mardi 31 mars 2015

L'âme des poètes


Le condamné à mort

Pardonnez-moi, mon Dieu, parce que j'ai péché!
Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance,
Le mal de m'envoler du beau pays de France,
N'est-ce assez, mon Seigneur, pour aller me coucher
Trébuchant d'espérance

Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige!
Seigneur des lieux obscurs, je sais encore prier.
C'est moi, mon père, un jour, qui me suis écrié:
Gloire au plus haut du ciel au dieu qui me protège,
Hermès au tendre pied!

Je demande à la mort la paix, les longs sommeils,
Le chant des séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes,
Les angelots de laine en chaudes houppelandes,
Et j'espère des nuits sans lunes ni soleils
Sur d'immobiles landes.

GENET

lundi 30 mars 2015

LUSTUKRU!!

(C'est le cas de le dire...)


Au lieu de manger gloutonnement sa soupe, comme le font les enfants ordinaires, le jeune Johannes Gutenberg (1400-1468), qui était un génie, eut l'idée d'assembler habilement les petites pâtes à potage inventées deux siècles plus tôt par Ernesto Buitoni (1178-1253) et de s'en servir pour imprimer des livres.
CAVANNA, Almanach 1985



samedi 28 mars 2015

La photo du samedi



Les feuilles s'en vont, les feuilles reviennent.... L'écorce reste

Où en est le printemps chez AMARTIA et les autres...

vendredi 27 mars 2015

Journée de printemps

dix mille replis de montagnes enneigées je contemplais sans me lasser
la neige a fondu, les montagnes bleues sont tout aussi splendides
aujourd'hui, au sud du Fleuve nul bon peintre
sur une courte feuille de papier " le vieil homme qui n'en fait qu'à sa guise" les déplace dans son poème

LU-YU (1125-1210)

jeudi 26 mars 2015

Les recettes de cuisine de Tante Aquul par Fidèle GASTRO

La carotte râpée-

Prenez une asperge. Fermez-la aux deux bouts, surtout de chaque côté. Plongez-la dans l'eau bouillante. et retirez vite la main; ainsi ramolli, le fruit doit être moins dur. Découpez en fines lamelles à l'aide d'un coton-tige soigneusement acéré. Etirez à sec et profilez à chaud. Coupez dans le sens des aiguilles d'une montre. Présentez enfin en tas savamment négligé. Vous avez gagné: comme dès le départ, vous vous êtes trompé de légume, pour la carotte, c'est râpé.

Pierre DAC - L'Os à Moëlle- Almanach 1981.

mercredi 25 mars 2015

Fumer tue!

Résultat de recherche d'images pour "jean bart"On ne le dira jamais assez, la plupart des fumeurs risquent de "casser leur pipe",, même le fumeurs de havanes...
On raconte que le premier qui "cassa sa pipe " fut un acteur, un certain Mercier qui, au théâtre de la Gaîté - c'est pas gai- jouait  au début du siècle dernier, le rôle de Jean Bart. Pour avoir vraiment l'air d'un loup de mer, tel Popeye, il avait la pipe à la bouche... un succès!
S'ensuivit un grand nombre de représentations; l'acteur et sa pipe devinrent célèbres. Mais voilà qu'un triste soir, au milieu d'une réplique, la pipe tomba de la bouche de Mercier, lequel la suivit dans sa chute. Pensant qu'il s'était évanoui, on tenta de le ranimer; inutile, il était mort et la pipe était cassée.
Ce qui fit dire aux "titis parisiens" que Mercier avait cassé sa pipe pour de bon.
L'expression est restée

Gainsbourg et Deneuve - Dieu est un fumeur de havanes

mardi 24 mars 2015

Histoires d'eau...


LE SAVIEZ-VOUS ?

 La prochaine fois que vous vous laverez les mains et que vous trouverez la température de l'eau pas vraiment agréable, ayez une pensée émue pour les anciens...







Retournons au XV° siècle :



La plupart des gens se mariaient en juin, parce qu'ils prenaient leur bain annuel en mai et se trouvaient donc encore dans un état de fraîcheur "raisonnable" en juin.
 Mais évidemment, à cette époque, on commençait déjà à puer légèrement et c'est pourquoi la mariée tentait de masquer un tant soit peu son odeur corporelle en portant un bouquet.
C'est à cette époque qu'est née la coutume du bouquet de la mariée.  Résultat de recherche d'images pour "bouquet de mariée"

 
 Pour se baigner, on utilisait une grande cuve remplie d'eau très chaude.
 Le Maître de maison jouissait du privilège d'étrenner l'eau propre ; suivaient les fils et les autres hommes faisant partie de la domesticité puis les femmes et enfin les enfants... 
Les bébés fermaient la marche. À ce stade, l'eau était devenue si sale qu'il aurait été aisé d'y perdre quelqu'un... D'où l'expression « Jeter le bébé avec l'eau du bain » !


En ces temps-là, les maisons avaient des toits en paille, parfois même la maison n'était qu'un toit.
 C'était le seul endroit où les animaux pouvaient se tenir au chaud.
 C'est donc là que vivaient les chats et les petits animaux (souris et autres bestioles nuisibles), dans le toit.
Lorsqu'il pleuvait, celui-ci devenait glissant et il arrivait que les animaux glissent hors de la paille et tombent du toit.
 D'où l'expression anglaise " It's raining cats and dogs " ("Il pleut des chats et des chiens").

 Pour la même raison, aucun obstacle n'empêchait les objets ou les bestioles de tomber dans la maison.
 C'était un vrai problème dans les chambres à coucher où les bestioles et déjections de toute sorte s'entendaient à gâter la literie.
 C'est pourquoi on finit par munir les lits de grands piliers afin de tendre par-dessus une toile qui offrait un semblant de protection.
Ainsi est né l'usage du ciel de lit ; bien évidemment, les plus pauvres devaient s'en passer...







À cette époque, on cuisinait dans un grand chaudron perpétuellement suspendu au-dessus du feu.
Chaque jour, on allumait celui-ci, et l'on ajoutait des ingrédients au contenu du chaudron.
 On mangeait le plus souvent des légumes, et peu de viande.
 On mangeait ce pot-au-feu le soir et laissait les restes dans le chaudron.
 Celui-ci se refroidissait pendant la nuit et le cycle recommençait le lendemain.
 De la sorte, certains ingrédients restaient un bon bout de temps dans le chaudron...
Les plus fortunés pouvaient s'offrir des assiettes en étain.
Mais les aliments à haut taux d'acidité avaient pour effet de faire migrer des particules de plomb dans la nourriture, ce qui menait souvent à un empoisonnement par le plomb (saturnisme) et il n'était pas rare qu'on en meure.
 C'était surtout fréquent avec les tomates ce qui explique que celles-ci aient été considérées pendant près de 400 ans comme toxiques.
Le pain était divisé selon le statut social.
 Les ouvriers en recevaient le fond carbonisé, la famille mangeait la mie et les hôtes recevaient la croûte supérieure, bien croquante.







Pour boire la bière ou le whisky, on utilisait des gobelets en plomb.
Cette combinaison mettait fréquemment les buveurs dans le coma pour plusieurs jours !








Et quand un ivrogne était trouvé dans la rue, il n'était pas rare qu'on entreprenne de lui faire sa toilette funèbre.
 Il restait ainsi plusieurs jours sur la table de la cuisine, où la famille s'assemblait pour boire un coup en attendant que l'olibrius revienne à la conscience : d'où l'habitude de la veillée mortuaire.


La Grande-Bretagne est en fait petite et à cette époque, la population ne trouvait plus de places pour enterrer ses morts ;du coup, on déterra des cercueils et on les vida de leurs ossements qui furent stockés dans des bâtiments ad hoc afin de pouvoir réutiliser les tombes.

Mais lorsqu'on entreprit de rouvrir ces cercueils, on s'aperçut que 4 % d'entre eux portaient des traces de griffures dans le fond,ce qui signifiait qu'on avait enterré là quelqu'un de vivant.


 
Dès lors, on prit l'habitude d'enrouler une cordelette au poignet du défunt reliée à une clochette à la surface du cimetière ; et l'on posta quelqu'un toute la nuit dans les cimetières avec mission de prêter l'oreille et c'est ainsi que naquit là l'expression  « sauvé par la clochette ».


C'est une grenouille en marbre sculptée sur un bénitier à l'entrée de la cathédrale de Narbonne qui est à l'origine de l'expression imagée grenouille de bénitier.Résultat de recherche d'images pour "grenouille bénitier narbonne"


lundi 23 mars 2015

samedi 21 mars 2015

Le ciel du samedi...



Non, non, inutile d'appeler les pompiers, c'est juste le soleil qui se lève....sur  AMARTIA et ses chasseurs d'images.

vendredi 20 mars 2015

El cant dels ocells-Song of the Birds- Pau Casals

Rut et meurtre

L'explosion du printemps me fait peur, un peu plus chaque année. Sauvagerie, violence, férocité, lutte implacable, croissance folle de l'herbe et des branches, rut et meurtre.
J'ai longtemps cru que j'aimais le printemps et ses triomphes, le grand terrible soleil de l'été, les automnes de cuivre, les hivers de neige, que j'aimais ça et que je détestais la pluie, la boue, le ciel gris, l'été pourri, l'hiver sans flocons. J'étais une victime de la littérature.
Je sais maintenant que j'aime les jours douceâtres où le soleil ne paraît pas, où l'horizon est la jointure de deux paupières qui ne se décolleront pas, où la terre gorgée d'eau s'enfonce sous le pied et le tire à elle, où le grand ciel tragique s'effiloche en lambeaux qu'étire un vent tiède au ventre mou, où les arbres nus gesticulent immobiles, coulures d'encre noire en avant-plan, les jours où l'infinie tristesse des choses me prend dans ses deux mains très douces, et pleure avec moi, et me dit que pleurer est bon. Je sais que c'est parce que l'âge est venu de ces choses. Et alors? Se prive-t-on à vingt ans de l'amour parce qu'on sait que vingt ans est l'âge où les glandes vous poussent à l'amour?

François CAVANNA - Almanach 1985

mercredi 18 mars 2015

Francophonie...

En réponse  à ceuzécelles qui pour mon billet on dit et toi. tufékoi? voici ma participation...
Vous avez le droit de mieux faire... Cépadur..


DIMOIDIMO 

Sereine et dépitée,
Je me rendais à la kermesse
Songeant, il faut les retrouver ;
Nous sommes encore loin de l’été
Et qui l’eût cru :
Tous les oiseaux ont disparu !
Vous en êtes marrie, Madame,
Mais attention ! Pas d’amalgame !
Si les oiseaux ont disparu,
C’est que des braconniers sans  âme
Et sans pitié,
Les ont ciblés !
Madame en cherchant les oiseaux
Voilà que vous avez trouvé
Des trucs en plume , des gris-gris :
Un cas de sérendipité.
« Que dites-vous ? Sérendi… quoi ?
Je ne connais pas ce mot-là !
-Ce n’est pas grave, mais sur Wiki allez chercher…
Ah ! Bravo, vous l’avez trouvé !
Vous savez maintenant ce qu’il est.
Vous n’avez pourtant pas trouvé
Les petits oiseaux envolés.
Loin… loin… là-bas chez les Inuits
Dans les vastes déserts glacés…
J’ai bien du mal à terminer
Cette poésie un peu kitsch…
Donnez-moi donc un peu de kirsch ;
Je prendrai lors de l’altitude,
Retrouverai la zénitude

Et tous les oiseaux envolés…
.

mardi 17 mars 2015

Voulez-vous jouer avec Môâ...????

L'idée vient de la Rose des Vents... La Rose des Vents c'est une librairie, dans une petite ville.... Un librairie qui rame, comme beaucoup, mais qui a choisi d'y faire un lieu de rencontres, de partages; des lectures, des signatures et cette semaine, semaine de la francophonie de lancer un défi: écrire un texte comprenant les mots suivants:
AMALGAME, 
BRAVO,
CIBLER, 
GRIGRI,
INUIT,
KERMESSE,
KITSCH,
SERENDIPITE,(sérendipité)
WIKI,
ZENITUDE.

Et parce que ce serait trop simple, une contrainte supplémentaire, introduire la phrase:
Les oiseaux ont disparu.

Nous autres rendrons notre copie le 24 mars devant un verre...
Et si le coeur vous en dit, j'y ajouterai ceux que vous nous offrirez.

A vous de jouer! 


lundi 16 mars 2015

L'âme des poètes, (encore elle)

Résultat de recherche d'images pour "cafetière cona"



Décidément, les poètes abondent dans la famille, et leurs oeuvres me parviennent en grappes... Ici c'est un cousin éloigné qui regarde la cafetière avec impatience...

"Jusques à quand Catilina..."
Tonnait le tribun somnifère:
Ainsi, chacun dans notre sphère;
Pensions- nous autour du Kona.
-Tout passe, hélas! Il faut s'y faire,
L'âge fuit, mais..."jusques à quand?;
Chacun temporise et diffère
Et se débat dans un carcan;
Tout passe, tout finit, tout tombe
Drainé vers le fatal Rond-Point;
Oui, tout passe ainsi qu'une trombe:
Seul ce café ne passe point.

De même, aux noces de Cana
L'eau fut du vin, la belle affaire
De ne pouvoir même pas faire
Avec de l'eau que chacun a 
Ce moka que chacun préfère
Et dont l'arôme provoquant
Grisait, sous nos nez l'atmosphère

"France, ton café fout le camp"
Disait un roi à sa palombe
Mais j'en sais un qui, sur ce point
Est plus immobile que tombe
Car, ce café ne passe point!

Mais il fume comme l'Etna
Il souffle comme un mammifère;
On le secoue, on le transfère
Le cajole comme une Donna!
En vain on suppute, on confère
Autour du trop noir délinquant...
Trompant l'heure soporifère
Chacun devient plus éloquent;
L'oeil s'ouvre, le thorax se bombe, 
Avec le temps un espoir point
... Hélas! tout cet effort succombe:
Non!... ce café ne passe point.

Lors plus ardent que Catinat
Et plus svelte qu'un conifère
Empoignant la double hémisphère
Tu t'enfermes au cadenas
Dans ton antre tu vocifères:
Quel sabbat Seigneur, quel boucan
On dirait d'un cheval qu'on ferre
Puis, plus éruptif qu'un volcan
Soudain tu reparais en bombe
Le plateau servi sur un poing
L'autre cambré sur une lombe
"Hein, ce café ne passe point?"

ENVOI-

Il est passé! Je le profère
Prince des cafés capricants
Mais va dire à son fabricant
Qu'il vende avec un léthifère
Car si mon esprit l'évoquant
A tout moment, dans tous les coins
En pensée ne peut s'en défaire
... Ce café ne passera point

Jacques Reynaud Flavigny 19...