samedi 30 janvier 2016

Les taxis sont gentils... parfois...

La réputation de 'gros beauf's" des taxis parisiens est hélas trop souvent justifiée. Mais ce n'est pas toujours le cas et quand ils sont généreux , ils ne le sont pas qu'un peu...
J'avais, il y a de cela pas mal d'années, une petite chienne fofolle du nom de Thisbé... Référence mythologique qui s'est très vite révélée verlan..Nous habitions Boulogne.. Voilà qu'un soir, sortant du métro après une journée de dur labeur, chargée de divers paquets, je trébuche entre deux pavés et lâche la laisse... Thisbé, folle de joie part au grand galop, l'angle de la rue me la dissimule et j'entends hurler des freins... Je me ramasse au plus vite, je cours pour voir ma chienne étendue comme un gant de toilette dans le caniveau... Inanimée...
Alors que je me penche, sur elle un taxi s'arrête (la voiture coupable avait disparu, bien entendu). Le chauffeur du taxi me propose de l'aide et moi, sotte, je dis non merci ça va...
Mais non! Ca ne va pas... la chienne ne bouge plus, j'ose à peine la prendre de peur d'aggraver les choses... Et je me retourne... heureusement, le taxi était toujours là..
"Si, si merci... emmenez-moi chez le véto!"... Le chauffeur prend mon fourbi et me tend une couverture que nous glissons sous la chienne et on l'étend sur le siège arrière... J'indique l'adresse de Dewailly qui était alors notre médecin traitant, près de l'église de Boulogne... 
Arrivés là le chauffeur me dit: "J'ai fini ma journée, si vous voulez, je vous attends!" Proposition bienvenue puisque de l'église au Pont de Sèvres, il n'y avait alors, ni bus ni métro....
Bon, je passe les détails, la chienne n'avait rien de cassé, mais en état de choc elle risquait de ne pas se réveiller, si elle n'était pas stimulée régulièrement. Les King Charles sont comme ça, ils peuvent mourir d'émotion violente. Le jeune véto qui s'occupait de nous me dit qu'il l'emmène dans une clinique qu'il avait à Courbevoie mieux équipée et que je saurais le lendemain matin seulement si elle vivrait ou pas...
Je laisse à penser dans quel état j'étais... Le taxi me ramène chez moi avec des paroles réconfortantes (et la voiture aussi!) et me propose de revenir me prendre le lendemain matin pour m'emmener chercher la chienne... morte ou vive... Et il ajoute: "Ne vous en faites pas j'arrête le compteur quand j'attends , vous ne me devrez que le trajet."
Le lendemain, il était là... nous sommes allés chercher Thisbé encore dolente mais bien vivante...
Le taxi nous a conduit au boulot... a refusé de me donner son adresse car il ne voulait pas de remerciements et quelques mois plus tard... "Je passais par là  a-t-il dit;" il a poussé la porte du magasin pour prendre des nouvelles... La chienne l'a reçu avec enthousiasme et je ne lui ai pas dit  que c'était sa manière ordinaire de recevoir les visiteurs... 
Il y a vraiment dans le monde des gens super et certains sont chauffeurs de taxis..

.La fin de l'histoire, c'est qu'après l'accident, elle ne voulait plus marcher que dans l'herbe...A Paris, c'est pratique! Il fallait que je la porte et elle pesait pas loin de 9 kilos... J'étais épuisée! Jusqu'au matin où de fatigue, j'ai raté un trottoir et je me suis retrouvée à plat ventre, (le chienne toujours dans mes bras) sous le nez d'un chien de défense qui montait la garde avec un vigile devant l'hôtel Plazza... Ni le chien ni son maître n'ont remué une oreille... Mais là... j'ai posé la chienne sur ses 4 pattes et j'ai tiré sur la laisse jusqu'à ce qu'elle bouge.... La conclusion définitive c'est qu'un chien en ville, c'est pas bien! Et du coup, c'est la ville que j'ai quitté... les chiens sont plus raisonnables que nous.

mercredi 27 janvier 2016

dimanche 24 janvier 2016

Secourisme

"Il ne faut jamais donner d'alcool à un accidenté de la route avant d'être sûr qu'il vit encore. Autrement, c'est du gaspillage."

François CAVANNA

jeudi 21 janvier 2016

C'est chose ardue que de donner de la nouveauté à ce qui est ancien, de l'autorité à ce qui est nouveau, de l'éclat à ce qui est flétri, de la clarté à ce qui est obscur, de l'attrait à ce qui répugne, du crédit à ce qui est douteux, de donner à toute chose sa nature et à la nature tout ce qui lui revient. C'est pourquoi, même si nous n'atteignons pas notre but, il est déjà assez beau et glorieux de l'avoir voulu.

PLINE l'ANCIEN (23-79), Histoire naturelle

mercredi 20 janvier 2016

Mots d'auteurs

Comme je regardais ce papier blanc qui tombait, tombait, tombait continuellement, mon esprit se perdait en rêveries sur les usages curieux auxquels ces milliers de feuilles finiraient par être soumis. Toutes sortes d'écrits seraient rédigés sur ces choses encore vierges - sermons, mémoires d'hommes de loi, prescriptions médicales, lettres d'amour, certificats de mariage, actes de divorce, actes de naissance, certificats de décès, et ainsi de suite à l'infini... Puis, revenant aux feuilles blanches qui gisaient là,  je ne pus m'empêcher de penser à cette célèbre comparaison de John Locke, qui, pour démontrer sa théorie selon laquelle l'homme n'a pas d'idées innées, comparait l'esprit humain à sa naissance à une feuille de papier blanc, quelque chose qui était destiné à être noirci de lettres, mais de quelle sorte, cela, nul n'eût su le dire.



MELVILLE (1819-1891), Le Paradis des célibataires et le Tartare des jeunes filles.

dimanche 17 janvier 2016

Pensée...



Les années ne modifient pas notre essence , si tant est que nous en ayons une.
Jorge Luis BORGES (1899-1986), Le livre de sable.




L'essence non, mais son prix, oui!



vendredi 15 janvier 2016

Remue-méninge

                   


                                          Le hussard décapite la botte 

                                                                                                  Pierre Dac 

lundi 11 janvier 2016

L'étranger

"Pourquoi me tuez-vous? - Eh quoi, ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin et ce serait injuste de vous tuer de la sorte; mais puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave, et cela est juste." 
PASCAL

jeudi 7 janvier 2016

Lire et relire

William FAULKNER - Lumière d'août

Vous qui venez souvent par ici , savez je crois, que je lis au hasard. L'actualité littéraire est si dense qu'une information chasse l'autre et que j'ai oublié aujourd'hui ce qui m'a tenté hier. Aussi, depuis longtemps, je laisse faire "Hasard", mon ami et mon maître, disait de lui Colette.

Bibliothécaire, j'étais  submergée de "dons"; vous savez: "On ne jette pas un livre..." Mais comme on n'en veut plus, on le donne... à la bibliothèque... et ça fait des caisses et des caisses à évacuer. Pourtant, je n'ai  jamais refusé; il y a toujours une perle à ramasser dans la pire des poubelles.
Là, c'était Faulkner: Lumière d'Août, en livre de poche jauni, corné et dont la pellicule s'effrite. Si la bibliothécaire consciencieuse se doit de l'écarter de ses rayons bien tenus, la lectrice amoureuse de littérature nord-américaine et qui n'avait pas lu celui-là, s'en est emparée.
Alors, Faulkner: toute la magie et le désespoir du Vieux Sud, comme dans Caldwell ou Tenessee Williams. Les plantations ruinées, les anciennes demeures à colonnades qui se désintègrent tout comme les vieilles familles autrefois aristocratiques et que la misère délite. Cette répulsion entachée d'amour déçu pour les "nègres", l'incompréhension, le déni de leur humanité; un peu comme si... imaginez un instant, qu'on ait déclaré votre chien aimé votre égal, qu'on lui donne le droit de vote et éventuellement celui d'épouser vos enfants. Et l'horreur intégrale, la détestation pour celui qu'on a cru blanc, avec qui  on a partagé un moment de vie,et dont on découvre soudain que son sang est pollué de quelques gouttes de ce sang noir abhorré.
Tout ceci, bien d'autres écrivains l'ont aussi décrit; dans Lumière d'août, ce qui étonne surtout, c'est la construction du roman. Il raconte un fait divers horrible certes, cependant pas plus que d'autres  mais  qui n'est jamais relaté. On le découvre parcimonieusement, au cours des conversations, des méditations, des soliloques de chaque personnage. On n'en sait jamais plus que lui; on n'a que la tranche du fait divers que connaît celui qui est en scène, les mêmes ignorances, les mêmes interrogations. Le pire est quand le personnage, n'en pense rien, quand il n'en a rien à faire, préoccupé qu'il est de sa propre aventure dont on ne sait rien non plus et qu'on va devoir découvrir par les mêmes moyens.
Ce sera la somme de toutes ces informations partielles qui, à la finale, nous fera découvrir tout ce qui a maintenu notre curiosité, notre attention énervée, impatiente de savoir les pourquoi, les comment. Comme un patchwork dont on pourrait croire les morceaux assemblés au hasard, la somme des révélations éparses donnera une oeuvre magistrale.
Si je vous ai donné envie de lire Lumière d'août, il n'est peut-être plus en bibliothèque - les "désherbages y font des ravages - mais il est toujours édité, ou alors.... suivez-moi... Ce livre que j'ai aimé, je ne le garderai pas; je ne le jetterai pas non plus: je vais le partager. Un coutume est en train de naître: quand on a aimé un livre, on le laisse sur un banc de square, dans un train, sur le quai du métro, sur la table d'un café, pour que celle ou celui qui passe, à son tour s'émerveille d'une belle histoire...
Si quelque part, vous trouvez Lumière d'Août en livre de poche pas trop frais, dites-vous que peut-être, je viens de passer là.

lundi 4 janvier 2016

Lire et relire

Tant pis, j’abandonne ! je m’étais pourtant juré d’aller jusqu’au bout et j’y étais presque mais vraiment, vraiment ces gens-là ne m’intéressent pas, leur « monde »  n’est pas le mien ; le narrateur m’est antipathique : égoïste, soupçonneux, jaloux, snob, geignard…. Et puis cette façon de nous barber pendant trois pages pour un ressenti qu’on a le plus souvent du mal à partager… pas si bien écrit qu’on veut nous le faire croire….
Ah ! ça me rase, ça me rase , me plaignais-je… pourtant c’est un chef d’œuvre, il faut l’avoir lu c’est certain, tout le monde l’admire…
La plupart de ceux qui l’admirent n’en ont lu que des extraits me répondit mon interlocuteur principal… Et j’allais entamer la dernière partie quand, considérant la pile de bouquins en stand bye sur leur étagère, j’ai abandonné … c’était hier au soir…
Ah et puis le narrateur est menteur aussi ; raison pour laquelle il accuse tout le monde de lui mentir…
Oui , il raconte vraiment n’importe quoi ! Essayez donc, vous autres comme je l’ai vérifié de tremper une madeleine dans une tasse de thé ! Vous obtiendrez quoi ? une sorte de bouillie que vous aurez bien du mal (dans le meilleur des cas) de porter à la bouche sans vous en répandre sur le jabot !

Est-ce bien la peine de vous dire quelle grande œuvre je viens d’abandonner avant son dernier volume ?

vendredi 1 janvier 2016

Cultivons la neige


Antoinette et Claude nous proposent:

Le billet d'Alain Rémond (Dans La Croix)

Faute de pouvoir changer la réalité, quand la réalité est désagréable,
on change les mots qui la désignent, pour faire oublier ce qui dérange.
Ainsi entend-on beaucoup parler, ces temps-ci, 
en raison du manque d’enneigement des stations de ski, 
de l’apport en « neige de culture » ,
en lieu et place de l’horrible « neige artificielle »
qui écorche nos chastes oreilles d’écologistes.
La neige artificielle, disons-le, n’est pas franchement un cadeau pour l’environnement.
 Grande consommatrice d’eau, elle entraîne la construction
de bassins artificiels, qui transforment le paysage et l’écosystème,
souvent au détriment des zones humides.
Cinquante fois plus dure et quatre fois plus dense que la neige naturelle,
elle a tendance à imperméabiliser les sols qu’elle recouvre,
facilitant le ravinement et l’érosion.
Enfin, elle dégrade grandement la diversité végétale.
Ça, c’est la méchante neige artificielle.
Alors que la gentille « neige de culture » , c’est rien que du naturel,
comme la culture des fleurs, des plantes et des légumes.
La culture, c’est bien connu, ça ne peut pas faire de mal…