mardi 26 juin 2012


"Le plus important, c'est Dieu - qu'il existe ou qu'il n'existe pas"
  ANONYME

lundi 25 juin 2012

L'âme des poètes


J'aime le coeur de m'amie,

Sa bonté et sa douceur.
Je l'aime sans infamie,
Et comme un frère la soeur.
Amitié démesurée
N'est jamais bien assurée,
Et met les coeurs en tourment:
Je veux aimer autrement.

Ma mignonne débonnaire,
Ceux qui font tant de clamours,
Ne veulent qu'à eux complaire
Plus qu'à leurs belles amours.
Laissons-les en leur folie,
Et en leur mélancolie.
Leur amitié cessera,
Sans fin la nôtre sera.

Clément MAROT

jeudi 21 juin 2012

samedi 16 juin 2012

Le Bourreur de pipes du Roi


On ignore généralement qu'il existe à la cour d'Angleterre une fonction extraordinaire: celle de bourreur des pipes de Sa Majesté impériale et royale.
L'origine de cette institution remonte à CharlesII. ce prince avait contracté l'habitude de fumer la pipe. Mais les pipes de cette époque étaient grossières, incommodes et mal façonnées; une attention très soutenue était indispensable pour les bien remplir. Un page fut donc appointé spécialement pour cet office. Il lui fut alloué un traitement annuel de 100 livres, soit 2500fr (1907).
Dans un moment de générosité, CharlesII, par un décret en règle, fit un fonctionnaire de l'Etat du préposé à l'entretien de son attirail de fumeur. L'emploi fut héréditaire jusqu'en 176 dans la famille des ducs de Grafton. Il passa ensuite à un négociant nommé Harrisson, qui le transmit à ses descendants. jamais fonction ne fut plus réellement une sinécure que sous la feue reine Victoria.
Cependant les descendants de Harrisson ont conservé, de nos jours, le privillège que leur confère leur qualité de bourreur, de pouvoir se présenter devant le souverain à toute heure de la journée.

NOS LOISIRS - 12 mai 1907

vendredi 15 juin 2012

Une nuit de printemps


LA MUSE-
Poète, prends ton luth et me donne un baiser;
La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore.
La printemps naît ce soir; les vents vont s'embraser;
Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.

LE POETE
Comme il fait noir dans la vallée!
J'au cru qu'une forme voilée
Flottait là-bas sur la forêt.
Elle sortait de la prairie;
Son pied rasait l'herbe fleurie;
C'est une étrange rêverie;
Elle s'efface et disparaît.

LA MUSE
Poète, prends ton luth; la nuit, sur la pelouse,
Balance le zéphyr dans son voile odorant.
La rose, vierge encore, se referme jalouse
Sur le frelon nacré qu'elle enivre en mourant.
Ecoute! tout se tait: songe à ta bien-aimée.
Ce soir, sous les tilleuls à la sombre ramée
Le rayon du couchant laisse un adieu plus doux.
Ce soir, tout va fleurir: l'immortelle nature
Se remplit de parfums, d'amour et de murmure,
Comme le lit joyeux de deux jeunes époux.


LE POETE
Pourquoi mon coeur bat-il si vite?
Qu'ai-je donc en moi qui s'agite
Dont je me sens épouvanté?
Ne frappe-t-on pas à ma porte?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M'éblouit-elle de clarté?
Dieu puissant! tout mon corps frissonne.
Qui vient? qui m'appelle? - Personne.
Je suis seul; c'est l'heure qui sonne;
O solitude! ô pauvreté!

LA MUSE
Poète, prends ton luth; le vin de la jeunesse
Fermente cette nuit dans les veines de Dieu.
Mon sein est inquiet, la volupté l'oppresse,
Et les vents altérés m'on mis la lèvre en feu.
O paresseux enfant! regarde, je suis belle.
Notre premier baiser, ne t'en souviens-tu pas,
Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile,
Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras?
Ah! je t'ai consolé d'une amère souffrance!
Hélas! bien jeune encore, tu te mourais d'amour.
Console-moi ce soir, je me meurs d'espérance;
J'ai besoin de prier pour vivre jusqu'au jour.

LE POETE
Est-ce toi dont la voix m'appelle,
O ma pauvre Muse! est-ce toi?
O ma fleur! ô mon immortelle!
Seul être pudique et fidèle
Où vive encore l'amour de moi!
Oui, te voilà, c'est toi, ma blonde,
C'est toi, ma maîtresse et ma soeur!
Et je sens, dans la nuit profonde,
De ta robe d'or qui m'inonde
Les rayons glisser dans mon coeur.

LA MUSE
Poète, prends ton luth; c'est moi, ton immortelle,
Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux,
Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle,
Pour pleurer avec toi descend du haut des cieux.
Viens, tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire
Te ronge, quelque chose a gémi dans ton coeur;
Quelque amour t'est venu, comme on en voit sur terre,
Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur.
Viens, chantons devant Dieu; chantons dans tes pensées,
Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées;
Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu.
Eveillons au hasard les échos de ta vie,
Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie,
Et que ce soit un rêve, et le premier venu...
MUSSET


jeudi 14 juin 2012

Le saviez-vous?


La poubelle doit son nom à Eugène-René Poubelle (1831-1907), préfet de la Seine, qui conquit cet honneur à la suite d'une terrible partie de bras-de-fer où il battit à plate couture son rival direct, Félix-Archimède de Bois-Tahordure, ce dernier étant plus saoul que lui. D'autres objets familiers immortalisent les noms d'éminents bienfaiteurs de l'humanité. Par exemple, la tinette ainsi nommée d'après Alexandre-Bayard Tinette (1852-1927), président du conseil, qui consacra de la sorte sa victoire sur Jules-Jules Podechambre, président sortant.
CAVANNA

mercredi 13 juin 2012

Ambition




"Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites."
Jules RENARD

mardi 12 juin 2012

Sagesse




"Si vous n'avez pas confiance en vous, songez à cet admirable potentiel d'être humain qui est en vous et qui ne demande qu'à croître."
DALAÏ LAMA

lundi 11 juin 2012

Souvenir de voyage


Jeudi 10 mai 2007
Brouillard ce matin sur East River.
Hier, nous avons déjeuné aux « Friars », un club très privé réservé aux gens du spactacle, principalement aux tycoons ; ils étaient là, avec leurs implants dentaires et chevelus , blanchis et brushés.
Notre table était la seule entièrement féminine, desservie par un maître d’hôtel sosie d’Anthony Quinn. G..., l’amie de J... qui était notre hôtesse, nous a ensuite fait visiter son quartier : Upper East Side, toujours le long d’East River, mais au-dessus de la 83° : J... habite sur la 33°.
Dans un park, on trouve Grave Mansion la résidence dévolue au maire. L’actuel se trouve trop riche pour l’occuper ; l’exemple viendrait-il de chez nous ? C’est aussi dans ce parc qu’on peut faire courir les chiens. G... possède un caniche noir, moyen modèle. Il y a un ring réservé aux petits chiens et un autre aux gros et si les deux sont interdits aux enfants, ce qui n’est pas plus mal, en revanche, si Bounty voyait la surface attribuée à ses congénères, elle ferait une grosse déprime.
J’ai acquis toute la considération de G... en raison de ma courageuse attitude dans l’affaire du chien tombé dans une canalisation (je l’ai suivie dans le trou au lieu de l’abandonner pour aller chercher de l’aide.)
Voilà tout pour hier.
Pendant ce temps , à la maison, Le Cap'tain ne reçoit ni visites ni téléphone ; il faudrait peut-être qu’il aille au devant de ses contemporains, mais ceci est une idée personnelle, bien entendu.
PP

jeudi 7 juin 2012

Claude jubile...




La ville s'endormait . . . et j'en oublie le nom . . .




dimanche 3 juin 2012

Souvenir de voyage




17 04 O8
Que dire de Malte ?
Assez comparable au Mont Saint Michel : merveille architecturale, tellement envahie de touristes que l’effet en est gâché. Si on vient hors saison, il fait froid, de ce froid implacable des pays de soleil où l’on ne sait pas chauffer les maisons.
Tout autour de la merveille, une mer de tous les bleus possibles lèche timidement les pierres blondes des remparts.
Les Maltais ? Ils ont toujours été colonisés ; par les Phéniciens, les Romains, l’Europe entière sous l’espèce des Chevaliers, par les Anglais et désormais par les touristes.
Trop longtemps sous influence étrangère, ils ont acquis leur liberté, mais comme les prisonniers libérés, cette autonomie nouvelle les désoriente un peu. Ils sont européens et se veulent tant modernes qu’ils ont peu l’idée de chercher leurs racines.
L’Eglise catholique, omniprésente est leur principale mythologie.
A Rabat, ville ancienne qui jouxte Mdina qui fut capitale avant la construction de La Vallette, J’ai assisté à la fête de Saint Joseph : les rues sont parées d’oriflammes, de luminaires, de reposoirs ; partout des étals de bois décoré proposent des nougats, croquantes, beignets et pastizzis de toutes sortes. Il faut mentionner une variété de pastizzi étonnante : une pâte feuilletée fourrée de purée de pois chiches. Malte est venteuse, il faut pouvoir résister aux bourrasques.
Quand approche l’heure à laquelle on sort le saint de l’église pour la procession, les rues commencent à fourmiller de familles sur leur 31 (jean proscrit) ; parents, enfants et grands parents se pressent au portail de l’église ou vers les reposoirs où stationnera la procession. L’intérieur de l’église est entièrement tapissé de draperies rouge et or. Tous les autels sont fleuris, les cierges, les candélabres sont allumés. Devant l’autel, l’évêque et tout le clergé siègent, revêtus de capes de brocart jaune d’or et blanc. Derrière l’autel, un chœur d’hommes entonne des hymnes religieux.
Au-dehors la rue s’agite ; une fanfare la remonte tandis que l’autre la descend ; les gens suivent en cadence. Les musiciens se postent de part et d’autre du portail ; la musique cesse, la foule frémit. Des enfants de chœur, des notables, des ecclésiastiques apparaissent sur le parvis ; la foule applaudit, chante en frappant dans les mains ; la procession s’amorce.
Une nouvelle vague d’acclamations et d’applaudissements : des franciscains, sandales et robes de bure, s’avancent et vont prendre place. Encore des ecclésiastiques, encore des acclamations, cette fois d’une ferveur redoublée : l’évêque et le clergé en capes de brocart s’avancent et bénissent la foule ; on chante, on crie, on hisse à bout de bras des petits enfants…..

samedi 2 juin 2012

Souvenir de voyage




16 04-O8
Un lot de Français dans le bus, ce matin.
Depuis qu’on ne fête plus Carnaval, le tourisme reste la seule occasion pour certains de s’habiller comme des guignols.
Les jeunes Maltaises en revanche, sont fort soucieuses d’élégance et très influencées par les revues de mode, moyennant quoi, leurs tenues sont peu éloignées de l’uniforme.

La traversée des rues est dangereuse en ville. Les Maltais roulent à une allure diabolique, en faisant le plus de bruit et en émettant le plus de gaz carbonique possible ; ni à droite, ni vraiment à gauche, mais plutôt à l’ombre et en contournant les nids de poule.
En fait, quand ils ne foncent pas comme des brutes, il leur arrive de s’arrêter fort aimablement pour laisser traverser le piéton. L’essentiel est de percevoir leur intention du moment.

vendredi 1 juin 2012

Juin



Juin est traditionnellement dédié à Junon l'irascible épouse de Jupiter; elle avait , il est vrai de nombreuses raisons de s'irriter contre son volage époux. Raison peut-être aussi de froncer le sourcil quand un des fondateurs de Rome , Junius Brutus, prétendit lui ravir le parrainage.
Juin est surtout le mois des roses et des longs jours, le mois des fenaisons odorantes, le mois des cerises, des groseilles et des framboises. La nature est généreuse, et nous offre ses fleurs sauvages, à rendre jaloux nos jardins qui n'ont de cesse de nous offrir pivoines, iris, pavots, tels qu'aucun peintre de génie ne pourra nous les montrer.