mercredi 29 février 2012

mardi 28 février 2012

lundi 27 février 2012

Maurice Andre - Haydn trumpet concerto allegro

Courrier du coeur

"Tu me demandes, mon amour, combien de baisers
suffiraient à me rassasier.
Autant que les grains de sable du désert de Lybie...
autant que les étoiles qui - tandis que la nuit se tait -
épient les amours furtives des hommes,
autant de baisers pourront rassasier mon coeur fou.

CATULLE, Elégies




samedi 25 février 2012


un conseil de l'Ordre



commentaire de la rédaction : " Que fait la police ? "



dimanche 19 février 2012

Tout le monde tag...



Ca circule , ca circule, alors je ne sais plus qui taguer qui ne serait pas déjà dans la ronde... alors je modifie un peu la règle, si vous voulez bien.
1/ Je réponds encore à un questionnaire,
2/ je pose 11 questions
3/ Vous qui venez lire ici et qui avez envie de répondre, considérez vous comme tagués... Et c'est mon dernier mot les potes!!
La ville où je suis bien: Celle où il y a des bistrots avec terrasses pour voir passer du monde au soleil.
Un paysage inoubliable: J'ai oublié...
Un évènement marquant: remplir d'encre mon stylo, remettre une chaîne de vélo ou éplucher des betteraves; croyez-moi, ça marque!
Une cicatrice: à la cheville droite, à la clavicule, sur la tempe gauche et à la main gauche aussi... des gadins!
Pourquoi on pourrait tuer??? Sans le faire exprès , parce que sans ça....
Le fait qui a décidé de ma vie?Selon ma mère, c'était en gare de Belfort parce que mon père l'avait emmenée en voyage de noces à l'enterrement de son cousin...
Aimeriez vous être un homme? Seulement les jours de neige
Pourquoi? pour faire pipi debout en écrivant mes initiales.
La parole qui fait chavirer? Tout le monde à babord!
Un prof qui donne confiance en soi? C'était pas un prof, c'était y'a pas longtemps et pis maintenant on est fâchés...
Ce tag m'a-t-il ennuyée??? Meuuh NOOON!!!

Maintenant, mes questions...


1/ Comment ou pourquoi avoir ouvert un blog?
2/ Estimez-vous perdu ou utile le temps que vous y passez?
3/ Ce blog, que vous a-t-il apporté?
4/ Quel livre indispensable sur une île déserte?
5/ La plus belle chanson du monde?
6/ Le Plus beau tableau du monde?
7/ La plus belle musique du monde?
8/On vous offre une place pour l'opéra de votre choix; lequel?
9/ Comme dans "Farenheit" vous devez être un "homme-livre" ; lequel allez-vous apprendre par coeur?
10/ Vous rencontrez une fée ou Jupiter en vadrouille déguisé en mendiant; ils vous accordent trois voeux... lesquels?
11/ Votre maxime??


Kiss, kiss à tous...

Guten Tag!!! seconde liste



Un souvenir heureux: Un mois d'août à Paris, qui ressemblait à la chanson d'Aznavour.
LE héros de la littérature: Ouroz, le "cavalier" de Kessel.
Le passe-temps favori: Le temps n'a nul besoin qu'on l'aide à passer; il se débrouille très bien tout seul!
La gourmandise préférée: S'il n'y en avait qu'une!
Un personne qui inspire: Jacqueline de Romilly.
Un cadeau à offrir: La paix du coeur.
L'animal préféré: Pour l'instant elles sont trois.
Un chanteur du moment: Alagna, peut-être...
Un pays à visiter: La Grèce et un endroit des USA dénommé Four Corners
Un film: La Belle et le Clochard
L'objet fétiche: Mon stylo Mont-Blanc...

samedi 18 février 2012

Guten Tag!!!

Ca y est!  Solveig m'a taguée et je vais vous taguer aussi... faites gaffe!!!
Mais comme toujours dans ce cas, on va y aller par étapes...
Pour commencer, il faut vous révéler 11 trucs perso et pour ceux et celles qui lisent ce blog, ça va pas être un scoop.
1/ Comme Solveig, je suis née en Lorraine
2/Auto-Portrait

 Je suis futile
C’est très utile ;
Ca met d’l’animation
Dans la conversation.
Ah, quelle ambiance,
Quand on y pense !
L’esprit agile
Des gens futiles
Aime la dérision,
Discute avec passion
Et sans modération
Des nouvelles modes
Qu’on accommode….
3/Maintenant, vous aurez compris qu'il m'arrive de commettre le genre de trucs ci-dessus
4/La chatte piétine l'ordinateur et j'ai pas le courage de la virer...
5/ Je suis un monstre puisque je répond à un tag, au lieu de "jouer à la plume" (de hibou, qui est dans le pot à crayons , et qui amuse la chatte...
6/On en est à la moitié... je vis en rase campagne et je soupire après Paris...
7/ Mais quand un pote annonce qu'il sera à Paris en mars, je soupire parce qu'il faudra y aller...
8/J'ai 12 ans d'âge mental... et un pas mal plus sur mes papiers.
9/ J'ai déjà perdu au moins 500 kilos et personne n'a rien vu...
10/ Je ne sais pas choisir entre diététique et gourmandise... et non! ce n'est pas compatible puisque aucun régime ne recommande le lard et la saucisse!
11/ C'est la dernière... il ne faut pas dire n'importe quoi...... Ah!!! oui!!! je suis une collectionneuse... de quoi? de collections...
La suite demain


vendredi 17 février 2012

Ordre alphabétique





Fin de rangement-(d'une bibliothèque)

Gougaud n’est plus séparé de Giono que par quelques G disparates ; ils pourront sans peine se communiquer leurs impressions.
Dumas qui trop souvent à son goût doit voisiner avec Duras, est allé cette fois se ranger dans la pièce voisine aux côtés de Théophile Gautier ; ces deux vont bien s’entendre il me semble. (Parce que dans cette bibliothèque, j'avais classé les auteurs non seulement par ordre alphabétique , mais aussi par siècle; raison pour laquelle Alexandre père a du quitter Marguerite.)
Et Duras, du coup se retrouve à côté de Druon. Si je ne doute pas qu’elle prenne du plaisir à lire ou relire les Rois Maudits, j’imagine mal ce que leur auteur pense des œuvres de sa nouvelle voisine
Colette est restée près de son ami Cocteau. Quand à Hugo, surdimensionné, il est seul avec lui-même, occupant deux étagères....

PP

jeudi 16 février 2012

Big Brother is watching you!!!


Anne des Ocreries nous conseille vivement d'aller voir ce que dit ce lien....


Très instructif!!!!
P


mercredi 15 février 2012

Encore une histoire d’amour….


Voici deux ans, il est arrivé ceci : 


Voilà ce que ça donne aujourd’hui :











Passant chez Deef ce matin, j’ai appris qu’il est devenu l’heureux compagnon de Lilou, chienne Border Collie de son état
Forte d’une expérience de quatre années de cohabitation avec une , puis deux (comme vous avez pu le constater, Bounty a proliféré) congénères de Lilou, je me sens tenue, puisqu’aussi bien c’est aujourd’hui l’anniversaire de N°2 (Félicie pour l’état-civil et Filou pour les intimes), je me sens tenue donc, de rédiger à son intention ce petit manuel de savoir-vivre avec son Border.
En premier lieu, chacun sait que le Border est le plus intelligent des chiens, aussi n’oubliez jamais qu’en cas de mésentente ou d’incompréhension, ils ne viennent pas de la chienne mais de vous-même qui ne savez pas vous expliquer.
Le Border possède  des qualités innombrables sur lesquelles il n’est pas utile de revenir tant sont légions ses admirateurs.
Reste à passer sur quelques défauts minimes dont on a vite raison avec un peu de sens des négociations. La coercition est contre-productive et sérieusement déconseillée ; en effet, en cas d’engueulade, le Border s’affole, prend un air de chien maltraité propre à culpabiliser le redresseur de torts pour la journée entière et même au-delà ; le malheureux animal se réfugie alors sous un meuble et son désespoir peut le pousser à en ronger frénétiquement les pieds.
Voici démasqué un des défauts : ronger, dévorer. Bounty ne s’y est pas livrée, mais en revanche Félicie, pourtant convenablement nourrie et jamais punie en raison de maladies infantiles lui accordant toutes indulgences, Félicie à la forte dentition, s’y est livrée avec ardeur. Un nombre important de godasses y ont laissé la vie ; des pieds de chaises sont désormais customisés avec assez d’originalité ; des oreillers ont paru être passés dans les griffes de Jack l’Eventreur et un édredon y a laissé toutes ses plumes ; il m’a manqué ce jour-là un tonneau de goudron pour rendre justice à la façon du juge Lynch.
Puis le temps a passé et au moyen de quelques nonosses de substitution, la manie a disparu comme elle était venue. Le nonosse, il le faut costaud, sous peine de devoir être remplacé toutes les dix minutes. Le plus simple est de cuisiner régulièrement un pot-au-feu, l’os à moëlle étant celui qui s’avère le plus résistant.
Passons maintenant au péché de jeunesse par excellence, le pissou ; ici, dans la cuisine. Explication du spécialiste : si elle fait là et pas ailleurs, c’est qu’elle est propre et d’ailleurs, le border est un chien d’extérieur, pourquoi dort-il dans la maison ? Oui, pourquoi ??? L’idée étant quand même de ne pas manier le torchon avant le p’tit déj’, il a fallu agir.
Résolution du problème : blâme sévère et privation de gâteries matinales.  On désigne le méfait d’un doigt vengeur et l’on éructe : « Cochon ! Qu’estafé là ??? Va te cacher !!! ». On a fini par en venir à bout et il faut voir Bounty (c’était elle) courir le matin toute frétillante dans la cuisine pour me montrer que tout va bien et qu’elle mérite une récompense.
Tirer comme un bœuf sur la laisse ? Normal ! Le Border n’a nul besoin d’une laisse qui entraverait son action au cas où vous seriez en danger. Sa mission est de vous garder et de vous protéger ; ne gênez pas ses mouvements… enfin !!!  tout de même !!!
C’est d’ailleurs pour cette même raison qu’il poursuit avec ardeur tout véhicule proche ou lointain (et quand le véhicule a des phares allumés… ouch !!). Mais c’est également la raison pour laquelle vous le tenez en laisse puisque vous aussi, à tort ou a raison pensez que vous devez protéger votre chien. Il faut donc un peu de temps (et de patience) pour décoder la situation.
Premièrement, expliquer que les véhicules à roues, avec ou sans moteur, ne sont pas des prédateurs naturels de l’homme qui lui a été confié ; qu’au surplus, l’homme n’est pas un mouton ou quelque autre cheptel.
Dans un deuxième temps, lui confier autre chose à garder, du genre baballe ou petit bâton ; après un temps d’incertitude, confronté au dilemme chasser la voiture ou garder le bâton, le border se souviendra qu’il est avant tout un gardien et renoncera à la chasse.
Alors vous en viendrez enfin au problème de tirer sur la laisse, épisode qu’enseignent tous les manuels d’éducation canine.  Je pense qu’il serait judicieux de le faire lire aux chiennes également.
Reste les objets variés rapportés et déposés un peu partout. Le Border ne tente pas d’améliorer votre la décoration de votre intérieur, pas du tout ! Il vous offre des cadeaux, des jouets, il aime jouer et il vous aime ; il veut vous faire partager ses joies. Il vous rapporte des petits bâtons, des lapins ou des oiseaux morts pour que vous vous amusiez à les lancer au loin sans vous inquiéter ; il ne se lassera jamais de vous les rapporter. Si vous trouvez ces jouets un peu salissants, dites-lui que vous préférez les ballons par exemple, il ne se vexera pas… il aime tant à vous faire plaisir !
Mais on ne peut pas jouer toute la journée, le border le comprend parfaitement et n’hésitera pas à vous seconder dans vos tâches ; aussi n’hésitez pas à lui confier vos outils ! A ce stade, il est admis de tricher un peu : vous utilisez un stylo, confiez-lui un os en caoutchouc ; il s’endormira le nez dessus tandis que vous écrirez et sa conscience sera tranquille.
Ce chien si attentif a aussi besoin de détente : offrez-lui un frisbee, il fera des cabrioles étonnantes. Apprenez-lui quelques tours simples : faire le beau, saluer, donner la patte (Bonjour madame, chez nous), rouler, faire des huit entre les jambes, marcher en slalom et en mesure et plus si affinités…
Et n’oubliez pas les longues marches en forêt, où il tentera bien de rassembler quelques biches ou chevreuils pour vous les offrir ; rassurez dans ce cas le garde-chasse : le border rassemble mais ne dévore pas (les chaises, oui ! les biches non !). D’ailleurs c’est un chien mieux toléré par les gardes forestiers que l’épagneul ou le labrador…
Comment en finir avec cet hymne à la gloire du Border ?... de manière abrupte puisque voici Bounty (c’est la noire) qui arrive frétillante et armée d’un morceau de bois… assez écrit pour aujourd’hui, il est temps de m’occuper d’elles…

mardi 14 février 2012

Le Taj-Mahal... une histoire d'amou


-LE TAJ-MAHAL-

C’est un palais de marbre blanc. Si léger qu’il semble flotter au-dessus du sol, comme aspiré dans le bleu du ciel. Un palais que nul roncier ne protège, où repose une princesse endormie à jamais. Le prince ne viendra pas la réveiller d’un baiser ; le prince, son amour repose à ses côtés.
Ce palais de rêve, cette demeure de conte de fées est un tombeau. Celui que Shah Jahan fit élever à la mémoire de son épouse tant aimée, Arjumand, Mumtaz-I-Mahal, « L’Elue du Harem ».
Il était à Agra une coutume : chaque année, lors du « Royal Meena Bazaar », les dames du Zenana avaient le droit, exceptionnellement dévoilées, de vendre leurs bijoux et bibelots précieux aux hommes de la cour du Grand Moghol. Là naissaient bien souvent des romances, là se décidaient des unions. Une année, Jahangir étant empereur, la jeune Arjumand à peine âgée de quatorze ans, avait été autorisée à paraître au Royal Bazaar pour y proposer ses menus trésors de jeune fille ; des parures d’argent bien modestes comparées aux trésors d’orfèvrerie, de joaillerie, d’or, de perles et de pierres précieuses que montraient les autres dames. Discrètement installée près de sa tante, sous un frangipanier, Arjumand regardait s’avancer dans les allées bordées de roses et de jasmins, le Padishah et sa suite. Dans ses pas, l’œil plus brillant que les diamants qui retenaient l’aigrette de son turban, s’avançait d’un pas nonchalant Shah Jahan, son fils ainé ; il admirait les éventaires et plus encore les marchandes d’un jour dont pour la plupart, il voyait pour la première fois le visage.
Arjumand éblouie, ne pouvait détourner les yeux de ce prince issu d’un conte ; et lui, croisant le regard de cette jeune beauté, oubliant le cortège, s’avança vers elle. C’était lui, c’était elle ! Il avait suffi d’un instant pour que naisse un amour éternel. Sans songer même à marchander comme le voulait l’usage, il acheta toute la bimbeloterie pour la somme astronomique de cent mille roupies. Somme dont la jeune fille avait besoin pour nourrir des miséreux. Ni l’un ni l’autre ne savaient que des années allaient s’écouler avant leur prochaine rencontre.
Shah Jahan, le soir même annonça à son père son intention d’épouser Aramnjud. Mais il était l’héritier d’un empire et son destin n’était pas de se marier à la fille d’un ministre, si influent et dévoué fût-il. La vie du prince héritier d’un empire est dévolue à ses états et son rôle est de former des alliances utiles. La nièce de l’empereur de Perse lui était promise ; rompre cet engagement aurait compromis la paix entre les deux peuples. Jahangir décida : qu’il épouse la princesse et plus tard il ferait d’Armanjud sa concubine. Indigné, Shah Jahan refusa : la place de son aimée était la première dans son cœur comme à la cour. Hélas, il dut céder et la mort dans l’âme épouser la Persane.
Armanjud, fidèle, pendant trois années refusa les meilleurs partis, au grand désespoir de sa mère qui la voyait vieillir sans époux. Pensez ! seize ans ! qui voudrait d’elle désormais ?
Pendant ces trois années, les amoureux ne se rencontrèrent qu’une seule fois et de nuit, dans les jardins du palais impérial. Ils se jurèrent à nouveau un amour éternel.
 L’empereur Jahangir pour sa part, attendait  le premier enfant mâle qui tardait à se montrer. L’épouse persane de Shah Jahan en dépit de ses prières demeurait stérile… et pour cause : Shah Jahan ne l’avait jamais touchée !
Quoi qu’il en soit, une épouse qui ne donne pas d’enfant ne peut être gardée ; en dépit de ses protestations, la nièce du Shah de Perse fut renvoyée à son oncle, assortie d’un somptueux dédommagement en argent, bijoux, chevaux et éléphants.
Alors les noces d’Armandjud et de Shah Jahan purent enfin être célébrées et la nouvelle épousée prit le nom de Mumtaz-i-Mahal. Le mariage n’altéra en rien leur amour. Un amour si fort que jamais Shah Jahan, à la réprobation générale, n’envisagea de prendre d’autres épouses, ni même d’avoir des concubines… ne serait-ce que pour épargner à sa bien-aimée de perpétuelles  grossesses. Entre naissances d’enfants vivants ou morts et  fausses couches à répétitions, Arjumand quatorze fois fut enceinte. Les époux ayant juré de ne jamais se séparer, elle le suivait partout, tant  au hasard des combats qu’il menait pour son père, que plus tard dans la fuite et l’exil qui précédèrent son accession au trône.
Ces périples, dans des carrioles pourtant confortables mais soumises aux cahots de routes mal aplanies, ruinèrent peu à peu la santé de l’impératrice. La quatorzième grossesse lui fut fatale.
Désespéré, Shah Jahan  lui offrit ce rêve de marbre blanc au sein duquel ils reposent, unis pour l’éternité.

lundi 13 février 2012

Une ponctuation d'actualité...

C'est Raymond Queneau qui l'a inventé:
Le Point d'Indignation, soit un double point d'exclamation renversé...
Savait-il à quel point on allait en avoir besoin????

Le vent qui vient des Ocreries....






"Nous constatons que tous les peuples ne se valent pas" -  Adolf Hitler dans Mein Kamf, 1924-1925
"Toutes les civilisations ne se valent pas", - Claude Guéant à l'Assemblée Nationale de France le 4 février 2012.

Comment faire du neuf avec du vieux.....ne laissons pas passer ça !

samedi 11 février 2012

vendredi 10 février 2012

L'adage n'a pas d'âge

"Les petits cadeaux entretiennent l'amitié"

mercredi 8 février 2012

A BON ENTENDEUR !


« Plus de sourds » , telle fut la première réclame en faveur du pavé de bois. Pour ceux qui ne comprenaient pas comment les cubes de bois créosotés pouvaient guérir de la surdité, on expliquait :  « Plus de sourds : tous écrasés ! »
C’est pour prévenir les suites de ce traitement trop radical qu’on a introduit l’usage des grelots et des clochettes au cou des chevaux de fiacre.
Aujourd’hui, la même recommandation macabre est invoquée par les fabricants d’automobiles, pour prouver « la marche absolument silencieuse » de leurs machines. Et si l’on peut établir que le piéton aplati ou mis en morceaux n’avait point l’oreille dure, le triomphe est complet.
Les pauvres conducteurs et propriétaires d’automobiles sont excédés de la trépidation de certains moteurs, ou du bruit de ferraille de certains châssis. La voiture capable de passer sur le corps des promeneurs avant qu’on l’ait entendue venir est évidemment, pour un vrai chauffeur, la voiture rêvée.

NOS LOISIRS-  Septembre 1908





Ras le bol!


Pendant combien de temps encore allons-nous tolérer d'être gouvernés par des gens qui méprisent toute culture dont ils sont ignorants; qui méprisent et ignorent aussi, dans la foulée leur propre langue en confondant culture et civilisation?

Qui laissent traiter les usagers des services sociaux comme de potentiels délinquants; la suspicion de fraude devenant plus forte que la présomption de bonne foi.
Qui déshumanisent le service public sous couleur de rentabilité. Naguère, il suffisait à une personne âgée isolée, d'être abonnée au quotidien local, pour être assurée que chaque jour, le facteur visiterait sa boîte aux lettres. "Les Hommes qui relient les hommes": tel était le slogan de l'époque; on se demande ce qu'il est devenu! Maintenant, les lettres sont jetées dans une boîte collective et personne ne sait qui vient relever son courrier; et c'est ainsi qu'on découvre des personnes mortes dans la solitude depuis plusieurs semaines.
Des gens qui vendent des armes à des pays où il faut ensuite envoyer nos soldats se faire exploser. Sont-ils fiers et leurs familles heureuse de leurs décorations à titre posthume?
Des gens qui augmentent sans vergogne les impôts des plus pauvres en laissant les plus fortunés étaler l'usage honteux qu'ils font de cette fortune; qui laissent des entités sans visage accumuler des profits en supprimant des emplois?
Qu'on me comprenne bien: je n'ai rien contre les riches, bien au contraire. En dépensant leur argent, ils encouragent les métiers d'art; métiers qui font travailler des gens, modestes pour la plupart. Cet argent qu'ils dépensent en oeuvres d'art, en concerts, en spectacles, en restaurants encourage l'artisanat d'excellence. Et l'argent gagné par cette excellence contribue au prestige de tous.
Vive la richesse dépensée et non aux profits accumulés. On ne viendra pas à bout de la misère du monde en cassant la machine à rêves, mais au contraire en laissant à chacun l'espoir que son travail, son talent pourront lui offrir une parcelle de cette richesse.
Encore faudrait-il apprendre dès l'école, qu'un métier, un travail n'est pas une corvée mais une des plus belles manières de réaliser sa vie; pas en accumulant des profits mais en donnant chaque jour le meilleur de soi-même..
La plupart des artisans d'art ont été des apprentis; ils n'ont pas eu de diplômes mais ont accumulé culture et savoir au fil des ans. Chaque nouveau jour était un jour heureux par la promesse d'une réalisation, d'une difficulté à résoudre souvent pas l'invention d'une technique.
J'ai vu ma mère, modiste, travailler jour et nuit, samedis et dimanches; elle m'a dit récemment que jamais elle n'avait trouvé cela pénible ni injuste. Et sa mère avant elle, modiste aussi, que je garde en mémoire assise à sa table de travail, près de la fenêtre d'où elle pouvait surveiller la rue des Dominicains, (à Nancy); de ce poste de commande, elle gagnait avec ses mains, sa liberté de femme.
Jamais ces femmes ne se sont plaintes de leurs vies qui étaient bien loin des romans roses.
Leur travail a été leur bonheur et leur indépendance. Il faudrait apprendre ça aussi dans les écoles!