samedi 27 juillet 2013

En hommage à Bernadette, de la part de Claude

Bernadette Lafont dans «Jusqu’à plus soif» (1962), de Maurice Labro.  RUE DES ARCHIVES/COLLECTION CSFF


   Deux corps de femme auront incarné l'apparition d'une nouvelle sensualité, d'un scandaleux et incendiaire " sex appeal ", sur les écrans de cinéma français des années 1960. La blonde Brigitte Bardot et la brune Bernadette Lafont. Moins " iconique ", moins idéalisée, moins belle peut-être, mais plus intense, plus spontanée, plus entreprenante, plus facétieuse, plus bizarre, plus inquiétante, la brune s'est éteinte jeudi 25 juillet au matin, à l'âge de 74 ans, au CHU de Nîmes, où elle avait été hospitalisée à la suite d'un malaise.

   Très triste matinée pour le cinéma français. C'est qu'elle était diablement attachante, Bernadette Lafont, qui incarnait une liberté, une insolence, un goût du risque et un mépris de la bienséance dont on sent bien à quel point ils manquent aujourd'hui, dans une époque à la fois vendue et pudibonde.

   Lafont, avec son prénom de sainte, entre par effraction dans un milieu qu'elle électrise d'emblée d'une aura diaboliquement sexuée. Née le 28 octobre 1938 à Nîmes, elle est la fille de pharmaciens bourgeois, protestants et cévenols, et rêve de glamour hollywoodien. Autant dire qu'elle ne ressemble pas à ce qu'elle sera sur l'écran. Magie du cinéma. Car la jeune et sensuelle autodidacte tombe sur une bande de jeunes malotrus qui veulent se faire une place au soleil, et sortir le cinéma français de la naphtaline littéraire en mettant sur l'écran des corps jamais vus, accordés à la pulsation de la vie, dédaigneux des traditions, vibrants de tout l'éclat d'une jeunesse décidée à s'approprier le monde. Elle entre, en un mot, dans le cénacle de la Nouvelle Vague. C'est Gérard Blain, épousé à 18 ans, acteur à fleur de peau, puis remarquable cinéaste, qui l'y introduit. Un an plus tard, elle lui donne déjà la réplique dans Les Mistons (1957), de François Truffaut, court-métrage lyrique et cruel, très renoirien.

   Tourné à Nîmes, le film met en scène un jeune couple amoureux en butte aux tracasseries d'une bande de galopins, fascinés jusqu'à l'obscénité par la beauté inatteignable de " Bernadette ". Qui ne se souvient de l'ouverture de ce film, succession de travellings arrière sur mademoiselle Lafont dans la fleur de sa beauté, pédalant pieds nus sur son vélo, cheveux bruns coupés court, boléro blanc remontant sur son ventre, cuisse nue sous sa jupe flottant au vent ?

   Trois Chabrol enfoncent le clou. Elle est Marie, maîtresse d'un salaud malheureux dans Le Beau Serge (1958), Jane, petite vendeuse cynique et délurée dans Les Bonnes Femmes (1960), Ambroisine, instrument fatal de séduction d'une vengeance virile dans Les Godelureaux (1961). Le succès de la Nouvelle Vague va néanmoins rapidement refluer, et elle suit en quelque sorte le mouvement. Une succession de films de seconde zone ainsi qu'un second mariage, avec le sculpteur hongrois Diourka Medveczky, y suffisent. A 24 ans, voilà Bernadette mère de trois enfants. Parmi eux, Pauline, future actrice, qui mourra tragiquement en 1988 d'un banal accident dans les Cévennes.

   L'actrice revient sur le devant de la scène avec La Fiancée du pirate (1969), de Nelly Kaplan, une farce féministe et surréaliste post-soixante-huitarde où la belle Bernadette, incarnant une pauvre fille qui se venge des humiliations, passe les notables à la moulinette de ses irrésistibles atours. Le film scelle son retour sur une sorte de malentendu, car Bernadette Laffont prend plus essentiellement part à cette époque à des œuvres autrement radicales, signées Philippe Garrel (Le Révélateur, 1968), Marc'O (Les Idoles, 1968) ou Jacques Rivette (Out One, 1971-1972). Le sommet de sa carrière est ainsi atteint avec La Maman et la Putain (1973) de Jean Eustache, chef-d'œuvre en même temps que trou noir du cinéma français, où elle interprète aux côtés de Jean-Pierre Léaud et de Françoise Lebrun un impossible et bouleversant ménage à trois.

   De ce film intime et politique qui sonne le glas des utopies, elle disait dans Le Monde en 1985 : " Ça a été une expérience très douloureuse en même temps qu'un film magnifique. J'ai voulu, à un moment, arrêter le tournage tellement cette histoire était éprouvante. Je jouais quand même le rôle de la copine du moment de Jean, et je sentais qu'il y avait une telle souffrance là-dessous. Mais Jean ne voulait rien entendre, il menaçait d'arrêter le film si je partais. (...) Au bout du compte, La Maman et la Putain a bien été un film mortel, car la petite amie de Jean s'est suicidée après la première projection. Le film illustre comme aucun autre cette période des utopies qui se sont révélées mortelles. J'ai vu beaucoup trop d'amis rester sur le carreau à cette époque. Et, en même temps, comment renier l'histoire qui est celle de ma génération ? "

   Voilà, tout est dit. Sans doute la vie continuera, ainsi qu'une carrière chiffrée à cent vingt films, autant de téléfilms et presque autant de rôles au théâtre. On la verra un peu partout, toujours curieuse, toujours vivante, chez Claude Miller dans L'Effrontée (1985), chez Jean-Pierre Mocky, chez Raoul Ruiz, chez Pascal Bonitzer et jusque dans Paulette (2012), de Jérôme Enrico, comédie à succès où elle interprétait récemment une vieille dealeuse indigne. Mais toujours, partout, l'aura du mythe cinématographique se surimposait : une fille en noir dont la sensualité rayonnante s'enlève sur un éternel fond de mélancolie.

Jacques Mandelbaum pour Le Monde du 27 juillet 2013
  • Parcours
28 octobre 1938 Naissance à Nîmes
1957 Mariage avec Gérard Blain ;
Les Mistons, de François Truffaut
1958 Le Beau Serge, de Claude Chabrol
1960 Les Bonnes Femmes, de Claude Chabrol
1969 La Fiancée du pirate, de Nelly Kaplan
1973 La Maman et la Putain, de Jean Eustache
1985 L'Effrontée, de Claude Miller
25 juillet 2013 Mort à Nîmes
 

 

vendredi 26 juillet 2013

La photo du samedi...

Tremblez, terrestres créatures.... Le Monstre vous a à l'oeil!!!


Si vous avez peur , allez vous réfugier chez AMARTIA


mardi 23 juillet 2013

Tsunami dans une valise



Ce tube au bouchon entrouvert en un sourire narquois, indique qu'il n'a aucune intention de se laisser reboucher.
La voyageuse l'emmaillote dans un sac en plastique et le fourre dans le "sac à accessoires" en compagnie de ses plus beaux foulards. 
Souvent, parce que c'est commode, la voyageuse porte du noir et pour qu'on ne la prenne ni pour une veuve corse, ni pour une employée des pompes funèbres ou même pour le catafalque, elle a besoin de foulards.
En route depuis deux jours, la voyageuse envisage un shampoing brushing. De coiffeur , pas question; elle n'y va jamais. Pour avoir fait jadis partie de la corporation, elle sait de quoi ils sont capables.
Et c'est en déballant le shampoing qu'elle constate l'étendue de la catastrophe; le sac en plastique était autant percé que le bouchon fermait mal et le contenu s'était répandu dans les foulards qui avaient déteint les uns sur les autres.
Après avoir poussé hurlements et gémissements d'usage, il ne te restait plus, voyageuse, qu'à réparer les dégâts. Le désastre étant récent, tu as pu sauver la plupart des victimes, sauf un qui, en dépit de l'eau écarlate, du vinaigre, de la poudre texienne, de la terre de Sommières, du savon sec, avait gardé des traces: un carré Hermès, offert par une amie chère en des temps où ces morceaux de soie étaient certes coûteux, mais comme les "marques  travaillaient encore pour des gens qui n'étaient pas nés dans les émirats, on pouvait en avoir, si on aimait ça, un par famille. L'amie tenait celui-là de sa belle mère, raison pour laquelle elle le fit adopter par la voyageuse. Voyageuse qui, justement rendait visite à cette amie et voulait pour lui faire plaisir, porter ce foulard.

Bien du tintouin pour pas grand chose, l'amie ne se souvient ni du foulard, ni de le lui avoir offert...
Pour finir, je me souviens voyageuse, que tu as transvasé le coupable dans un flacon de verre qui se brisa dans la douche à l'étape suivante.

Voilà où mène la mauvaise gestion du vanity...
Solution à la prochaine étape....

dimanche 21 juillet 2013

Ah! La Mode de chez nous...

"Toujours trop habillée: jamais assez élégante..."


Gabrielle CHANEL

samedi 20 juillet 2013

Crise du logement


La photo du samedi...


C'était dans la nuit brune,
La lune,
Comme un point sur un I

Pour Amartia et les autres chasseurs d'images du samedi...

vendredi 19 juillet 2013

L'horoscope de Claude


Madame Soleil,  astrologue,
Aurait 100 ans.
Georges Pompidou
‘’ a un thème astral très favorable ’’,
avait-elle assuré le 1er avril 1974.*
Il était mort le lendemain.
" La reprise est là ",
dirait-elle aujourd'hui.

*Oui, mais un premier avril, c'était pour faire une farce (ndlr)



jeudi 18 juillet 2013

mardi 16 juillet 2013

Choix cornélien...


 Onze personnes sont suspendues à une corde sous un hélicoptère : dix hommes et une femme.

 Comme la corde n'est pas assez solide pour les supporter tous, ils décident 
 que l'un d'eux devra lâcher la corde mais ils ne réussissent pas à déterminer lequel.
Alors la femme dit qu'elle lâcherait la corde, car les femmes sont habituées à tout lâcher en faveur de leurs enfants et de leurs époux, sans rien recevoir en retour, et que les hommes en tant que  premier être créé par Dieu, méritent  de survivre car ils sont aussi les plus forts, les plus intelligents et capables  de grands exploits...
Quand elle eut fini de parler, tous les hommes commencèrent à applaudir.
 Ne sous-estimez jamais l'intelligence d'une FEMME.




lundi 15 juillet 2013

COÛT DE TABAC

Saint Jacques serein,
Hiver chagrin.




Le 21 juillet 1862,Velpeau , (le chef de bande) présentait à l’Académie de médecine un mémoire signé du docteur Demeaux, qui préconisait le tabac comme une panacée. Le tabac, selon l’auteur, fortifiait non seulement la santé, mais encore la vertu :
« J’ai observé, disait Mr. Demeaux, que les jeunes gens des collèges sont plus sages, plus purs, plus vertueux qu’autrefois. J’attribue cet heureux changement à l’habitude qu’ont les écoliers de fumer en cachette, et je regarde le tabac comme un bienfaisant nénuphar qui calme l’effervescence de la jeunesse. »
L’Académie (encore heureux !)refusa les honneurs du procès-verbal à cette thèse subversive.  Les « potaches » eussent étés trop heureux d’y puiser des arguments. La Ligue contre l’abus du tabac leur prêche au contraire que la cigarette est la mère de tous les vices. Il appartiendrait à l’Etat, grand maître de la morale et de l’hygiène nationale, de terminer la controverse. Le tabac calme-t-il simplement les ardeurs de la jeunesse ? ou bien éteint-il du même coup les meilleures facultés du cerveau, à commencer par la mémoire ?
L’Etat ne sait qu’une chose : c’est que le monopole du tabac lui rapporte plusieurs centaines de millions. Alors….

dimanche 14 juillet 2013

Inégalités : le retour des pharaons

Le Monde Diplomatique mardi 14 mai 2013


« Les inégalités ont toujours existé », entend-on souvent dire par ceux qui aimeraient banaliser leur flambée. Certes, mais elles étaient encore plus prononcées du temps des pharaons. Notre modernité s’inspirerait-elle donc du temps de l’Egypte ancienne ?


Inde, Chine, Russie, Italie, Etats-Unis, pays du Golfe : l’essor des fortunes et du nombre de milliardaires paraît caractériser l’état des lieux, comme le détaille le dernier numéro du Monde diplomatique. Un dernier exemple vient de nous en être donné dans les entreprises américaines.

Ainsi que le rappelle Business Week (1), qui ne passe pas pour une publication anticapitaliste, le très célèbre théoricien du management Peter Drucker avait théorisé en 1977 qu’une entreprise dans laquelle les écarts de salaires dépassaient un rapport de 1 à 25 voyait ses performances diminuer. Car plus les inégalités se creusent, plus une mentalité individualiste destructrice sape le travail collectif, l’esprit d’équipe et, au final, les résultats de l’entreprise, y compris pour ses actionnaires.
Être payé autant en une journée que d’autres en un mois semblait donc représenter la limite à ne pas dépasser. Non pas tant pour les ouvriers et employés qui, en général, ne se font guère d’illusion sur le côté « famille heureuse » de la structure privée qui les emploie (« Ils sont déjà persuadés, écrivait Drucker, que leurs patrons sont des escrocs »).
C’est donc plutôt de l’encadrement que les problèmes surgiraient : au-delà d’un certain écart de rémunération, le cynisme gagne, le cœur à l’ouvrage se perd, l’absentéisme s’envole.

Logiquement, Business Week a donc voulu savoir quelle était la situation actuelle aux Etats-Unis.
C’est peu de dire que l’écart de 1 à 25 est pulvérisé. J. C. Penney, qui vend des chemises et des pantalons bon marché, permet aussi à son patron de ne pas se soucier de faire des économies vestimentaires.
Chaque jour, la rémunération de Ronald Johnson correspond en effet à plus de six années de salaire d’un de ses employés.
Car l’écart va de 1 à 1 795 entre la paie annuelle du premier (53,3 millions de dollars) et celle du vendeur moyen (vraisemblablement une vendeuse…), de J. C. Penney (29 000 dollars). A Abercrombie (2), médaille d’argent de l’iniquité, l’écart va de 1 à 1 640.

Parmi les autres « lauréats » de ce classement, Starbucks est cinquième (écart de 1 à 1 135). Et Ralph Lauren, Nike, Ebay, Honeywell, Walt Disney, Wal-Mart et Macy’s se disputent les vingt premières places. A Intel, centième (et dernier) de la liste, l’égalité n’est pas tout à fait réalisée non plus, mais l’écart n’est « que » de 1 à… 299 (3).

Bien sûr, certains vont trouver injuste de mettre sur le même plan la rémunération d’un « capitaine d’industrie » — forcément brillant, talentueux, innovant — avec celle d’un de ses employés qui, lui, n’aurait d’autre souci dans la vie que d’obéir.
L’étude d’une autre publication, tout aussi peu subversive que Business Week, risque par conséquent de les décontenancer.
Consacrant un dossier détaillé aux « Entreprises plus fortes que les Etats », L’Expansion (mai 2013) a cette fois comparé la rémunération des patrons du privé avec celle de responsables politiques de premier plan, à qui il arrive peut-être, à la Maison Blanche ou à l’Elysée, de prendre des décisions qui ne sont pas insignifiantes.
On apprend alors que M. Tim Cook, patron d’Apple gagne près de 1 000 fois le salaire annuel de son compatriote Barack Obama (378 millions de dollars dans un cas, 400 000 dollars dans l’autre).
Et que M. Maurice Lévy, patron (intouchable) de Publicis, s’attribue 127 fois la rémunération de son compatriote François Hollande.

(1) Elliot Blair Smith et Phil Kuntz, «  Disclosed : the pay gap between CEOs and employees  », 6 mai 2013.
(2) L’enseigne de prêt-à-porter s’est encore illustrée récemment, comme le relevait Rue89, par son refus de faire don des vêtements invendus, préférant les brûler.
(3) Le patron d’Intel, Paul Otellini, s’adjuge 17,5 millions de dollars par an, contre 58 400 dollars à son salarié moyen.

Merci à Claude .

samedi 13 juillet 2013

Charles Trenet - Que reste-t-il de nos amours - Paroles (karaoké)

Fleurs d'un samedi de juillet


"J'ai voulu ce matin vous rapporter des roses..."
Et des courgettes aussi, 
Et les premiers dahlias,
Les lys de la Madone,
Pour la prospérité,
Quelques épis de blés,


Et puis chez Amartia,
Quoi qui n'ya ?
Quoi qui n'ya?

vendredi 12 juillet 2013

Abendempfindung an Laura

L'opinion de Claude



M. Barroso, vous n'êtes ni loyal

ni respectueux !

LE MONDE | | Par Editorial du "Monde"

Pour une fois, les Européens arrivaient unis face aux Américains. Le G8 de Lough Erne, en Irlande du Nord, devait permettre de lancer en grande pompe, avec Barack Obama, les négociations visant à établir un traité transatlantique de libre-échange. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a torpillé cette unité en affirmant, juste avant l'ouverture du sommet, que la position de la France sur l'exception culturelle était "réactionnaire".

Peu importe de savoir si la France l'est. Et s'il fallait ou non exclure, au nom de l'exception culturelle, les services audiovisuels du mandat de négociation confié à la Commission européenne. Pour être prêts, les Vingt-Sept ont longuement négocié jusque tard dans la nuit, vendredi 14 juin. La France a fini par imposer ses vues et a remporté une victoire politique.

Que cette issue satisfasse ou non M. Barroso, peu importe aussi. Il est président de la Commission et se trouve lié par le mandat qui lui a été confié par les Etats. En dénigrant l'accord au lendemain de sa conclusion, M. Barroso ne se comporte pas en gardien des traités, comme sa mission le lui impose. Rappelons à une Commission qui se pique souvent de juridisme l'article 4-3 du traité de Lisbonne : "En vertu du principe de coopération loyale, l'Union et les Etats membres se respectent et s'assistent mutuellement dans l'accomplissement des missions découlant des traités." En l'occurrence, M. Barroso n'est ni "loyal" ni "respectueux".

Le commissaire au commerce, le Belge Karel De Gucht, a adopté une attitude comparable. Il n'est pas parvenu à imposer ses vues. Mauvais joueur, il prétend qu'il sera possible de réintroduire les services audiovisuels dans la négociation. Il se paie de mots : à l'unanimité, tout est possible ; en réalité, la France conserve son droit de veto sur le sujet.

Mais M. De Gucht a une excuse : il va négocier avec les Américains et craint que ceux-ci ne ripostent en écartant de la négociation des domaines stratégiques pour les Européens. Si nécessaire, il veut pouvoir revenir auprès des Vingt-Sept pour amender son mandat de négociation.
M. Barroso, en revanche, semble avoir des visées beaucoup plus personnelles. Depuis huit ans, le président de la Commission s'est distingué par sa ductilité. Défenseur des petits Etats lorsqu'il était premier ministre du Portugal, libéral lors de sa nomination à Bruxelles avant la crise de 2008, sarkozyste sous la présidence de Nicolas Sarkozy, incapable, depuis, de la moindre initiative politique pour relancer l'Union, il a accompagné le déclin des institutions européennes.

Aujourd'hui, à 57 ans, ce caméléon se cherche un avenir. A la recherche d'un beau poste, à l'OTAN ou aux Nations unies – qui sait ? –, il a choisi de flatter ses partenaires anglo-saxons, le premier ministre britannique et le président américain. A la tête de la Commission, M. Barroso aura été un bon reflet de l'Europe : une décennie de régression.
 

 

mercredi 10 juillet 2013

Bernart de Ventadorn: Can vei la lauzeta

Claude vole plus haut...


L'utopie de Claude (suite et fin)

Michel Foucault, l’Etat et les bons pauvres

par Pierre Rimbert, mai 2013
Levier du changement social ou instrument de maintien de l’ordre ? Les outils de politique économique sont souvent à double tranchant. On nationalise tantôt pour collectiviser la richesse, tantôt pour socialiser les pertes ; l’impôt rançonne ou redistribue selon qu’il cible les pauvres ou les cossus. Il en va ainsi du revenu universel : suivant les forces sociales qui le mettent en œuvre (lire « Imaginer un revenu  garanti pour tous ») il soustrait les peuples aux règles du marché ou, tout au contraire, les y soumet.
Le dispositif proposé par l’économiste libéral Milton Friedman dans son livre Capitalisme et liberté (1) sous le nom d’impôt négatif entre sans ambages dans la seconde catégorie : l’Etat verse une somme fixe à chacun, mais, passé un niveau de revenus — situé par les libéraux autour du seuil de pauvreté —, le montant des impôts acquitté par le contribuable dépasse celui de l’allocation versée par l’Etat. Mise en place dans plusieurs Etats américains au cours des années 1970, cette forme libérale de revenu garanti fait irruption à la même époque dans le débat public français par le biais de deux polytechniciens familiers des Etats-Unis et devenus conseillers du président de la République Valéry Giscard d’Estaing : MM. Lionel Stoléru et Christian Stoffaës. Ce dernier rédige d’ailleurs en 1973 pour le compte du Commissariat général du plan un « Rapport du groupe d’étude de l’impôt négatif ».
Explorant les soubassements idéologiques du néolibéralisme lors de la session 1978-1979 de son cours au Collège de France (2), le philosophe Michel Foucault montre comment l’impôt négatif correspond à une forme de gouvernement qui aurait renoncé à l’objectif du plein-emploi. La logique néolibérale, explique-t-il, appréhende l’économie comme un jeu dont l’Etat fixe les règles et assure l’application. Grâce au revenu garanti, « il doit être impossible que l’un des partenaires du jeu économique perde tout et ne puisse plus, à cause de cela, continuer à jouer ». En d’autres termes, nul ne doit n’avoir plus rien à perdre ; l’Etat institue une clause de sauvegarde du système économique.
Deux dimensions de cette approche captivent et — pour l’une d’entre elles au moins — séduisent Foucault. La première est l’absence de jugement moral : l’allocation universelle vise les effets de la pauvreté et dédaigne ses causes. « Fondée sur la nécessité de venir en aide à ceux qui sont pauvres sans chercher à savoir à qui en revient la faute (3) », selon les mots de Stoléru, elle rompt avec les politiques sociales traditionnelles en n’opérant aucune distinction entre le bon et le mauvais pauvre. « Après tout, s’enthousiasme Foucault, on se moque et on doit se moquer de savoir pourquoi quelqu’un tombe au-dessous du niveau du jeu social ; qu’il soit drogué, qu’il soit chômeur volontaire, on s’en moque éperdument. » L’Etat se contente, « sans regarder plus loin, et par conséquent sans avoir à faire toutes ces investigations bureaucratiques, policières, inquisitoires, de lui accorder une subvention telle que le mécanisme par lequel on la lui accorde l’incite encore à repasser au niveau du seuil. (…) Mais s’il n’en a pas envie, ça n’a après tout aucune importance et il restera assisté ». En théorie du moins…
L’impôt négatif rompt également avec les politiques sociales mises en place après guerre en Europe en ce qu’il s’oppose à toute « redistribution générale des revenus, c’est-à-dire en gros tout ce qu’on pourrait placer sous le signe de la politique socialiste ». Si la social-démocratie vise la réduction de l’écart des revenus, le néolibéralisme limiterait la pauvreté absolue et ignore les inégalités. Un seuil partage la société entre pauvres et non-pauvres. Au-dessus, explique Foucault, « on va laisser jouer les mécanismes économiques du jeu, les mécanismes de la concurrence, les mécanismes de l’entreprise. (…) Chacun devra être pour lui-même ou pour sa famille une entreprise ». Sous le seuil, et à sa lisière, se trouve « une espèce de population flottante (…) qui constituera, pour une économie qui a justement renoncé à l’objectif du plein-emploi, une perpétuelle réserve de main-d’œuvre ».
Cet assistanat libéral, « beaucoup moins bureaucratique, beaucoup moins disciplinariste qu’un système centré sur le plein-emploi », présente l’aspect biface du revenu d’existence « de droite ». D’un côté, « on laisse aux gens la possibilité de travailler s’ils veulent » ; de l’autre, « on se donne la possibilité de ne pas les faire travailler, si on n’a pas intérêt à les faire travailler ».
Las, les idées libérales se lestent toujours de coercition lors de leur mise en œuvre. En France comme en Allemagne, l’Etat exige des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) et du régime Hartz IV qu’ils manifestent à chaque instant la bonne volonté des bons pauvres.
Pierre Rimbert
(1) Milton Friedman, Capitalisme et liberté (1962), Robert Laffont, Paris, 1971.
(2) Michel Foucault, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France, 1978-1979, Gallimard-Seuil, coll. «  Hautes Etudes  », Paris, 2004, dont sont issues les citations qui suivent.


(3) Lionel Stoléru, Vaincre la pauvreté dans les pays riches, Flammarion, Paris, 1974.

lundi 8 juillet 2013

Ca gaze pour la gazette...

Un numéro d'été, plein d'informations sur le passé, le présent et l'avenir du Thymerais...


dimanche 7 juillet 2013

L'utopie de Claude (suite)

Pas un substitut aux aides sociales,
mais un apport supplémentaire

A un an des élections nationales, l’annonce d’une refondation de la lutte contre la pauvreté, et du versement de l’argent des aides directement à l’immense population de citoyens pauvres, paraît séduisante. L’idée pourrait plaire également aux libéraux, puisque le gouvernement s’est engagé à ramener la facture de l’aide sociale à 2 points du produit intérieur brut (PIB), au lieu des 3,5 actuels (6). Mais la promesse a également été accueillie avec réserve : le ministre du pétrole et du gaz naturel a d’ores et déjà demandé un délai supplémentaire de trois mois pour la conversion des subventions de gaz en allocations (7). Le très libéral quotidien The Economic Times estime quant à lui que le programme ne sera pas opérationnel avant octobre (8).
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que la mise en œuvre de cash transfer par la SEWA, même si elle n’a rien à voir avec la politique gouvernementale, suscite des réactions de méfiance. Le projet a fait l’objet de rumeurs affirmant qu’il était le prélude à la suppression des aides publiques. « Pour nous, il ne s’agit pas  d’une substitution, mais d’un apport supplémentaire », précise Dewala.
L’économiste de l’étude, Guy Standing, professeur d’études du développement à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’université de Londres et cofondateur du Réseau mondial pour le revenu de base (Basic Income Earth Network, BIEN), défend cette idée depuis vingt-cinq ans. Au bureau du Conseil pour le développement social à New Delhi, où l’équipe du projet se réunit autour de l’évaluation finale, il a les yeux qui brillent : « L’idée redevient fréquentable. Devant l’émergence du secteur informel et la montée des inégalités, de l’insécurité économique, un revenu universel est un outil essentiel pour recréer de la sécurité sociale. » Selon lui, il y a deux conceptions possibles du revenu garanti : l’une libertarienne, qui en fait un outil en faveur de la liberté individuelle, et l’autre progressiste, qui le voit comme une sécurité sociale de base. « La gauche doit revoir sa vision de la société. Il faut penser à partir du précariat, et non plus du prolétariat. Et, pour cela, combiner un financement redistributif avec un renforcement des représentations des précaires. »
Un revenu universel en Inde est-il possible « L’attribuer à toute la population paraît inéquitable et dispendieux, avance l’économiste. Mais il n’y a aucune raison de penser que le gouvernement ne pourrait pas en récupérer le montant chez les individus qui ont un revenu supérieur, soit par l’impôt sur le revenu, soit par la taxation des produits et des services de luxe. » Mme Renana Jabhvala, directrice du bureau national de la SEWA, se montre plus réservée. Elle préfère le terme « inconditionnel » à celui d’« universel ». « Seuls 10 %des Indiens paient des impôts ; 50 % sont leur propre employeur ; moins de 20 % ont un emploi régulier. Rendre ce revenu universel paraît difficile. Mais l’Etat pourrait l’envisager pour la moitié de la population, celle qui en a vraiment besoin. »
Née en 1972 dans les manufactures de textile du Gujarat, la SEWA compte aujourd’hui un million sept cent mille adhérentes dans toute l’Inde. Elle gère cent douze entreprises coopératives, des dizaines de coopératives de crédit, des hôpitaux, des agences de services juridiques et une banque. Qu’est-ce qui a amené un syndicat de femmes à s’engager dans l’expérimentation du revenu minimum inconditionnel « Le débat a commencé il y a quatre ans. Les néolibéraux le défendaient pour faire des économies, et la gauche le critiquait parce qu’elle y voyait une attaque contre les aides publiques. Mais nous dirigeons une banque, nous gérons de l’argent ; nous savons que l’argent entre les mains des gens est quelque chose de puissant. »

samedi 6 juillet 2013

VOCABULAIRE

Juillet ne s’est jamais passé
Sans voir du blé nouveau sassé


Monsieur Jourdain s’extasiait sur la langue turque, qui dit tant de choses en si peu de mots. La langue scientifique n’est pas inférieure au turc sous ce rapport.
Ainsi, les physiologistes désignent par le seul mot d’otodactylomanes, les gens qui se nettoient l’oreille avec le petit doigt ; par le mot d’onyxophagomanes, ceux qui ont la mauvaise habitude de se ronger les ongles ; par le mot de kirskatoepsomanes, les jeunes gens qui tirent sans cesse leur ombre de moustache pour la faire pousser.
Après l’adoption de cet ingénieux vocabulaire et la redoutée réforme de l’orthographe phon, Voltaire pourrait sortir de sa tombe et chercher parmi les hommes la belle langue française ; il ne la reconnaîtrait pas.

6 - La Pastoral - The Pastoral symphony (1/3)

La photo de la semaine




Pour qui sont ces serpents???

S'ils vous font peur, allez vous réfugier chez AMARTIA


vendredi 5 juillet 2013

Réponse à un ami cher en passe de mal s'orienter

Ben oui... j’en pense que c’est le bordel pour çà et bien d’autres choses encore.
Il y a des salopards qui se font du blé en faisant miroiter la France comme Pays de Cocagne à de pauvres types qui n’ont plus rien à bouffer chez eux parce que leurs terres sont consacrées à faire pousser des trucs qui font des tourteaux pour nourrir notre bétail , pour qu’on bouffe trop de viande qui nous colle du cholestérol qu’on soigne avec des médicaments dont les effets secondaires collent la maladie d’Alzheimer qui......stop! j’en ferais trois pages.
J’ai vu en Tunisie, il y a trois ans, des arbres croulants sous les dattes et les oranges, auxquels les enfants ne pouvaient pas toucher; tout était pour l’exportation. Je participais à un stage en conditions de vie “locales” et comme je me plaignais de l’absence de fruits aux repas, on m’a répondu... conditions de vie locales, les gens ici ont pour dessert des danettes et donc nous aussi. 
Oui, ils émargent, mais nous , sommes nous blanc/bleu?
Et donc les immigrés, arrivés dans notre beau pays exigent, réclament ce que les marchands de rêve leur ont promis... Et comme depuis les guerres coloniales on a un grave sentiment de culpabilité on ne sait pas dire non...
Je suis lucide, tout le monde il est pas beau et gentil et n’oublie pas que ma ville la plus proche est Dreux où le problème est bien connu; sauf qu’avec le temps, çà ne s’aggrave pas; l’intégration se fait et les fruits et légumes nous font un beau marché , parce que “ces gens-là”... s’y connaissent. On ne peut pas en dire autant du marché bien franchouillard de Trouville.  Pas une pomme boufable en Normandie. On rêve!
Ce que je n’aime pas, ce sont les amalgames. Et puis, l’histoire des peuples est faite d’invasions, de colonisations; des groupes disparaissent, d’autres se forment et l’humanité progresse, un peu en dansant la samba, mais elle progresse.
Jean-Paul II a dit avant de mourir : “N’ayez pas peur!”... Pour ma part, je n’ai pas peur, je suis curieuse...




Menuhin and Elgar: 1 mvt Part 2/3

jeudi 4 juillet 2013

La Carmagnole

Il était bon Johnny , quand même du temps où il nous faisait danser la Carmagnole...
Et au fait, c'était quoi une carmagnole???
Eh bien, figurez-vous, une sorte de spencer à petit col et nombreux boutons porté au XVII° siècle à Marseille par des ouvriers piémontais, originaires de la ville de Carmagnola. C'est vêtus de cette petite veste italienne, que les fédérés marseillais montèrent à Paris en chantant la Marseillaise, composée à Strabourg, sous le nom de "Chant de l'Armée du Rhin".... vous suivez toujours????
Bon! Et la Carmagnole, la chanson, qui l'a composée? En principe, on ne sait pas. Cependant Claude Duneton, auteur (entre autres) d'un recueil de chansons, pense que Madame Roland qui haïssait Marie-Antoinette pourrait bien en avoir été l'auteure. "Madame Veto avait promis, de faire égorger tout Paris..." prétendait la révolutionnaire. La Reine n'a jamais eu cette intention; elle ne détestait pas les parisiens à ce point. Tout au plus les méprisait-elle... ce qui au fond, est pire. Car le Parisien, plein de condescendance envers le reste du monde, ne supporte pas le mépris à son endroit... La frivole autrichienne a payé bien cher cette erreur d'appréciation.
Quoiqu'il en soit, si Madame Roland avait bien écrit la chanson, il pouvait être dangereux pour elle de la faire savoir. La Terreur n'épargnait personne et d'ailleurs la précaution fut inutile, puisqu'elle-même fut guillotinée le 5 novembre 1793. Son mari qui l'aimait, de désespoir se donna la mort, si bien qu'il ne resta personne pour revendiquer les droits d'auteur... qui n'existaient pas encore de toute façon.
Quel qu'en soit l'auteur, il nous reste la chanson.

mercredi 3 juillet 2013

L'utopie de Claude (suite)

« La régularité permet
l’organisation, l’épargne, l’emprunt »

Donner de l’argent aux pauvres sans contrepartie ? Dewala rit : « L’idée en a fait sursauter plus d’un. On nous a dit que les hommes allaient le dépenser pour se soûler, les femmes pour acheter des bijoux et des saris. L’idée que les pauvres ne savent pas utiliser l’argent rationnellement est un préjugé de la classe moyenne. L’étude montre que, au contraire, un revenu régulier permet aux gens d’être responsables. Ils connaissent leurs priorités. Quand quelque chose est rare, on en mesure la valeur… De plus, dans les villages tribaux, ils distillent leur propre liqueur », ajoute-t-il avec un clin d’œil, avant de poursuivre : « L’avantage principal est celui de la régularité. La régularité permet l’organisation, l’épargne, l’emprunt. L’idée est qu’une petite somme génère énormément d’énergie dans le village. »
Quelques dizaines de kilomètres de route séparent Panthbadodiya de Malibadodiya, ainsi que dix ans de présence de la SEWA auprès des femmes. Ici, le syndicat leur apporte l’argent directement. Une vingtaine de femmes du groupe d’épargne se réunissent dans une ambiance rieuse, serrées dans un entrelacs de draperies à l’ombre d’un toit de tôle. Fait rarissime, au sein de ces groupes, toutes les castes et origines se côtoient. On discute des projets collectifs : construire un toit pour le temple, des toilettes publiques… « Allez, avouez, qui a acheté des bijoux avec l’argent ? », plaisante Dewala. L’une montre la machine à coudre qu’elle a pu acquérir après avoir épargné pendant douze mois. Une autre affirme fièrement qu’elle a presque fini de payer les traites de sa télévision ; une famille brandit la couverture à 300 roupies, de bien meilleure facture que la précédente, qu’elle a achetée pour l’hiver. Mangu, une jeune femme du village qui a rejoint la SEWA, raconte au milieu des éclats de rire le périple des femmes parties en tracteur soutenir une manifestation en ville contre la vie chère, bravant les remontrances des hommes et les menaces des policiers.
Rashmani fronce les sourcils, faisant ressortir le point rouge entre ses yeux incandescents : « Les femmes n’ont plus peur. Elles deviennent indépendantes, gèrent de l’argent, font des projets. Dans plusieurs villages, elles ont contraint le landlord à augmenter leur salaire. » Après avoir travaillé vingt ans dans une usine de fabrication de beedies (cigarettes), cette militante de la SEWA intervient dans près de trois cents villages. Certaines représentantes syndicales organisent dans leur district des communautés regroupant jusqu’à soixante-quinze mille ouvrières. « Nous voulons montrer que si un syndicat gère l’argent, il sera mieux distribué. Que quand on prend soin des gens, on peut réussir », dit-elle. Dewala renchérit : « Le point crucial que nous voulons démontrer, c’est que l’existence d’un corps de la société civile fait toute la différence. »
A l’origine du projet, il y a une réflexion sur l’échec des politiques publiques de lutte contre la pauvreté. La Commission du plan estime que seules 27 % des dépenses atteignent les personnes à bas revenus (5). Les travailleurs du secteur informel, qui constituent 90 % des actifs, restent privés de toute protection sociale. Le versement direct d’espèces permet d’éviter les nombreuses fuites et la corruption des intermédiaires. « L’idée du revenu inconditionnel vient de la faillite des programmes conditionnels. Dès qu’il y a condition, il y a érosion. Conditionnalité implique intermédiaire, qui implique pouvoir, qui implique corruption », explique Dewala. Selon la SEWA, dans le seul Etat du Madhya Pradesh, il existe pas moins de trois cent vingt et un programmes : distribution de terre, de nourriture, de gaz, de bourses scolaires ou de bicyclettes, travail contre rémunération, etc., en fonction de conditions strictes : sexe, caste, ethnie, âge, nombre d’enfants, activité. « Le “pur” pauvre, celui qui a faim et qui est malade, qui n’a pas de foyer, pas de télévision, etc., n’existe pas, martèle- t-il. Beaucoup de gens oscillent sur la ligne de pauvreté, et perdent leur droit à l’aide publique. » Un seul schéma, l’inconditionnalité, répondrait à ces innombrables difficultés.
Le projet a en tout cas éveillé l’intérêt des autorités. Devant ses résultats enthousiasmants, l’Etat du Madhya Pradesh a demandé à ce que la SEWA y intègre un village tribal isolé, et l’Unicef a accepté de le financer pendant six mois supplémentaires (de juin à décembre 2012), en augmentant l’allocation mensuelle à 300 roupies par adulte et 150 roupies par enfant. De son côté, le gouvernement fédéral de M. Manmohan Singh a créé la surprise en annonçant en novembre 2012 une refondation de l’aide aux familles pauvres, baptisée India’s Cash Transfer for the Poors. Dès le 1er janvier 2013, vingt-neuf programmes ont été convertis en argent versé sur des comptes bancaires, d’abord dans vingt districts répartis dans seize Etats. A partir de juin, ce sera dans l’ensemble du pays. Un tournant inspiré par le succès du programme Bolsa Família (« Bourse familiale ») au Brésil, qui a permis de sortir douze millions de familles de la pauvreté, et fortement contribué au développement du pays… ainsi qu’à la réélection en 2006 du président Luiz Inácio Lula da Silva.

mardi 2 juillet 2013

Le 14 juillet

Rosée de Saint-Savin
Est dit-on rosée de vin




La date du 14 juillet évoque immanquablement la prise de la Bastille, la Révolution, les feux d’artifices et les bals populaires qui célèbrent l’événement. Il y eut pourtant au fil des ans d’autres faits marquants que cet anniversaire a totalement éclipsés.
Embarquons nous dans la machine à remonter le temps, le pointeur dirigé sur l’année1223 :
Par ce beau jour d’été, Philippe Auguste, rendait à Dieu une âme douteuse et le même jour lui succédait son fils Louis, VIII° du nom.
Remontons dans la machine et pointons sur 1602 : le 14 juillet on donnait à un bébé un prénom impérial : Jules. Il deviendra cardinal : le cardinal Mazarin, parrain et ministre du Roi Soleil.
On voyageait beaucoup en ce siècle ; pas dans le temps mais par mer et par terre. C’est en 1609, un 14 juillet que Samuel Champlain découvre le lac qui porte son nom.
Avançons, avançons…le 14 juillet 1855, vient au monde un autre libérateur des opprimées : Frederick Louis Maylay, inventeur entre autre, de la machine à laver le linge.
En 1867, Alfred Nobel crut-il tirer un feu d’artifice en expérimentant la dynamite ?
L’année suivante Alvin J.Fellows enroula sur bobine le mètre ruban.
Et nous voici au XX° siècle, celui du cinéma. Le 14 juillet 1910 nous offre William Hanna qui créa Tom et Jerry. Huit années plus tard, vint au monde Ingmar Bergman pour nous faire souvenir que la vie n’est pas qu’une rigolade.
En 1938, Alfred Hitchcock arrive à Hollywood pour y tourner Rebecca.
Et pour faire oublier la guillotine, sinistre invention qui entache la mémoire de ce jour de fête, c’est un 14 juillet 1976 que choisit le Canada pour abolir la peine de mort.

Woody Guthrie tribute - House of the rising sun

lundi 1 juillet 2013

Le Chat S'Mouche

Quand on arrive chez le vétérinaire, portant précieusement un chaton qu'on connaît à peine (c'est pareil pour un chiot), l'homme de la science animale vous intime de lui donner un nom sinon ce sera désordre dans les fiches. Il a raison, au fond...alors on donne un nom qui pour diverses raisons vouspasse par la tête à ce moment là; mais est-ce bien le Nom du Chat?
Ainsi notre jeune minet fut baptisé Merlin en toute urgence et sans réflexion préalable. Un nom qui convenait assez à son caractère angélique ou malfaisant au gré des heures. Un nom auquel il n'a jamais répondu autrement que par l'envie qu'il a de se montrer ou non..
Au fil des recherches plus ou moins angoissées il a fini par s'appeler Minou, puis Timinou , puis - il est grand maintenant- Monsieur Timinou.
Au fond, pourquoi un nom serait-il définitif? Les Amérindiens des plaines le savent bien dont le nom évolue avec la vie et les incidents qui l'émaillent.
Or, ce jour même Merlin devenu Timinou, puis Monsieur Timinou, a reçu en partage un nom qui lui convient parfaitement (et auquel il répond) : Monsieur S'Mouche!
Nous aurions pu y penser plus tôt tant il montre d'habileté pour la chasse.... aux mouches...

PS - Monsieur S'Mouche est encore en possession de tous attributs qui lui permettent de s'appeler légitimement "Monsieur". S'il avait l'heur de plaire à une jolie demoiselle minette, qu'elle se fasse connaître tant qu'il en est encore temps...
Plus sérieusement, tant qu' il ne vadrouille pas , qu'il ne nous "parfume" pas... les choses peuvent rester en l'état...