lundi 26 novembre 2012

Genèse


Le premier jour, Dieu dit: "Que la lumière soit." Et la lumière fut.

Le deuxième jour, Dieu créa le ciel et les étoiles, et les planètes.

Le troisième jour, Dieu créa Line Renaud, ce qui nous explique, avec le recul, qu'elle soit moins fraîche aujourd'hui.

Le quatrième jour, Dieu dit, "Que la Terre soit." Et la Terre fut, avec ses ruisseaux pleins de gaieté, les arbres pleins d'oiseaux et ses animaux pleins de poils.

Alors vint le cinquième jour, et Dieu créa la mer profonde et insondable aux multiples rivages et aux abysses infinis où, tandis que le requin chasse, le mérou pète.

Le sixième jour enfin, Dieu contempla son oeuvre et se dit soudain que toute cette splendeur ne servirait à rien s'il n'y mettait un être supérieur qui pourrait dominer ce trésor inépuisable. Alors Dieu dit:"Que l"homme soit", et le con fut.

Le septième jour, Dieu se reposa, car c'était son jour, et parce qu'il avait fait tout seul les trois-huit. Il était très satisfait de son oeuvre et contemplait l'homme qu'il avait crée à son image.

Et Dieu dit encore:" Tu t'appelleras Adam, tu me rendras grâce et louanges car c'est moi le patron, et tu vivras en paix dans l'Eden que j'ai crée pour toi, parmi les fleurs étranges aux mille senteurs inconnues et dans la douceur incroyable d'un été sans fin. Va et sois heureux, Adam. Le lion royal et l'humble chèvre sont tes amis, ton Dieu veille sur toi et les petits déjeuners sont servis dans la chambre jusqu'à neuf heures trente.

"Merci, mon Dieu, de me combler ainsi, dit Adam. Merci pour les fleurs, et pour le lion royal. Et merci pour l'humble chèvre. Dommage quand même qu'il n'y ait pas de gonzesse!" Alors Dieu, du haut de son infinie miséricorde, entendit l'ultime voeu de sa créature qui l'implorait à genoux, infiniment vulnérable et attendrissante avec sa petite âme mesquine et ridicule, dans ce corps tout nu, anarchiquement velu, le tout bourré d'angoisses existentielles insolubles:"Qui suis-je? Où suis-je? Où vais-je? Quand est-ce que c'est Noël?"

Alors Dieu dit:" Que la femme soit!" Et la femme jaillit de la côte d'Adam, splendide et nue, et les anges s'exstasièrent car c'était la première fois qu'on voyait une femme à poil sur la côte.

Puis Dieu dit à la femme: "Allez en paix tous les deux dans mon paradis, chantez, dansez, embrassez qui vous voudrez, mais surtout, surtout, j'insiste, ne touchez jamais au fruit défendu, il est traité au diphényl-tétra-chlorobenzène."

De ce jour, Adam et Eve connurent un bonheur exquis. Ils ne connaissaient pas le froid, ni la faim, ni la peur, ni la maladie, ni Julio Iglésias!

De l'aube au couchant, ils passaient leur temps à courir au ralenti dans les champs de coquelicots comme dans les films de Claude Sautet.

Mais l'ignoble, l'immonde, le chafouin, le répugnant, l'infâme, la bête, le monstre, Satan, Méphisto, Belzébuth, le Malin, le Diable veillait. Il était laid comme un concerto de Schönberg. Habilement grimé en vipère commune, il se cacha dans l'arbre aux fruits défendus. Quand Eve passa sous l'arbre, il laissa glisser son corps glacé, autour du cou diaphane de la pulpeuse jeune femme dont les seins lourds auraient joué librement sous le léger corsage de soie, si elle avit porté un léger corsage de soie.

"Femme, dit le diable, prends ce fruit superbe et gorgé de mille sucs divins de l'éternel paradis."

"Miam, miam, dit Eve en croquant dans la golden maudite. C'est tellement bon que c'est presque un péché."

Et elle en fit croquer un morceau à son concubin.

Alors la colère de Dieu fut terrible. Et c'est depuis ce jour là que l'homme, à jamais chassé de l'Eden, doit racheter sa faute par le travail. Dieu est peut-être éternel, mais pas autant que la connerie humaine.


Pierre DESPROGES

dimanche 25 novembre 2012

Le viol en question...

Qui peut se prévaloir de n'avoir jamais été violé? J'ai longtemps cru avoir cette chance. 

Ce qui revient le plus souvent quand on parle du viol, c'est la honte et la culpabilité qu'éprouvent les victimes, qui mettent un temps fou à se libérer de la peur, de la souillure, bref du choc de l'agression.
Le viol est parfaitement défini par la loi, mais un truc bien crade, bien dégeueu, tellement sale qu'on n' ose pas le raconter et qui n'entre pas dans cette définition, qu'est-ce que c'est?
Je n'ai jamais été violée au sens où la loi l'entend; cependant, il y a bien longtemps,il m'est arrivé une chose dont je n'ai pu parler que des années après et il faut cette campagne anti-viol pour que je me résolve à l'écrire. Espérons que ce mouvement aidera à faire crever d'autres abcès.
J'habitais dans ces années-là Boulogne Billancourt, au pont de Sèvres, terminus de la ligne N°9 du métro. Une rame sur deux seulement allait jusque-là; l'autre s'arrêtait à la porte de Saint-Cloud. Et dans cette rame qui allait jusqu'au bout, la plupart des voyageurs descendaient à Marcel Sembat, deux stations avant. Si bien que le wagon était la plupart du temps désert en arrivant au terminus. Déjà , on avait supprimé l'employé qui, en tête de rame, surveillait le convoi et la bonne fermeture des portes. Le conducteur, dans sa cabine était de dos.
Et donc ce soir-là, je dis ce soir mais il ne devait guère être plus de 20h, puisque je quittais mon job vers la Concorde autour de 19h. J'avais quinze ans et je portais un foulard. C'était la mode alors de recouvrir nos hauts chignons bouclés d'un carré de soie ou de mousseline noué sous le menton; le mien était bleu marine.
Je me trouvais dans le wagon de tête, au plus près de la cabine du conducteur et je tournais le dos aux autres voyageurs. Plongée dans la lecture d'un magazine, je ne prêtais aucune attention aux mouvements qui accompagnaient chaque arrêt. Je ne suis pas d'un naturel craintif et j'étais habituée à ces voitures à peu près désertes; de plus, comme je l'ai dit, il n'était pas vraiment tard. Et il aurait peut-être mieux valut que ce fut plus tard: les usines Renault fonctionnaient encore au Pont de Sèvres et aux heures de changement d'équipe, il y avait du monde dans le métro. 
On approchait du terminus et au moment où sortant du tunnel, la rame allait s'arrêter, deux mains se sont posées sur mon visage, me barbouillant d'une substance visqueuse à l'odeur inconnue pour moi. Pourtant, élevée dans des ateliers de femmes aux propos décomplexés, je n'étais plus assez innocente pour ignorer ce qui  venait de m'arriver. Je n'ai pas vu qui m'avait fait çà; les portes se sont ouvertes, quelques silhouettes marchaient à vive allure sur le quai. Je n'ai pas crié, je n'ai pas songé à me plaindre. J'ai arraché mon foulard, lui aussi maculé, avec un coin sec je me suis essuyée et j'ai jeté mon beau carré de soie dans la poubelle du quai. Puis je suis rentrée chez moi, pour me précipiter à la salle de bain. Là je me suis récuré la face avec l'éponge à gratter de la baignoire.
Ma mère est rentrée peu après, nous avons dîné en nous racontant nos journées; j'ai omis mon retour en métro.... et la vie a repris.

vendredi 23 novembre 2012

NOZZE DI FIGARO - MOZART - Voi Che Sapete

Hiver

Hiver, vous n'êtes qu'un vilain;
Eté est plaisant et gentil,
En témoin de mai et d'avril
Qui l'accompagnent soir et main.

Eté revêt champs , bois et fleurs
De sa livrée de verdure
Et de maintes autres couleurs,
Par l'ordonnance de nature.

Mais vous, hiver, trop êtes plein
De neige, vent, pluie et grésil:
On vous dût bannir en exil.
Sans point flatter, je parle plain
Hiver, vous n'êtes qu'un vilain.

Charles d'ORLEANS


samedi 17 novembre 2012

jeudi 15 novembre 2012

La Valse Brune : Juliette Gréco.

Claude Nougaro l'ecran noir de mes nuits blanches

Auto promo exceptionnelle


Le deuxième tome est sorti.


Et en prime un quizz: dans cette joyeuse bande de "raconteurs" où est votre 
chroniqueuse?
Ceux qui savent laissent les autres chercher...


photo   Eric  BLAISE

dimanche 11 novembre 2012

Les amis de Claude


La fille de notre amie chinoise Rose, s'appelle Moyang, elle a 6 ans et habite Genève ou elle va à l'école.
Sa langue maternelle est le chinois bien sur, mais elle parle maintenant le français beaucoup mieux que ses parents, et aussi l'anglais.

Après avoir lu à l'école un poème de Robert Desnos, elle a écrit le poème ci-dessous :



Les My little poneys étranges

Une belle licorne sans crinière,
Avec une queue plus grande que la terre.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.


Un poney qui a des ailes,
Voyage dans l’espace sans croire à elle.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.


Un poney qui cueille des pommes,
Et sa voix ressemble à un homme.
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.


Eh … Pourquoi pas ?

Elle a .... 6 ans !
Ils sont fous ces chinois !

Claude

samedi 10 novembre 2012

Crépuscule des Dieux dans le ciel de Beauce



D'autres cieux et d'autres images chez: enitram-cheminfaisant.blogspot.com

et aussi http://mesinstantanes.blogspot.gr/w&

Encore des cochonneries!!!



Eh bien bande d'ignares, vers Pierre Desproges bien sur !

Notre pensée du jour va à lui.

Pierre Desproges, issu d'une famille de commerçants de Châlus, était un mauvais élève à l'école.
Il passe une partie de son enfance à Luang Prabang (Laos), où son père enseigne le français avant de devenir professeur à Paris.
Après une scolarité et un baccalauréat sans grand relief, en 1959, il part pour vingt-huit mois en Algérie, où il doit accomplir son service militaire, période dont il garde un souvenir exécrable.
Ne sachant trop que faire pour gagner sa vie, il entreprend des études de kinésithérapie qu'il abandonne assez vite, écrit des photo-romans qu'il confectionne avec ses amis et qui sont publiés, vend des assurances-vie (qu'il rebaptise assurances-mort) puis des poutres en polystyrène expansé.


Même si vous n’êtes pas passionnés par le polystyrène expansé, vous avez quand même le droit de passer 8 minutes avec Pierre Desproges en visionnant une vidéo au titre alléchant :

Pierre Desproges : 350 cochons et moi


Voir :

http://www.youtube.com/watch?v=avI1mPFbyMk&list=PL14B8A4D22B3331B0&index=7&feature=plcp


Claude

jeudi 8 novembre 2012

Beauté chiffrée

On a de tout temps attribué à certains nombres un sens symbolique. Tout le monde sait quelle importance les anciens attribuaient au chiffre 3 et à ses multiples; le chiffre 13 a également de nos jours une signification particulière.
Le nombre 4 aurait dans l'esthétique féminine une importance particulière. En effet, un dicton arabe veut, pour qu'une femme soit belle, qu'elle ait quatre choses noires: les cheveux, les sourcils, les cils et les prunelles; quatre blanches: la peau, le blanc des yeux, les dents et les mains; quatre rouges: la langue, les lèvres, les gencives et les joues; quatre longues: le dos, les bras, les doigts, les jambes; quatre rondes: la tête, le cou, le coude et le poignet; quatre minces: le nez, les lèvres, les sourcils et les doigts.
NOS LOISIRS 2 septembre 1906

lundi 5 novembre 2012

Sandy



Un témoignage en direct de New-York, qui vient juste de me parvenir:



Chers amis, J'etais sans l'electicite pendant 5 jours. Comme tu sais Pomme mon immeuble est juste au coeur de la tempete. Les rues etaients les fleuves. Mais tout est OK. Ne crois rien qu'on dit a la tele.......... le gouvernement a aide tout le monde.....riche ou pauvre....vraiment .. je suis etonne combien on a fait tout effort pour aider tout le monde. Ce n'etait pas comme la Nouvelle Orleans. Pomme, tu sais que je suis au 18 eme etage. J'ai mon telephone cell mais j'ai du descendre et remonter les 18 etages chaque jour pendant le blackout pour le charger.C'est vraiment etonnant comment tout le monde a NY est coopertive. Je n'ai rien a me plaindre. Comment savoir qu'un telle catastrophe pourrait arriver. Mais maintenant on attend l'election. Je vous embrasse tres fort....tenez-moi au courant de ce que les francais disent... Janet




Gérard Pierron et Marc Robine - Les mangeux d'terre

"Gaston Couté, Poète et chansonnier Beauceron" de Michel LESIEUR



La soirée du jeudi 8 novembre à 20h à Pontgouin dans le cadre des animations de "La Gazette" 


C'est donc jeudi prochain; soulevons un bout du rideau avec "La Julie jolie"chanté en août 1983 par Jacques Florencie.
Ne cherchez pas sur YouTube, car hélas les enregistrements de Jacques Florencie dit "Flo" n'y figurent pas (encore).
Claude
(Mais en attendant, je vais vous en trouver d'autres .La chroniqueuse)

LA JULIE JOLIE

A la loué' de la Saint Jean
Un fermier qui s' râtlait des rentes
Dans l' champ d' misér' des pauvres gens
Alla s'enquéri' d'eun' servante.
Après avoir hoché longtemps,
Pour quatr' pair's de sabiots par an
Avec la croûte et pis l' log'ment,
I' fit embauch' de la Julie...
La Julie était si jolie !

L'empléya, sans un brin de r'pos
Du fin matin à la nuit grande,
A m'ner pâturer les bestiaux
Dans l'herbe peineus' de la lande;
Mais un soir qu'il 'tait tout joyeux
D'avoir liché queuqu's coups d'vin vieux
l' s' sentit d'venir amoureux
Et sauta dans l' lit d' la Julie...
La Julie était si jolie !

D'pis c'jour-là, d'venu fou d'amour
I' t'y paya des amusettes,
Des affutiaux qu' l'orfév' du bourg
Vous compt' toujou's les yeux d' la tête;
Pis, vendit brémaill's et genêts,
Vendit sa lande et son troupet
A seul' fin d' se fair' des jaunets
Pour mett' dans l' bas blanc d' la Julie...
La Julie était si jolie !

Si ben qu'un coup qu'il eut pus ren
Ayant donné jusqu'à sa ferme,
A l' mit dehors, aux vents du ch'min,
Comme un gâs qui pai' pus son terme ;
Mais c' jour-là, c'était la Saint Jean :
Pour quat' pair's de sabiots par an
Avec la croûte et pis l' log'ment,
I' s'embaucha cheu la Julie...
La Julie était si jolie !

Affutiaux = objets de parure sans valeur
Brémaill's = Broussailles, bruyères emmêlées.
Cheu = chez
Hocher = hésiter, perdre du temps.
Jaunets = pièce jaune, pièce d'or, louis d'or.
Licher = Pour lécher, boire, avaler.
Louée = Foire réservée à l'embauchage des ouvriers agricoles (louée de la Saint-Jean : embauchage pour 4 mois ; louée de la Toussaint : embauchage pour 8 mois).
Râtl'er = amasser, ratisser.
Troupet = troupeau

L'AUMONE DE LA BONNE FILLE
De Gaston Couté

Un jour, un pauv'er trimardeux

Qu'allait l'vent'vid', qu'allait l'vent'creux
En traînant son bâton de houx,

Un jour, un pauv'er trimardeux

S'en vint à passer par cheu nous !


Alla balancer le pied d'biche

De Monsieu l'maire à son château

Et fit demande aux gens du riche

D'un bout d'pain et d'un gob'let d'ieau ;

Mais les domestiqu's, qui se moquent

Des vent's en pein', des gens en loques,

Li dir'nt : " Va t'en chercher ailleurs !

Ici on n'dounn' qu'aux électeurs"


Un jour, un pauv'er trimardeux

Qu'allait l'vent'vid', qu'allait l'vent'creux

En traînant son bâton de houx,

Un jour, un pauv'er trimardeux

S'en vint à passer par cheu nous...


Alla cougner au presbytère

Dans l'espoir que l'on y dounn'rait

Queuqu's sous de d'ssus l'tronc d'la misère ;

Mais l'curé, qu'était'cor guill'ret,

Confessait eune pêcheresse

Qu'avait moins d'pêchés que d'joliesse ;

Et l'pauv' peineux eut bieau gémir,

Parsounn, s'am'na pour li'ouvrir !


Alors, s'assit en cont'e eun'borne,

Tout en r'gardant les p'tits moignieaux

Picoter su' la grand' rout' morne

Dans l'crottin tout frais chié des ch'vaux,

Quand qu'eun' sarvant' qui m'nait à paître

Le bieau troupet d'vach's à son maître,

Passa tout prés d'où qu'était l'gas

Et li causa tout bas, tout bas.

Dans les foins hauts, les foins qui grisent,

A s'laissa faire ; et l'pauv' glouton

S'mit à boulotter les cerises

De sa bouche et d'ses deux têtons,

Lampa coumm' du vin chaud l'ivresse

De ses bécots et d'ses caresses ;

Pis, quand qu'i' fut ben saoul, ben las,

I' s'endormit ent' ses deux bras.


Un jour, un pauv'er trimardeux

Qu'allait l'vent'vid', qu'allait l'vent'creux

En traînant son bâton de houx,

Un jour, un pauv'er trimardeux

S'en vint à passer par cheu nous...


samedi 3 novembre 2012

La photo de la semaine

Kaamelott sur la côte Normande...

Encore plus d'images chez .Enitram - chemin faisant

et aussi
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