dimanche 29 juillet 2012

vendredi 20 juillet 2012

Lire et relire

Les gens n'aiment pas jeter les livres; ils veulent pourtant s'en débarrasser. Alors, comme le chien qu'on mène à un refuge pour qu'il ne trouble pas le bon déroulement des vacances, on porte un carton de lives à la Bibliothèque Municipale. Mais la (le) bibliothécaire, avant de proposer un titre à ses lecteurs, doit respecter certains critères et il est bien rare que les abandonnés des cartons les remplissent.
Alors, la mort dans une âme qui doit faire fi de ses états fait un tri ; elle ne trie pas d'ailleurs, elle "désherbe". Il arrive alors qu'elle accueille dans ses rayons perso certains volumes pour lesquels elle espère trouver des parents d'adoption. Ce qui se produit parfois.
N'espérons rien des bouquinistes, eux-mêmes bien encombrés de dons du même genre, et d'ailleurs, eussiez-vous récupéré un diamant brut qu'ils lui trouveraient toujours un crapaud; c'est leur métier!
Il y avait donc près de mon lit, et depuis plusieurs mois, un gros livre rouge dont l'estampille indiquait qu'il avait été livre de prix.
Un prix modeste, pas un de ces beaux volumes dorés sur tranche, à la couverture ornée de motifs en relief... C'était un prix sans doute de consolation, genre prix de Bonne Camaraderie, de ceux qu'on donne au gentil cancre pas totalement irrécupérable. Celui que parfois son rêve abandonne au milieu d'un propos qui, par hasard, le concerne et qui lâche le commentaire pertinent que le maître attendait d'un tout autre que lui.
Il avait eu un prix, le gentil cancre, le doux rêveur qui, contre toute vraisemblance, avait obtenu une moyenne lui permettant de ne pas redoubler. Un livre qui ne l'avait guère plus passionné que les leçons du maître qui le lui avait décerné: seules les dix premières pages avaient été coupées. Ah! le plaisir devenu sirare du coupe-papier fendant les pages!
Mais je vois lecteurs et trices que vous commencez à frapper un doigt impatient conte votre bureau. Ce livre n'était pas jeune; on ne distribue plus de cette sorte de livre de prix. Il avait du voir le jour au début du siècle dernier si ce n'est à la fin du précédent.
L'auteur? Edmond About
Le titre? L'Homme à l'Oreille cassée.
Je m'attendais à une de ces lectures édifiantes et soporifiques dont les auteurs de ce temps avaient le secret. Mais non, figurez-vous! Il s'agit de l'histoire invraisemblable et rocambolesque d'un colonel d'Empire endormi par le froid quelque part au nord de l'Europe et qu'un savant allemand conserve par dessiccation. La momie est achetée par un jeune ingénieur français venu faire fortune dans les mines de l'Oural; il la rapporte en France et l'offre à sa fiancée. En déballant le colis, on casse un morceau de l'oreille du colonel devenue friable. Le cas passionne des savants qui entreprennent de le réhydrater. L'opération réussit et le fougueux militaire se réveille quarante-six ans après sa mise en sommeil.
Et là, la verve de l'auteur se déploie pour nous décrire les imbroglios provoqués par le décalage entre l'âge réel du ressuscité et les vingt-six ans qu'il avait au moment de sa perte de conscience. 
Bien évidemment, Edmond About est un écrivain de son temps et il ne nous épargne pas des opinions qui ne sont plus toujours les nôtres, mais sa verve et son humour les font oublier.
Le destin du vermicelle, propulsé surun gilet brodé par l'intempestive chute d'un bol de bouillon est un vrai morceau d'anthologie.

jeudi 19 juillet 2012

lundi 16 juillet 2012

Lire et Relire

Montségur! Un nom qui fait rêver... et l'on médite encore au pied du nid d'aigle inséré dans le paysage austère du pays cathare... On songe à la peine qu'il va falloir endurer au long du sentier juste bon pour les chèvres qui escalade la butte du haut de laquelle nous contemplent les ruines de la tragique forteresse, survolée ce jour-là par un hélicoptère.
Après avoir appris que la mission du volatile était d'évacuer un visiteur qui venait de perdre un combat inégal contre les pierres du raidillon et ne pouvait plus redescendre sur ses deux jambes; après avoir renoncé au délicieux imprévu d'un éventuel baptême d'hélicoptère et pris en considération une cheville droite encore mal remise d'une glissade sur un talus haut de 50 cm, j'ai renoncé à l'escalade.
Dans la lumière dorée du mois d'août finissant, je suis restée au pied de Montségur avec deux compagnons. L'un d'eux , un magistral conteur né dans cette austère parcelle du Languedoc, tandis que le reste de la troupe peinait sous le soleil et dans les cailloux, nous a raconté l'histoire, à l'ombre d'un bosquet. Une de ces parenthèses magiques en forme de cadeau qui s'insère parfois dans la vie; pour ne pas l'oublier, j'ai voulu tout savoir sur Montségur.

Zoé OLDENBOURG, part de la  croisade contre l'hérésie cathare prêchée en 1209 par le pape Urbain III. Elle nous raconte comment le roi de France et le pape, assistés de la sinistre Inquisition, eurent raison de la civilisation Occitane. 
Car dans cette guerre, bien plus que d'avoir raison d'une poignée d'illuminés guère dangereux, il s'agissait d'annexer à la Couronne un Languedoc dont la richesse et la puissance rivalisaient avec un royaume de France à la suprématie encore mal assurée.

"Le Bûcher de Montségur" (Folio Histoire), n'est pas un roman; c'est un ouvrage historique à la documentation aussi rigoureuse que l'écriture en est claire. Un peu ardu parfois... peut-être... autant que le chemin qui mène à la vieille forteresse et en tout cas, moins périlleux.

jeudi 12 juillet 2012

Claude veut se reposer en paix



L'EUTHANASIE

Un soir, assis dans le salon, ma mère et moi parlions de choses et d’autres puis nous abordâmes le thème de la vie et de la mort.

Je lui dis alors :
« Maman ne me laisse jamais vivre dans un état végétatif où l'on dépend de machines et de bouteilles. Si tu me vois dans cet état, débranche toutes les machines qui me maintiennent en vie artificiellement car JE PRÉFÈRE MOURIR !!! »

Après m’avoir lancé un regard admiratif, ma mère se leva alors et consciencieusement débrancha :
la télévision, le lecteur de DVD , le câble d'Internet, l'ordinateur, le MP3/4, la Play-2, la PSP, la WII, le téléphone fixe, elle prit aussi mon mobile, mon Ipod, mon Blackberry et jeta toutes mes bières. 

J’ÉTAIS  MORT !!!

Monnaie de singe



Une fois dans un village, un homme apparut et annonça aux villageois qu'il achèterait des singes pour 10 $ chacun.
Les villageois, sachant qu'il y avait des singes dans la région, partirent dans la forêt et commencèrent à attraper les singes. L'homme en acheta des centaines à 10$ pièce et comme la population de singes diminuait, les villageois arrêtèrent leurs efforts.
Alors, l'homme annonça qu'il achetait désormais les singes à 15$.
Les villageois recommencèrent à chasser les singes. Mais bientôt le stock s'épuisa et les habitants du village retournèrent à leurs occupations.
L'offre monta à 20$ et la population de singes devient si petite qu'il devint rare de voir un singe, encore moins en attraper un.
L'homme annonça alors qu'il achèterait les singes 50$ chacun. 
Cependant, comme il devait aller en ville pour affaires, son assistant s'occuperait des achats.
L'homme étant parti, son assistant rassembla les villageois et leur dit :
« Regardez ces cages avec tous ces singes que l'homme vous a achetés. Je vous les vends 35$ pièce et lorsqu'il reviendra, vous pourrez lui vendre à 50$. »
Les villageois réunirent tout l'argent qu'ils avaient, certains vendirent tout ce qu'ils possédaient, et achetèrent tous les singes.
La nuit venue, l'assistant disparut. On ne le revit jamais, ni lui ni son patron.  Les deux compères avaient disparu.
Il ne restait que des singes qui couraient dans tous les sens... 

Bienvenue dans le monde de la bourse

mercredi 4 juillet 2012

Loué soit Claude !!!!

Un voyageur



Ma mère avait alors une vingtaine d’années; tant par ambition que pour fuir l’ambiance délétère d’une ville de province au sortir de l’occupation, elle était « montée » à Paris pour exercer son métier : modiste.
Très vite, elle a trouvé le local idéal , au premier étage sur cour d’un immeuble hausmanien, d’une rue paisible du 9° arrondissement, juste à la lisière du 8°. Un emplacement parfait à mi-chemin de ses fournisseurs tous groupés non loin de l’Opéra, et du quartier de la Haute-Couture, (Montaigne , Champs-Elysées) où s’habillait la clientèle espérée, qu’elle a d’ailleurs obtenue.
Mais dans sa grande innocence, elle n’avait pas compris pourquoi tant de facilité. Cette rue si paisible, était,  est toujours bien connue pour des raisons qui n’ont rien avoir avec le commerce de luxe… enfin si…. Mais un autre genre de commerce.  Le bas de la rue Godot de Mauroy était une rue parisienne ordinaire, avec sa charcutière, sa droguiste, son bougnat, son cordonnier , etc…
En revanche, le haut de la rue ne s’animait qu’à la tombée du jour ;il est vrai que dans l’après-midi un autre commerce se remarquait moins. C’est ainsi que vers ma dixième année, je circulais accompagnée de mon petit frère,  entre l’école, le square et la promenade du chien sous l’œil attendri autant que vigilant de ces dames et de leurs julots. Rien, vraiment rien de fâcheux n’aurait pu nous arriver….mais il faut en venir au voyageur.
Dans la moitié convenable de la rue, il y avait une librairie. Une librairie d’art à la façade ornée de boiseries  sculptées très « Modern Style ».
Tous les commerçants de la rue déjeunaient, dînaient, chez Mr Marius le bougnat. C’était une sorte de famille et des liens solides se nouaient ; ainsi entre ma mère et madame Corniaud la libraire.
Cette dame, amoureuse de littérature et de belle édition avait racheté un fond de commerce  précédemment consacré à un tout autre genre de lectures. Il lui en était resté quelques caisses de livres laissées par les anciens propriétaires qu’elle avait enfouies dans la cave dans l’idée de les y oublier si personne ne les réclamait.
Or, l’ancienne librairie avant une clientèle que Madame Corniaud décourageait, mais un jour un client insista plus que les autres et pour s’en débarrasser, la libraire descendit à la cave. C’était avait dit le monsieur, genre notable de province, « un livre, vous savez, pour lire dans le train, pour le soir, à l’hôtel… ».
Madame Corniaud, sans trop regarder, mit la main dans une caisse, en sortit un livre qu’elle couvrit soigneusement d’une couverture décente fournie par un grand éditeur, elle emballa le tout dans un papier anonyme, ficela soigneusement et le tendit au monsieur en lui recommandant de ne pas lui faire de publicité et de ne revenir que pour des livres d’art…
Le soir, chez Marius, elle raconta l’aventure à ma mère qui, curieuse, lui demanda ce qu’elle avait vendu.. « Oh ! je n’ai même pas regardé, dit vertueusement la libraire »
Et puis , et puis, la curiosité n’est-ce pas… toujours est-il que les deux dames honnêtes redescendirent à la cave pour savoir ce que le monsieur pouvait bien lire dans la train.
Dans la caisse, il n’y avait qu’un seul titre : « A Cheval ma Mie »…  et voilà les deux complices de pouffer en imaginant le voyageur congestionné à la lecture d’exploits équestres  d’un genre particulier.
Et de feuilleter l’ouvrage, pour découvrir….  un très sérieux  traité d’équitation !