samedi 31 août 2013

La photo du samedi

You know what??






Il fait beau!!


Comme toujours chez AMARTIA

Petites annonces gratuites et ciblées







OFFRES D’EMPLOI-

On demande homme-tronc pour fondation arbre généalogique


OCCASION SPECIALES –

A vendre jolie collection pots de vin. S’adresser n’importe qui, Hôtel de ville , Paris.


DIVERS-

Scieur de long s’associerait avec scieur de large pour fabrication pavés de bois rectangulaires.
Las de lavis suis acheteur d’aquarelles
Cyclistes. Fortifiez vos jambes en mangeant des œufs mollets.


A VENDRE .

Peaux de hérissons pour faire des planches à clous. Conviendrait à Fakir nécessiteux. Fakir Okoy.
Magnifique peau d’ours livrable le jour de l’ouverture de la chasse. (On est prié de verser des arrhes.
Pièces de rechange pour animaux divers : Œil de bœuf, 7e ; Queue de rat, 3e ; Pied de biche, 9; Tête de loup, 10; Bec de cane 11e.


Pierre DAC

vendredi 30 août 2013

Lire et relire...

"Mademoiselle Albertine est partie!" Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie! Il y a un instant, en train de m'analyser, j'avais cru que cette séparation sans s'être revus était justement ce que je désirais, et, comparant la médiocrité des plaisirs que me donnait Albertine à la richesse des désirs qu'elle me privait de réaliser (et auxquels la certitude de sa présence chez moi, pression de mon atmosphère morale, avait permis d'occuper le premier plan dans mon âme, mais qui à la première nouvelle qu'Albertine était partie ne pouvaient même plus entrer en concurrence avec elle, car ils s'étaient aussitôt évanouis), je m'étais trouvé subtil, j'avais conclu que je ne voulais plus la voir, que je ne l'aimais plus. Mais ces mots: "Mademoiselle Albertine est partie" venaient de produire en mon coeur une souffrance telle que je sentais que je ne pourrais pas y résister plus longtemps; il fallait la faire cesser immédiatement; tendre pour moi-même comme ma mère pour ma grand-mère mourante, je me disais, avec cette même bonne volonté qu'on a de ne pas laisser souffrir ce qu'on aime: "Aie une seconde de patience, on va te trouver un remède, sois tranquille, on ne va pas te laisser souffrir comme cela."
Oui, tout à l'heure, j'avais cru que je n'aimais plus Albertine, j'avais cru ne rien laisser de côté, en exact analyste; j'avais cru bien connaître le fond de mon coeur. Mais notre intelligence, si lucide soit-elle, ne peut apercevoir les éléments qui le composent et qui restent insoupçonnés tant que,  de l'état volatil où ils subsistent la plupart du temps, un phénomène capable de les isoler ne leur a pas fait subir un commencement de solidification. Je m'étais trompé en croyant vois clair dans mon coeur. Mais cette connaissance,  que ne m'auraient pas donnée les plus fine perceptions de l'esprit, venait de m'être apportée, dure, éclatante, étrange comme un sel cristallisé, par la brusque réaction de la douleur. J'avais une telle habitude d'avoir Albertine auprès de moi, et je voyais soudain un nouveau visage de l'Habitude. Jusqu'ici je l'avais surtout considérée comme un pouvoir annihilateur qui supprime l'originalité et jusqu'à la conscience des perceptions; maintenant je la voyais comme une divinité redoutable, si rivée à nous, son visage insignifiant si incrusté dans notre coeur, que si elle se détache, si elle se détourne de nous, cette déité que nous ne distinguions presque pas nous inflige des souffrances plus terribles qu'aucune et qu'alors elle est aussi cruelle que la mort.

PROUST

mercredi 28 août 2013

Bientôt la rentrée...

-Arithmétique-

Le monde des problèmes est, quand on y pense, un monde tout à fait étonnant. A travers de grands paysages vides, des trains que personne ne prend glissent sans bruit sur des lignes très droites et vont vers des villes invisibles qui s'appellent A ou encore B. Jamais, jamais ils ne partent ensemble et, pour calculer quand ils se croiseront, il faut additionner tant de kilomètres et tant d'heures qu'ils se seront télescopés, certainement, avant qu'ils y soient arrivés.
Des fontaines silencieuses coulent 2 par 2 sans qu'on y vienne boire. Il y a des jardins, des champs, des bois: pour les petits, ils sont rectangulaires, pour les plus grands, en forme de cercle ou d'hexagone, et c'est un peu plus compliqué; on les achète, on les mesure, mais rien n'y pousse, que des racines carrées, et personne ne pense à les cultiver.
On construit des quantités de maisons, mais les gens mettent tant de temps à calculer leur prix de revient qu'ils ne parviennent jamais à les finir: il est plein de maisons inachevées, le monde des problèmes; il est aussi plein de maçons, de bûcherons, d'arpenteurs qui gagnent tant pas heure et font des économies, toujours les mêmes, chaque semaine. Une dame achète 192 gâteaux pour elle seule, et on ne dit pas à quoi ils sont; les tonneliers passent leur temps, chose étrange, à faire d'horribles mélanges avec les bons vins de leurs tonneaux; l'épicier vend 36 lentilles et une demi-douzaine de pruneaux et les petits garçons, dans des écoles fantômes, partagent indéfiniment leurs billes sans jamais se disputer.
Voici pourtant un cavalier qui s'arrête, à bout de souffle, devant la porte du maréchal-ferrant:
- Les quatre fers de mon cheval sont décloués; peux-tu me réparer cela au plus vite?
Le maréchal ôte son bonnet, se gratte la tête:
-Voyons, cela fait 24 clous à planter... Je veux bien, mais à une condition, c'est que vous me paierez un centime pour le premier clou, puis le double pour le deuxième, et ainsi de suite, en doublant toujours, jusqu'au dernier!
-Entendu, l'ami! s'écrie le cavalier, ce n'est pas cher, mais dépêche-toi, je suis pressé!
En un clin d'oeil, le cheval est ferré; le maréchal suce son crayon, fait son compte. Les minutes passent... le cavalier trépigne:
-Alors, as-tu fini?
-Voilà! Vous me devez exactement 167.772fr15!! Je vous fais grâce, ma foi, des 15 centimes!
Vérifiez, si vous en avez la patience, et vous constaterez qu'il a raison! Ainsi va la vie, dans le monde des problèmes: on achète, on vend, on perd, on gagne, on mesure, on calcule, on soustrait, on compte et recompte, du soir au matin.
Aimeriez-vous y voyager?

Colette VIVIER - Almanach du Gai Savoir , 1941

lundi 26 août 2013

C'est la mi-août

Les fous du matou

M le magazine du Monde 24.08.2013 à 21h07 |
Par Lisa Vignoli


Au moment du divorce, tout s'est bien passé. Dix ans de vie commune réglés en quelques jours. "Tout, sauf la question du chat", qui s'est soldée par une garde alternée, se souvient l'avocat du couple. Certaines fois, c'est vrai, ces petites bêtes – un bâtard en l'occurrence – provoquent autant de tracas (et de joies) que des enfants. Il arrive même que leurs maîtres oublient volontairement la différence. Marie-Charlotte, 35 ans, vient de fêter les 11 ans de Salomon, un oriental noir, racé, très élégant. Loin d'être une vieille fille esseulée, cette mère de deux enfants, épanouie et surdiplômée, ne s'interdit pas de l'appeler son "bébé chat", son "enfant préféré", le premier des trois somme toute. D'ailleurs, confie-t-elle, "je l'empêche de grandir, je l'ai éduqué pour qu'il me vénère et qu'il ne puisse pas vivre sans moi. Et puis, c'est le seul qui ne piquera pas dans mon porte-monnaie, ne se droguera pas et ne me ramènera pas de filles à la maison !"

"J'HABITE CHEZ MON CHAT"

Le chat-roi comme Salomon est une espèce très représentée parmi les 11 millions de félins domestiqués dans les foyers français. En 2011, le petit animal miaulant a même détrôné son ennemi aboyant dans le cœur des Français, dont il est devenu le compagnon préféré, selon un sondage réalisé par TNS Sofres. Doudou, partenaire indispensable, mascotte du foyer, il joue tous les rôles. Et même, à l'occasion, celui de maître. "Victor Hugo disait : 'Dieu a créé les chats pour que les hommes aient un tigre à caresser chez eux'", rappelle Sophie, employée dans une grande agence de publicité parisienne. C'est un animal ultra-indépendant, donc il y a quelque chose d'hypergratifiant à ce qu'il s'intéresse à toi." Elle a 33 ans, deux chats de gouttière de 6 et 3 ans et un homme dans sa vie. "Le soir, quand je rentre, j'aime les retrouver, comme d'autres retrouvent leurs enfants, sans doute. Parfois, on n'a pas le sentiment de rentrer chez nous, mais de rentrer chez les chats." Elle n'est pas la seule. Sur Facebook, le groupe "J'habite chez mon chat" rassemble près de 18 000 fans qui se reconnaissent et partagent leurs anecdotes de maîtres dominés.
A l'âge de 4 ans et demi, le fils de Marie-Charlotte a été diagnostiqué asthmatique. "Le pédiatre m'a expliqué que mon chat Salomon faisait partie des facteurs allergènes, qu'il faudrait peut-être songer à s'en séparer, raconte-t-elle. Je lui ai répondu qu'il était là avant, que c'était au plus gêné de s'en aller. Ça ne l'a pas fait rire." Depuis, le chat est resté, l'asthme s'est calmé, et "les enfants ont eux aussi complètement adhéré à la folie pour le chat. A la maison, c'est devenu un concept".

"L'ANIMAL FÉTICHE DE LA MYTHOLOGIE INTERNET"

Autrefois cantonné à l'univers intime, le chat est désormais exhibé. "Il y a quelques années, quand je disais : 'J'ai un chat', tout le monde s'en foutait, se souvient Sophie. Aujourd'hui, c'est presque devenu un accessoire de mode." Fêtée chaque 8 août lors de la Journée internationale du chat, la petite bête à moustaches a même des espaces urbains qui lui sont consacrés. Après Tokyo, Paris accueillera prochainement un "bar à chats", où chacun pourra venir caresser la petite bête en buvant un petit noir, ou alors s'abandonner à ces "Ooohhh" et ces "Aaahhh", symptomatiques d'une dérive que l'on pourrait qualifier de "mignonite" aiguë, une passion du mignon qui serait amplifiée par Internet. Dans leur Encyclopédie de la web culture (Robert Laffont), Diane Lisarelli et Titiou Lecoq font en effet du chat "l'animal fétiche de la mythologie Internet". "Il a fallu attendre l'époque moderne pour que ces créatures retrouvent leur statut d'animal sacré", écrivent-elles.
"Le succès des chats sur Internet est avant tout dû à la démocratisation des appareils photo numériques, précise Diane Lisarelli. Les gens se sont mis à mitrailler leur animal de compagnie et à partager leurs images. On peut voir ça comme une niaiserie, déclinaison post-moderne des posters de chats tapissant les murs des chambres de jeunes filles prépubères. Reste que la chose est devenue un 'phénomène'."
En effet, les comptes Instagram regorgent d'"insta cat", le mot-clé créé pour identifier et classer les photos de chats sur ce réseau social. On navigue ainsi du chat hipster (Hamilton, le hipster cat) au chat à la langue toujours pendue (IamLibLub), devant lequel plus de 175 000 personnes s'extasient. Facebook répertorie aussi de nombreux comptes personnels attribués à des chats en lieu et place de ceux destinés à des êtres humains. Ici aussi, le choix est vaste : du joli Victor Guyon (le nom de famille de sa propriétaire, bien sûr) et sosie de Félix au chat pelé du voisin, en passant par l'illustre Maru, une star née au Japon qui a même donné lieu au "beau livre" Moi Maru, Chat enrobé, publié en France par les éditions Jean-Claude Gawsewitch.

"UN DES MARQUEURS DE NOTRE ÉPOQUE"

Bref, les chats prennent le pouvoir. Sur YouTube, la vidéo d'un chaton rencontrant un hérisson
a généré 10,2 millions de clics en six mois, quand celle du discours d'intronisation de Barack Obama en 2013 a été vue par seulement 9,7 millions de personnes. "Le tsunami des chats mignons est le symptôme d'autre chose, avance Diane Lisarelli. Le 'mignon' est un critère communément partagé. Que l'on passe son brevet ou que l'on soit agrégé, que l'on soit en France, aux Etats-Unis ou en Russie, deux personnes qui n'ont rien en commun peuvent se retrouver face à une vidéo ou une photo de chats mignons. C'est fédérateur et assez peu clivant. C'est considéré comme inoffensif, et même salutaire, au milieu de toutes les choses anxiogènes et agressives que l'on peut trouver sans trop chercher sur Internet. On ne peut pas vraiment dire que c'est particulièrement enrichissant pour notre civilisation, mais c'est peut-être bien un des marqueurs de notre époque."

Dans une publicité, Bouygues Telecom a remplacé les hommes par des chats. Assis à table, sur le canapé, derrière un clavier d'ordinateur, les petites bêtes évoluent comme des humains. A la fin, une voix explique : "C'est parce que nous savons que vous aimez les films sur Internet avec des petits chatons que nous avons fait un film sur Internet avec des petits chatons." Peut-être pourrions-nous en dire autant sur cet article...

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lu et approuvé par Antoinette et Claude

dimanche 25 août 2013

Nostalgie ou utopie

C’est de chez Jean-Jacques que m’est venue l’idée de ce post.
Il disait à peu près que la nostalgie vient en vieillissant et  me disais la même chose en voyant comment de "nouveaux habitants" arrangent nos vieilles maisons.
En y pensant, je crois qu'il s'agit plutôt d'un effet de balançoire. Nous sommes d'une génération, enfants de ceux qui après la guerre voulaient du neuf ou avaient perdu l'ancien. Saturés de formica et de lignes droites, nous avons fouillé les greniers, voulu retourner "chez grand-mère, à la campagne". En fait, la nostalgie, nous l'avons eue quand nous étions jeunes et nous l'avons encore. La génération qui nous suit, et celles qui suivront vivrons tout aussi bien sans ce que nous regrettons.
Nous craignons les modifications climatiques qui vont faire disparaître des pans entiers de notre univers. Mais l’Univers va survivre… autrement et peut-être pas plus mal.
Christophe Colomb aurait sans doute été affolé d’apprendre qu’un jour on quitterait l’Europe au matin pour dormir le soir en Amérique (en supposant que le périphérique nord soit fluide) ; tout autant que nous le serions si nous devions gagner les Antilles en caravelle mal équipée en sanitaire
Combien d’espèces ont pu disparaître que nous ignorons parce qu’il n’y avait aucun moyen de s’en apercevoir et la terre continue de tourner et des humains d’y marcher. La vie s’adapte et comme justement, on peut constater les dangers qui menacent  la flore et la faune, on peut aussi y pallier.
On ne voit plus guère d’hirondelles en Eure et Loir où pesticides, insecticides  et autres nocifs icides font  des ravages, mais on en voit toujours autour de la Méditerranée.
Les ours blancs voient fondre leurs glaçons ; ils vivront nourris logés dans des lieux adaptés à leurs besoins comme on fait pour les pandas. Et certes, nous regretterons la beauté des paysages qu’ils animaient  (et que l’écran fera perdurer) mais eux, regretteront-ils  les incertitudes de la vie sauvage ? La liberté est une notion humaine et les fauves ne souffrent de sa perte que si leurs conditions de vie ne sont pas bonnes. Les parcs animaliers actuels n’ont plus rien à voir avec les zoos et autres ménageries des siècles passés.
Il existe à Nairobi un « orphelinat » où sont recueillis et soignés les jeunes animaux dont la mère a disparu. Selon les responsables de cet endroit, c’est toute une affaire de les renvoyer dans la brousse  quand ils sont adultes. Ils partent pour un temps, celui des amours, puis ils reviennent trouvant moins fatigante la vie en enclos, en sécurité et où la nourriture arrive sans qu’on ait besoin de se donner le mal de la chasser.
Les jardins botaniques en feront autant pour la flore.  Et même, avec la découverte de l’ADN on parle de faire revivre les disparus !
En rêvant un peu, on pourrait imaginer le Paradis Retrouvé et que la terre devienne ce Jardin que probablement elle n’a jamais été. Et peut-être cette histoire de Jardin d’Eden n’a-t-elle été inventée que pour nous donner l’envie de réaliser ce Paradis ?



samedi 24 août 2013

La photo du samedi


Après la moisson


Une moisson d'images chez AMARTIA

jeudi 22 août 2013

On peut toujours se tromper


Pour vous qui envisagez l'avenir à nous décrit d'un coeur morose; à vous autres, incurables optimistes, rêveurs de lendemains sans fausse note; voyez comment au temps où les premiers avions trouaient les nuages, on décrivait les villes du futur. Et que ce billet vous apprenne qu'au fond.... il ne faut jurer de rien...

"La navigation aérienne est seulement à ses débuts; mais nul ne doute qu'elle ne doive se perfectionner et se développer avec une rapidité foudroyante, comme a fait l'automobilisme. On s'occupe donc déjà des nouvelles conditions de vie qui vont en résulter.
Les architectes tâchent de prévoir, et ils annoncent au public, les changements prochains dans la construction des habitations et dans l'aspect général des villes. Presque tous déclarent que l'importance relative des étages sera renversée, c'est à dire que les étages de luxe seront en l'air, et les logements modestes en bas. Le concierge habitera sur le toit. Ou plutôt sur la terrasse: car il n'y aura plus de toits. Les toits ont été inventés pour faciliter l'écoulement des eaux et la chute des neiges; mais l'emploi du ciment armé permet aujourd'hui des terrasses imperméables et solides. Les terrasses nécessaires à l'atterrissage des aéronefs, seront donc adoptées dans les pays septentrionaux comme elles l'ont toujours été dans les climats méridionaux.
Les cheminées disparaîtront, grâce à de nouveaux systèmes de chauffage central, et ne feront point courir de risques aux promeneurs aériens. Rien n'empêchera de cultiver, sur les terrasses, des fleurs, ou même des salades et des radis. Nous aurons des jardins suspendus, ce qui sera encore un trait de ressemblance avec Babylone. Mais Babylone ignorait l'aviation. Du moins les historiens l'affirment, jusqu'à ce qu'une inscription déchiffrée prouve le contraire.
Les villes vues d'en haut seront comme des parterres de roses. Et Jenny l'ouvrière descendra au rez-de-chaussée son pot de géranium avec son canari.
Le dessinateur Robida, naguère, donna des esquisses de cette cité future; elles paraissent très fantaisistes; les architectes disent qu'elles seront vraies demain.

NOS LOISIRS - 3 octobre 1909

http://youtu.be/pnO01LMWtsg

Chez Jean-Jacques (couleurd'aencre), on peut écouter le jardin de Moustaki.
J'ai cherché celui de Béart sans le trouver... L'espérance à la place...




Mémoire de guerre


Pas la mienne bien entendu...
Mon grand père avait un bistrot...
Il était situé, ce bistrot, à un coin de rues sur la place du marché à Nancy.  Un quartier qui, à la nuit  devenait « chaud ». En ce temps-là, il ne refroidissait guère dans la journée. Ma tante, qui à l’époque avait à peine vingt ans était ce jour-là momentanément  seule à la caisse, à l’heure du « p’tit noir » d’une de ces dames. Entre alors un allemand en uniforme et armé qui demande un « service » à la dame au café. Patriote, elle refuse, le soldat insiste puis se fâche.  Ma tante qui connaissait l’habituée, intervient et veut virer le soldat, qui sort son arme et menace. Ma tante à qui on avait dit qu’en ville les armes étaient déchargées, pas effrayée, sans crainte d’éventuelles représailles, prend le soldat par la manche et le tire vers la porte. Le type alors veut frapper les deux femmes, qui se réfugient derrière le comptoir. Surgissent alors de la cave les garçons du café; le soldat sort, furieux , se retourne et tire plusieurs balles dans le comptoir… le pistolet était chargé…

mercredi 21 août 2013

Ambiance torride au Bois des Biches.


Comme il convient en temps de canicule, mes deux chiennes sont en chaleur, ce qu'à bien vite remarqué  l'intrépide Jack Russel d'une voisine. Un charmant petit chien au demeurant, blanc taché de noir, tout à fait assorti aux deux allumeuses.
Il est bien évident, que Jack Russel contre Border Collie, la partie n'est pas égale et l'amoureux aurait une sacrée gymnastique à faire pour arriver à ses fins. Mais quand on veut on peut et on a vu des cas... Un par exemple: La minuscule Zézette d'un autre voisin a été prise d'une pulsion violente pour le Griffon Vendéen de mon frère; basset certes, mais tout de même un peu haut pour la demoiselle qui s'est tant et tant contorsionnée, que dans une pose offensant toute décence, elle s'est offerte à notre Achille aux longues oreilles, tout ébahi de sa chance et qui n'a pas manqué d'en profiter. Heureusement, l'endroit était désert et les affaires faites, j'ai reconduit mon neveu à la maison et laissé l'éhontée regagner ses foyers. Depuis, il circule dans les parages d'étranges petits animaux hirsutes qui sont, dit la Renommée, d'incomparables chasseurs.
Tout ceci pour dire que sous le grand noyer, j'ai vu le libertin spectacle, d'un petit chien fougueusement agrippé aux pattes arrière (en attendant de pouvoir faire mieux) de l'ingénue Félicie , étonnée mais pas du tout mécontente de ce nouveau divertissement. Il a fallu intervenir et reconduire le suborneur dans ses foyers.
Bounty, qui elle aussi est en chaleurs, mais qui porté Félicie, consciente des conséquences de ses actes, est restée sur la réserve, regardant les choses de loin et oubliant sa maturité de chienne adulte et qui fut mère est allée chercher baballes et petits bâtons. Jeux passionnants et à l'issue desquels on ne risque pas de se retrouver avec cinq chiots pendus aux mamelles.

mardi 20 août 2013

De la Mode




La mode présente un intérêt quand il s’agit de trouver la meilleure manière de nouer un foulard ou de savoir s’il vaut mieux porter aux oreilles des anneaux ou des « dormeuses » ; si le  bleu marine sera cet hiver le « nouveau noir ». Elle est bienvenue quand elle nous permet de nous réjouir d’être enfin autorisées à porter ces admirables mocassins bordeaux qui dormaient dans leur boîte depuis douze ans. Elle est indispensable aux pieds martyrisés, aux chevilles mises en danger par des souliers pointus et de trop hauts talons ; quand elle arrondit le bout des chaussures et proclame (ce qui n’aurait jamais du être mis en doute) que seuls des talons de 5cm peuvent nous permettre d’aller de l’avant.
Mais elle est insupportable, quand elle se faufile dans les domaines artistiques ou littéraires où elle n’a rien à faire.
L’art et la pensée sont et devraient rester intemporels.

P.

lundi 19 août 2013

Lire et relire: Aldous Huxley- Le Meilleur des Mondes 1932

Cette semaine, c'est Claude qui nous offre la rubrique... et nous fait souvenir qu'il est urgent de relire le "Meilleur des Mondes". Car il est évident que plus çà va, plus la fiction devient réalité. Une prise de conscience est nécessaire et urgente si nous ne voulons pas devenir ces "Veaux" que Charles de Gaulle,, en son temps pensait que nous étions déjà.



« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente, il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.
Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter.
Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.
On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.
Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau.
Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.
Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels.
On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »

dimanche 18 août 2013

samedi 17 août 2013

On est encore samedi...

Bien sur il y avait les ânes.... Mais il y avait aussi ce jeune homme et ses merveilleux chevaux montés et travaillés sans selle, sans rênes, sans filet... Juste à la voix et à la chambrière qui indique le sens du mouvement. Douceur, grâce , confiance...


AMARTIA

vendredi 16 août 2013

Avis

Votre chroniqueuse et moi-même ne pouvons promettre pour demain et après-demain le passionnantes rubriques quotidiennes que nous tenons à vous offrir.
Nous nous devons, comme chaque deux années, de nous rendre à Aube dans l'Orne (près de Laigle)
, pour notre Festiv'Âne. Nous aurons l'occasion d'y parler , en son château des Nouettes, de notre grande amie la Comtesse de Ségur, demain à 15 heures et dimanche à 14 heures.
Tous les ânes , la Chroniqueuse et votre serviteur, serons ravis de vous y saluer.

L'Âne Onîme et sa Chroniqueuse.




jeudi 15 août 2013

Lettre d'ALBERT EINSTEIN à son fils Hans-Albert.

1915 

Mon Cher Hans-Albert,

J'ai reçu hier ta gentille lettre et j'en étais très heureux. J'avais déjà peur que tu ne m'écrives pas du tout. Tu m'as dit quand j'étais à Zurich, que c'est gênant pour toi quand je viens à Zurich. Pour cette raison, je pense qu'il serait mieux que nous nous retrouvions à un autre endroit, où personne ne nous gênera. En tous cas, j'insiste sur le fait que nous devrions passer un mois entier ensemble chaque année, pour que tu comprennes que tu as un père qui t'apprécie et qui t'aime. Tu pourras apprendre beaucoup de choses bien et belles grâce à moi, des choses que d'autres personnes auront plus de mal à t'offrir. Ce que j'ai accompli à travers mon long et laborieux travail ne devrait pas uniquement servir à des étrangers mais devrait servir en particulier à mes petits garçons. J'ai terminé ces jours-ci l'une des plus belles oeuvres de ma vie, je t'en parlerai, quand tu seras plus grand. 
Je suis très heureux que tu sois content de jouer du piano. Cette occupation et la menuiserie sont, de mon point de vue, les meilleurs passe-temps possibles à ton âge, ils sont bien plus importants que l'école. Car ce sont des choses qui conviennent très bien à un jeune garçon comme toi. Joue surtout des choses qui te plaisent, même si ton professeur ne te les propose pas. C'est comme ça qu'on apprend le mieux, quand on fait quelque chose avec tellement de plaisir qu'on ne voit pas le temps passer. Je suis parfois tellement absorbé dans mon travail que j'en oublie le repas de midi…
Mes respects à Maman.
Papa.

mercredi 14 août 2013

Avis aux lecteurs (et trices)

Toutes les fautes de frappe, d'orthographe, de grammaire et de syntaxe sur ce blog, sont la propriété intellectuelle de l'auteur.

Elles ne peuvent être reproduites ou même corrigées sans son accord préalable.

L'Âne Onîme

mardi 13 août 2013

Lire et relire : Bon appétit!

…. Je me souviens qu’à table, je le regardais manger, pour m’assurer que cette belle humeur n’était pas jouée, et je dus constater qu’il jouissait réellement de l’excellente chère que nous avait fait préparer notre hôte, des plats nationaux, mais cuisinés avec un art exquis : de la boutargue, et du caviar, pour commencer, - un coulis de poisson ensuite comme potage, - puis du khébab, - comme rôti, un coq de bruyère venu du golfe d’Arta, - des aubergines frites comme légumes, - et, pour dessert, de cet étrange gâteau, sorte de feuilleté au miel et à l’huile d’olives : le baklava, des figues sèches, garnies de pistaches ; du fromage de chèvre, des mandarines d’un arôme délicieux et des confitures de nèfles, achevaient ce menu, - le tout arrosé d’un château-yquem et d’un margaux dignes de figurer à la table d’un prince.
-« Ce sont des caisses de vin que j’avais dans ma cave depuis trente-cinq ans, «  nous disait modestement notre hôte, « on les y avait oubliées. Par hasard le domestique les a découvertes l’autre jour, derrière les piles de bois, et c’est heureux, car je n’ai de passable ici, comme vin grec, que du Mavro Daphné ; vous le goûterez tout à l’heure… »
Quand arriva cette liqueur de raisin, fièrement surnommée le vin du Laurier Noir, le geste par lequel Malglaive souleva son verre à facettes pour aspirer l’arôme de cette goutte d’ambre chaude et parfumée, me rappela tout à fait l’épicurisme gai qu’il montrait dans nos petites fêtes de jeunes hommes, à dix-huit ans….


Paul Bourget - Nouveaux pastels : Antigone