samedi 27 juin 2015

Le samedi


Son Excellence Merlin se prélasse sur son trône.... AMARTIA et tous ses amis sont autorisés à lui rendre hommage

lundi 22 juin 2015

LES PIOUPIOUS


D’où vient le surnom de pioupious parfois donné aux soldats ?

L’uniforme blanc des gardes-françaises leur valut le surnom de « pierrots » ; un de leurs colonels , Mr de Grammont était visé par ce couplet :

Résultat de recherche d'images pour "moineau"O beau colonel de Pierrots,
On a tort quand on vous oublie,
Non que vous soyez un héros ;
Mais lorsqu’on met jusqu’aux Chabots
Dans la liste que l’on publie,
O beau colonel de Pierrots,
C’est à tort que l’on vous oublie.

Le nom de Pierrot s’appliquait aussi aux moineaux et les gavroches imitaient le piou…piou de l’oiseau sur le passage des militaires.

dimanche 21 juin 2015

Claude cherche un plombier

Demain, Journée mondiale des réfugiés,
dont l'afflux est comparé par Sarkozy
à une "grosse fuite d'eau".
Il a raison.
C'est à croire que voici quatre ans,
un irresponsable,
en Libye,
a percé une conduite.




samedi 20 juin 2015

La photo du samedi...

Quelques fleurs pour AMARTIA'S GANG

Les hémérocalles prennent la suite des pivoines et finalement, ce "banal" Lys de St Joseph vaut bien ses frères plus sophistiqués.... qui n'ont pas encore fleuri d'ailleurs///

vendredi 19 juin 2015

Texte écrit par Fred Vargas en 2009


Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes. Mais nous y sommes.
la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie -une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisièmerévolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Archéologue et écrivain


En réponse à Fred Vargas

Oui, la Terre est malade ; la Nature souffre et moi qui croyais l’aimer j’ai contribué par négligence, insouciance, ignorance à lui faire du mal. Un examen de conscience s’impose:
Ai-je souillé son eau de pesticides ? non, ce n’est pas moi ; ce sont les agriculteurs ! Mais n’est-ce pas moi qui voulais des fruits, des légumes, gros, impeccables, sans taches, sans vers et sans limaces ???
Ai-je envoyé des fumées nocives dans l’air ? non, ce n’est pas moi, ce sont les usines, les industriels ! Mais n’ai-je jamais rien voulu de ce que produisent ces usines ?
Ai-je conduit trois voitures ? pas en même temps en tout cas et s’il n’avait tenu qu’à moi j’aurais un âne et une charrette. Et j’ai toujours voulu des voitures sobres, que j’ai soignées de façon qu’elles polluent le moins possible. Pas de rouge sur ce point là !
Ai-je vidé les mines ? De charbon, j’y ai contribué ; je suis si frileuse !
Ai-je mangé des fraises venues du bout du monde ? Oh, probablement et les Tagada qui font ma joie ne sont sans doute pas non plus bien écologiques..
Ai-je voyagé en tous sens ? Pas trop, certes, mais oui quand même…
Ai-je éclairé la nuit ? Pas moi , mais j’ai aimé les lieux où on le fait.
Ai-je porté des tennis qui clignotent ? Ah, non ! Quelle faute de goût !
Ai-je grossi ? Hélas oui !
Ai-je mouillé le désert ? Je ne pense pas .. la seule fois où j’y suis allée, j’étais étroitement surveillée…
Ai-je acidifié la pluie ? Je ne pense pas.
Ai-je crée des clones ? Même si je l’avais pu, je ne l’aurais pas fait !
Ai-je fait fondre la banquise ?? peut-être par ignorance y ai-je contribué.
Ai-je glissé sous terre des bestioles génétiquement modifiées ? J’espère bien que non !
Ai-je déplacé le Gulf Stream ? non, j’aurais bien trop peur qu’il nous abandonne.
Ai-je détruit des espèces vivantes ? jamais volontairement ! même les araignées qui parfois squattent la baignoire ont droit à mon respect.
Ai-je fait péter l’atome ? C’est pas moi !!!!
Ai-je enfoui dans le sol des déchets radio actifs ? Non, et même je trie consciencieusement mes poubelles et ce n’est pas toujours facile.
Ai-je biné des pommes de terre ? Oui, souvent. C’est aussi efficace que le gym en salle et les patates sont meilleures.

Et maintenant….
Que vais-je faire ???

Nettoyer le ciel ? Oui, si je peux.
Laver l’eau ? pourquoi pas.
Décrasser la terre ? Bien entendu si on m’en donne les moyens.
Abandonner la voiture ? Là, tout de suite, ce n’est guère possible. Réduire encore les déplacements, oui.
Figer le nucléaire ? Je suis pour.
Ramasser les ours blancs ? Dès que j’en vois un, je l’adopte.
Eteindre en partant ? Oui, mais là, il y a un gros effort à faire. C’est curieux comme ce qui semble le plus simple est parfois difficile à exécuter.
Veiller à la paix ? oui, en commençant tout près et là aussi ce sera dur !
Contenir l’avidité ? ah, oui, qui voudrait se dire avide ? Mais quelquefois…..
Trouver des fraises à côté de chez soi ? Parfaitement d’accord, mais prévenir aussi les oiseaux de mon jardin, pour qu’ils acceptent de partager.
Ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes… Pas de danger, le voisin n’en cultive pas !
En laisser au voisin ? Là encore c’est du ressort des oiseaux !
Relancer la marine à voile ? oui, et même le cheval pour les labours…
Laisser le charbon là où il est ? je me chauffe au bois… est-ce mal ?
Récupérer le crottin ? Bien entendu ! rien n’est meilleur pour toutes sortes d’usages !
Pisser dans les champs ? Oui, mais pour les filles, c’est moins facile !

Et voilà le travail ! J’ai mis en rouge ma culpabilité et en vert ma bonne conscience…
Eh, bien, les copains… Y’a encore du boulot !!





jeudi 18 juin 2015

Les énigmes du jour...

Contrepétrie:   Baissez-vous et croisez!

Le Carnet Mondain: Monsieur et Madame Doucetreisse ont la joie de vous faire part de la naissance de leur fils...????



mercredi 17 juin 2015

mardi 16 juin 2015

Le Fil de Sophie

"Une bonne vie est caractérisée par une absorption totale dans ce que l'on fait"

Mihaly CSIKSZENTMIHALY - The concept of flow- Handbook of positive psychologie

 

lundi 15 juin 2015

Un poète: Gentil Bernard




Gentil Bernard était poète, mais était-il vraiment « gentil » ? Avait-il mérité ce surnom que lui avait donné Voltaire ?
Pierre Joseph Bernard est né à Grenoble le 26 août 1708. Son père sculpteur, l’envoie faire ses études chez les Jésuites à Lyon.
Puis, comme tous les jeunes gens ambitieux, il «monte » à Paris et gagne sa vie comme clerc chez un procureur où il s’ennuie ferme. Il rêve d’aventures et en 1733, il s’enrôle dans l’armée qui part en Italie. Le général marquis de Pezay le prend comme secrétaire . Content de ses services, de Pezay recommande Bernard au maréchal de Coigny.
Le jeune homme ne se contente pas de gratter du papier ; il se bat aussi et se distingue à Parme et à Guastalla. A ses moments perdus, il fait des vers. Ce qui déplaît au Maréchal ; un secrétaire n’est après tout qu’un domestique qu’il n’admet pas à sa table ; Bernard est interdit de poésie.
En 1736, il a quitté le Maréchal et l’armée et publie quelques vers dans l’Almanach des Muses. En 1737, il écrit un livret d’Opéra tiré de Castor et Pollux , une tragédie de Quinault. Jean Philippe Rameau en compose la musique. Bernard le dédie à Madame de Pompadour.
La favorite le fait nommer bibliothécaire du cabinet du Roi au château de Choisy. Pour la jolie somme de30000 livres par an, il n’a pas grand’chose à faire.
Le vieux maréchal de Coigny avant de mourir le recommande à son fils et en 1740, le duc le fait nommer Secrétaire Général des Dragons, pour 20000 livres par an. En mai de cette année-là, il avait commencé d’écrire l’Art d’Aimer pour lequel Voltaire le félicite et le baptise « Secrétaire de l’Amour ».
Bernard a grandi au temps de la Régence et de la morale . Le règne de Louis XV n’impose pas plus de rigueur et notre poète, désormais fort riche, fêté dans la meilleure société, membre de la libertine Société du Caveau, ne songe qu’aux plaisirs et à la débauche. Il fait la fête jusqu’à en devenir Gâteux. Il meurt à Choisy en 1771.
Son ouvrage principal et presque unique est cet Art d’Aimer auquel il travailla pendant 30 ans. C’est un long poème licencieux qui bénéficia d’une grande réputation… tant qu’il ne fut pas publié. Bon diseur, Bernard en faisait lecture dans les salons, mais on trouva l’ouvrage publié assez médiocre et, après la mort du poète, Voltaire à la plume acérée écrivit à St Lambert qu’il avait bien fait de tarder à publier son œuvre.
Le Prince de Ligne fit de « Gentil Bernard » un portrait peu flatteur affirmant qu’il n’était gentil ni de figure ni de manières. Il le décrit pourtant comme « Grand, assez beau, brun, aimable, facile, complaisant, homme de bonne compagnie, aimé de tout le monde, ne faisant ni esprit ni compliment, bien gourmand et lisant à merveille son « Art d’aimer ».

L'amant frivole et volage
Chante partout ses plaisirs;
Le berger discret et sage
Cache jusqu'à ses désirs.
Telle est mon ardeur extrême:
Mon coeur, soumis à ta loi,
Te dit sans cesse qu'il aime
Pour ne le dire qu'à toi....

samedi 13 juin 2015

On annonce la couleur!!!



A vos crayons.....

Un coin à l'ombre




C'est un peu envahi, mais il y a encore de la place pour s'asseoir.... Vous prendrez bien un verre? ou une tasse de thé?

Pour AMARTIA et tous les Amartiens et Amartiennes...

vendredi 12 juin 2015

Claude nous informe...

Un extrait de "Si on aimait la France" de Bernard Maris


Hé oui! On se demande comment on a pu jusqu'ici écrire, lire, parler, vivre en somme en ignorant ce qu'est un "champ lexical..."
Heureusement notre cerveau est désormais éclairé.... Ma prose en sera-t-elle meilleure?

jeudi 11 juin 2015

Ca ressemble à quoi le Thymerais?



Par exemple à çà....

mercredi 10 juin 2015

La Pensée du Jour

Mieux vaut avoir un poil dans la main chaude qu'une main dans la poêle chaude...
Pierre Dac


mardi 9 juin 2015

Paroles d'Hommes


Nous avons toujours eu beaucoup; nos enfants n'ont jamais pleuré la faim, notre peuple n'a jamais manqué de rien... Les rapides de Rock River nous fournissaient en abondance un excellent poisson, et la terre très fertile a toujours porté de bonnes récoltes de maïs, de haricots, de citrouilles et de courges... Ici était notre village depuis plus de cent ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée du Mississipi sans qu'elle nous fut jamais disputée... Notre village était sain et nulle part, dans le pays, on ne pouvait trouver autant d'avantages ni de chasses meilleures que chez nous. Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui devait advenir, et qui est advenu, personne dans le village ne l'aurait cru.  



Ma-ka-tai-me-she-kia-kiak
ou Black Hawk,
chef des Sauks et des Foxes.




lundi 8 juin 2015

L'énigme du jour...

Monsieur et Madame Zémessieux ont la joie de vous faire part de la naissance de leur fils?????

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Texte Pierre Dac
Illustration Peynet


dimanche 7 juin 2015

Ode

O Fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos Nymphes, quand ton eau
Les cache au creux de la source,
Fuyantes le Satyreau,
Qui les pourchasse à la course
Jusqu'au bord de ton ruisseau,

Tu es la Nymphe éternelle
De ma terre paternelle:
Pource en ce pré verdelet
Voire ton poète qui t'orne
D'un petit chevreau de lait,
A qui l'une et l'autre corne
Sortent du front nouvelet.

L'Eté je dors ou repose
Sur ton herbe, où je compose,
Caché sous tes saules verts, 
Je ne sais quoi, qui ta gloire
Enverra par l'univers,
Commandant à la Mémoire,
Que tu vives par mes vers.

L'ardeur de la Canicule
Ton vert rivage ne brûle,
Tellement qu'en toutes parts
Ton ombre est épaisse et drue
Aux pasteurs venant des parc, 
Aux boeufs las de la charrue,

Et au bestial épars.

Iô! tu seras sans cesse
Des fontaines la princesse, 
Moi célébrant le conduit
Du rocher percé, qu darde
Avec un enroué bruit
L'eau de ta source jasarde
Qui trépillante se suit.

RONSARD

samedi 6 juin 2015

Jardin du samedi...

Et d'ailleurs.... c'est plus un jardin c'est la zone....



Pour AMARTIA and c°

vendredi 5 juin 2015

Ah! La Mode de chez nous...


"Grâce à monsieur Doucet jusqu'à la fin du mois je n'avais plus rien d'autre à faire qu'à traîner dans les champs, me coucher dans l'herbe, fumer, rêvasser... 
Blaise CENDRARS


En 1924, Jacques Doucet n'est pas très jeune, et la haute couture ne l'intéresse plus guère. D'ailleurs, il déteste qu'on le présente comme un homme de la mode. Certes, il fut - et reste- l'un des grands libérateurs de la femme de la Belle Epoque, celui qui a introduit la légèreté dans les tissus, les dentelles, les plissés, les transparences, les broderies. Il a décidé que les femmes ne devaient plus se plier sous les carcans de formes artificielles et corsetées, mais apparaître comme elles sont, dans des robes moulantes, échancrées, sans artifices.
Il a habillé les plus grandes dames de son temps. Ses défilés sont de véritables manifestations artistiques. Le dimanche, à Longchamp, duchesses et comtesses aiment à montrer ses couleurs pastel, douces et délicates. Les artistes sont ses amies, Sarah Bernhardt et Réjane ses confidentes. Mais lui n'a qu'un désir:vendre sa maison. Car il est d'abord et avant tout un collectionneur. Un quidam un peu fou, même si cela ne se voit pas. Assez bel homme, d'une grande élégance, les cheveux argent, la barbe douce et parfaitement taillée. Il porte des guêtres et, dessous, des souliers incroyablement brillants: la rumeur assure qu'il utilise un vernis spécial et fait passer ses chaussures au four après chaque usage...

Dan FRANCK - Bohèmes

jeudi 4 juin 2015

L'Olive

Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et, pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait.

Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l'aube encore de ses tresses tant blondes
Faisait grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait:

Quand d'occident, comme une étoile vive,
Je vis sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien! une nymphe en riant.

Alors, voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'Indique orient.

Joachim DU BELLAY