lundi 30 avril 2012

L'heure de Claude a sonné

Voulez-vous régler vos pendules ?
Elle fonctionne dans les deux formats !
Elle donne l'heure exacte.
Marrante dans la version chiffres, heures, minutes, secondes avec des personnages assis tranquilles, d'autres debouts et impatients et d'autres qui courent partout.
Cliquez n'importe où sur la pendule et elle devient numérique. Un autre clic et elle redevient normale.
 

dimanche 29 avril 2012

1er-Mai, alerte à l'imposture !


Offert par Claude-

LE MONDE | • Mis à jour le
Stupeur, colère - il ose faire ça ! -, ma première réaction à la proclamation de Nicolas Sarkozy de fêter " le vrai travail" le 1er mai sur la place de la Concorde. Puis la sensation d'une blessure. Celle infligée à la mémoire des luttes de plus d'un siècle, partout dans le monde, pour l'obtention de droits sociaux, d'un temps de travail défini et limité, huit heures par jour, quarante-huit heures par semaine, contre un patronat sûr de la légitimité de sa domination, qui ne voulait aucune règle. Des luttes qui, répétées, tenaces, aboutiront en France au Front populaire, changeant la vie de la majorité des gens. Mais aussi des luttes dans lesquelles des ouvriers ont été blessés, sont morts : le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, un homme, quatre garçons et quatre filles entre 14 et 20 ans ; le 1er mai 1906 - l'année de naissance de ma mère qui travaillera dans une usine dès l'âge de 12 ans -, deux morts à Paris.

Même si sa signification s'est affadie, même s'il est surtout accueilli comme la chance d'un jour férié, si les défilés et rassemblements sont plus ou moins nombreux, le 1er-Mai est un "lieu de mémoire ", tel que l'a défini l'historien Pierre Nora, c'est-à-dire de fête, d'emblème, de monument, etc., où s'incarne la mémoire nationale. Autant qu'un symbole de la lutte internationale des travailleurs, il est un lieu de la mémoire sociale des Français et il n'est, je crois, personne qui ne le ressente comme associé à l'idéal républicain de liberté, d'égalité, de fraternité. A preuve, le 1er mai 2002, qui a vu un million et demi de citoyens descendre dans les rues pour manifester leur attachement à ces valeurs.

Le propre de ce gouvernement a été d'oser tout. De nous surprendre en osant tout. D'avoir toujours un temps d'avance sur ce qu'on pouvait imaginer. En ces derniers jours de son mandat présidentiel, Nicolas Sarkozy aux abois s'empare sans vergogne de la fête du 1er-Mai, la confisque à son profit pour faire coup double : occuper le terrain dans tous les sens du terme à la place des syndicats et de la gauche, passer sur ces corps intermédiaires dont il souhaite la suppression, qu'il méprise ouvertement - "quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit", s'est-il vanté naguère - faire l'événement du jour et se rallier les électeurs de Marine Le Pen, voire d'autres, que ce slogan du " vrai travail" séduirait, comme il y a cinq ans celui de "remettre la France au travail".

En 1941, Pétain avait fait main basse sur le 1er-Mai pour le vider de son sens de lutte internationale, remplaçant la Fête des travailleurs par la "Fête du travail et de la Concorde sociale". Les contextes historiques diffèrent mais on peut assimiler la captation du 1er-Mai par Nicolas Sarkozy à celle de Pétain. Pour les tristes raisons que l'on sait, le chef de Vichy faisait appel à "l'union nationale", Nicolas Sarkozy, lui, est clairement dans une stratégie de division nationale, la même qu'il applique avec constance depuis qu'il a été élu. C'est uniquement là qu'il n'a pas varié et que, malheureusement, il a obtenu ses meilleurs résultats, peut-être, hélas aussi, les plus durables.

Gouverner, c'est diviser, tel est le système Sarkozy. Mais diviser en stigmatisant, en dressant une partie de la population contre l'autre. Depuis 2007, il n'a eu de cesse de créer, d'inventer, par son discours, deux catégories de citoyens, dont l'une est désignée comme responsable des problèmes de l'autre, qu'elle menace sourdement. Ces catégories sont mouvantes, mais toujours tranchées, Français/immigrés, travailleurs/assistés, gens honnêtes/délinquants, victimes...

Le discours sarkozien les a si bien installées dans nos habitudes de pensée, ces catégories, qu'il n'est plus besoin qu'elles soient expressément désignées, l'allusion suffit, instantanément décodée par tout le monde, avec les connotations négatives qui leur sont associées. Ce qui est bien sûr le cas ici avec l'expression "vrai travail", qui sous-entend non l'existence absurde d'un faux travail ni même de faux travailleurs (sauf peut-être sans-papiers, clandestins) mais celle de "faux chômeurs", qui ne cherchent aucun travail, des "assistés ", terme en vogue depuis cinq ans, donc une catégorie de profiteurs paresseux, naguère soupçonnés de faire la grasse matinée, quand d'autres "se lèvent tôt".

Dans ce système binaire qui violente la réalité complexe du pays, sa diversité sociale et culturelle, qui attise les haines, il y a, d'un côté, une France méritante, courageuse, respectueuse des lois, la "vraie" France, légitime sur son sol ancestral, et de l'autre, une population indigne qui n'a pas vocation à incarner cette vraie France, constituée qu'elle est de "communautés" - terme d'exclusion dans le répertoire du chef de l'Etat, repris par les médias sans discussion - d'origine étrangère, d'individus parasites. Un ensemble flou, menaçant, auquel, selon les moments et les circonstances, sont adjoints les grévistes, les profs, voire les juges, censés relâcher tous les délinquants, et "les élites ".

La vraie France a droit à des flots de compassion, parce qu'elle "souffre", leitmotiv de la campagne de Sarkozy, l'autre, souvent la plus pauvre et la plus fragile, est vilipendée, livrée en pâture à la première comme source de ses malheurs.

On se souvient peut-être d'une séquence télévisuelle de 1987 qui montrait le candidat Sarkozy en campagne, évoluant dans un wagon du RER au milieu des voyageurs tranquilles. Il se penche vers une dame assise, l'interpelle avec une incroyable, étrange excitation : "Vous avez peur, hein, madame, vous avez peur ?" La voyageuse le regarde avec étonnement, presque de l'ahurissement, sans répondre. Véritable scène révélatrice et annonciatrice de la gouvernance qu'il a mise en œuvre depuis cinq ans : susciter la peur, des fantasmes de peur, pour apparaître comme le protecteur.

C'est là toute l'imposture de ce qu'on ne saurait pas même appeler une idéologie, mais un plan cynique pour occulter une politique qui favorise les banques, les patrons du CAC 40, les actionnaires, les bailleurs de multiples appartements, les hauts revenus et les exilés fiscaux.
L'imposture, elle est là encore, évidente, révoltante, dans cette communion prévue le 1er mai autour d'une valeur travail déconnectée de l'emploi et du salaire, de la hausse des loyers, des étiquettes de prix au supermarché et du coût des soins dentaires.

Quel travail, où le travail, quand des usines licencient, ferment du jour au lendemain, que les files d'attente s'allongent à Pôle emploi ? Pour qui le travail, à la couleur de la peau, à l'âge ou au diplôme ? Comment le travail, dans une atmosphère de harcèlement, dans les déplacements quotidiens au bout du RER ou les trajets de 50 km à l'aube ? Combien le travail, 1 000, 1 500 euros dont il faut déduire le loyer de 500 euros ?
Rien de tout cela n'importe à un candidat qui, depuis cinq ans, n'a cherché qu'à déréglementer le travail, à l'imposer le dimanche, à détruire le service public d'éducation et de santé, à "rassurer les investisseurs".

Le 1er-Mai de Sarkozy et de l'UMP, c'est en réalité la fête du libéralisme dur, "décomplexé", dont l'ambition est de néantiser la représentation syndicale et d'étouffer les luttes sociales. Place de la Concorde, derrière les majestueuses fenêtres de l'Hôtel Plazza et des appartements de 300 m2, les gens pourront regarder le spectacle avec amusement.

C'est tout à l'honneur de François Hollande de rompre avec cette vision d'une France en guerre contre l'autre, par exemple en refusant, ces jours-ci, de revenir sur son projet de vote des étrangers aux élections locales, vote qui rapprocherait les habitants, œuvrerait à ce vivre-ensemble qui se réalise peu à peu et sans drame dans des villes de la grande banlieue, comme celle où je réside. Ou en s'opposant au principe d'une "présomption de légitime défense" pour les policiers, issue du programme de l'extrême droite, porte ouverte à tous les droits en matière de répression, pierre angulaire d'un système policier.

Il faut casser cet imaginaire de suspicion et de haine qui empoisonne le pays, mais cela ne se fera qu'en engageant la lutte pour un partage des richesses, l'égalité dans l'éducation, l'accès aux soins, à la culture, des conditions de vie meilleures pour tous. Pour une République sociale.

 
Née en 1940, Annie Ernaux est agrégée de lettres modernes et a enseigné au lycée avant de devenir écrivaine dans les années 1970. Auteure de nombreux romans en partie autobiographiques, elle a obtenu plusieurs prix, dont le prix Renaudot en 1984. Elle revendique dans son œuvre littéraire une démarche empruntée aux sciences humaines, inspirée par la sociologie de Pierre Bourdieu. Son dernier ouvrage est "L'Atelier noir" (Editions des Busclats, 2011)
 

mardi 24 avril 2012

dimanche 22 avril 2012

Résultats du jour

Taux de participation exceptionnel dans la commune : 90, 6% ce qui donne en chiffres nets: 79 votants sur 87 inscrits... Plus fort que la moyenne nationale!!!
Mais le bémol, c'est la répartition:
27 voix pour Marine le Pen :o(((!!, d'un autre côté c'est dans ce village qu'elle a grandi avant que son père  n'hérite des ciments Lafarge
19 voix pour François Hollande
13 voix pour Sarkozy
10 pour Bayrou
6 pour Mélanchon
1 pour Dupont Aignan et 1 pour Eva Joly... Il y a au moins un écolo sur la commune, c'est toujours çà!

Et puis quelques autres points de vue , à mon sens, importants aussi:








Allons voter, allons voter bien sur ce matin, mais jetons un œil quand même sur ce que nous disais, avec lucidité,  l'avant-garde anarchiste en . . 1906 . . . .

Claude

Le bétail électoral
Albert Libertad

L’Anarchie, 19 avril 1906

Ici même, j’ai croqué à grands traits le bétail syndical, le bétail patriotique, le bétail des jaunes, le bétail des honnêtes, il faut aujourd’hui que je dépeigne le plus important des bétails, le plus fort par la bêtise, le bétail électoral.
Sur la peau d’âne du tambour nationaliste, sur la baudruche des tambourins républicains, aux cordes de la guitare sentimentalement humanitaire, aux cuivres de la trompette révolutionnaire, voilà que se bat, que se touche, que se donne le rappel du bétail ; c’est le ranz des électeurs qui retentit partout à travers l’espace.
Votez pour Tartempion, votez pour Machin, votez pour Truc. Des affiches multicolores vous rapprochent à tous les coins de rue afin de vous raconter la candeur, l’esprit, la loyauté d’un quelconque candidat.
En peu de lignes, un Gérault-Richard des boulevards extérieurs, un Rouvier de grands chemins, un Marchand du surin et de la pince (Allusion au général Jean-Baptiste Marchand) deviennent des parangons de vertu, d’honnêteté et de douceur.
Le bétail électoral commente la force de la houlette d’Untel, le coup de fouet de Tel autre, le doigté crapuleux de Chose et le coup de gueule tonitruant de Machin. Le bétail pèse aussi la valeur des promesses faites ; non pas qu’il ignore que jamais elles ne sont tenues, mais pour se donner un peu d’illusion.
La lune, le bonheur, la diminution des impôts, la liberté, autant de chimères auxquelles il ne croit plus mais auxquelles pourtant il lui paraît bon de sembler croire encore. Il court aux rendez-vous que lui donnent les apprentis bergers après avoir fait un choix au zanzibar du troquet. Chez les nationalos ou chez les socialos ? Les dés répondent.
Il garnit la salle et il écoute religieusement l’orateur-candidat qui découpe des tranches de bonheur et débite des petits paquets de réformes. Il ouvre la gueule et les oreilles pour en prendre davantage.
« Les alouettes tomberont toutes rôties dans ta bouche ; ton taudis deviendra un palais ; tu auras des rentes à trente ans, dit le candidat. —Ah ! Ah ! Ah ! qu’il parle donc bien, cet homme ! Ce sont des mensonges qu’il nous raconte, mais que cela nous fait du bien de croire un moment que ce sont des vérités », dit le votard.
Quelquefois, il arrive qu’un autre candidat interrompe pour dire : « Ce n’est pas exact, les alouettes tomberont toutes bouillies dans ta bouche. » Et le bétail électoral suit, attentif, le débat passionnant : « Bouillies ou rôties ? Comment seront préparées ces alouettes qu’il ne mangera pas ? »
Alors que tous sont dans le rêve, une voix interrompt brutalement, sans précautions oratoires, les bonimenteurs : « Les alouettes ne tomberont ni rôties ni bouillies dans ta bouche, nigaud. Et si elles tombaient jamais toutes prêtes, ce serait de par ta bêtise, dans la gueule des candidats. » Alors, ce sont des cris, des vociférations : « À mort ! qu’on le tue ! qu’on le chasse ! La ferme ! Mouchard ! Agent de la réaction ! Jaune ! Rouge ! Jésuite ! Communard ! »
Celui qui veut jeter la vérité est entouré, bousculé ; les poings se lèvent sur sa tête, on lui crache au visage, on le jette dehors.
Et tranquille, le prometteur détaille le bonheur, offre le paradis et le bétail électoral reprend le fil du rêve qu’il fait tout éveillé, boit à nouveau le vin décevant de l’espérance.
Comme dans tous les troupeaux, il y a les meneurs, les gens du comité. Ce sont ceux à qui le candidat a promis autre chose que la viande creuse de l’espoir. Ils ont mission de « chauffer » la salle, de veiller à ce qu’aucun gêneur ne puisse entrer. Ils préparent le public, ils soûlent de vinasse quelques forts-à-bras qui feront de leur poitrine un rempart au bonimenteur.
À coté d’eux, il y a quelques sincères : ceux dont la bêtise atteint le dernier degré. Ils font l’appoint le meilleur, ce sont les moutons qui sautent par-dessus bord, montrant la voie à tout le troupeau.
Disons-le bien haut : que le bétail électoral soit tondu, mangé, accommodé à toutes les sauces, qu’est-ce que cela peut bien nous faire ? Rien.
Ce qui nous importe, c’est qu’entraînés par le poids du nombre nous roulons vers le précipice où nous mène l’inconscience du troupeau. Nous voyons le précipice, nous crions « Casse-cou ! » Si nous pouvions nous dégager de la masse qui nous entraîne, nous la laisserions rouler à l’abîme ; pour ma part même, le dirai-je ? je crois bien que je l’y pousserais. Mais nous ne le pouvons pas. Aussi devons-nous être partout à montrer le danger, à dévoiler le bonimenteur. Ramenons sur le terrain de la réalité le bétail électoral qui s’égare dans les sables mouvants du rêve.
Nous ne voulons pas voter, mais ceux qui votent choisissent un maître, lequel sera, que nous le voulions ou non, notre maître. Aussi devons-nous empêcher quiconque d’accomplir le geste essentiellement autoritaire du vote. Chez les nationalistes et les socialistes, chez les républicains et les royalistes, partout nous devons porter la parole anarchiste « Ni dieux ni maîtres ».
Et par la raison, et par la violence, il nous faut empêcher la course à l’abîme où nous entraînent la veulerie et la bêtise des votards. Que le bétail électoral soit mené à coups de lanières, cela nous importe peu, mais il construit des barrières dans lesquelles il se parque et veut nous parquer  ; il nomme des maîtres qui le dirigeront et veulent nous diriger.
Ces barrières sont les lois. Ces maîtres sont les législateurs. Il nous faut travailler à détruire les unes et les autres, dû-t-on, pour cela, disperser au loin le fumier où poussent les députés, le fumier électoral.

Albert Libertad dans L’anarchie, 19 avril 1906.

samedi 21 avril 2012

Le Petit Chaperon Rouge .Lisette Jambel.1946

Forme et santé

On croyait autrefois dans les campagnes, que les abcès n'étaient pas tous de même nature et partant, ils devaient être soignés de façon différente. Les saints étaient en général  les praticiens désignés. Ainsi, il fallait distinguer l'abcès de Saint Eloi de celui de Saint Antoine ou de Saint Blaise ou de Saint Rémi  etc..., afin de prier le saint compétent.
Mais comment reconnaître un abcès d'un autre?
Tout simplement en coupant en deux un ver de terre. Le procédé déplaisait fortement au petit animal et chaque tronçon se tortillait frénétiquement en guise de protestation. On plaçait alors l'un des deux tronçons sur l'abcès; sans le perdre de vue, on récitait les litanies des saints. Quand épuisé (ça ne les fait pas mourir), le demi-ver cessait de s'agiter, le saint qui venait d'être cité était le bon.

Il ne restait plus au malade - ou à défaut à l'un de ses proches- qu'à se rendre sur le lieu du culte du saint désigné  où l'on trouvait généralement une fontaine. Avec l'eau de cette fontaine additionnée d'eau bénite, mélangée à de la terre prélevée sur le lieu consacré, on formait, sans cesser de prier, un cataplasme qui, posé sur la lésion ne manquait pas de la guérir.... ou bien alors.... c'est qu'on s'était trompé de saint! 

lundi 16 avril 2012

A vous tous et toutes...



Ne m'en veuillez pas si je suis un peu intermittente sur vos blogs ces temps-ci. Si vous allez sur rvcontes, vous saurez pourquoi.
J'ai repris mon "Grand Roman Historique", interrompu déjà deux fois et histoire de ne pas perdre la face, il faut que je le continue et si possible le termine...Alors, je prends de l'avance pour bientôt revenir faire la causette avec vous... Alma...

mardi 10 avril 2012

Claude va bien...



Est-ce vraiment une blague ?
" Communication à l'hôpital "
- Bonjour ! C'est la réception ? J'aimerais  parler avec quelqu'un à propos d'un  patient qui se trouve chez  vous. J'aurais  souhaité connaître son état de santé, Savoir  s'il va mieux ou si son  problème s'est aggravé.
- Quel est le  nom du patient ?
- Il  s'appelle Jean Dupont et il est à la chambre  302.
- Un instant  je vous prie, je vous passe  l'infirmière.
Après une  longue attente :
- Bonjour, ici  Françoise l'infirmière de service. Que  puis-je pour vous ?
- J'aimerais connaître l'état du patient Jean  Dupont de la chambre 302.
- Un instant  je vais essayer de trouver le médecin de  garde.
Après une  plus longue attente:
- Ici Le Dr.  Jean, le médecin de garde ; je vous  écoute.
- Bonjour Docteur, je voudrais savoir quel est  l'état de Monsieur Jean Dupont, qui se trouve  chez vous depuis 3 semaines à la chambre  302.
- Un instant,  je vais consulter le dossier du  patient.
Après  encore une autre attente:
- Huuuummm, Le voici : IL a bien mangé  aujourd'hui, sa pression artérielle et  son pouls sont stables, IL réagit bien aux  médicaments prescrits et normalement on va lui  enlever le monitoring cardiaque demain.. Si  tout continue comme ça encore 48 heures, son  médecin signera sa sortie d'ici le  week-end.
- AAHHH ! Ce sont des nouvelles merveilleuses !  Je suis fou de joie. Merci.
- A votre façon de parler je suppose que vous  devez être quelqu'un de très proche,  certainement de la famille ?
- Non, Monsieur ! Je suis Jean Dupont moi-même  Et  je vous appelle du 302 ! Tout  le monde entre et sort ici de ma chambre  Et  personne ne me dit rien...  Je  voulais juste savoir comment je me porte ! Merci  bien !
Transmis  par un médecin du CHU*, qui  l'estime "assez  réaliste"...
Ça  fait peur !

lundi 9 avril 2012



Une jeune journaliste de CNN avait entendu parler d'un très, très vieux juif qui se rendait deux fois par jour prier au mur des lamentations, depuis toujours.
Pensant tenir un sujet, elle se rend sur place et voit un très vieil homme marchant lentement vers le mur.
Après trois quarts d'heure de prière et alors qu'il s'éloigne lentement, appuyé sur sa canne, elle s'approche pour l'interviewer.
"Excusez-moi, monsieur, je suis Rebecca Smith de CNN. Quel est votre nom ?"
"Morris Fishbien" répond-t-il.
"Depuis combien de temps venez-vous prier ici ?"
"Plus de 60 ans" répond-t-il.
"60 ans ! C'est incroyable ! Et pour quoi priez-vous ?"
"Je prie pour la paix entre les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans. Je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables, qui aiment leur prochain."
"Et que ressentez-vous après 60 ans de prières ?"
"J'ai l'impression de parler à un mur !!! "

dimanche 8 avril 2012

Voulez-vous jouer avec Prévert?


La boutique d’Adrienne – Les amis des livres.-
Une boutique, un petit magasin, une baraque foraine, un temple, un igloo, les coulisses d’un théâtre, un musée de cire et de rêves, un salon de lecture et parfois une librairie toute simple avec des livres à vendre ou à louer et à rendre et des clients, les amis des livres, venus pour les feuilleter, les acheter, les emporter. Et les lire.
Depuis longtemps déjà, les littérateurs, ou tout au moins beaucoup d’entre eux, parlent avec mépris de la « littérature », et le mot littérature dans leur vocabulaire a bien mauvaise tournure.
Les films et la danse ou le récit des songes et tant de choses encore, dont la littérature, passent à la casserole du jugement péremptoire, savant et méprisant : Tout ça, c’est de la littérature !
Les peintres, les bons et les mauvais, les grands et les petits et les vrais et les faux, les vivants et les morts ne disaient jamais et ne disent pas non plus aujourd’hui du mal de la peinture. De même le jardinier devant un jardin insensé, un jardin ni fait ni à faire, un insolite et mystérieux parterre de lierre et d’orties, ne dit pas : Tout ça, c’est de l’horticulture !
Adrienne Monnier était comme ce jardinier, et dans la serre de la rue de l’Odéon où s’épanouissaient, s’échangeaient, se dispersaient ou se fanaient les idées en toute liberté, en toute hostilité, en toute promiscuité, en toute complexité, souriante, émue et véhémente, elle parlait de ce qu’elle aimait : la littérature.
Et c’est pour cela que, traversant la rue de l’Odéon, beaucoup entraient comme chez eux, chez elle, chez les livres.
Chez elle, c’était aussi un hall de gare, une salle d’attente et de départ où se croisaient de très singuliers voyageurs, gens de très loin et gens d’ici, gens de par là et gens d’ailleurs, Gens de Dublin(a) et de Vulturne (b), gens de la Grande Garabagne(c) et de Sodome et de Gomorrhe (d), gens des Vertes Collines(e), venant le plus simplement du monde le plus compliqué passer avec Adrienne une Nuit au Luxembourg(f), une Soirée avec monsieur Teste(g), une Saison en Enfer(h), quelques Minutes de Sable Mémorial(i).
Et l’Ange du Bizarre(j) se promenait avec Moll Flanders(k) dans les Caves du Vatican(l) sous le pont Mirabeau(m) coulait la Seine le long des berges de l’Odéon, le Ciel et l’Enfer(n) se mariaient, les Pas Perdus(o) se recherchaient dans les Champs Magnétiques(p) et il y avait de la musique. On pouvait entendre en sourdine Cinq Grandes Odes(q) patriotiques magnifiquement couvertes par le refrain du Décervelage(r) et la Chanson du Mal Aimé(s) et les chants terribles et beaux d’un enfant de Montevideo(t).
Et les Belles-Lettres ronronnaient mais, même si vous les caressiez à rebrousse-poil, Adrienne Monnier laissait faire et quelquefois même vous aidait.
Parfois de très jeunes gens, furtifs et effacés, en feuilletant les livres, prêtaient machinalement l’oreille, amusés.
Des noms étranges surgissaient des plus simples phrases, comme les mots de passe d’une très singulière société secrète : Fogar(1), Smerdiakow(2), Barnabooth(3), Lafcadio(4), Benito Cereno(5), Nostromo(6), Charlus(7), Moravagine(8), Anabase(9), Fantoma(10)s, Bubu de Montparnasse(11), Eupalinos(12)…
Et puis les jeunes gens s’en allaient, emportant avec eux, sous le manteau, les beaux marrons du feu de la conversation, des livres non coupés, exemplaires et numérotés. Modestes et anonymes représentants du commerce des idées, des idées à revendre pas très loin sur les quais.
Et puis la nuit tombait.
Adrienne, avant de fermer boutique, toute seule avec ses livres, comme on sourit aux anges, leur souriait. Les livres, comme de bons diables, lui rendaient son sourire. Elle gardait ce sourire et s’en allait. Et ce sourire éclairait toute la rue, la rue de l’Odéon, la rue d’Adrienne Monnier.
Jacques PREVERT
Question I - Qui sont les auteurs des titres en caractères gras suivis d'une lettre?
Question II - Dans quelle oeuvre rencontre-t-on les héros aux noms en caractères gras suivis d'un chiffre?

PP 

samedi 7 avril 2012

jeudi 5 avril 2012

Le roman populaire


Il arrive qu'au détour d'un roman, on rencontre un personnage historique qui devient alors familier comme le héros d'une histoire. Alors, on a envie de connaître le cadre dans lequel il a vécu, les gens qu'il a fréquentés.
On quitte alors la fiction et on entre dans l'histoire qui, du coup, se lit comme un roman.
C'est ainsi qu'adolescente, j'ai lu les sept ou huit pavés qui composent les aventures d'Angélique, la Marquise des Anges. ce n'est pas précisément un ouvrage d'érudition. Mais le siècle où évolua l'héroïne m'est devenu familier et j'ai lu avec facilité tout ce qui s'y rapportait.
non pas que Louis XIV et son temps me passionnent plus qu'un autre roi ou une autre époque,
mais la vulgarisation par le roman a été la clef qui m'a ouvert les portes de cette période.
Même phénomène m'est arrivé pour l'Opéra, que je trouvais plutôt rasoir jusqu'au Don Giovanni de Losey et Mozart Réunis. Le film et l'interprétation on été beaucoup critiqués et maintenant je comprend pourquoi. Il n'empêche que sans cette interprétation discutable et la diabolique séduction de Ruggiero Raimondi, jamais peut-être mes oreilles ne se seraient ouvertes.
Alors, vive le Roman Populaire et vive le Cinéma!

P.

mardi 3 avril 2012

Mots d'auteurs

"On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe on se retourne pour regarder en arrière et on se dit: J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu et non un être factice, créé par mon orgueil et mon ennui."

MUSSET


dimanche 1 avril 2012

Pour changer un peu du patchwork

Nos amis allemands bien plus avancés que nous en matière d'économies et de recyclage des matières premières, vont prochainement commercialiser ce produit dont j'ai pu obtenir la recette afin de vous la communiquer en avant-première.
Il s'agit de la délicieuse "Confiture de Chiffons".
Procurez-vous 500kg de chifffons, de préférence en toile de lin usagée dont la composition est de fibres de cellulose à peu près pure.
Vous allez soigneusement les laver, puis les traiter à l'acide sulfurique qui les convertira en dextrine.
 Dextrine que vous laverez ensuite au lait de chaux, (qui est de la chaux délayée dans de l'eau).
Ensuite préparez une nouvelle quantité d'acide sulfurique plus corsée que la précédente dans laquelle vous tremperez votre mixture.
Vous  verrez alors, sous vos yeux émerveillés, la masse se transformer et se cristalliser en glucose, chimiquement identique à celle qui constitue l'un des sucs naturels du raisin, du miel et des fruits mûrs.
Une matière économique et saine dont vous ferez d'excellentes confitures et gelées.
Voilà comment, chers amis, utiliser vos vieux torchons en tartines...