mardi 30 septembre 2014

Remède miracle

Etonnant le bien que peut faire une chanson!
Imaginez-vous par un matin contrariant, le moral au fond du slip, juste l'envie de se recoucher et de dormir si possible... En fait, ce n'est pas le moral; c'est un coup de froid.
Par ce beau mois de septembre? Mais si! Le nez qui coule, la migraine en embuscade, la gorge rêche et douloureuse...
Seulement la vie quotidienne est là, solidement campée sur ses deux pieds et qui, le bras croisés vous toise dans une attitude qui stigmatise votre paresse. Alors, on y va... en traînant les pieds et le reste, mais on y va, France Musique en fond sonore.
Et puis... une chanson. Une de ces vieilles chansons bien idiotes qui poussent au fou-rire. Interprétée de plus pas Shirley et Dino ces deux charmants foutraques.
Impossible de ne pas reprendre le refrain:
 
"Le lendemain, elle était souriante,
A sa fenêtre on pouvait la voir.
Elle arrosait ses petites fleurs grimpantes,
Avec de l'eau de son arrosezoir.."
Et voilà la musique et les paroles qui s'incrustent ne laissant aucune place aux divers maux qui accablent.
La chanson s'est arrêtée, mais on continue dans le rythme: "Le lendemain, elle était souriante..."
Good bye coup de froid et humeur sombre... sans pilules, sans médecines..
Chanson, merci!

lundi 29 septembre 2014

Histoire sans queue ni tête



... Oui, j'en ai marre, dit-elle au visiteur. J'en ai marre de la discipline; d'être impeccable toujours; sans une tache, sans un bouton qui manque à la veste ni d'autre indésirable sur le nez; sans une maille qui file ni un ourlet qui pend; d'avoir les cheveux propres et le maquillage nickel. Marre d'être à l'heure, convenable, fiable. Marre d'être conforme à ce que j'imagine que l'on attend de moi. Marre de méditer dans la bonne position avec un souffle maîtrisé...
Je veux rêvasser en vrac dans des coussins, arriver en retard aux rendez-vous, aux concerts, au théâtre et fringué comme un guignol en plus...
Marre de la diététique; je veux bouffer n'importe quoi, quand j'en ai envie... être grosse si je veux... et d'ailleurs maintenant, avec les tissus stretch, ça n'a plus d'importance et puis... depuis que je n'émets plus de phéromones, plus personne ne me calcule... alors!
-"Mais... moi je vous calcule, répondit le visiteur...
- Oh!!! la chaleur lui vint aux joues...Rougir à son âge! Comme aucune ado ne rougit plus?
- Jusqu'à quel point ajouta-t-elle?
-Jusqu'au point G si vous voulez.
-Pourquoi pas? fut sa réponse.
Possible parce qu'elle savait bien, qu'ils n'avaient l'un comme l'autre ni feu ni lieu où concrétiser le projet....
Ils continuèrent leur flânerie le long des quais de Seine....

dimanche 28 septembre 2014

George Bernanos

Il était inspecteur dans une compagnie d'assurances. Pas de quoi rêver, vraiment! Alors il a écrit ses souvenirs ; des souvenirs de guerre, de peur de souffrance; des souvenirs des tranchées pendant la Grande Guerre, celle de 14-18. Il avait 38 ans et la critique remarque "Sous le Soleil de Satan". C'est le succès; adieu les assurances.  Nous sommes en 1926, George Bernanos est désormais écrivain. Dix ans plus tard paraîtra son chef d'oeuvre: le "Journal d'un curé de campagne".

jeudi 25 septembre 2014

L'âme des poètes

En ce temps-là j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J'étais à 16000 lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers des sept gares
Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d' Ephèse ou comme la place Rouge de Moscou
Quand le soleil se couche...

Tous les visages entrevus dans les gares
Toutes les horloges
L'heure de Paris l'heure de Berlin l'heure de Saint Pétersbourg et l'heure de toutes les gares
Et à Oufa le visage sanglant du canonnier
Et le cadran bêtement lumineux de Grodno
Et l'avance perpétuelle du train
Tous les matins on met les montres à l'heure
Le train avance et le soleil retarde

Rien n'y fait, j'entends les cloches sonores
Le gros bourdon de Notre-Dame
La cloche aigrelette du Louvre qui sonna la Barthélémy
Les carillons rouillés de Bruges-la-Morte
Les sonneries électriques de la bibliothèque de New-York
Les campanes de Venise
Et les cloches de Moscou, l'horloge de la Porte-Rouge qui me comptait les heures quand j'étais dans un  bureau
Et mes souvenirs
Le train tonne sur les plaques tournantes
Le train roule
Un gramophone grasseye une marche tzigane
Et le monde, comme l'horloge du quartier juif de Pragues,  tourne éperdument à rebours.

CENDRARS

mercredi 24 septembre 2014

Claude se fait des films

En rang
derrière moi
 et silence !

Je tourne
Le Retour !



lundi 22 septembre 2014

vendredi 19 septembre 2014

Me modèle social de Claude...

Valls annonce pour les petites retraites
une "prime exceptionnelle" :
40 euros de plus.
Un juste milieu :
la "prime invraisemblable" était à 39 euros,
et la "prime de ouf" était à 41. 


jeudi 18 septembre 2014

Le Calligraphe







Avez-vous essayé de prendre la plume pour écrire? Je veux dire, la plume du porte-plume trempé dans l'encre?
Même pour ceux qui se souviennnent de la "sergent-major" trempée dans l'encre violette; cette encre que le chouchou de la maîtresse allait chercher dans le placard en bois et qu'il distribuait dans les encriers de porcelaine blanche fichés dans un trou du pupitre, en haut, à droite. Cette encre qui tachait l'intérieur du majeur entre phalangine et phalanginette.
Ecrire à la plume, n'est pas si facile! Stylos à bille et autres feutres ont eu raison de l'art des pleins et dés déliés.
Cet art qui fut majeur: la Calligraphie. Sans les moines copistes qui la pratiquèrent, on se demande si Homère serait parvenu jusqu'à nous. On dit encore de nos jours en parlant d'une oeuvre longue et minitieuse: c'est un "travail de bénédictin".
C'est au XVI° siècle, en Italie qu'on trouve les premiers artistes calligraphes à Rome, Venise, Naples, Bologne et Florence. On peut citer parmi les plus renommés: Johannes Palatino; un moine: Vespasianus et aussi Crescius et Curione.
L'espagnol Morante eut l'idée de joindre au texte des dessins décoratifs d'oiseaux, d'animaux, d'insectes, voire d'êtres humains ou imaginaires.
En France, Louis XIII et Louis XIV, grands protecteurs des arts, n'oublièrent pas la calligraphie. Il y eut sous leur règne Moreau et Barbedor secrétaire de la Chambre du Roy.
Les maîtres allemands Moeller et Albrecht s'éloignèrent des modèles de l'école italienne.
En revanche, le hollandais Van des Steen fit la synthèse des maîtres italiens et français: c'est lui qui, le premier, traça d'un seul trait de plume, fleurs, anges et animaux bizarres sur une Bible enluminée de sa main et qui est conservée au musée de sa ville natale: La Haye. Elle compte six mille compositions et dessins décoratifs exécutés en encres de différentes couleurs. Il y consacra toute sa vie.
Et n'oublions pas, pour conclure, l'anglais Basles qui se donna le titre de "Restaurateur de la Belle Ecriture en Grande-Bretagne"




mercredi 17 septembre 2014

De la part de Claude



Le biLLet d'Alain REMON

Roméo le robot


L’avenir s’annonce radieux, du moins dans les maisons de retraite.
D’ici trois à cinq ans, nous annonce en effet Solidarités , le magazine d’AG2R La Mondiale, le robot Roméo, « un humanoïde de 1,40 m et 40 kg en fibres de carbone et caoutchouc, truffé de technologie », remplacera efficacement le personnel humain qui, il faut bien le dire, n’est pas toujours à la hauteur.
Roméo donnera les médicaments, « alertera un centre d’assistance si la sieste de son “maître” se prolonge un peu trop », s’occupera de tout, répondra à toutes les situations, sans faiblir ni faillir.
Mieux encore : « Sa mémoire pourra intégrer la biographie de son ”maître” pour discuter avec lui de sujets qui l’intéressent. »

Qui ne rêve, en effet, de discuter avec un robot de sujets qui l’intéressent ? Un robot n’est jamais grincheux, ni casse-pieds, ni impatient, ni fatigué. Un robot est parfait. Toujours attentif, toujours le mot qu’il faut. Cent pour cent efficace, garanti pièces et main-d’œuvre.
Grâce à Roméo, Juliette, à la maison de retraite, trouvera enfin quelqu’un avec qui parler.
Elle est pas belle, la vie ?

Commentaires d'Antoinetcla : Et connaissez-vous la devise du Groupe d'Assurances AG2R La Mondiale ?   .... Ça ne s'invente pas  :

Le contraire de seul au monde






mardi 16 septembre 2014

Lire et relire: Modesty Blaise

La Grande Librairie Hasard, mon fournisseur favori, celui qui me dispense du choix toujours difficile, vient de me gratifier d'un souvenir.
Mon enfance fut ponctuée de l'ascension sociale de ce gémissant "Pauvre Blaise", le fils des concierges du comte de Trenilly. Pour récompense des brimades qu'il supporte "chrétiennement, il deviendra jardinier et épousera la nièce du curé. Si c'est pas de la promotion, ça!
D'un tout autre tempérament est l'héroïne qui le remplacera dans ma vie deux décennies plus tard: Modesty comme moi  a Blaise pour patronyme et si ma vie n'a guère de points communs avec celle de l'intrépide aventurière, mes amis peu regardants , influencés par BD, livres et films, m'avaient surnommée Modesty.
Snob et partant sotte, comme on l'est aux âges où manque la confiance
en soi, je n'avais garde de me plonger dans "ce genre de littérature".... et j'avais bien tort.
La Librairie Hasard, m'ayant donc fourni récemment un volume un peu décollé racontant le combat de l'héroïne contre l'Homme-Montagne, je n'ai pu que regretter tout ce que j'ai manqué. Une lacune que je vais combler chez les libraires ayant pignon sur rue.
Modesty Blaise, ce n'est pas du polar, ni de l'espionnage, ni du suspens, c'est un roman d'aventures; la lutte des bons contre les méchants, tout comme dans Michel Zévaco. Mais des aventures qui vous emportent à travers le monde dans des paysages insensés. Dans l'Homme-Montagne, on va de Panama au fin fond du Sahara, avec des escales dans les jardins d'Angleterre, pour finir dans les boutiques de luxe de l'avenue Montaigne.
Et tenons-nous bien, ce n'est pas la force physique ni la puissance de leurs armes qui sortent Modesty et Willie Garvin des pires situations, Ce n'est non plus aucune sorte de technologie sophistiquée, mais leur astuce, leur capacité de concentration; le triomphe de l'esprit face à la matière.
Voilà, j'ai recollé le bouquin, Modesty et Willie vont aller se reposer en compagnie d'Hercule Poirot, de Miss Marple, d'Arsène Lupin et autres Rouletabille.
Si d'aventure vous voyez chez un bouquiniste ou un libraire, un volume (livre ou BD) des aventures de Modesty Blaise, n'hésitez pas surtout, adoptez-le

lundi 15 septembre 2014

L'âme des poètes




Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté,


Petits jardins pleins de fleurs amoureuses
où sont d'Amour les flèches dangereuses,
Tant à vous voir mon oeil s'est arrêté!

Ô coeur félon, ô rude cruauté,
Tant tu me tiens de façons rigoureuses,
Tant j'ai coulé de larmes langoureuses,
Sentant l'ardeur de mon coeur tourmenté!

Donques mes yeux, tant de plaisir avez,
Tant de bons tours par ses yeux recevez,
Mais, toi, mon coeur, plus tu les vois s'y plaire,

Plus tu languis, plus tu as de souci.
Or devinez si je suis aise aussi,
Sentant mon oeil être à mon coeur contraire.

Louise LABE

dimanche 14 septembre 2014

​extrait de Mediapart



13 septembre 2014 |  Par Dominique Vidal

Malgré un soutien diplomatique important, Israël n'a clairement pas remporté ses cinquante jours de guerre contre le Hamas. La démonstration ayant été faite qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit, comment avancer vers une paix durable ? 
Éléments de réponse par le journaliste et historien Dominique Vidal

Interrogé dans les années 1970 sur l’impact de la Révolution française, le premier ministre chinois Chou En-lai répondit : « Il est trop tôt pour se prononcer. » C’est dire qu’il serait a fortiori absurde de prétendre dresser déjà un bilan exhaustif de l’offensive israélienne contre Gaza. Plusieurs leçons s’en dégagent néanmoins, qui valent d’être tirées.
Que 75 % des Palestiniens considèrent le Hamas comme le vainqueur de la guerre de cet été n’a rien de surprenant (selon un sondage publié dans le Times of Israel). Plus étonnants sont les résultats d’une enquête d’opinion de l’autre côté : 53 % des Israéliens estiment que leur pays l’a perdue. 
Ce jugement tient évidemment beaucoup à la confusion soigneusement entretenue par le gouvernement de Benjamin Nétanyahou sur le but de l’opération. Vengeance des trois jeunes colons enlevés et assassinés ? Réoccupation de la bande de Gaza et renversement du pouvoir du Hamas ? Destruction des tunnels creusés par ce dernier sous la frontière ? Restauration du « calme » ? Démilitarisation de Gaza ? 
C’est en fonction de l’objectif le plus ambitieux que l’opinion a jugé l’aboutissement du bras de fer estival, aux dépens du premier ministre qui, plébiscité en juillet, s’est retrouvé fin août en chute libre dans les enquêtes d’opinion.


     
Ville de Gaza, 13 juillet 2014. © Reuters
Quoi qu’il en soit, ces cinquante jours ne se soldent effectivement pas par une victoire pour Israël. Comme les trois attaques précédentes contre la bande de Gaza depuis le retrait de 2005 (et comme la guerre contre le Liban de 2006), celle-ci démontre une fois encore que l’armée israélienne, malgré sa puissance, ne parvient décidément pas à venir à bout d’une milice, qu’il s’agisse du Hamas ou du Hezbollah. 
En revanche, le déchaînement de violence – selon le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), 2 131 morts dont 1 473 civils parmi lesquels 501 enfants, 18 000 immeubles détruits ou très endommagés, 108 000 personnes sans logis – a porté un nouveau coup à l’image d’Israël dans le monde, déjà très négative. On attend avec intérêt le prochain sondage mondial de la BBC : le dernier plaçait Israël, juste devant l’Iran et la Corée du Nord, dans le trio des États dont la politique paraît la plus négative…
L’État juif a pourtant bénéficié d’un soutien diplomatique, explicite ou tacite, sensiblement plus solide que lors des précédentes attaques. Comme à l’ordinaire, la plupart des gouvernements occidentaux se sont alignés sur Tel-Aviv, au nom du « droit d’Israël à se défendre ». Mais, fait plus rare, d’importants États émergents en ont fait autant : la Russie, de manière spectaculaire, et, plus discrètement, la Chine et l’Inde. Quant au monde arabe, il s’est divisé, certaines capitales s’opposant ouvertement au Hamas – Égypte et Arabie saoudite en tête. Seuls les pays d’Amérique latine se sont rangés aux côtés des Palestiniens : la plupart ont même rappelé leur ambassadeur en Israël.
Ailleurs, il a fallu l’ampleur des pertes des Gazaouis pour que la « communauté internationale » finisse par dénoncer le « massacre »… Le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Roger Cukierman, a d’ailleurs immédiatement écrit à François Hollande afin de l’« alerter » sur « l’utilisation des termes “carnage” et “massacre” pour qualifier les opérations de l’armée israélienne à Gaza. Le caractère disproportionné de ces termes, poursuivait-il, a suscité de l’incompréhension et une vive émotion chez les Juifs français ».
Sans doute ce revirement verbal s’explique-t-il aussi par la mobilisation croissante des opinions publiques. De nombreuses capitales ont connu, en plein été, de grandes manifestations de solidarité pour Gaza : ce fut le cas, entre autres, à Londres, Bruxelles, Toronto, Sidney et même New York. 
Et Paris a vécu quelques-uns de ses défilés de solidarité avec la Palestine les plus massifs de son histoire – la colère s’exprima aussi dans plusieurs dizaines de villes de France. En revanche, le rassemblement de soutien à Israël organisé le 31 juillet par le Crif attira moins de 5 000 personnes (la Région parisienne compte plus de 200 000 Juifs). Certes, les trois quarts des Français (74 %) n'expriment de sympathie pour aucune des deux parties en conflit, mais, pour le reste, deux fois plus se déclarent favorables aux Palestiniens (17 %) que favorables à Israël (9 %), selon un sondage réalisé fin août ([1]).
« C’est comme la Nuit de cristal, une Intifada en plein Paris », avait commenté le député centriste Meyer Habib. « Ils vont tuer des juifs. » Car ce sont, expliquait-il, « non pas des centaines, non pas des milliers, mais des dizaines de milliers de personnes [qui] crient “Mort aux Juifs” ». Ce genre de délire a servi de prétexte, en France, à une tentative, rapidement avortée, d’interdiction des initiatives de solidarité avec les Gazaouis. Et pour cause : les faits évoqués étaient imaginaires. L’« attaque » contre la synagogue de la rue de la Roquette, le 13 juillet, n’en était pas une, mais une provocation de la Ligue de défense juive (LDJ). Mais Sarcelles connut, une semaine plus tard, un grave dérapage, avec destruction de commerces tenus par des Juifs et jets de cocktails Molotov contre une synagogue…

Encore faut-il analyser ce qui peut entraîner de tels dérapages. Nul doute que les images, des semaines durant, des horreurs infligées à la population gazaouie suscitent une profonde émotion. En outre, en soutenant inconditionnellement Tel-Aviv, le Crif, qu’il le veuille ou non, alimente l’amalgame entre Juifs français et Israéliens. De même, le tournant pro-israélien pris par le président de la République et le premier ministre accrédite l’idée d’un « lobby » suffisamment puissant pour infléchir la politique de la France. Autant de facteurs favorables aux odieux discours antisémites tenus par Dieudonné et autre Soral comme par certains groupes islamistes. Marginale, cette évolution n’en appelle pas moins des responsables du mouvement de solidarité avec la Palestine une meilleure vigilance : racisme et communautarisme constituent pour ce dernier un véritable poison.

On se demandait ce qui l’emporterait dans l’opinion palestinienne : la fierté pour la résistance du Hamas ou la douleur des deuils et des destructions ? D’autant que, selon les observateurs, rien n’a vraiment changé à Gaza : le blocus est à peine allégé. Pourtant les premiers sondages réalisés après le cessez-le-feu tranchent nettement : non seulement le mouvement islamiste remporterait des élections législatives (par 46 % contre 31 % au Fatah), mais il arriverait aussi en tête d’un scrutin présidentiel, y compris si Ismaïl Haniyeh se voyait opposer Marwan Barghouti. Cette enquête d’opinion inverse le rapport de force tel qu’il apparaissait dans les sondages antérieurs à l’opération « Bordure protectrice ».


La bande de Gaza, début septembre 2014. © Mohammed Salem/Reuters
Tout le problème est de savoir quel enseignement le Hamas en tirera. Respectera-t-il l’accord qui avait permis, le 23 avril, la création d’un gouvernement d’union nationale avec le Fatah et les autres composantes de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ? Et en appliquera-t-il toutes les clauses, y compris le transfert du pouvoir à Gaza à cette nouvelle équipe ? Ou bien préférera-t-il refaire cavalier seul, voire tenter un coup d’État, comme Mahmoud Abbas l’en a accusé ?
De la réponse dépend non seulement le maintien de la crédibilité du président de l’Autorité, mais aussi une possible nouvelle initiative diplomatique palestinienne. Car les États-Unis et aussi bien l’Union européenne avaient accepté de traiter avec le gouvernement d’union, au grand dam d’Israël. Sans doute est-ce même la raison qui avait conduit Tel-Aviv à déclencher cette nouvelle guerre : « Pour Israël, l’ennemi, c’est la négociation »observe, à juste titre, le militant anticolonialiste Michel Warschawski.
Paradoxalement, la principale leçon de cette nouvelle guerre est la confirmation que le conflit israélo-palestinien n’a pas de solution militaire. Si elle s'affiche plus nationaliste que jamais, la société israélienne n'est pas prête pour autant à payer le prix, très élevé, qu'impliquerait l'écrasement des Palestiniens. Et ces derniers savent qu'ils n'ont pas les moyens militaires de vaincre Israël. Bref, seul l’établissement d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale peut assurer durablement la sécurité des deux peuples, en asséchant le terreau des radicalisations de part et d’autre. Mais, pour relancer, au-delà des négociations sur le cessez-le-feu, un (véritable) « processus de paix », plusieurs conditions doivent être réunies.
Et la première, c’est l’existence d’un interlocuteur palestinien uni, faute de quoi Israël pourra continuer à jouer à sa guise sur les divisions opposant Fatah et Hamas. La deuxième, c’est la détermination de la communauté internationale (sans guillemets) à imposer le cadre formé par le droit international, quitte à recourir aux sanctions nécessaires pour ce faire. L'expérience des accords d'Oslo montre en effet que rien ne peut sortir du face-à-face entre pot de fer et pot de terre, même « arbitré » par les États-Unis. La troisième, enfin, c’est, sachant la difficulté qu’éprouve l’exécutif américain à exercer des pressions sur Israël, la capacité de l’Europe à poursuivre, sur la lancée de ses « lignes directrices », son offensive contre la colonisation.
Car quelque chose commence à faire bouger les lignes autour de la campagne boycott-désinvestissement-sanction (BDS). Le mouvement de solidarité s'est emparé, dans le monde entier, de cette initiative lancée en 2005 par un grand nombre d'ONG palestiniennes. Mais celle-ci a aussi inspiré des démarches bien au-delà des cercles militants : des gouvernements, des fonds de pension, des banques, de grandes entreprises l'ont imitée en boycottant les produits des colonies ou en y désinvestissant. Deux informations récentes l'attestent: l'entreprise Sodastream, « ciblée » par les boycotteurs, envisage de fermer son usine de Cisjordanie ; et les producteurs de viande et de volailles des colonies ont renoncé à exporter leurs marchandises vers l'Europe. Bref, BDS devient une clé dont chacun peut se servir pour peser en faveur de la paix.

samedi 13 septembre 2014

La photo du samedi


Ce que les merles ont bien voulu partager


Vendanges d'images chez AMARTIA


vendredi 12 septembre 2014

La question de Claude

      Kilt ou double : 

            L’Écosse va-t-elle quitter
                 le Royaume-Uni ? 

    L'Angleterre craint un divorce coûteux. 

        Mais, un proverbe écossais dit : 

    "Il ne faut pas se marier pour de l'argent, 
    emprunter revient toujours moins cher."