samedi 31 mai 2014

La photo du samedi


Dans l'Orne, les zens ont un feveu fur la langue...

Et fez AMARFIA?

Georges Brassens "La cane de Jeanne" (live) - archive vidéo INA

Georges Brassens "La cane de Jeanne" (live) - archive vidéo INA

vendredi 30 mai 2014

L'âme des poètes

Femme, vous m'entendez: quand les âmes des morts
S'en reviendront chercher dans les vieilles paroisses,
Après tant de batailles et parmi tant d'angoisses,
Le peu qui restera de leurs malheureux corps...

Quand on n'entendra plus que le sourd craquement
D'un monde qui s'abat comme un échafaudage,
Quand le globe sera comme un baraquement
Plein de désuétude et de dévergondage...

Quand l'homme reviendra dans son premier village
Chercher son ancien corps parmi ses compagnons
Dans ce modeste enclos où nous accompagnons
Les morts de la paroisse et ceux du voisinage;

Quand il reconnaîtra ceux de son parentage
Modestement couchés à l'ombre de l'église,
Quand il retrouvera sous le jaune cytise
Les dix-huit pieds carrés qui faisaient son partage...

Quand les ressuscités s'en iront par les bourgs,
Encore tout ébaubis et cherchant leur chemin,
Et les yeux éblouis et se tenant la main,
Et reconnaissant mal ces tours et ces détours

Des sentiers qui menaient leur candide jeunesse,
Encore tout ébahis que ce jour soit ven,
Encor tout assaillis du regret revenu,
Et reconnaissant mal avant que l'aube naisse,

Ces sentiers qui menaient leur enfance première,
Encore tout démolis d'être ainsi revenus,
Et reconnaissant mal ces corps pauvres et nus,
Et reconnaissant mal cette vieille chaumière...

Aïeule du lépreux et du grand sénéchal,
Saurez-vous retrouver dans cet encombrement,
Pourrez-vous allumer dans cet égarement,
Pour éclairer leurs pas, quelque pauvre fanal,

Et quand ils passeront sous la vieille poterne,
Aurez-vous retrouvé pour les gamins des rues
Et pour ces vétérans et ces jeunes recrues,
Pour éclairer leurs pas, quelque vieille lanterne;

Aurez-vous retrouvé dans vos forces décrues
Le peu qu'il en fallait pour mener cette troupe
Et pour mener ce deuil et pour mener le groupe
Dans le raccordement des routes disparues.

PEGUY

Georges Brassens - La première fille

jeudi 29 mai 2014

ça ne s’invente pas !

   
        bravo à la personne qui a retrouvé cette carte postale ancienne !!



Regardez bien la légende en bas de la carte postale,
 çà ne s'invente pas......Authentique!!




A envoyer à tous vos correspondants....

c'est exceptionnel !!!

Et en prime un blog à découvrir:
http://bernard-gensane.over-blog.com









Georges Brassens - Les passantes

mercredi 28 mai 2014

Mots d'auteurs




Mai fait
Ou défait



"L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé."

MONTESQUIEU

le blason - Georges brassens

mardi 27 mai 2014

Lire et relire- Printemps au parking (5)

Et pourtant, tout de même, enfin, mettons les choses au pire, supposons que je m’intéresse pour de bon à la médecine : comment j’aurais pu m’en apercevoir sans le plus grand des hasards, et criminel en plus ? Sans mon délit de fugue je l’ignorais toute ma vie. Bon, ce n’est pas vraiment le cas, mais, autre question : combien d’autres choses existent que j’ignore qu’elles m’intéresseraient et que j’ignorerai toujours à moins d’une révélation miraculeuse ? Car non seulement – ça va être coton comme chaque fois que j’essaye de penser mais j’y vais – j’ignore qu’elles m’intéresseraient mais j’ignore qu’elles existent, et, en plus, j’ignore qu’il existe une espèce-de-choses-comme-çà (bon, maintenant je ne l’ignore plus je viens de l’apprendre par hasard c’est déjà un point), mettons les choses A.
            Alors il y a les choses A quelque part, qui sont juste ce qu’il me faut, et je ne peux pas aller les chercher parce que je ne sais pas qu’elles existent. Moi j’ai les choses B, qui sont chiantes, et démerde-toi. Ah c’est commode ! Je suis enfoncé dans une purée d’ignorance. Ma tête me sert à peu près autant que si j’avais un champ à labourer et un fer à repasser. Un tas de foin à rentrer et une aiguille. La mer à boire et une passoire. Une fusée à expédier et une lance-pierre. Ce qu’il faudrait c’est refaire toute la planète autour de moi. Ou, comme nous l’avions parfaitement trouvé dans notre jeune temps en faire des neuves ailleurs, ce qui prouve qu’on ne s’arrange pas en vieillissant ; car plus j’avance plus je m’y perds, c’est un vrai fourré. L’ennui final c’est que je ne suis pas intelligent. Ce fut ma conclusion après ma première tentative d’étude volontaire de ma vie.
            Quant à leur physiologie du cerveau, rien là-dedans qui apprenne comment devenir intelligent. Dans aucun Tome. C’est pourtant important. Comment devenir  idiot oui (le chien) ;mais pas comment devenir intelligent. Si je courais les bibliothèques c’est pourtant par là qu’il faudrait que je commence, sinon ça ne me profiterait pas. Merde, on ne nous apprend rien qui puisse vraiment servir.
            La fille rangeait son fourbi. Je l’avais presque oubliée, j’ai une tendance à sombrer corps et biens dans ce qui est sous mon nez, prenez le présent et oubliez le reste. Il était clair que j’étais autorisé à l’aider dans le transport des Tomes….

Christiane ROCHEFORT

Georges Brassens - ´La ballade des gens...´

lundi 26 mai 2014

Lire et relire - Printemps au parking (4)

C’était un bouquin de médecine, merde. Enfin je n’avais pas eu le choix, et puisque mon job principal maintenant c’est de soigner la vraisemblance, je n’avais plus qu’à l’ouvrir. Physiologie du cerveau. Du chinois (bon, d’accord, du patagon).
            Dans le fond c’est surtout par trouille que je dis comme ça tout de suite :du chinois. Je ne me savais pas timide ; mais ici j’avais des complexes. Je n’avais pas changé de pays j’avais changé de monde, et c’est peut-être plus difficile ; je me serais donc mieux débrouillé à Tahiti finalement. Eh bien, les voyages forment la jeunesse. Le bouquin n’était, donc, pas tellement opaque, en réalité on pouvait comprendre. Après tout j’avais fait des sciences naturelles non, un cerveau j’avais entendu parler, j’en avais même un dans le crâne et probablement j’allais même le sentir si je continuais, car j’aurais la migraine. Ils devaient expliquer ce que c’était la migraine du reste. Je trouvai une table des matières (j’avançais, j’avançais !) et il paraît que c’était dans le Tome Trois, ni une ni deux j’y bondis, je demande à la fille « si elle se servait de celui-là pour l’instant », et je lui changeai contre le mien. Du coup elle me prit vraiment pour un dingue, ou pour un type avec un vache sens de l’humour, et elle partit en fou rire dans son cahier. Son emmerdeur plia bagage et se barra : il était vexé. Elle me remercia d’un sourire, et moi je me montrai discret. Avec les filles je suis moins cloche qu’avec les livres, j’ai une sorte d’instinct, évidemment il ne faut pas qu’elle me plaise trop sinon j’accumule les conneries et je suis refait, mais la question n’est pas là. Elle est à la migraine. La migraine est, en général, une histoire de pression dans le liquide céphalo-rachidien, ce n’est donc pas sorcier. Il n’y a qu’à faire baisser la pression. Après ça je suis tombé sur une histoire de chien à qui on montre un biftek en sonnant d’une cloche. Au bout d’un moment le clébard a pigé, dès que la cloche sonne il remue la queue. Plus même besoin de biftek. Intéressant çà. Je me suis demandé si on ne pourrait pas sonner d’une autre espèce de cloche, ou mettons de la trompette, chaque fois que le chien a fini son biftek ; alors on pourrait arriver, en faisant marcher la cloche et la trompette l’une après l’autre, à supprimer complètement le biftek et que le chien soit tout à fait sûr qu’il avait déjà bouffé. Appliquez çà à tout le monde et voilà le problème du ravitaillement réglé, et quelle économie. Et pas de rouspétance, chacun ravi. Pour les riches, afin qu’ils continuent à se sentir pas comme les autres, on ferait le coup avec du caviar, et une cloche en or. Inconvénient :  au bout d’un temps on est tous morts. Pas pratique pour le nécessaire. Mais pour le superflu, par exemple vous remplacez une belle entrecôte par un petit bout de barbaque pour le même prix. Ou le kil de rouge par de la flotte et ils se croiront obligés de tituber. Ou bien vous passez un petit air, puis Brigitte Bardot faisant du strip-tease, puis un autre petit air et après vous collez un ministre à la place de Brigitte et tout le monde le trouve ravissant, je n’arrivais pas à mettre la main sur un vraiment bon exemple mais il y avait quelque chose là, je suis resté un moment sur le truc à réfléchir.
            Je pris le fou rire : le vieux, s’il savait que je m’étais barré pour aller me foutre dans une bibliothèque  à  potasser la médecine ! c’était de nature à le faire sortir de ses rails. Avec une carte d’étudiant en chinois. Ca risquait même de lui donner à penser. Non, là je rêvais.
            « Mes chers parents. Ne vous tracassez pas pour moi je vais très bien je suis à la bibliothèque et j’étudie la Physiologie du Cerveau et les Réflexes Conditionnés. Votre fils affectionné, Christophe. » au fond c’est simple, il me fait enfermer aussi, c’est son grand truc quand quelque chose lui échappe.