mardi 15 février 2011

A chacun son bouquin...

Manouche, Manouche... j'ai longtemps hésité , puis hier en cherchant autre chose, j'ai trouvé ça:


C'est le tome II de huit; je pense que tu vas aimer et pour le cas où tu ne connaîtrais pas, cet extrait ; peut-être mon préféré, parce qu'il est encore d'actualité:


Les Mangeux d’Terre 


Je r’pass’ tous les ans quasiment
Dans les mêm’s parages,
Et tous les ans j’trouv’du chang’ment
De d’ssus mon passage ;
A tous les coups c’est pas l’mêm’ chien
Qui gueule à mes chausses ;
Et pis voyons, si je m’souviens,
Voyons dans c’coin d’Beauce,

Refrain

Y avait dans l’temps un bieau grand ch’min
- Cheminot, cheminot, chemine ! -
A c’t’heure n’est pas pus grand qu’ma main…
Par où donc que j’chemin’rai d’main ?

En Beauc’ vous les connaissez pas ?
Pour que ren n’se parde,
Mang’rint on n’sait quoué ces gâs-là,
I s’mang’rint d’la marde !
Le ch’min c’était, à leu’ jugé
D’la bonn’terre pardue :
A chaqu’labour i’s l’ont mangé
D’un sillon d’charrue.

Z’ont groussi leu’s arpents goulus
D’un peu d’glèb’ tout’ neuve ;
Mais l’pauv’ chemin en est d’venu
Minc’ comme eun’ couleuve.
Et moué qu’avait qu’li sous les cieux
Pour poser Guibolle !…
L’chemin à tout l’mond’, nom de Guieu !…
C’est mon bien qu’on m’vole !…

Z’ont semé du blé su l’terrain
Qu’is r’tir’nt à ma route ;
Mais j’leu’s en d’mande un bout d’pain,
I’s m’envoy’nt fair’ foute!
Et c’est p’têt’ ben pour ça que j’voués,
A m’sur’ que c’blé monte,
Les épis baisser l’nez d’vant moué
Comm’ s’i’s avaient honte !…

 O mon bieau p’tit ch’min gris et blanc
Su’ l’dos d’qui que j’passe !
J’veux pus qu’on t’serr ‘ comm’ça les flancs,
Car moué, j’veux d’l’espace !
Ousqu’est mes allumett’s ? … A sont
Dans l’fond d’ma pann’tière…
Et j’ f’rai ben r’culer vos mouessons,
Ah ! les mangeux d’terre !…

Deuxième refrain


Y avait dans l’temps un bieau grand ch’min,
- Cheminot, cheminot, chemine ! -
A c’t’heure n’est pas pus grand qu’ma main…
J’ pourrais bien l’élargir demain !
Gaston COUTE  


lundi 14 février 2011

LES BONNES MANIERES A LA GUERRE


L’année bissextile , soyez fin,
Semez du chanvre au lieu de lin.




Quand un Inférieur croise un Supérieur, l’Inférieur doit saluer le Supérieur.
Cette charmante coutume s’appelle le salut. Pour saluer, l’Inférieur porte sa main droite là, en mettant ses doigts comme ça. Quand un Supérieur entre dans la chambre d’un Inférieur, ce dernier doit saluer en bombant le torse. S’il n’a plus de torse, comme cela arrive à la guerre, il doit bomber les genoux, ou n’importe quoi de bombable. C’est la position du garde-à-vous. Dans le garde-à-vous, on doit mettre le petit doigt sur la couture du pantalon, et les pieds comme ça.
Attention : avant de saluer un Supérieur, il faut être sûr que c’est un supérieur. Un supérieur est un Gradé. Un Gradé se reconnaît au nombre de ses *burettes. Plus le gradé a de barrettes, plus le salut doit être servile.
Le salut est très joli. L’Inférieur doit y mettre beaucoup de respect pour le Supérieur, sauf en cas d’attaque thermonucléaire, où le salut pourra être effectué un peu plus vite.
Après le salut, il arrive que le Supérieur s’adresse à l’Inférieur. Celui-ci doit alors répondre
en tournant humblement son béret entre ses doigts gourds.

A un général, on dit « mon général »
A un colonel, on dit « mon colonel »
A un adjudant, on dit « mon adjudant »
A un deuxième classe, on dit « ta gueule », à condition d’être adjudant.


Pierre DESPROGES

*Attention, typo : je dis « barrettes ».

dimanche 13 février 2011

A chacun son bouquin...

Pour Agnès....
Ces paroles pleines de lyrisme et de poésie , d'un peuple à qui on a tout pris: son pays, ses traditions, sa religion et qui a su sauver son âme...
Agnès, je pense à toi.
P.

jeudi 10 février 2011

A chacun son bouquin...

C'est au tour de Seb. Il se peut que tu connaisse déjà ce livre; pour un amoureux des loups ce ne serait pas étonnant... Mais tant pis... si tu l'as déjà, passes- le à Anne et je t'en donnerai un autre.
P.




mercredi 9 février 2011

A chacun son bouquin...



Anne est en train de nettoyer son jardin, d'arracher les orties à pleines mains... Vas-y Anne, tu n'auras pas  de rhumatismes et pour t'encourager, suis les conseils de Gilles Clément qui n'est pas un forcené de la chasse aux "mauvaises herbes" bien au contraire!
Je partage son amour inconditionnel pour l'incomprise Berce géante du Caucase et dont on a tendance à dire (bien à tort) comme certain ministre de certains citoyens: Quand y'en a une ça va etc...

Et c'est pas vrai! c'est comme pour les gens, plus il y en a  plus c'est beau






mardi 8 février 2011

A chacun son bouquin...

Pour Odile, deux romans pas récents qui montrent les prémices de ce qu'elle est en train de vivre. Ca n'arrange rien évidemment, mais ça prouve que prédire ne sert à rien... et puis, Christiane Rochefort est si agréable à lire si je m'écoutais, je t' offrirais la totalité de ses bouquins:

lundi 7 février 2011

Marie Laforet - La tendresse - une vidéo Musique.avi

A chacun son bouquin...

Marité, c'est à toi!
J'avais pensé à Manhattan Transfer , mais j'ai cru comprendre que la "Grosse Pomme" (l'autre, pas moi) ne t'avait pas laissé que de bons souvenirs. Cette ambiance là te conviendra mieux me semble-t-il:
Afficher l'image en taille réelle

Et je ne résiste pas à t'offrir un de mes passages préférés et là, le choix est difficile.... j'en aime tant!
Alors...tiens... celui-là:

A ce moment le père Simon  apparut dans l'encadrement de la porte pour frapper dans ses mains et donner ainsi le signal de l'entrée en classe. Tous, dès qu'ils le virent, se précipitèrent avec impétuosité vers les cabinets, car on remettait toujours à la dernière minute le soin de vaquer aux besoins hygiéniques réglementaires et naturels.
Et les conspirateurs se mirent en rang silencieusement, l'air indifférent, comme si rien ne s'était passé et qu'ils n'eussent pris, l'instant d'avant une grande et terrible décision.
Cela ne marcha pas très bien en classe, ce matin_là et le maître dut crier fort pour contraindre ses élèves à l'attention. non qu'ils fissent du potin, mais ils semblaient tous perdus dans un nuage et restaient absolument réfractaires à saisir l'intérêt que peut avoir pour de jeunes Français républicains l'historique du système métrique.
La définition du mètre, en particulier, leur paraissait horriblement compliquée: "Dix millionième partie du quart, de la moitié... du... ah! merde!" pensait le grand Lebrac. 
Et se penchant vers son voisin et ami Tintin, il lui glissa confidentiellement:
-Eurêquart!
Le grand Lebrac voulait sans doute dire: Eurêka! Il avait vaguement entendu parler d'Archimède, qui s'était battu au temps jadis avec des lentilles.
La Crique lui avait laborieusement expliqué qu'il ne s'agissait pas de légumes, car Lebrac à la rigueur comprenait bien qu'on put se battre avec des pois qu'on lance dans un fer de porte-plume creux, mais pas avec des lentilles.
-Et puis, disait-il, ça ne vaut pas les trognons de pommes ni les croûtes de pain.
La Crique lui avait dit que c'était un savant célèbre qui faisait des problèmes sur des capotes de cabriolet, et ce dernier trait l'avait pénétré d'admiration pour un bougre pareil, lui qui était aussi réfractaire aux beautés de la mathématique qu'aux règles de l'orthographe...."
P:))



dimanche 6 février 2011

A chacun son bouquin...

Souvent je me reproche de ne pas laisser de commentaires, mais quand le post est pertinent, que rajouter?
"Ca cause tout seul!" comme disait madame Odette, une des modistes de l'atelier de ma mère...
Aujourdh'ui, c'est à Jean-Jacques que j'offre une nouvelle d'André Pieyres de Mandiargues:

Le Passage Pommeraye
tirée du recueil," Le Musée Noir":



P.

samedi 5 février 2011

Choisir?? ou ne pas choisir... telle est la question...

Et on va me dire encore une fois que je ne peux rien faire comme tout le monde! Ben, non! je peux pas et voici la chose: Lulu m'offre un livre et je dois à mon tour offrir un livre à cinq lecteurs... lectrices même, mais je ne suis pas sexiste et j'ai plus de cinq amis qui viennent me dire bonjour régulièrement. Comment choisir? Les plus fidèles? tout vous êtes fidèles... Les plus anciens??? oui, bien sûr mais que fait-on de la parabole du Bon Pasteur? il faut bien montrer aux nouveaux qu'ils font partie de la famille.... Alors, j'ai choisi de ne pas choisir et je vais offrir un livre chaque jour, sans ordre de préséance mais quand je trouverai le bon livre pour la bonne personne, et tout d'abord, à tout seigneur tout honneur, celui-ci pour Lulu:


Tu y trouveras, Lulu, de précieuses informations sur la vie de tes aïeules.

kiss kiss 
P:))

vendredi 4 février 2011

Pensées et maximes


Si tous ceux qui croient avoir raison n'avaient  pas tort, la vérité ne serait pas loin.

Pierre DAC

jeudi 3 février 2011

L'âme des poètes


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule sait les rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? - Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul VERLAINE

mardi 1 février 2011

LIRE ET RELIRE


Un départ pour la guerre-


Ainsi dit l'illustre Hector, et il tend les bras à son fils.
Mais l'enfant se détourne et se rejette en criant sur le sein de sa nourrice à la belle ceinture: il prend peur à l'aspect de son père; le bronze l'effraie et le panache aussi en crins de cheval, qu'il voit osciller, au sommet du casque, terrifiant. son père éclate de rire, et sa mère également. Aussitôt, l'illustre Hector ôte le casque de sa tête: il le dépose, resplendissant, sur le sol. Après quoi, il prend son fils, et le couvre de baisers, et le berce en ses bras. Et il le remet dans les bras de sa femme; et elle le reçoit sur son sein parfumé avec un rire en pleurs.

HOMERE


Mais la guerre n'est pas jolie! L'illustre Hector a péri et sa femme et son fils son captifs du vainqueur:

Dois-je oublier Hector privé de funérailles,
Et traîné sans honneur autour de nos murailles?
Dois-je oublier son père à mes pieds renversé,
Ensanglantant l'autel qu'il tenait embrassé?
Songe, songe, Céphies, à cette nuit cruelle
Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle.
Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
Entrant à la lueur de nos palais brûlants,
Sur tous mes frères morts se faisant un passage,
Et, de sang tout couvert, échauffant le carnage.
Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants,
Dans la flamme étouffés, sous le fer expirants.
Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue:
Voilà,comment Pyrrhus vint s'offrir à ma vue;
Voilà,par quels exploits il sut se couronner;
Enfin, voilà l'époux que tu me veux donner.
Non, je ne serai point complice de ses crimes;
Qu'il nous prenne, s'il veut, pour dernières victimes

RACINE - Andromaque