
Divisez-là en autant de parts plus une (celle de l’imprévu), envoyez sous la table le plus jeune convive qui attribuera le morceau qui revient à chacun.
Ne soyez pas gloutons, il ne s’agit pas d’avaler la fève, car vous devrez au moyen de cette dernière, choisir votre roi ou votre reine, à qui vous offrirez une somptueuse couronne en carton dorée qui se la posera de guingois sur la tête car…
A trop fêter les rois,
On a du mal à se tenir droit 
 (proverbe personnel)








JANVIER 6Semaine 1 – jour 4 –MOTS D’AUTEUR




A la Saint-Gerlac le temps froid et serein,
L’année sera bonne et fertile, c’est certain.



"Trop heureux l'habitant des campagnes, s'il connaissait son bonheur!... Sans doute il n'habite pas un palais somptueux dont les superbes portiques sont inondés, le matin, de flots d'adulateurs; il ne s'extasie point devant des lambris incrustés d'écaille, devant des tapis chamarrés d'or et des vases de Corinthe; la pourpre de Tyr n'altère pas la blancheur de ses laines, et la cannelle ne dénature point la pureté de son huile. Mais le repos, le calme, une vie exempte de mécomptes et riche en mille biens, du loisir au sein des vastes campagnes, des grottes, des lacs d'eau vive, de fraîches vallées, les mugissements des boeufs et le doux sommeil sous l'ombrage, voilà ses trésors."

VIRGILE - Géorgiques






JANVIER - Semaine 1- jour 5 -LE PANIER DE LA GLANEUSE-

A la fête des Rois,
Le jour croît d’un pas de roi.



LES BOURGEONS DE PIN



Il y a peu à glaner en janvier et le panier est difficile à remplir. Si la quantité n’y est pas, reste la qualité puisque la glane essentielle de ce mois d’hiver est le riche bourgeon de pin qui ne renferme pas moins de 200gr de résine par kilo et qui soigne efficacement grippe et rhumatismes et dont un agronome du IV° siècle de notre ère, Palladius auteur d’un DE RE RUSTICA en 14 livres dit que : « …les pignons, semences du pin cultivé, sont des amandes allongées, rondes et blanches, huileuses, d’un goût approchant celui de la noisette. »
Le pin, comme tous les arbres est associé à diverses légendes. Il est entre autres lié au culte d’Attis.
C’est aussi en grimpant au sommet du pin qui ombrage la fontaine de Barenton que Merlin obtient la totalité des pouvoirs et c’est dans cet « arbre vert » qu’il réside désormais.
Les vertus du pin sont connues depuis l’Antiquité ; il est cité entre autres par  Hippocrate,Théophraste d’Erèse, Avicenne et Pline
Il est  un antiseptique puissant des voies hépatiques et ,voyez comme la nature est bien faite, il se récolte après la Saint-Sylvestre,  si redoutable pour nos entrailles. Au passage, le bourgeon de pin n’hésite pas à dégager également nos voies respiratoires et urinaires et à lutter courageusement contre névralgies et caries.
C’est aussi un stimulant et dynamisant efficace (et moins dangereux que certaines pilules bleues) en cas d’asthénie sexuelle.

En usage interne on en fait des infusions.
Contre la bronchite et pour dégager les voies respiratoires, faites bouillir pendant 5mn
20 à 50gr de bourgeons dans 1 litre d’eau. Laissez infuser pendant un quart d’heure. Buvez-en entre 3 à 5 tasses par jour.

En usage externe, faites une décoction de 100 à 120 gr de bourgeons pour 2l. d’eau que vous versez dans la baignoire pleine où vous marinerez pendant au moins 20 mn pour que le remède soit efficace.
Puisque désormais les bains nous sont mesurés,on peut distiller des huiles essentielles ou de l’essence de térébenthine dans un sauna ou un  bain de vapeur. Traitement qui entraînerait une perte de poids rapide et sans danger et plus certainement un soulagement des rhumatismes






JANVIER - Semaine 1- jour 6- L’ÂME DES POETES

Jours croissants,
Froid cuisant.

CHANSON
DE FORTUNIO





Si vous croyez que je vais dire

Qui j'ose aimer,

Je ne saurais, pour un empire,

Vous la nommer.





Nous allons chanter à la ronde,

Si vous voulez,

Que je l'adore et qu'elle est blonde

Comme les blés.





Je fais ce que sa fantaisie

Veut m'ordonner,

Et je puis, s'il lui faut ma vie,

La lui donner.





Du mal qu'une amour ignorée

Nous fait souffrir,

J'en porte l'âme déchirée

Jusqu'à mourir.





Mais j'aime trop pour que je die

Qui j'ose aimer,

Et je veux mourir pour la mie

Sans la nommer.






Alfred DE MUSSET (1810-1857)





JANVIER 6 Semaine 1- Jour 7- Y’A UN TRUC !

A la Sainte-Mélanie,
De la pluie n’en veux mie.

ENCAUSTIQUE MAISON




La térébenthine n’est pas réservée à vos poumons ; le bois l’apprécie également.
Certes, on trouve dans le commerce quantité de produits pour l’entretien des meubles, mais la meilleure et la plus saine des encaustiques est encore celle que vous fabriquerez vous-même. C’est simple et ça sent bon.
Il vous faut :

250gr de cire jaune d’abeille
½ l de térébenthine
Une boîte en fer blanc.

Râpez le pain de cire au couteau dans la boîte en fer ; versez dessus l’essence de térébenthine et fermez hermétiquement.
Laissez reposer 16 heures et remuez bien.
Avant d’utiliser votre mixture, pensez à essuyer le meuble à cirer avec du vinaigre.
Passez l’encaustique avec un chiffon doux, faites briller et…. admirez-vous dans les reflets.


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JANVIER - Semaine 2 – Jour 1- US ET COUTUMES

Au jour de Sainte-Gudule,
Le jour croît, mais le froid ne recule.


LA MESURE DU TEMPS

L’almanach sert-il à mesurer le temps ? A faire passer le temps ? A oublier le temps ?A voyager dans le temps peut-être puisqu’on peut le commencer par la fin, par le début ou par le milieu ; on peut aller tout droit à sa date anniversaire, à la fête de son saint patron, à une fête attendue… encore que… utiliser l’almanach à tort et à travers pourrait se révéler risqué !
Les Alsaciens disent en effet, que feuilleter l’almanach de l’année avant qu’elle ne commence, ne peut rien apporter d’heureux. Donc, attendez que les douze coups de minuit soient sonnés avant de vous plonger dans celui qu’on vient de vous offrir.

Cadeau potentiellement funeste, hélas, car on devrait, selon les Américains, acheter soi-même son almanach sous peine de ne jamais pouvoir faire d’économies. On ne devrait pas non plus, recommandent nos chers buveurs de Coca le garder plus de deux ans… Avis aux collectionneurs d’almanachs !
Un Anglais ne consultera jamais son almanach avent le dîner ni n’en arrachera les pages ; il ne saurait en aucun cas marquer une page à une date encore dans le futur et, toujours en Angleterre, aucun calendrier ne sera accroché au mur avant le 1°janvier.
Vous dédaignez les superstitions ? N’importe ! Les observer ne coûte rien et puis… on ne sait jamais ! Car l’exemple vient de haut : Napoléon qui n’était pas n’importe qui, accordait de l’importance aux croyances populaires. Ainsi, au moment de signer la paix avec l’Autriche, dit-il à Talleyrand :
 « S’il n’y a pas moyen de signer sur le champ, attendez et signez au Nouvel An : car j’ai un peu de préjugés  et je suis bien aise que la paix date du renouvellement du calendrier Grégorien qui présage, j’espère, autant de bonheur à mon règne que l’ancien. »

C’est au moyen de tablettes, de livres d’heures, de livres de raison, de bréviaires, tous ancêtres du calendrier, que les hommes ont appris à mesurer le temps passé
Hérodote disait  que les Egyptiens avaient les premiers inventé le concept d’année puisqu’un de leurs très anciens calendrier montrait une année de 365 jours, répartis en douze mois de trente jours. Or, depuis toujours, les astrologues ont calculé le temps en se basant sur le cycle lunaire ; ils associaient leurs calendriers au culte de la lune, symbole de fécondité.
Chez les Romains,  les calendes, désignaient le premier jour du mois. Elles n’existaient pas chez les Grecs d’où l’expression « payer aux calendes grecques ». De là le mot calendrier.
Plus tard, l’Eglise, impuissante à éliminer les fêtes païennes y superposa les siennes. Ainsi Pâques, la plus ancienne fête du calendrier chrétien fit oublier Eastre, déesse vénérée des Saxons ; en avril, les Robigalia romaines sont devenues les Rogations et l’on sait que la Toussaint n’est autre que le Samain celte : Noël se fête à la date où les Romains célébraient Mithra et les Saturnales duraient le temps qui va de Noël à l’Epiphanie. Un roi était élu et nous continuons à manger la galette et à prendre pour souverain éphémère, celui qui trouve la fève. Durant la fête celte d’Imbolc, des cierges étaient allumés toute la nuit et nous avons gardé la Chandeleur. L’aimable Valentin a pris la place de Lupercales. Saint Jean et Noël  se sont calés avec les deux solstices.
Le Dieu de la Bible, inventa lui les six jours de la semaine et les repos hebdomadaire du septième et c’est Hermès Trismégiste qui, ayant observé le singe cynocéphale et voyant qu’il pissait douze fois le jour et douze fois la nuit divisa, pour lui être agréable les jours et les nuits en douze heures.
C’est au XVI° siècle avec l’imprimerie et le colportage des almanachs,(dont les centuries de Nostradamus sont une forme),  que l’habitude de mesurer le temps s’est répandue.
Quand à l’agenda, qui sert lui à organiser le futur, il n’est apparu qu’à la fin du XVII° siècle
Et ce bon vieil Almanach des Postes que nous ne saurions refuser au facteur a été crée lui, en 1849, en même temps que le timbre. 






JANVIER - Semaine 2 – Jour 2- CONTE

Saint-Julien brise la glace,
S’il ne la brise, c’est qu’il l’embrasse.


Sur tous les continents les hommes sont fascinés par les étoiles. Il arrive à certains de les aimer d’amour.

L' ETOILE- (conte Amérindien)


Un jeune chasseur était amoureux d’une étoile.
Toutes les nuits, il sortait de la grande hutte des célibataires pour contempler le ciel où brillait son étoile. Il aurait tant voulu l’avoir près de lui, pour lui seul. Mais comment capturer une étoile ?
Le garçon avait pour seule fortune, un flacon transparent qu’il avait trouvé près de la rivière. Il n’avait jamais su au juste à quoi pouvait servir cet objet mais il l’aimait beaucoup et le trouvait très beau. Il l’aurait volontiers donné comme demeure à son étoile.
Une nuit, il a rêvé. Un  rêve si intense qu’il s’est réveillé ; près de lui se trouvait une jeune fille aux yeux brillants, si brillants qu’aucun doute n’était permis : elle était son étoile. Ils se sont aimés tant et tant qu’au matin, au lieu de regagner le ciel, elle accepta pour rester près de lui,  d’habiter le flacon.  
Longtemps ils furent heureux. L’étoile passait toute la journée, dans le flacon et lui pouvait la contempler à loisir ; toutes les nuits, elle le rejoignait sous ses peaux d’ours et de castor et ils s’aimaient, oh comme ils s’aimaient !
Mais les journées sont longues pour une étoile enfermée dans un flacon, même sous l’apparence d’une minuscule jeune fille. Elle finit par s’ennuyer terriblement, par regretter le ciel et sa famille d’étoiles.
Ses yeux, la nuit, brillaient toujours mais le jeune chasseur  y voyait  à présent le regard farouche d’un chat sauvage. Ce qui le rendit très malheureux.
Un soir, en sortant du flacon, l’étoile lui fit ses adieux. Tout en larmes, il la vit prendre une baguette, toucher un arbre qui se mit à grandir,  grandir , grandir…jusqu’à toucher le ciel. Il  a voulu la  suivre quand elle s’est élancée dans les branches.  Elle s’est retournée pour le lui interdire, mais il n’a rien voulu  entendre. Légère, elle montait bien plus vite que lui. Il finit par la perdre de vue mais n’en continua pas moins à grimper, grimper. Soudain, il entendit des tambours de fête, un grand feu illuminait une clairière. Ceux qui dansaient n’étaient pas des guerriers ni des chasseurs, mais de squelettes en habit de cérémonie. Terrifié, il manqua une branche,  glissa, glissa,  dégringola et finit par s’écraser sur le sol dans une douleur immense,  son cœur et son corps  brisés. Il se traîna jusqu’à la hutte pour trouver refuge sous ses peaux de castor où il se blottit dans le parfum de son amour perdu. Il resta couché là  bien des jours et bien des nuits.
L’homme médecine a chanté tous ses chants, a essayé tous ses remèdes, il l’a baigné, fait transpirer. Aucune purification n’a pu le rendre à la nature. Sa tête et son cœur le faisaient souffrir chaque jour davantage..
Une nuit, l’étoile visita son rêve. A son réveil, elle était encore là. Ni son cœur ni sa tête n’étaient plus douloureux. Elle est allée jusqu’à l’arbre qui de nouveau s’est mis à grandir, grandir  jusqu’à toucher le  ciel. Quand elle est montée dans les branches, elle ne lui a pas défendu de le suivre. A sa suite il a grimpé, grimpé. Il a entendu les tambours de fête et ceux qui dansaient pour leurs noces n’étaient plus des squelettes : c’étaient des femmes et des guerriers faits de lumière.
En bas, les jeunes chasseurs sont sortis de la hutte des célibataires. Avec eux, les autres chasseurs, les femmes et les guerriers, toute la tribu  s’est groupée autour de l’arbre avec les tambours de fête. L’homme médecine a trouvé un chant et tous ont dansé pour les noces du jeune chasseur et de l’étoile.






JANVIER - Semaine 2 –Jour 3 LE JARDIN EXTRAORDINAIRE

Entre le 10 et le 20 janvier,
Les plus constants sont les chapiers.

L’ELLEBORE


Madelon la jeune bergère, trouvant dans l’herbe…. Non ! c’était Margoton… et puis aussi, c’était Brassens..
Là, je vous parle de Madelon qui, bien loin de servir à boire aux militaires, pleurait en regardant passer les Rois Mages. Elle n’avait rien la pauvre, à offrir à l’Enfant Jésus.
Ses larmes tombées sur le sol, se changèrent sur l’intervention d’un ange qui passait par là, en coussins de fleurs blanches. La bergère en fit un bouquet qu’elle porta à la crèche. Jésus les effleurant de sa divine menotte, les teinta de toutes les nuances qui vont du rose pâle au pourpre voisin du noir…

Madelon ferait bien  de venir pleurer au jardin de janvier ; l’ellébore cette année, tarde à montrer ses boutons.Elle aime en effet que les nuits d’octobre descendent en dessous de 10° pour ensuite fleurir à l’aise. Il faudra donc attendre la fin du mois, peut-être février… mais  alors,  jusqu’en  mai, elle vous offrira, ses corolles aux tons pastel.
Même si pendant parfois deux années, elle ne montre que ses larges feuilles en éventail, d’un vert foncé et brillant, l’ellébore n’est pas capricieuse.  Simplement, elle aime à prendre son temps, ce pourquoi le bon La Fontaine la recommandait pour purger les tortues.
On est tellement persuadé qu’elle égaye les tristes jardins de janvier, qu’en dépit de toute évidence on continue à la surnommer Rose de Noël.
Elle a encore bien d’autres noms : herbe aux fous, pied de griffon, pied de lion, patte d’ours, rose de serpent, mors de cheval, pain de couleuvre etc , etc, toutes appellations ayant trait aux nombreuses propriétés et utilisations de cette  plante qui nous vient de l’ouest de la Chine
Haute de 40 à 70 cm selon les espèces, l’ellébore est une vivace herbacée à souche rhizomateuse ; son feuillage coriace persiste en hiver.
Très rustique, elle résiste à -15° ; bien que certaines hybrides soient plus frileuses. On la plante du début de l’automne jusqu’au printemps. Elle se ressème facilement sans aide et peut même devenir envahissante ; dans ce cas, de septembre à octobre, on prélève les jeunes pousses qui s’aventurent hors de l’espace qui leur est dévolu.
Elle  aime une ombre légère et déteste le vent ; vous la rendrez heureuse en l’abritant sous des arbustes caducs.
Si elle se plaît dans tous les types de sol, elle préfère cependant les terres lourdes, voire argileuses, si elles sont bien amendées en matières organiques, telles que le  fumier de cheval,(fumure chaude recommandée dans ce cas) et aussi, si vous pensez à épandre de la cendre de bois qui évite la stagnation d’eau toujours possible en terre argileuse. La cendre également , qui irrite la peau délicate de leur petit ventre, repousse limaces et escargots qui sont avec les pucerons les pires ennemis de la belle.
 L’ellébore  jouit généralement d’une bonne santé mais si des taches noires déshonoraient ses feuilles il faudrait les traiter à la bouillie bordelaise. C’est rare, mais il peut arriver qu elle dépérisse ; il suffit dans ce cas, de la déplacer pour qu’elle retrouve sa bonne mine. . Puisqu’elle se plaît au pied des arbres, elle sera un parfait couvre-sol. Utilisée en bordures, ses feuilles resteront décoratives une fois la floraison passée. N’hésitez pas à supprimer celles qui,  tachées et abîmées,  s’avachissent sur le sol.
Mariée au baies noires du lierre, auxquelles vous aurez ajouté quelques ronces pourpres,  vous en ferez des bouquets étonnants. Pour cette dernière utilisation, il faut toutefois rester circonspect, car on prétend que cueillir la Rose de Noël rend triste. Bof ! faites- la cueillir par quelqu’un… mais quand même , restez prudents, il paraît qu’en vases, elle attire la foudre. Quoique…la foudre en cette saison ???


Héra, pour se venger, probablement d’une quelconque complicité d’Héraclès dans une des nombreuses polissonnerie de Zeus, avait rendu fou furieux le héros. Si fou et si furieux qu’il tua ses enfants. Il fallut pour le calmer, lui administrer de l’ellébore.
Voilà pourquoi les anciens recommandaient d’en administrer aux  fous, aux épileptiques, aux enragés et aux possédés. Avec des propriétés  proches de celles des narcotiques, elle est aussi purgative et vermifuge. 
Suétone parle d’un prétorien que Caligula fit mettre à mort après qu’on eut en vain tenté de calmer sa folie avec la plante. Hippocrate et Galien, sommités médicales de leur temps sont loin d’être d’accord sur les utilisations de la plante, puisque on disait aussi qu’il fallait en faire manger aux enfants, à jeun, pour développer leur intelligence. Mais attention ! L’ellébore est toxique car elle  contient de l’hellébromine qui paralyse le système nerveux et agit sur le cœur
Un conseil moins risqué est d’en faire porter une racine aux dépressifs. Leur état s’en améliorerait spectaculairement.
Quand aux sorcières, elles avaient soin avant d’enfourcher leurs balais pour se rendre au sabbat, de s’enduire le corps d’un onguent à base d’ellébore à laquelle on ajoutait des graines de tournesol, un peu de haschich, quelques fleurs de coquelicot et de cannabis. On faisait cuire le tout dans du saindoux. On ne m’a malheureusement pas indiqué le temps de cuisson, les proportions, ni les parties de la plante utilisées.
Plus simplement, si vous avez besoin de vous rendre invisible, il suffit de répandre devant vous de l’ellébore en poudre.          
Elle est utile également en médecine vétérinaire : si votre scorpion favori a rendu l’âme, frottez le d’ellébore et vous le verrez revenir à la vie.
Dans vos porcheries, suspendez-en  aux poutres, aux râteliers, aux mangeoires ; elle éloignera les animaux malfaisants tels que serpents, salamandres ou humains porteurs du mauvais œil. Elle protège les poulaillers de la vermine, purifie l’air des étables et prévient les maladies du bétail…et d’ailleurs ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?
Si en dépit de toutes ces précautions, vos animaux tombent malades, tentez, si vous y parvenez, de leur mettre de l’ellébore dans l’oreille.
Et à propos d’oreille, les anciens astrologues disaient qu’elle provoquait les calomnies …mais s’il fallait croire tout ce qu’on dit !!!!
Ah, dernière recommandation : si, tandis qu’un aigle survole votre jardin, vous tentiez d’arracher  l’ellébore, le geste pourrait être mortel…attendez qu’il soit passé…




JANVIER - Semaine 2 – jour 4- QUELLE HISTOIRE !

Dans la nuit du 11 au 12 observez d’où souffle le vent :
S’il vient d’Orient : mortalité du bétail ;
S’il vient du Midi : des maladies ;
S’il vient d’Occident : signe de guerre ;
S’il vient du Septentrion : mauvaises récoltes

LE BAL DES ARDENTS 

28 janvier 1393 …L’hôtel de la Reine Blanche, charmante résidence de campagne, située sur les bords de la Bièvre, était ce soir-là, toute illuminée, bruissante de musique et de danse. On y célébrait les noces de Catherine, demoiselle d’honneur de la reine Ysabeau, comme elle d’origine allemande. La jeune femme avait perdu son premier mari. Il s’agissait donc d’un remariage et l’usage voulait qu’en ce cas on fasse aux époux un « charivari »au cours duquel toutes farces et plaisanteries étaient permises.
Le roi Charles VI et cinq de ses favoris eurent l’idée pour la circonstance de se costumer en hommes sauvages et, grimés et masqués à grand renfort d’étoupe et de plumes assemblées et collées avec de la poix, ils se mêlèrent incognito aux danseurs.
Le duc d’Orléans, frère du roi et sa suite, porteurs de torches, arrivent au bal ; sous prétexte de démasquer les sauvages, ils s’approchent ; une étincelle jaillit qui enflamme un des hommes relié aux cinq autres par des chaînes.
La jeune duchesse de Berry, ne perd pas son sang-froid, enroule le roi dans son manteau et lui sauve la vie. Quatre hommes périssent dans les flammes. Seul, le Sire de Nantouillet parvient à se libérer et se jette dans une cuve d’eau destinée à la vaisselle.
Plus personne jamais n’eut envie de retourner danser dans l’hôtel de la reine Blanche ; la demeure fut abandonnée, puis détruite en 1404.
C’est une autre résidence édifiée sur le même emplacement au début du XVI° siècle, dont on voit actuellement les vestiges au 17 de la Rue des Gobelins.




JANVIER - Semaine 2 – jour 5 LE BESTIAIRE ENCHANTE

Les douze premiers jours de janvier
Indiquent le temps des douze mois de l’année.

L’AIGLE

Le chat est connu pour faire la guerre aux souris.
En revanche, dans les logis où pullulent dragons et serpents, il est recommandé d’élever un aigle. Jupiter l’utilisait beaucoup.
Sa présence au foyer signifie abondance et bonheur, puissance et combativité.
Fréquemment représenté comme Janus avec deux têtes, il est symbole de victoire et de lumière.
Un aigle domestique est un admirable compagnon. Vous devrez toutefois vous abstenir de consommer ses œufs ; l’aigle déteste qu’on transforme sa progéniture en omelette et pourrait dans sa colère vous rendre fou. Procurez-vous plutôt une poule.
L’aigle âgé s’envole jusqu’au soleil pour réchauffer ses plumes, puis plonge trois fois dans une fontaine. Cet exercice a pour but de le rajeunir.
Si malgré tout votre aigle finit par mourir, coiffez-vous de ses plumes ; de celles de la queue, décorez un bâton et dansez. Puis mélangez sa cervelle desséchée à du suc de cigüe et buvez la décoction qui vous procurera des rêves étranges et fantastiques.
Au réveil (si vous vous réveillez !), vous danserez encore, et grâce aux pouvoirs magiques que vous aurez acquis et aux plumes d’aigle qui font disparaître le mal, vous pourrez soulager votre entourage de toutes ces petites misères qui empoisonnent la vie…






JANVIER - Semaine 2 – Jour 6 LIRE ET RELIRE
 
Arcade et Hilaire
Gèlent les rivières.


LES CONTES DE PERRAULT


Dans un almanach dédié aux contes et à la littérature, la première place revient « à tout seigneur, tout honneur » à Charles Perrault.
S’il n’est pas le plus important des écrivains- conteurs- collecteurs puisque les Contes de ma Mère l’Oye ne comportent que  dix histoires dont deux, Peau d’Ane et Grisélidis sont de longs poèmes en vers, Perrault est sans doute le plus populaire de tous . A lui revient le mérite d’avoir été le premier à tirer de l’oubli au fond duquel ils sombraient, les « contes de nourrices » ou « contes de bonnes-femmes » que seuls écoutaient les enfants pour les offrir à un public non seulement adulte, mais de plus lettré.
Ces contes anciens, oubliés pendant la Renaissance au profit de la mythologie gréco-romaine, nous sont revenus curieusement au XVII° siècle au travers d’une mode lancée par les intellectuels tenant des « modernes » dans la fameuse querelle des « anciens et des modernes » ; le plus farouche défenseur des « modernes » étant Charles Perrault qui nous a, paradoxalement,  rendu une des meilleures versions littéraires des contes traditionnels.
Je ne vais pas ici entrer dans les vains débats entre ceux qui professent que seule l’oralité convient au conte et ceux qui tiennent pour l’écrit. L’important  est que le conte circule et vive, d’autant plus qu’avec le numérique et le cinéma de nouvelles voies lui sont ouvertes.
Il faut là mentionner le contesté Walt Disney qui, curieusement, n’a pas raconté le « Chat Botté », le parfait « trickster » qui tel une figure d’Hermès, en faisant la fortune de son maître, parraine l’ensemble des contes.

« Le maître Chat arriva enfin dans un beau château dont le maître était un ogre, le plus riche qu’on ait jamais vu, car toutes les terres par où le roi avait passé étaient de la dépendance de e château. Le Chat, qui eut soin de s’informer qui était cet ogre et ce qu’il savait faire, demanda à lui parler, disant qu’il n’avait pas voulu passer si près de son château sans avoir l’honneur de lui faire la révérence.
L’ogre le reçut aussi civilement que le peut un ogre et le fit reposer. « On m’a assuré, dit le Chat, que vous aviez le don de vous changer en toutes sortes d’animaux ; que vous pouviez, par exemple, vous transformer en lion, en éléphant.- Cela est vrai, répondit l’ogre brusquement, et, pour vous le montrer, vous m’allez voir devenir lion ».
Le Chat fut si effrayé de voir un lion devant lui, qu’il gagna aussitôt les gouttières, non sans peine et sans péril, à cause de ses bottes, qui ne valaient rien pour marcher sur les tuiles. »



JANVIER - Semaine 2- jour 7 ON CONNAIT LA CHANSON

A la Saint-Hilaire,
Le jour croît d’une heure de bergère.


AU CLAIR DE LA LUNE


Au clair de la lune
Mon ami Pierrot
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte
Je n’ai plus de feu
Ouvre-moi ta porte
Pour l’amour de Dieu.

Au clair de la lune
Pierrot répondit :
Je n’ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu’elle y est,
Car dans la cuisine
On bat le briquet.

Au clair de la lune,
L’aimable Lubin
Frappe chez la brune,
Ell’ répond soudain :
« Qui frapp’ de la sorte ».
Il dit à son tour :
« Ouvrez votre porte,
Pour le dieu d’amour ».

Au clair de la lune,
On n’y voit qu’un peu.
On cherche la plume,
On cherche du feu.
En cherchant d’la sorte,
Je n’sais c’qu’on trouva
Mais je sais qu’la porte
Sur eux se r’ferma.


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JANVIER - Semaine 3 – Jour 1-  US ET COUTUMES

D’habitude à la Saint-Maur,
La moitié de l’hiver est dehors.

OU SONT LES CLEFS ?


Janus détient les clefs qui ouvrent les portes de l’année et saint Pierre celles qui ouvrent les portes du Paradis. Selon Mathieu (XVI, 19), le Christ lui-même les lui aurait confiées avec ces mots : « Je te donnerai les clés du règne des cieux et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux ». C’est pourquoi des clefs figurent sur les armoiries papales : une clef d’or pour lier, une clef d’argent pour délier.
D’autres personnages encore sont porteurs de clefs, tel Ferdinand III le saint, qui détient celles de la ville de Cordoue qu’il avait reprise aux Maures.
Une Notburga est vénérée au Tyrol et aussi sainte Marthe, patronne des bonnes ménagères dont les clefs sont sans doute celles du placard à balais. Jésus lui préférait la très dévergondée mais combien plus affriolante Madeleine. C’est pourquoi, jeunes filles, on ne saurait trop vous recommander de ne pas négliger les parfums au profit de l’encaustique.
Mais revenons à nos clefs. Il en est une que nous ne risquons pas de perdre : la langue, qui est – ou du moins devrait être- celle qui ferme la bouche pour éviter de prononcer des paroles désobligeantes ou inconsidérées.
Pour rendre cette clef efficace, il est conseillé d’en porter d’autres comme amulettes.
Les plus puissantes sont aussi les plus anciennes, tout particulièrement celles en fer forgé quelque peu rouillées. Les clefs plates et de formes bizarres sont à déconseiller et nos modernes clefs de serrures de sûreté sont absolument inutilisables. Le code de votre porte  d’immeuble est totalement inefficace.
Donc, vous avez une clef ancienne, en fer, un peu rouillée ; gardez-la dans votre poche droite ou dans votre sac, mais la poche c’est mieux et voici pourquoi : si un mauvais sort se présente, il faut saisir la clef dans la main droite, ce qui est plus facile si elle est dans votre poche. Le mauvais sort se présente généralement quand la clef de votre porte ou de votre voiture se trouve au fond de votre sac et là, il faut avoir recours à un autre genre de conjuration pour vous sortir de là. On peut en déduire que, si les clefs modernes ne peuvent en aucun cas servir de porte bonheur, elles ne sont pas pour autant dépourvues de malice.
Les clefs des secrétaires ou des coffrets à bijoux en or, en argent ou en laiton, sont aussi de bons talismans. Comme elles sont jolies, on peut les porter au cou , ce qui est recommandé ; en cas de danger, il faut les toucher avec le majeur de la main droite.
Garder sur soi une clef, attire la chance au jeu, permet de gagner des procès.
Si vos enfants se montrent particulièrement diaboliques,  c’est probablement qu’un esprit malin s’est emparé d’eux, ou pire … une fée vous aura refilé sa détestable progéniture pour s’emparer de votre petit ange. Vous auriez évité ces désagréments en glissant une clef sous l’oreiller du cherubin.
Si, -et cela peut arriver le mois prochain-, vous rencontrez un loup-garou, n’hésitez pas à le frapper avec une clef ; il reprendra aussitôt son apparence humaine. Fasse le ciel que vous n’ayez pas à le regretter !
Enfin, si vous tenez à votre amoureux, offrez- lui une clef d’or et faites en sorte qu’il vous en offre une en retour.







JANVIER - Semaine 3 – jour 2 CONTE

Soleil de Sainte-Nina,
Pour un long hiver rentre ton bois.

GANYMEDE

En Asie Mineure , il y a bien longtemps, le roi Tros et la reine Callirohé, eurent trois fils ; Ganymède le plus jeune était d’une rare beauté. Imaginez des yeux d’améthyste sous des boucles noires, une  peau couleur d’ambre ; il était grand, admirablement bâti, en somme parfait !
Ce qui n’empêcha pas son père de l’envoyer comme les autres garçons de son âge, garder les troupeaux. Et c’était bien normal ; en ce temps-là, les fils de rois étaient souvent bergers. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ils ont longtemps gardé l’habitude d’épouser des bergères !
Zeus un jour, passant dans ces parages sous l’apparence d’un mortel… (On remarquera que Zeus se promène toujours sous une autre apparence que la sienne !)… Zeus donc, un jour passant par là, vit Ganymède avec son bonnet phrygien et son petit manteau rejeté sur l’épaule. Cupidon qui n’est jamais bien loin,  voit en même temps son parrain qui regarde le jeune homme et le bon tour à lui jouer. Il baisse sur ses yeux son bandeau ce qui ne l’empêche pas de viser juste et, pan dans la fesse de Zeus !... une flèche d’or ! Machinalement, le dieu la retire ; mais elle a déjà produit son effet.  Le voilà si bouleversé par la beauté du jeune homme, qu’il voit avec stupeur des plumes lui pousser, ses bras se changer en ailes, son nez en bec et ses doigts en serres. D’émotion il s’envole et du plus haut de l’azur, fond sur le jeune homme qu’il enlève dans les airs.
Pendant que Cupidon se sauve, Zeus, fou d’amour,  atterrit sur l’Olympe au beau milieu des Dieux occupés comme souvent à banqueter de nectar et d’ambroisie. A la vue de l’enragé trousseur de chitons, ramenant sous son aile un jeune garçon, ils partent en chœur d’un de leurs célèbres fous- rire.
Héra pour sa part riait jaune ! Elle devait déjà se méfier de toutes les femelles mortelles ou non que croisait son époux ; si désormais elle devait aussi se méfier des jeunes mâles, sa vie ne serait plus une existence. Dur pour une immortelle !
Zeus, devant la réaction qu’inspirait son nouveau tableau de chasse, pensa perdre son autorité ; il lui fallait d’urgence trouver une parade. Avisant la jeune Hébé servant à boire à la ronde, il tonna :
-« Puisque notre chère Hébé nous quitte pour épouser Héraclès, j’ai songé à la remplacer. Ce jeune homme se nomme Ganymède, il sera désormais notre échanson et pour éviter qu’il ne nous quitte un jour, je lui fais don de l’immortalité. »
Pendant ce temps sur terre, le roi Tros ne décolérait pas. Il faisait retentir les bois et les collines de ses imprécations. Zeus le misérable, lui avait ravi son fils, le meilleur, le plus beau et dans quel but ! Le Dieu des Dieu avait jeté le déshonneur sur sa famille ; rien, non rien ne pourrait jamais réparer une telle injure.
Zeus en pleine idylle avec son nouvel échanson se moquait pas mal de Tros et de ses revendications. Les autres dieux troublés dans leur quiétude par ces plaintes sans fin le prièrent de faire quelque chose.
Zeus avait dans ses écuries deux magnifiques chevaux blancs. Des coursiers « rapides comme la tempête » et « plus légers que l’air », immortels de surcroît. Il en fit cadeau à Tros en échange de son silence… qu’il obtint !
Ce qui fit dire plus tard à des malveillants que le roi Tros avait vendu son fils en échange de deux chevaux….


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JANVIER - Semaine 3 – jour 3 C’EST BON SIGNE 

A la Saint-Antoine,
Les jours augmentent d’un dîner de moine.

LE VERSEAU


Le 20 du mois, Janvier devient Pluviôse et entre dans le signe du Verseau. Il y trouvera, légèreté, souplesse, intelligence active. Ses pierres sont l’ambre, symbole de sa chance et l’améthyste à l’éclat froid et mystique.
Le Verseau, c’est le souffle de la liberté ; l’indépendance, l’innovation, le progrès, l’utopie. Il sait remettre en cause et de façon radicale son existence.
Ce grand vent peut enflammer le Bélier juvénile ; mais que ce dernier prenne garde à ne pas provoquer le grand vent de tempête qui pourrait aussi bien  l’éteindre que  provoquer l’incendie destructeur.
Le Verseau entretiendra la chaude flamme du foyer du Lion, en cas de besoin rafraîchira sa canicule et ravivera les braises mourantes du Sagittaire
Après avoir été représenté par une jeune fille versant l’eau de ses amphores, le Verseau est désormais figuré par un jeune homme … Ganymède.
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JANVIER - Semaine 3 – jour 4 LUSTUKRU !

A Saint-Pierre , coq chantant
Est présage de mauvais temps.

CHEVEUX AU VENT

Quoi de plus élégant qu'un crâne chauve, sinon un crâne rasé?
L'exemple vient de haut et de loin: Jules César était chauve!
Quelques coups de vent ravageurs ont détourné hommes politiques, intellectuels ou mondains de la longue mèche partant de la nuque, qui , bien collée à la brillantine, serpentait autour du crâne, tentant de remplir l'espace laissé vide par des cheveux indociles et lassés, mollement chus sur les épaules et les torses de leurs propriétaires; certains fureteurs osant même s'insinuer dans les narines.
Mais les chauves proclamés sont-ils sincères?
Les fabricants et revendeurs de cosmétiques n'ont jamais cessé de tenter la fortune en proposant drogues et onguents censés revigorer le système pileux.
Bien que l'efficacité de ces remèdes soit douteuse, les hommes de notre siècle sont plus heureux que ceux du temps de César (Jules), à qui l'on proposait au choix:
-de la peau de hérisson brûlée dans de la poix liquide;
-de la cendre de vipère mêlée à de l'oignon pilé;
-de la cendre de lézard vert mélangée à de la graisse d'ours;
-des têtes de mouches écrasées dans du lait de femme, à étaler sur le crâne préalablement frotté d'une feuille de figuier;
-de la cendre de sabot de mulet délayée dans de l'huile de myrte;
-de la fiente fraîche de poule;
-ou enfin de la fiente de brebis pilée dans du miel.
On dit que les fournisseurs de ces potions magiques ornaient les pots qui les contenaient d'une tête de gaulois chevelu.
Parce que Jules les valait bien!Justifier







JANVIER - Semaine 3 – jour 5 – COURRIER DU CŒUR

Neige de la Sainte-Prisca,
Une belle année que voilà.


De Philippe de Luzy à Denise Trémors

12 novembre 18...


      Madame,

Voulez-vous me permettre de me présenter chez vous demain vers cinq heures, et de vous apporter moi-même le petit volume de vers que vous désirez? Le souvenir très agréable de la conversation que nous avons eue à cette soirée où je m'ennuyais - où nous nous ennuyions tant - me pousse à vous faire cette demande; j'ose espérer que vous ne la trouverez pas importune. J'obéis, en vous écrivant, à une impression d'affinité qui m'a donné, l'autre soir, tandis que je vous parlais, le sentiment que nous étions depuis longtemps amis. Je sais qu'il faut se défier des indications de l'instinct, qui sont en général obscures et incertaines; peut-être mon imagination fait-elle seule les frais de tout ceci et avez-vous complètement oublié et la soirée, et le livre, et son propriétaire. Dans ce cas, madame, soyez assez bonne pour ne pas me le faire trop vivement sentir, car j'en souffrirais déjà.
je vous prie d'agréer mes respectueux hommages....

STENDHAL - Amitié amoureuse









JANVIER - Semaine 3 – Jour 6 -AH ! LA MODE DE CHEZ NOUS

A la saint-Sébastien,
Les jours rallongent d’un pas de chien




Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants. Ils ont oublié comment ils étaient habillés cet été; ils ignorent encore plus comment ils le seront cet hiver: mais surtout on ne saurait croire combien il en coûte à un mari pour mettre sa femme à la mode.
Que me servirait de te faire une description exacte de leur habillement et de leurs parures? Une mode nouvelle viendrait détruire tout mon ou, comme celui de leurs ouvriers; et avant que tu eusses reçu ma lettre, tout serait changé.

Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne, en revient aussi antique que si elle s'y était oubliée trente ans. Le fils méconnaît le portrait de sa mère, tant l'habit avec lequel elle est peinte lui paraît étranger: il s'imagine que c'est quelque Américaine qui y est représentée, ou que le peintre a voulu exprimer quelqu'une de ses fantaisies.

Quelquefois les coiffures montent insensiblement, et une révolution les fait descendre tout à coup. Il a été un temps que leur hauteur immense mettait le visage d'une femme au milieu d'elle-même; dans un autre, c'étaient les pieds qui occupaient cette place: les talons faisaient un piédestal qui les tenaient en l'air. Qui pourrait le croire? les architectes ont été souvent obligés de hausser, de baisser et d'élargir leurs portes, selon que les parures des femmes exigeaient d'eux ce changement; et les règles de leur art ont été asservies à ces caprices. On voit quelquefois sur un visage une prodigieuse quantité de mouches, et elles disparaissent toutes le lendemain. Autrefois les femems avaient de la taille et des dents: aujourd'hui il n'en est pas question. Dans cette changeante nation, quoi qu'en dise le critique, les filles se trouvent autrement faites que leurs mères.

Il en es des manières et de la façon de vivre comme des modes: les Français changent de moeurs selon l'âge de leur roi. Le monarque pourrait même parvenir à rendre la nation grave, s'il l'avait entrepris. Le prince imprime le caractère de son esprit à la cour, la cour à la ville, la ville aux provinces. L'âme du souverain est un moule, qui donne la forme à toutes les autres.

A Paris, le 8 de la lune de Saphar, 1717
MONTESQUIEU - Lettres Persanes
















JANVIER - Semaine 3 – Jour 7 –LES METIERS

Froidure d’Agnès
N’est que caresse


LA HAUTE-COUTURE


Dernière semaine de janvier, une grand’messe se termine : les défilés de Haute – Couture printemps-été. Prochaine cérémonie, fin juillet.
Car les habitants de cette étrange planète vivent les saisons à l’envers : ils drapent les épaules nues de soie et de mousseline en plein hiver et attendent la prochaine canicule pour s’envelopper de cachemire et de fourrures.
Est-il bien nécessaire en ces temps incertains d’étaler tant de luxe pour satisfaire la vanité d’une poignée de femmes fortunées dont le nombre d’ailleurs diminue chaque année ?
Si ce n’était que ça ! Mais ces robes qui défilent finiront pour la plupart dans des musées et témoigneront du savoir-faire de ces mains qu’on dit petites et qui sont grandes par l’habileté et le talent. Ne vous y trompez pas : ces temples du paraître sont aussi et principalement des conservatoires de métiers d’art. Où seraient sans la Haute-Couture les brodeurs, plumassiers, fleuristes, bottiers, gantiers, lingères, maroquiniers, modistes et que me pardonnent ceux que je viens d’oublier ?
Où seraient ces métiers pour la plupart disparus de la rue comme ont disparu les corsetiers dont Paul Poiret n’a plus voulu ? La Haute-Couture est pour eux ce que le grand violoniste est au luthier et le zoologue au panda géant. Sans les couturiers qui les font vivre tous ces artisans d’art ne seraient plus que souvenirs.
Egalement le couturier, protecteur ou fossoyeur d’un métier selon son caprice, n’est pas sans influence sur le destin de la « femme de la rue ». Paul Poiret est venu à bout du corset responsable de tant de « vapeurs » et d’évanouissements ; la femme s’est alors aperçue qu’elle pouvait tenir droite sans soutien. Peu de temps après, Coco Chanel a détourné le jersey et le vêtement de sport masculin, pour donner aux femmes encore plus de liberté. Mais ces deux ne s’adressaient encore qu’aux femmes fortunées.
Tout près de nous, à la fin des années 60, Yves Saint-Laurent adonné aux femmes le smoking du soir et le tailleur pantalon. Souvenez-vous que dans ces années-là, dans nombre d’entreprises, le port du pantalon était interdit aux femmes. Aussi Saint-Laurent a-t-il fait plus avec ce tailleur –pantalon et d’autres vêtements de ses collections empruntés au monde du travail et aux uniformes des armées pour la démocratisation de l’élégance : désormais, toutes les femme, même les plus modestes, ont pu (si elles en avaient le désir), se donner l’allure, le « look », des mannequins et des clientes du couturier.
Il suffisait, et il suffit encore d’acheter dans les grands magasins ou les surplus de l’armée les originaux des vêtements copiés par la Haute-Couture. Eh, oui ! Révolution ! Ce n’est plus la rue qui copie la Couture, c’est la Couture qui copie le vêtement populaire et met l’élégance à la portée de qui s’en soucie.
Mais il ne faut pas croire cependant, que l’accès aux grands noms soit réservé aux riches ; il est des personnes modestes dont le rêve est d’avoir une fois dans leur vie, oh, pas une de ces robes qui valent le prix d’une voiture, parfois d’une maison, mais au moins un accessoire qui porte ce nom. Je me souviens d’une couple de commerçants, droguistes ou quincailliers ; pour leurs cinquante ans de mariage, le mari a offert à sa femme, payée en petites coupures soigneusement pliées dans une enveloppe, une paire d’escarpins en crocodile. Elle avait toute sa vie rêvé de ces souliers en croco véritable, sans une seule couture, chacun taillé dans la peau d’un petit alligator. Elle avait attendu tout le temps que les billets soient assez nombreux pour réaliser son rêve. (Et que ceux qui veulent rompre une lance en faveur des alligators me prouvent qu’ils n’ont jamais mangé de poulet !)
Alors, me direz-vous, tout ceci est-il bien utile ? Et je vous répondrai : la beauté est-elle utile ?
Tout cet argent ne pourrait-il être mieux employé ?
Et alors ? Quand on aura fermé les ateliers du rêve, aura-t-on pour autant soulagé la misère du monde ?


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JANVIER - Semaine 4 – Jour 1 US ET COUTUMES

A la Saint-Vincent, les glaçons perdent leurs dents
Ou les recouvrent pour longtemps.

LES NOMBRES : le 1

La symbolique des nombres est basée sur de très anciennes croyances dont on trouve les échos dans les religions et aussi dans les contes. Ceux-ci commencent souvent par la formule : « Il était UNE fois… ».
Le un est le nombre des débuts, de la révélation. Il est recommandé de faire un vœu quand on fait une chose pour la première fois ; quand on mange le premier fruit ou le premier légume de la saison ; quand on entend le premier chant du coucou qui annonce la fin des gelées ; quand on aperçoit la première hirondelle ; la première étoile du soir et au premier coup de tonnerre du premier orage de l’année.
Nombre de légendes relatent l’abandon d’un enfant premier-né, voué plus tard à accomplir des actes étonnants.






JANVIER - Semaine 4 – Jour 2 CONTE


L’eau qui mouille la chandelle
Tombe aussi en la javelle


OURANOS


Au commencement des temps, Chaos, seul dans l’univers, comme il n’avait rien d’autre à faire, pondit un œuf.
Quand l’œuf s’ouvrit, il en sortit Phanès, un dieu sans raison sociale bien définie. Peut-être était-il simplement cette entité sans fin, précieuse et vague, la Nature.
Phanès était androgyne ; il n’eut besoin de personne pour engendrer Nyx, la nuit. Regardant avec complaisance sa créature et las de s’amuser tout seul, il s’unit à elle et lui fit un enfant : Gaïa, la terre - mère à la large poitrine. Gaïa était belle et le monde inachevé ; Phanès épousa Gaïa et ensemble, ils conçurent les montagnes, Pontos l’abîme marin  et Ouranos le ciel étoilé.
Alors, venant d’on ne sait où car plus ancien encore que Chaos, dit-on, surgit Eros, le dieu puissant qui tantôt siffle comme un serpent, tantôt bêle comme un agneau ; il sait plier la volonté, briser la raison. Il a deux ailes, deux sexes et quatre têtes. Et ce n’est pas trop quand on y songe de quatre têtes pour gouverner deux sexes. Ce fabuleux Eros embrasa d’une passion violente l’un pour l’autre, Ouranos et Gaïa.
Si puissant était leur désir qu’à peine pouvaient-ils se détacher l’un de l’autre, le temps pour Gaïa d’accoucher d’une nombreuse progéniture.
D’abord les Titans : Océan aux profonds remous, Coios, Crios, Hypérion et Japet ; Théia, Rhéia, Thémis et Mnémosyne, Phoïbé la blonde et l’aimable Thétis ; enfin et surtout le sombre Cronos, le dieu aux pensers fourbes qui sitôt, détesta le puissant et prospère Ouranos. Ces Titans, si l’on met à part leur taille démesurée, étaient à peu près normaux.
Alors, vinrent les violents Cyclopes : Brontès le Tonnerre, Stéropès l’Eclair et le brutal Arghès qu’on surnomma l’Eclat. Encore plus vigoureux et adroits que leurs aînés, assez semblables à eux à cette différence près qu’ils n’avaient qu’un œil, situé toutefois par souci d’harmonie, au milieu de leur front.
Quand aux trois derniers, et c’est à cause d’eux que de nos jours encore on déconseille aux mères d’épouser leurs fils, encore plus grands, encore plus forts, les innommables Hécatonchires : les orgueilleux Cottos, Briarée et Gyès. Ils possédaient chacun cent mains et cinquante têtes attachées aux épaules. C’est vous dire la largeur des épaules !
Tant de mains et tant de têtes ! Qui de nous certains jours, ne souhaiterait en avoir au moins la moitié ? Bien qu’utiles, tous ces membres n’étaient guère élégants, c’est pourquoi Ouranos le raffiné détestait sa progéniture. Cette monstruosité l’horrifiait d’une part, mais aussi, ces enfants que Gaïa chérissait représentaient autant d’obstacles entre son épouse et lui. Alors, au fur et à mesure de leur venue au monde, , il les rejetait tout au fond du Tartare.
Toujours amante, toujours enceinte et jamais mère, Gaïa se désespérait. A la longue, elle finit par éprouver envers le furieux Ouranos qui la privait de ses enfants,  une aversion telle que s’unir à lui devint pénible. Elle ne pouvait toutefois se soustraire à l’ardeur dont Eros embrasait leur couple. Alors, comme vous ou moi ferions de l’herpès, elle se mit un jour à faire de l’acier. Et de cet acier dont elle était la source et que nerveusement, machinalement, elle manipulait, elle fabrique à son propre étonnement, une harpée, qui est une sorte de faucille.
Cet outil acéré lui donne une idée. Elle appelle ses enfants au fond du Tartare où ils étaient relégués, les exhortant à la vengeance. Seulement, tous craignaient leur terrible géniteur, aussi tous firent-ils la sourde oreille. Seul, le plus jeune des Titans, Cronos « aux pensers fourbes », le plus brave, sans doute le plus intelligent, celui qui spéculait sur l’avenir, Cronos bientôt, du moins le pensait-il, aussi puissant que son  père, Cronos lui répondit. Sans regret, sans remord, sans crainte d’infamie envers plus infâme que lui, il accepta d’être la main qui vengerait sa mère.
Gaïa réconfortée, lui expliqua son plan.
Précédant la Nuit, le grand Ouranos avide de sexe, allait venir vers elle et l’étreindre une fois encore. Alors, le moment venu, Cronos armé de la harpée aux pointes aiguisées, sortant d’un creux de rocher où il s’était embusqué, étendit le bras droit ; de la main gauche (et c’est pourquoi de longtemps la gauche restera présage funeste), saisissant les paternelles génitoires, il les faucha adroitement et sans attendre les réactions de sa victime, les jeta derrière lui au hasard et disparut.
On peut imaginer la douleur et la rage d’Ouranos, mais sans trop s’y attarder car étant dieu, il était immortel. Le devenir de ses organes est plus intéressant.
Les bourses divines étant par leur essence même sacrées, méritaient mieux que d’être abandonnées comme vulgaire charogne, livrées aux vautours qui, par parenthèse, n’existaient pas encore. Non, car douées d’une vitalité propre, le sang qui en jaillit éclaboussa la terre qui s’en imprégna et au fil du temps accoucha des puissantes Errynies, monstres ailés aux longs cheveux entremêlés de serpents. Au nombre de trois, aveugles, armées de fouets et de flambeaux, elles eurent pour fonction de poursuivre sans trêve et jusqu’au fond du Tartare, les criminels impunis. S’acharnant sur leurs victimes, les torturant avec raffinement, les mener jusqu’à la folie leur procurait des joies ineffables. Gardiennes de l’ordre, sombres et puissantes, on les nomma Alecto l’Implacable, Tisiphone la Vengeresse, Mégère l’Envieuse.
Et puis vinrent au monde les nymphes gracieuses et les géants qui luttèrent contre Zeus pour la souveraineté du monde.
Cette histoire horrifique prouve sans conteste que l’assouvissement du désir en lui seul ne provoque que violence et monstruosité. Eros à lui seul ne pouvait susciter un monde harmonieux. Par bonheur, les dépouilles d’Ouranos tombèrent à la mer et un peu de semence qui y était resté se mêla à l’écume des vagues ; de ce mélange naquit la belle, la tendre, la nécessaire Aphrodite.
Plus tard, bien plus tard, leurs sens apaisés, Ouranos et Gaïa réconciliés, devinrent les sages arbitres des litiges entre leurs nombreux enfants ; ils s’adonnèrent aux oracles. C’est ainsi que lorsque Zeus voulut s’unir à la titanide Métis, les grands-parents de la fiancée lui promirent une brillante descendance : une déesse, Athéna, qui égalerait Zeus en sagesse et un fils qui deviendrait roi des dieux et des hommes. Prudent, Zeus renoua avec une vieille tradition familiale et avala Métis avant même que ce dangereux fils fut conçu. Athéna en revanche, était déjà en route et c’est pourquoi à, l’issue d’une mémorable migraine, il lui fallut sortir toute armée de la tête de son père.





JANVIER -Semaine 4 – Jour 3 RIMES SANS RAISON

S’il gèle à la Saint-Raymond,
L’hiver est encore plus long


ELEGANCE


Les gants sont élégants,
Quand ils sont noirs et longs,
Avec des bas de soie,
Des souliers hauts talons.
La mousseline en écharpe,
Dans un parfum se drape.
La parole assourdie,
Le geste mesuré,
Le pli du pantalon
Bien nettement marqué ;
Les perles aux oreilles,
Un anneau simple au doigt,
Sourire quoiqu’il advienne ;
Et puis pouvoir un jour
Aller valser à Vienne…








JANVIER - Semaine 4 – Jour 4 –DE TOUT UN PEU

Le jour de la conversion passé,
Les nez ne sont plus gelés.


ARISTIDE BOUCICAUT


« Comment, se demandait Aristide Boucicaut, tirer encore quelque argent d’une clientèle déjà bien essorée par les fêtes de fin d’année ? »
Et, tel la mère de Blanche-Neige, Aristide à sa fenêtre, regardait le paysage s’emmitoufler de blancs flocons : blancs les toits, blancs les arbres, blancs les trottoirs recouverts d’une nappe blanche, d’un drap….BLANC ! La voilà,  l’idée ! Une exposition de linge blanc ! C’est ce dont ont besoin les ménagères en cette fin de janvier. On a reçu, dîné, nappes et draps ont servi et la lessive en hiver, au milieu du XIX° siècle n’est pas une mince affaire. Les plus fortunées n’hésiteront pas à renouveler leur trousseau. Et il avait bien raison ce fils d’un chapelier percheron !
Est-ce parce qu’il est né un jour de fête, un 14 juillet 1810, que la chance l’a toujours accompagné ? La chance,  mais aussi le travail et le goût de l’innovation.
Il a 18 ans quand il quitte Bellême et la boutique paternelle, lesté d’un stock de casquettes mal vendues, sur les pas d’un marchand d’étoffes ambulant. Aristide « monte » à Paris.
Un an plus tard, le magasin « Au Petit Saint Thomas » rue du Bac, recherche un vendeur ; Aristide se présente, est engagé et ne tarde pas à devenir chef de rayon.
Une des vendeuses est bourguignonne ; elle sait à peine lire mais elle plaît à la clientèle tout comme à son chef de rayon : en 1836, Aristide Boucicaut épouse Marguerite Guérin.
On connaît dans le quartier les talents commerciaux du couple Boucicaut.
Paul Videau, possède un magasin situé à l’angle de la rue de Sèvres et  de  la rue du Bac : le Bon Marché. En 1852, il prend Boucicaut comme associé. Ils resteront ensemble onze années au bout desquelles après avoir décuplé le chiffre d’affaires, Aristide rachètera les parts de Paul Videau.
Entre temps, notre entreprenant calicot a visité l’Exposition Universelle. Les pavillons, répartis sur une vaste étendue, sont variés, attirent l’œil, l’envie de visiter ; Aristide va d’un stand à l’autre et finit par se perdre. Ce qui lui donne une idée.
Au Bon Marché désormais, fini les comptoirs sagement alignés qui séparent les clientes de la marchandise. Chaque article sera exposé sur des rayons,  répartis autour d’allées où l’acheteur pourra se promener au gré de sa fantaisie. Et s’il se perd, ce sera pour les employés l’occasion d’entrer en relation, sans avoir l’air de vouloir vendre.
Car autre innovation : l’entrée est libre. La clientèle peut entrer et sortir sans acheter. Boucicaut réduit ses marges pour pratiquer des prix plus bas qu’il baisse encore à intervalles réguliers : ce sont les soldes qui permettent d’accélérer la rotation du stock. De plus les prix, qui se pratiquaient souvent « à la tête du client » sont, désormais,  chez lui, fixes et affichés. On peut même échanger un article qui, à la réflexion, ne convient pas.
L’exposition de « blanc » ayant marché, il en fera d’autres,  marquant chaque saison d’une nouvelle proposition d’achat.  C’est lui aussi qui, en 1856, édite le premier catalogue de vente par correspondance.
Parti d’un magasin abritant quatre rayons et employant 12 vendeurs, il fait en 1869 construire par Eiffel le plus grand magasin du monde (de ce temps) qui fera travailler 1788 employés dont le salaire sera augmenté de commissions sur les ventes.
Ce Palais du Roi Aristide aura plusieurs étages auxquels on accèdera par des ascenseurs.
De ses bureaux, Boucicaut invente le commerce moderne : livraisons à domicile, buffets et journaux gratuits, distributions de ballons aux enfants, publicité, affiches, catalogues, vitrines, animations…
Les USA le prennent en exemple et d’anciens employés du Bon Marché ouvrent à Paris des magasins concurrents :Jules Jaluzot fonde le Printemps et Marie-Louise Jay, la Samaritaine.
A sa mort en 1877, sa femme lui succède et continue les innovations, cette fois en faveur du personnel auquel elle offre une caisse de prévoyance, des cours de musique et de langues étrangères.
L’histoire du  fils du chapelier de Bellême devenu roi du commerce parisien, n’est-elle  pas un beau sujet de roman ? Cela n’échappera pas à Emile Zola qui fera d’Aristide Boucicaut l’Octave Mouret du « Bonheur des Dames »


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JANVIER - Semaine 4 – Jour 5 -C’ EST POUR RIRE !


S’il gèle à la Saint-Sulpice,
Le printemps sera propice.




PYRAMIDES - On a enfin résolu l'angoissant problème de la construction des pyramides. Les Egyptiens creusaient dans le sol un trou pointu dans lequel ils construisaient une pyramide LA POINTE EN BAS. Ensuite, ils n'avaient plus qu'à la retourner.

CAVANNA - Almanach 1985





JANVIER - Semaine 4 – Jour 6 –CE SOIR JE SERAI LA PLUS BELLE

Compte bien fin janvier,
Que tu as mangé
La moitié de ton grenier

LE BAIN AUX QUATRE PLANTES



Comment être la plus belle quand on se sent fatiguée ?

Vous sortez ce soir et après une journée épuisante, votre teint est gris et vos yeux cernés. Avant de vous pommader de fonds de teint et d’anti-cernes à l’efficacité douteuse, commencez par le commencement :un bon bain relaxant parfumé aux senteurs de l’été.

Faites bouillir un1/2l. d’eau dans laquelle vous ferez infuser pendant un quart d’heure :
5gr de feuilles de menthe poivrée,
5gr de fleurs de lavande,
5gr de fleurs de serpolet,
et 5gr de romarin fleuri.

Filtrez et versez dans l’eau du bain.

Deux cotons imbibés d’eau de bleuet sur les yeux, relaxez-vous, respirez lentement. N’hésitez pas à piquer un petit roupillon. Vous serez en retard ? Et alors ? Les belles se font attendre, c’est bien connu ! Et puis, vous avez la nuit devant vous.

Après ce moment de détente, les fards se poseront tous seuls et comme par magie, tiendront jusqu’au petit matin.













JANVIER - Semaine 4 – jour 7 – LE PARTRIOLE





Le premier mois de l’année
Que donnerai-je à ma mie ?
Un partriole
Qui va, qui vient, qui vole,
Un partriole
Qui vole dans ce bois.