dimanche 29 août 2010

vendredi 27 août 2010

Baisse un peu l'abat-jour - Elyane Célis

AOÛT – semaine 4 – jour 5- C’EST POUR RIRE




Quand août est pluvieux,
Septembre est radieux



LE CAPITAL


Si, dans l’œuvre magistrale de Karl Marx, « Le Capital », on remplace partout le mot « prolétaire » par « caleçon à fleurs », le « travail » par « œuf dur mayonnaise », le mot « capital »par « godemichet à clochettes » et les mots « lutte des classes » par « tango voyou », on obtient une œuvre entièrement nouvelle, parfaitement correcte du strict point de vue de la syntaxe et parfaitement cohérente du point de vue de la logique pure, mais dont les enseignements qu’on en peut tirer sont beaucoup moins pernicieux quant à leurs effets sur la productivité des couches déshéritées bien que laborieuses de la population.

François CAVANNA – Almanach-Agenda 1985






Une riche vieille dame décide d'aller faire un safari photos en Afrique.

Elle emmène son fidèle vieux caniche pour lui tenir compagnie.  


Un jour, le caniche part à la chasse aux papillons, et avant longtemps, il s’aperçoit qu'il s’est perdu.

Errant au hasard en tentant de retrouver son chemin, il voit un léopard courir vers lui avec l'intention visible de faire un bon repas. Le vieux caniche pense:
"Oh, oh! Je suis vraiment dans la m....…, là!"
Remarquant les quelques os d ’une carcasse qui traîne sur le sol à proximité, il se met aussitôt à mâcher les os, tournant le dos au léopard qui approche. Quand  celui-ci est sur le point de lui sauter dessus, le vieux caniche s'exclame haut et fort :


"Ouah, ce léopard était vraiment excellent! Je me demande s'il y en a d’autres par ici?"
En entendant cela, le jeune léopard interrompt son attaque en plein élan, il regarde le caniche avec effroi, et s ’enfuit en rampant dans les fourrés.

"Ouf!", soupire-t-il, "C'était tout juste! Ce vieux caniche a failli m’avoir!" 
Cependant, un vieux singe, qui avait observé toute la scène d’une branche d'arbre à proximité, se dit qu’il pourrait mettre à profit ce qu’il sait en négociant avec le léopard et obtenir sa protection.

Il part donc le rattraper mais le vieux caniche, le voyant courir à toute vitesse après le léopard, réalise que quelque chose se trame. Le singe rattrape vite le léopard, lui dévoile le pot aux roses, et lui propose son plan. 

Le jeune léopard est furieux d'avoir été trompé :


"Arrive ici, le singe, monte sur mon dos, et tu vas voir ce qui va arriver à ce petit malin!"

Le vieux caniche voit le léopard accourir avec le singe sur son dos et s’inquiète : 
"Que vais-je faire maintenant?"


Mais au lieu de s’enfuir, le chien s’assied dos à ses agresseurs, faisant semblant une fois de plus de ne pas les avoir vus, et juste au moment où ils arrivent à portée de voix, il s ’exclame :
"Où est donc ce foutu singe? Ça fait une heure que je l ’ai envoyé me chercher un autre léopard!"
Morale de cette histoire :
On ne plaisante pas avec les vieux de la vieille.

mercredi 25 août 2010

Judy Garland - Over The Rainbow (Subtitiles)

L'ODEUR DES ROSES


Vos dernières roses s' effeuillent; gardez-en tout l'hiver le souvenir.

Dans un bocal (joli), alternez couches de pétales de roses et sel fin. Ajoutez deux cuillers à café d'huile essentielle de rose et un petit verre d'alccol à 70°. Bouchez hermétiquement et laissez macérer.

Il suffira de laisser le bocal débouché dans une pièce pour que revienne au plus froid de la saison le parfum de votre jardin d'été.

P

OVER THE RAINBOW



En 2011 après Jésus-Christ, Dieu visite à nouveau Noé et lui dit:

- "Une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée.Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant ainsi que
quelques humains parmi les plus méritants..

Dans six mois, j'envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits, et je détruis tout !"

- Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu'une vague ébauche de chantier.

- "Mais, Noé, tu n'as pratiquement rien fait ! Demain, tu le sais, c'est le Déluge!"

- "Pardonne-moi, Tout Puissant, j'ai fait tout mon possible mais ....les temps ont changé:
J'ai essayé de bâtir l'arche, seulement il faut un Permis de Construire et le bureau instructeur me fait des ennuis au sujet du système d'alarme anti-incendie et du contrôle des termites.

- Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l'échafaudage dans ma cour viole le règlement de copropriété et obstrue leur
vue.

(J'ai dû recourir à un médiateur-conciliateur et la décision est en appel au tribunal administratif qui doit donner son verdict en août 2012).

- l'Urbanisme m'a obligé à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l'arche jusqu'à  la mer.  Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu'à nous.

- La coupe du bois de construction navale s'est heurtée aux multiples Associations pour La Protection de l'Environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par les Eaux et Forêts n'avait pas de valeur aux yeux du Ministère de l'Environnement, et que  cela détruisait l'habitat de plusieurs espèces animales. J'ai pourtant expliqué qu'il s'agissait, au contraire de préserver ces espèces, rien n'y a fait..

- J'avais à peine commencé à rassembler les couples d'animaux que la SPA et le WWF me sont tombés sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux que je  soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que j' enfermais dans des pièces trop exiguës.

- Ensuite, l'agence gouvernementale pour le Développement Durable a exigé une étude de l'impact sur l'environnement de ce fameux déluge.

-Dans le même temps, je me débattais avec le Ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles
Je les avais embauchés car les Syndicats m'avaient interdit d'employer mes propres fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs hautement  qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.

- Enfin le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les Douanes menaçaient de m'assigner devant les  tribunaux pour tentative de franchissement de frontière en possession d'espèces protégées ou reconnues comme "dangereuses".

- Aussi, pardonne-moi, Tout Puissant, ... j'ai manqué de persévérance...et j'ai abandonné le projet".

Aussitôt les nuages se dissipèrent, un arc-en-ciel apparut et le Soleil se mit à briller.

- "Mais tu renonces à détruire le monde ? " demanda Noé.-

 "Inutile, répondit Dieu, l'ADMINISTRATION s'en charge !"- "






lundi 23 août 2010

Shame! Shame! Shame!

Combien de Djangos sommes-nous en train d'expulser????








Les yeux noirs django reinhardt

AOÛT- Semaine 4 – jour 1 – US ET COUTUMES


Si Saint-Barthélemy fait ciel d’ange ;
Beaux fruits, belle vendange

LES NOMBRES : le 8

Dans les traditions européennes, le huit ne figure pas parmi les grands chiffres magiques. On dit seulement que les personnes faibles, indécises et craintives sont plus que d’autres portées à rêver du huit.
Ce huit qui lui-même quand il est couché représente l’infini.
Cependant en Chine, être huit à table porte bonheur et c’est chez les Dogons le chiffre de la Création.
En Inde, Vishnou a la chance d’avoir huit bras, ce qui à certains moments conviendrait parfaitement à nous autres mortels.
A Yokohama, un temple de forme octogonale, renferme les statues des huit sages du monde : quatre japonais, les princes Shôtoku, Kôbo Daishi, Shinran et Nichiren et pour le reste du monde : Câkyamuni, Confucius, Socrate et Jésus.


















dimanche 22 août 2010

Renaud - La Butte Rouge

AOÛT- semaine 3 – jour 7- QUEL METIER




La nuit d’août
Trompe les sages et les fous




 La couturière

Que serait la mode sans les couturières ?
Et pourtant !...
Leur existence en tant que corporation ne remonte qu’à l’année 1675. Auparavant, seuls les tailleurs possédaient le privilège officiel d’habiller les hommes comme les femmes. Par exception, les filles des maîtres-tailleurs, et encore, avant d’être mariées, avaient le droit de vêtir les enfants jusqu’à l’âge de huit ans.
Dans les faits, depuis que les femmes savent tenir une aiguille, elles cousent, avec plus ou moins de bonheur ; les moins adroites trouvant toujours le moyen de se faire aider des plus habiles. Dans les maisons riches comme dans les campagnes, nombreuses étaient les femmes qui allaient « en journée » travailler comme lingères, couseuses ou repasseuses. De là à réaliser des toilettes entières, le pas était vite franchi, ce qui n’était guère du goût de Messieurs les Tailleurs, qui leur menaient une guerre sans merci, portant plainte auprès des lieutenants de police, les faisant écraser de lourdes amendes, et allant jusqu’à faire saisir chez elles étoffes et costumes.
Mais jamais on ne put interdire aux femmes de préférer volants et dentelles aux sévères costumes de lainage. Grâce au soutien de leurs employeuses et clientes, les couturières ont fini par avoir gain de cause. Rose Bertin en 1770, ouvrit son magasin de modes à l’enseigne du « Grand Mogol ». Le succès fut tel que la reine Marie-Antoinette fit de la couturière son « ministre de la mode ». C’est ainsi que s’ouvrit la route que suivirent plus tard Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, Sonia Rykiel et tant d’autres.
La couture sut prendre si bien sa place aux côtés des tailleurs que les hommes ont voulu devenir couturiers. Cependant, chez Christian Dior, Yves Saint-Laurent ou Christian Lacroix, pour ne citer qu’eux, le distinguo subsiste : il y a dans les maisons de couture, les ateliers « tailleur » dirigés le plus souvent par un homme et les ateliers de « flou » dont la « première » est la plupart du temps une femme.
Les couturières toujours soignées et bien mises ont partagé avec les lingères et les modistes la douteuse réputation d’avoir des mœurs légères. S’il est vrai que la précarité de leur condition a pu inciter certaines, -dans les siècles précédents surtout-, à embrasser la profession plus rémunératrice de courtisane, la plupart d’entre elles ont su vivre d’un travail aimé quoique souvent ingrat. Certaines, et là je cite encore Chanel, ont largement contribué au renom de l’artisanat français dans le monde.

P

.

samedi 21 août 2010

HELP!



Pour signer la pétition, rendez-vous sur http://laregledujeu.org







vendredi 20 août 2010

jeudi 19 août 2010

chansons historiques de France 168 : Je me suis engagé 17e siècle

Plus fort que les violons...

Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station « Enfant Plaza » du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C'était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et à nouveau, du Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail. Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré enaccélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Peu après, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard. Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger. Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Personne ne l'a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n'a applaudi. Sur plus de mille passants, seule une personne l'a reconnu. Ce violoniste était Joshua Bell, actuellement un des meilleurs musiciens de la planète. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius valant 3,5 millions de dollars.Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation future au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place. C'est une histoire vraie. L'expérience a été organisée par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ? Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde, jouant pour nous gratuitement quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, avec un violon Stradivarius valant 3,5 millions de dollars, à côté de combien d'autres choses passons-nous ? A méditer ...


Cette histoire me fait souvenir d'un autre violoniste... Il n'était pas célèbre, son instrument n'était pas un Stradivarius et très vraisemblablement, aucune grande salle de concert n'avait fait ni ne ferait jamais appel à lui.Il faisait la manche dans Central Park. Son répertoire n'était pas bien compliqué, mais il jouait bien, avec émotion dans ce matin froid et ensoleillé de Mars à New-York et lui, nous l'avons écouté... parce que nous étions "en vacances"; nous avions le temps. Et je me demande en lisant cette histoire, si au temps où je courais dans les couloirs du métro parisien -et à Franklin D. Roosevelt, ils sont longs et propices aux concerts improvisés- si, Ivry Gitlis ou Ishtac Perlmann avaient joué les mêmes morceaux, aussi amoureuse de la musique que je sois, j'aurais pris le temps de m'arrêter et d'écouter au risque de commencer ma journée detravail en retard Le vrai problème, n'est pas l'indifférence des passants mais l'état de stress dans lequel la société les conduit au point de ne pas s'accorder le temps d'un plaisir innocent et vrai. Et plus grave encore, celui de ces enfants a qui des parents aimants et attentionnés inculquent l'idée que n'importe quelle obligation quotidienne est plus important pour eux que le cadeau imprévu que leur fait la vie.

P.

mercredi 18 août 2010

Sortilèges

"C'est pendant que dure le temps des moissons que les herbes à sortilèges sont les plus efficaces et qu'il est recommandé de les travailler, d'en extraire les sucs, d'en distiller les essences, ou de les mettre soigneusement à sécher. C'est au plus fort de la canicule, au point culminant de l'orage, que les Dames Vertes, Verdelettes, Ancôlines, cueillent le lierre et se baignent dans la "coupe verridine" et régénèrent leur beauté. Les mortelles qui feront de même ne connaîtront jamais les outrages de l'âge."
Pierre DUBOIS, elficologue

Vocabulaire




AIDE AU TIERS MONDE : Aide payée par les pauvres des pays riches pour aider les riches des pays pauvres. (Robert Burron)

AMI - AMIE : Se dit d'une personne du sexe opposé qui a ce 'Je ne sais quoi' qui élimine toute envie de coucher avec elle.

AMOUR : Mot en 5 lettres, trois voyelles, deux consonnes et deux idiots.
AUTO-STOPPEUSE : Jeune femme généralement jolie et court vêtue qui se trouve sur votre route quand vous êtes avec votre copine.
AVOCAT : Seule personne qui écrit un document de 10.000 mots et l'intitule 'Sommaire'. (Franz Kafka)
BABY SITTER : Adolescents tenus de se conduire comme des adultes, de manière à ce que les adultes qui sortent puissent se comporter comme des adolescents.
BAGNOLE : Vieille auto dont toutes les pièces font du bruit, sauf la radio.
BANQUIER : Homme qui te prête un parapluie par beau temps et qui te le reprend lorsqu'il commence à pleuvoir. (Mark Twain)
CAPITALISME : Régime dans lequel l'homme exploite l'homme. En régime socialiste c'est l'inverse.
CONFIANCE : Liberté que l'on accorde à une personne pour qu'elle fasse des bêtises.
CONSULTANT : Celui qui retire la montre de ton poignet, te donne l'heure et te fait payer le service.
DANSE : Expression verticale d'un désir horizontal.
DÉMOCRATIE : Régime où tout le monde a le droit de dire que l'on est en dictature. (Georges Hahn)
DICTATURE : Régime où tout le monde doit dire que l'on est en démocratie. (Georges Hahn)
DÉSILLUSION : Sentiment ressenti lorsque le superbe postérieur ne coïncide pas avec le visage qui se retourne.
DIPLOMATE : Celui qui te dit d'aller te faire foutre d'une telle façon que tu as très envie de commencer le voyage.
ÉCONOMISTE : Expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui.
EXAMEN ORAL : Épreuve d'admission de stagiaires à la Maison Blanche.
FACILE : Se dit d'une femme qui a la même morale sexuelle que les hommes.
FEMME : Ensemble de courbes qui font redresser une ligne.
GARDE-ROBES : Endroit où pendent ses vêtements quand il n'y a plus de poignées de porte  disponibles.
JURY : Groupe de douze personnes, réunies par tirage au sort, pour décider qui, de l'accusé ou de la victime, a le meilleur avocat.
MISÈRE : Situation économique qui a l'avantage de supprimer la crainte des voleurs. (Alphonse Allais)
MARIAGE : Union qui permet à deux personnes de supporter des choses qu'ils n'auraient pas eu besoin de supporter s'ils étaient restés seuls.
PARENTS : Deux personnes qui montrent à un enfant à parler et à marcher, pour ensuite lui dire de s'asseoir et de fermer sa gueule.
PÉNIS : Une petite racine au bout d'un gros légume.

PÉTER : Éternuer dans ses sous-vêtements.

POISSON : Animal dont la croissance est excessivement rapide entre le moment où il est pris et le moment où le pêcheur en fait la description à ses amis..
PROGRAMMEUR : Celui qui résout un problème que vous n'aviez pas, d'une façon que vous ne comprenez pas.
PSYCHIATRE : Homme intelligent qui aide les gens à devenir cinglés.
RICHESSE : Seul moyen d'échapper à la misère. (Voir ce mot)
SANG-FROID : Chose facile à avoir au mois de décembre.
SCOUT : Petit gars habillé en niaiseux qui suit un grand niaiseux habillé en p'tit gars.
TOURISME : Activité consistant à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des endroits qui seraient mieux sans eux.









mardi 17 août 2010

Confiture littéraire

C'est le temps des confitures. Si en dépit des mises en garde, vous avez ramassé des mûres et en avez fait des confitures, vous n'êtes pas obligés de les manger.
Faites comme Georges Duhamel:

Le jour que nous reçûmes la visite de l’économiste, nous faisions justement nos confitures de cassis, de groseille et de framboise.
L’économiste, aussitôt, commença de m’expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-même, que c’était une coutume du moyen-âge, que, vu le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute économique.
-Attendez, monsieur ! m’écriai-je. Le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal ?
-Quoi donc ? fit l’économiste.
-Mais l’odeur, monsieur, l’odeur ! Respirez : la maison tout entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l’odeur des confitures !
L’économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d’herbivore. Je commençais de m’enflammer.
-Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement pour le parfum. Le reste n’a pas d’importance. Quand les confitures sont faites, eh bien ! monsieur, nous les jetons.J’ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum.

LE MONDE 17 août 2010




" M. Sarkozy prend les Français pour des imbéciles "


LÉA CRESPI POUR " LE MONDE "
Daniel Cohn-Bendit, leader d'Europe Ecologie et député européen, réagit à l'offensive sécuritaire du chef de l'Etat




ENTRETIEN
A la veille des Journées d'été du rassemblement des écologistes (Verts et Europe Ecologie) qui s'ouvrent jeudi 19 août à Nantes, Daniel Cohn-Bendit réagit à la surenchère sécuritaire dans laquelle se sont engagés Nicolas Sarkozy et son gouvernement. " C'est un populisme de l'exclusion pour rassembler la droite dure sur le dos des minorités ", accuse le chef de file d'Europe Ecologie en dénonçant " un positionnement pervers ". Mais la gauche, ajoute-t-il, ne peut se contenter d'une posture de protestation.


Comment jugez-vous les propositions de Nicolas Sarkozy sur la sécurité ?

Je dirais que stupidité et malveillance sont les deux nouvelles mamelles du sarkozysme. Stupidité parce que tout le monde sait que quelqu'un qui tue un policier est déjà condamné à la perpétuité. Croit-on vraiment que son problème, avant de passer l'acte, sera de savoir s'il sera déchu ou pas de la nationalité française ? Imaginons qu'il est déchu. S'il n'est que français, quel pays va le prendre ? Aucun. Donc, quand il sortira de prison, il sera apatride. Comme il y a une convention internationale qui interdit de créer des apatrides, c'est irréalisable juridiquement. Si je suis poli, je dis que Nicolas Sarkozy prend les Français pour des imbéciles. Le fond de ma pensée est qu'il les prend pour des cons.
Cette politique est aussi malveillante. Parce qu'elle produit en permanence de l'exclusion. C'est un populisme de l'exclusion pour rassembler la droite dure, la France profonde, sur le dos des minorités. Le ministre de l'intérieur va-t-il demander que la mère, de souche totalement française, qui a tué ses quatre enfants soit déchue de sa nationalité ?


Le chef de l'Etat justifie ses propositions par l'échec des politiques d'intégration depuis cinquante ans. Est-ce fondé ?

Oui, la question de l'échec de l'intégration doit être abordée. Mais il faut remettre les choses dans l'ordre : c'est la désintégration de la société qui crée les problèmes d'intégration, et non la criminalité extrême. Là où le positionnement de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon est pervers, c'est qu'il rend la société aveugle. Pour la droite, puisque Sarkozy prétend avoir des solutions, plus personne ne réfléchit sur le sujet. Pour la gauche, qui se réfugie dans sa posture de vierge outragée et qui n'est plus obligée de se poser ces questions parce que l'action du gouvernement est tellement détestable que la posture de protestation semble suffire.


Qu'est-ce que la gauche peut proposer ?

Elle doit d'abord expliquer que la réponse devra s'inscrire dans la durée. Dans ce domaine, il n'y a pas de baguette magique, contrairement à ce que veut faire croire M. Sarkozy depuis huit ans. Son bilan le démontre : depuis huit ans, il trouve de nouvelles solutions censées apporter des réponses définitives mais le résultat est nul. Notre réponse devra être sociale, éducative et répressive.
A nous de lancer ce débat. Comme sur la dépénalisation du cannabis. Comme sur les " salles de shoot ", dont toutes les expériences européennes montrent l'efficacité. Fermer ces salles, c'est de la non-assistance à personne en danger, c'est criminel. Comme sur les banlieues, pour lesquelles il faut sans doute imaginer un " new deal ", un plan d'investissement sur cinq ou dix ans. Comme pour les Roms, où on doit travailler à l'échelle européenne pour créer un statut leur permettant de voyager, de s'insérer et de s'organiser pour lutter contre les mafieux.
En passant, sur ce dernier sujet, je suggère aux bien-pensants qui soutiennent Nicolas Sarkozy d'aller voir les conditions de vie des Roms en Roumanie et en Bulgarie. Je voudrais que le docteur Kouchner ou le philosophe André Glucksmann, par exemple, aillent constater l'état de racisme et de ségrégation dans ces pays. Est-il humainement responsable d'expulser dans ces pays ? Leur réponse m'intéresserait.


Pourquoi la gauche est-elle aussi gênée sur la sécurité ?

L'embarras de la gauche, c'est que l'argument sécuritaire, fondé sur le rejet, l'exclusion, voire la stigmatisation de boucs émissaires, tend à être majoritaire dans l'opinion. Mais au lieu d'affronter cette majorité, au lieu d'assumer la réalité, de dire la vérité et d'ouvrir des débats qui dérangent sur la sécurité, la gauche préfère rester dans l'évitement.
Du même coup, elle n'ose pas affronter certains problèmes d'actualité. Oui, parmi les Roms, il y a des organisations criminelles qui instrumentalisent des enfants pour la mendicité, oui, il y a des réseaux mafieux. Oui, dans certaines banlieues, il existe des réseaux mafieux, minoritaires mais très néfastes pour la population. Mais les réponses de Sarkozy ne permettront pas de résoudre ces problèmes.


Le chef de l'Etat n'est-il pas en phase avec la crispation sécuritaire et identitaire de beaucoup de sociétés européennes ?

C'est exact. Nos sociétés se sentent aujourd'hui dans une insécurité permanente. Une insécurité économique et sociale mais aussi une insécurité liée à la délinquance, ne le nions pas. Dans beaucoup de pays, face aux difficultés économiques, la droite joue sur l'exclusion pour garder, pour conquérir une majorité. Je tiens à préciser que, pour l'instant, la droite allemande ne joue pas cette carte-là : elle a compris que cette carte se retourne toujours contre celui qui l'utilise parce que cette politique est complètement inefficace.
C'est pour cela que j'en veux à Nicolas Sarkozy et à François Fillon. Ce ne sont pas des imbéciles, ils savent que cette politique est inefficace. Ils jouent avec cela parce qu'ils ne savent plus quoi faire sur les autres sujets et expliquer aux Français, par exemple, pourquoi la croissance économique au deuxième trimestre est de 0,6 % en France, contre 2,2 % en Allemagne. Qu'on dise qu'il y a un problème de sécurité, oui. Mais qu'on l'instrumentalise pour masquer son impuissance politique, non.


La gauche n'est pas plus à l'aise sur la question de l'immigration.

Dans les prochaines années, l'Europe aura besoin d'immigration en raison de son évolution démographique et de son vieillissement. Tout le monde le dit, même l'OCDE, qui n'est pas vraiment une organisation d'extrême gauche. Nous avons donc besoin de règles européennes pour réguler les entrées sur le continent européen. Au fond, nous avons construit une maison commune qui s'appelle l'Europe. Mais nous avons oublié les portes. Des portes peuvent être ouvertes ou fermées - il faut en définir collectivement les règles. Dans le même temps, comme le font les Américains, tous les dix ou quinze ans, malgré une politique d'immigration très dure, il faut aussi des processus de régularisation en masse des sans-papiers.


Y a-t-il aujourd'hui une majorité en Europe pour faire évoluer l'ensemble de ces règles ?

Le grand problème, à droite comme à gauche, est d'avoir peur de la réalité. Pour la droite, le tabou est d'accepter que les régularisations des sans-papiers sont inévitables. Parce qu'en laissant des sans-papiers, on crée des inégalités, donc des difficultés sociales, donc de la criminalité. La droite ne veut pas voir cette réalité. De son côté, la gauche doit accepter que l'immigration doit être régulée et qu'il faut donc accepter de définir comment on entre en Europe et comment on en sort. Les Verts européens ont de nombreuses propositions qu'il serait intéressant de confronter publiquement avec Brice Hortefeux.


La gauche ne s'est-elle pas laissé enfermer sur la question des sans-papiers en délaissant les questions d'intégration ?

La gauche s'est laissé enfermer sur la question de la régulation, c'est-à-dire de l'entrée sur le continent européen. Elle s'est aussi laissé enfermer dans un débat sur l'immigration sans parvenir à imposer le sujet de l'école. Or l'intégration, c'est l'école. A la gauche de réfléchir aux réformes de l'éducation pour l'adapter à la nouvelle structure de nos populations.
Le drame de la situation actuelle, c'est que la politique de Nicolas Sarkozy nous rend aveugle. On doit évidemment la condamner. Mais le risque, c'est qu'il nous empêche de nous poser les bonnes questions pour trouver des solutions et que chacun reste dans son jeu de rôle. Vu de gauche, les bonnes âmes, c'est nous, et les méchants, c'est la droite. Vu de droite, la gauche bien-pensante occulte des problèmes essentiels de notre société. Les politiques se renvoient ainsi la balle en permanence. Il faut un débat ouvert parce que les citoyens français sont divisés. Tant qu'on n'aura pas compris la complexité du problème, on n'arrivera pas à trouver des solutions.


Allez-vous participer à l'université d'été des Verts ?

Oui. Après réflexion, je n'ai pas voulu provoquer une rupture qui serait une erreur. Pour nous, à Europe Ecologie, la question est de savoir quelle est la force réelle du noyau dur des Verts qui ne veut pas de nous. Il faut le mesurer pour savoir, d'ici au mois de novembre, si nous pouvons continuer notre aventure commune.


Avez-vous envie de poursuivre cette aventure ?

C'est une nécessité. Les écologistes sont absolument nécessaires pour donner une certaine crédibilité dans les propositions de la gauche. Cela concerne aussi bien les contenus (la transformation écologique, l'éthique de la politique) que les discours : on ne peut plus essayer de faire croire aux Français que nous allons raser gratis.
Europe Ecologie doit être la passerelle réformiste et réaliste entre le Front de gauche, les socialistes et le centre républicain opposé à Sarkozy. Et, surtout, pour reconquérir une hégémonie culturelle. Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter publiquement avec la droite. Rénover la culture démocratique doit être un de nos leitmotivs.
Propos recueillis par Luc Bronner et Gérard Courtois
© Le Monde

dimanche 15 août 2010

AOUT – semaine 2 – jour 7 – ON CONNAIT LA CHANSON





Quand il pleut en août
Il pleut mal et bon moût


CHERCHE LA ROSE



Dans les sables du désert,
Sur les dunes de la mer,
Et tant pis si tu te perds,
Cherche la Rose.
Aux lucarnes des prisons,
Où l’on rêve de pardon,
Où se meurt une chanson,
Cherche la rose.
Sous les mousses, les orties,
Dans les flaques de la pluie,
Sur les tombes qu’on oublie,
Cherche la Rose.
Où s’attristent les faubourgs,
Chez l’aveugle, chez le sourd,
Où la nuit rêve du jour,
Cherche la Rose, la Rose toujours.

Dans les ronces, les cailloux,
Dans la fange, dans les trous,
Où s’égarent tous les fous,
Cherche la Rose.
Dans les paumes des vaincus,
Le lit des enfants perdus,
Des madeleines, des Jésus,
Cherche la Rose.
Au fond de ton cœur meurtri,
Où la source se tarit,
Où dans l’ombre monte un cri,
Cherche la Rose.
Et battant tous les pavés,
Si tu ne l’as point trouvée,
Tu l’auras au moins rêvée,
Cherche la Rose toujours
La Rose d’amour.


Paroles René Rouzaud, musique Henri Salvador



Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.

Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ;c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le  coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave,la nie, l'insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé '.
Victor HUGO,
dans ' Napoléon, le petit ' (Réédité chez Actes Sud)

samedi 14 août 2010

AOUT – semaine 2 – jour 6- LIRE ET RELIRE


A la Sainte-Hélène
La noix est pleine
Et le cerneau
Se met dans l’eau

Dans les « Révélations de la mémoire » Jacqueline de Romilly, raconte comment un mot, une lumière, une odeur font jaillir un souvenir « vivant » alors même qu’elle n’est pas certaine de l’exactitude du moment évoqué. Elle est presque centenaire, pratiquement aveugle, devient sourde et perd beaucoup de sa mémoire. Elle a dicté cet ouvrage d’où viennent ces quelques lignes à propos de ces « flashes » :
« …En fait, le plus remarquable est que j’en aie connu autant en si peu d’années. Mais je serais portée à penser que cela s’explique par mon grand âge et par les difficultés avec lesquelles je suis aux prises. Je suis fort âgée, presque complètement aveugle et j’entends mal. Cela n’est pas l’idéal et m’oblige à des moments de pause, d’agacement, de rêverie, où mon esprit n’a plus l’activité bousculée, qui a été de règle au cours de toutes ces années, commandée par le travail et par l’urgence. Quand cette urgence cesse, il se fait une sorte de relâchement, d’attente, d’ouverture. Si l’on court du matin au soir et du soir au matin, d’activité en activité, il y a peu de chances qu’on se laisse aller soudain à des souvenirs extravagants et à des révélations imprévues. Je ne crois pas du tout que mon état actuel explique l’étrange luminosité des souvenirs que j’ai évoqués ; mais il explique certainement la disponibilité qui fait que je m’en aperçois et que, encore lucide, mais moins pressée, je les accueille et m’ouvre à eux plus facilement…. »
Ce livre, probablement son dernier, s’achève sur la merveilleuse et sereine lucidité avec laquelle elle considère sa vie finissante.
Jacqueline de Romilly – Les révélations de la mémoire
Editions de Fallois, mai 2009





vendredi 13 août 2010

AOUT – semaine 2 – jour 5 – LE BESTIAIRE ENCHANTE



A la mi-août
L’hiver se noue.


LE CHAT


Tous les enfants chantent avec innocence la ronde de la Mère Michel dont le vilain Lustukru a bouffé le chat. Et leurs chats de s’en amuser car les chats aiment à rire,  tel l’évanescent minet de la jeune Alice. Car le chat est d’un naturel évanescent ; le chat s’évanouit, seul reste son sourire ; un sourire apparaît, voici venir le chat qui se montre et se cache inopinément.
Car le chat est farouchement inopiné….
Le chat qui semble n’en faire qu’à sa tête, sans en avoir l’air veille… il veille sur vous qui veillez sur son foyer et n’hésitera jamais à sacrifier… provisoirement… son confort pour se chausser de bottes et faire votre bonheur, car Perrault le dit bien, les bottes, « ne valent rien pour marcher sur les tuiles ».
D’ailleurs, même s’il glisse du toit, le chat se blesse rarement, faculté à lui offerte par le Prophète : Un jour que son chat était endormi sur un pan de son manteau, vint l’heure de la prière. Pour ne pas déranger son favori, Mahomet coupa le manteau. A son retour, pour le remercier, le chat ronronna en faisant le gros dos. Le prophète le caressa par trois fois, lui accordant cette faculté de toujours retomber sur ses pattes. Il aimait tant ses chats que pour n’être pas pour l’éternité privé de leur présence, il leur accorda une place en paradis.
Ce qui devrait rassurer certains esprits chagrins qui redoutent les chats surtout quand ils sont noirs, car les chats, insoucieux du bûcher que ce genre de mystification leur valut souvent, n’hésitent pas à faire croire qu’ils sont diaboliques ; cela les amuse. Les écrivains ne sont pas dupes. Ainsi Colette qui les aimait tant a traduit dans  La paix chez les bêtes les propos de l’un de ses noirs compagnons :
-« Je suis le diable. Le diable. Personne n’en doit douter. Il n’y a qu’à me voir, d’ailleurs. Regardez-moi, si vous l’osez ! Noir, d’un noir roussi par les feux de la géhenne. Les yeux vert poison, veinés de brun comme la fleur de la jusquiame. J’ai des cornes de poils blancs, raides, qui fusent hors de mes oreilles et des griffes, des griffes, des griffes. Combien de griffes. Je ne sais pas. Cent mille peut-être. J’ai une queue plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive. Pour tout dire diabolique.»
Certains qui ne croient pas au diable éprouvent néanmoins du ressentiment pour le chat, les bouddhistes, par exemple, s’étonnent que ni lui ni le serpent ne semblèrent émus de la mort du Bouddha. Le chat n’est pas indifférent ; le chat est pudique et c’est aussi un sage qui garde son calme face à l’adversité. Ce qui indique son intelligence exceptionnelle dont témoignent les quatre heures journalières de rêve qu’ont observé les scientifiques..



La quinzaine du rrom



Extrait du site :


Nous voici sommés d’oublier mesdames Bettencourt et Thiboult, messieurs Banier et de Maistre et, bien sûr, monsieur Woerth et madame. La justice a pris le relai, une foultitude d’enquêtes a été lancée, le ministre a été entendu par un juge dans son bureau du ministère (les salons du Fouquet’s étaient-ils tous pris ?), nous n’avons plus désormais qu’à attendre la pluie de non-lieux qui à coup sûr, lavera l’honneur des uns et les condamnations qui frapperont les indélicats majordomes, comptables et peut-être journalistes… Enfin on en prend le chemin. Madame Bettencourt subira sans doute un redressement symbolique sur l’argent de poche (quatre vingt millions d’euros) placé en Suisse. Quand aux conditions exactes de financement de la dernière campagne présidentielle, nous devons cesser de poser trop de questions à leur sujet.

Oublié l’Oréal, donc, c’est la quinzaine du rrom

Les faits sont les suivants : deux membres de la « communauté des gens du voyage » auraient volé vingt euros à un distributeur. Enfin ça, on l’a appris plus tard. Luigi Duquenet avait un petit passé judiciaire et il était bien connu des forces de l’ordre qui auraient pu, selon ses proches, venir l’interroger le lendemain. Les gendarmes chargés de l’enquête ont tenté de bloquer les deux hommes à deux endroits successifs. Un gendarme serait même monté sur le capot de la voiture en marche pour stopper l’équipage, sans succès. Les fonctionnaires auraient finalement fait feu, en état de légitime défense disent-ils, sur Luigi, qui se trouvait sur le fauteuil du passager, et qui n’y a pas survécu.
La famille et/ou des amis de Luigi, révoltés par le drame et considérant à tort ou à raison l’affaire d’un point de vue nettement moins avantageux pour les gendarmes, sont venus s’en prendre, cagoulés, à l’enseigne « Gendarmerie » de la gendarmerie de Saint-Aignan. J’ignore ce que ça fait de voir un de ses enfants tués par des gendarmes, mais je peux imaginer la violence des sentiments qui en découlent. Ils ont aussi abîmé des panneaux de signalisation, mis le feu à des véhicules et attaqué des arbres à la hache. L’un d’entre eux a plus tard avoué, en marge des déprédations auxquelles il avait effectivement participé, le vol de quelques croissants dans une boulangerie de la ville. La boulangère, encore sous le choc, avait témoigné sur plusieurs chaînes. Une semaine plus tard, l’homme sortait du tribunal pour entrer en prison : dix mois fermes.
Entre temps, l’état avait fait déployer pas moins de trois cent militaires pour sécuriser la région ! Le ministre Hortefeux, passé en coup de vent, avait acquiescé (sans bien entendre, espérons) lorsqu’un badaud lui avait recommandé de faire savoir au chef de l’état que ce n’est pas le Kärscher qu’il convenait d’employer, mais l’eau de javel.
Le préfet, lui, s’est juste étonné devant les caméras car selon lui, les gitans établis dans la vallée du Cher vivent généralement en de bons termes avec le reste de la population. Ce n’est pas l’image qui a été diffusée le plus souvent.

Les “déclarations imbéciles”

À la suite de cette lamentable affaire, le régime s’est lancé dans un festival de déclarations imbéciles.
Harry Roselmack (TF1, 27/07/2010), par exemple, se demande s’il n’y a pas un « problème gitan en France » et présente un reportage qui donne la parole à « Luc », qui « habite la région depuis vingt ans », et qui « a préféré parler à visage caché » pour déblatérer des clichés : « une partie des gitans ne veulent pas s’intégrer (…) vivent un peu à part (…) c’est difficile pour nous à supporter, on est toujours dans la crainte des représailles, des vols et compagnie ». Qui est ce témoin-mystère ? Qu’a-t-il vu, connu, su, vécu ? On qualifie le saccage de la place de Saint-Aignan de “représailles”, mais de quelles autres “représailles” est-il question ? Mystère et boule de gomme. Apparemment, ce témoin ne sait rien de plus que des clichés. Sans doute ne fait-il que répéter ce qu’il a entendu ailleurs sur TF1, justement.

Luc Chatel (l’Oréal), semble s’étonner que les « gens du voyage » soient « parfois même français ». Benoîst Apparu (sous-ministre au logement) a quand à lui ressorti des placards une vieille réflexion autrefois exprimée par Nicolas Sarkozy puis par Brice Hortefeux, qui se demandaient comment des gens « qui ne déclarent quasiment aucun revenus » pouvaient bien avoir d’aussi grosses voitures pour tirer d’aussi grosses caravanes. Ça les étonne apparemment plus de voir que des gens qui vivent dans des caravanes aient des caravanes que de voir que Jean Sarkozy (fils de Nicolas, filleul de Brice) puisse être envisagé sans rire comme président de la plus grosse zone d’activités économiques d’Europe.
Frédéric Lefebvre, toujours fidèle au poste quand il faut se montrer odieux, explique que les « gens du voyage » sèment des « pics de délinquance » partout où ils passent. Bien entendu, les faits, les études, toute considération objective et impartiale est ici remplacée par des phrases tellles que « les français le savent bien » ou « c’est bien connu ».
Chacune de ces déclarations est accompagnée de la prudente mention que les problèmes ne concerneraient « qu’une partie des membres de cette communauté ».
Pourtant, même si on pouvait (je n’en sais rien personnellement) de manière certaine pointer du doigt des statistiques particulièrement élevées en termes de crimes et délits et qui sembleraient liées à l’appartenance des auteurs des faits à telle ou telle communauté, le rôle des politiques ne saurait se limiter au constat, au « c’est bien connu », à la rumeur, aux préjugés. Le premier rôle du politique devrait être de se pencher sur les faits, puis d’en comprendre la mécanique, et enfin, de proposer des solutions. Ici, pas de solutions, juste quelques propositions réactionnaires qui n’ont d’autre vertu que de provoquer des débats sur des sujets trop peu évoqués.
Le désormais célèbre Luigi Duquenet avait beau être « du voyage », sa famille n’en est pas moins sédentaire depuis la dernière guerre mondiale et française depuis des siècles. Cela n’a pas empêché le ministre Hortefeux de promettre que la moitié des « camps illicites » de nomades seraient démantelés et que les Roms auteurs d’atteintes à l’ordre public ou de fraudes seraient reconduits en Bulgarie ou en Roumanie. Dix inspecteurs des impôts seraient même affectés à la vérification des comptes des gitans qui vivent dans des campements illicites. Si ce n’est toi, c’est donc ton frère, quoi. La logique est tordue : qu’un camp illicite ait vocation à être démantelé, que des bulgares qui vivent à Paris de la mendicité dussent être raccompagnés à la frontière ou que les inspecteurs des impôts inspectent les déclarations des contribuables constitue l’application de la loi – même si on peut discuter du détail : si les maires ne se conforment pas à l’obligation d’aménager des lieux adaptés, comment se plaindre que certains gens “du voyage” s’installent ailleurs que dans le néant qui a été prévu pour eux ?

Présenter l’application de la loi comme une sorte de brimade, comme une vengeance, une punition, voilà qui semble assez éloigné de ce qu’est une république démocratique saine. On pouvait sentir les prémisses de cette manière de traiter les problèmes dans le rétablissement des sanctions collectives à l’école par le ministre de l’éducation nationale de l’époque, un dénommé François Fillon.
Tout ça n’est peut-être pas grand chose à côté du déchaînement de haine qui émane des gens qui commentent les articles de la presse en ligne et qui expriment noir sur blanc ce que nos politiques ont tant de difficultés à contenir ces temps-derniers. Certains journaux, comme 20 minutes, ont préféré fermer la section commentaires des articles en rapport avec le sujet, car les dérapages racistes y étaient permanents et impossibles à juguler.
On se souviendra des infirmières bulgares, emprisonnées en Lybie où Cécilia (rappelez-vous de Cécilia) Sarkozy était allée négocier leur libération. De ces infirmières bulgares, Nicolas Sarkozy avait dit de manière un peu grandiloquente : “ces infirmières, elles étaient françaises”. Par contre, il n’avait prêté aucune nationalité imaginaire au médecin palestinien qui partageait le sort de ces femmes.
Bref il existe des bulgares qui sont français sans l’avoir demandé, et il existe des français qui sont bulgares ou roumains à leur insu et malgré ce qu’en dit leur carte d’identité et malgré le fait qu’ils ne savent strictement rien de la Bulgarie.
Après l’immigration choisie, c’est le maintien de la nationalité qui est conditionné à la tête du client ?
Il y a cette même idée d’une citoyenneté variable dans la proposition de déchoir de leur nationalité certains délinquants, proposition qui sous-entend que les auteurs d’actes délictueux seraient des français d’adoption récente. Dès son installation, le régime actuel avait d’ailleurs proposé que le fait d’être étranger soit une circonstance aggravante pour les travailleurs “au noir”. Distinguer les délits selon l’origine de leurs auteurs, peu de pays normaux ont proposé ou appliqué ce genre de choses.
Je vais mériter mon “point Godwin” (comment parler de France en ce moment sans recevoir de point Godwin, demandait quelqu’un sur Twitter) mais tout ça rappelle la célèbre phrase de Goebels à Fritz Lang, qui s’étonnait que le IIIe Reich lui propose un emploi : “C’est nous qui décidons qui est juif et qui ne l’est pas”.
Certains ont cru que Nicolas Sarkozy récupérait cyniquement les voix du FN, mais il est possible que la réalité soit bien pire, et que le sarkozysme ne soit rien d’autre qu’une récupération des voix de la droite parlementaire au profit des idées du FN, ou en tout cas au profit des idées d’une droite bien rance et incapable de comprendre les principes constitutionnels les plus élémentaires. C’est sans doute un affreux hasard si Nicolas Sarkozy est passé par le parti qui se réclamait du gaullisme pour accéder au pouvoir.
Chaque fois que l’on parle à Nicolas Sarkozy du caractère anti-constitutionnel de ses lois, il réagit comme si des juristes astucieux profitaient d’une loi oubliée pour le coincer : il semble ne même pas vraiment comprendre la critique.
Une certaine partie de la droite a appris à lire dans le Figaro, Nicolas Sarkozy s’est contenté de lire le courrier des lecteurs du Figaro. D’un point de vue moral, littéraire et intellectuel, ce n’est pas le même niveau. Rendez-nous la bonne vieille droite !
Donc ça y est, c’est reparti, on tape sur les gitans, les rroms, les tziganes, les manouches, les romanichels, les bohémiens… On en fait un seul « peuple » comme s’il y avait le moindre rapport entre les conditions d’existence d’un roumain qui mendie en famille dans le métro et d’un français nomade habitué à faire tamponner son livret de circulation par des gendarmes. En fait; ce qui lie le plus fortement tous ces gens, semble-t-il, ce sont les tracasseries administratives, les persécutions policières et la méfiance populaire.

Les gitans sont-ils autant habitués au malheur que dans les films d’Emir Kusturica ? Je n’en sais rien, je n’en connais pas, enfin je n’en connais, je crois, qu’un seul, ce qui ne constitue pas un échantillon très représentatif. Je ne pense pas que les ministres qui ont des choses à dire sur les gitans en ce moment en connaissent beaucoup eux-mêmes, du moins en dehors des questions administratives telles qu’elles se posent dans les communes qu’ils administrent, pour ceux qui exercent ce genre de fonctions.
L’administration encadre l’existence des “gens du voyage” de manière acharnée, tout en leur retirant aussi tout moyen de subsistance. Si certains ministres se demandent de quoi vivent les gitans en France, c’est qu’ils sont bien placés pour savoir le peu d’espace qui leur est laissé (à peine tolérés “à côté”, certainement pas admis “parmi”), et parce qu’ils savent, aussi, que personne ou presque ne les défendra.
Les nomades “roms” sont aussi liés bien sûr par un passé millénaire, lorsque leurs lointains ancêtres ont (pense-t-on) quitté l’Inde où ils effectuaient des métiers impurs (équarrisseurs, ferronniers, chiffonniers, ferrailleurs…) et étaient de ce fait contraints au nomadisme et considérés comme “hors caste”, comme parias. Au proche-Orient et en Europe, ils ont circulé avec leur savoir-faire artisanal, leur musique et leurs langues, récupérant au passage des religions et de nouveaux savoir-faire. Mille ans plus tard, ils ont les mêmes métiers, sont toujours nomades ou considérés tels, et toujours parias. On les a génocidés en Allemagne, on les a stérilisés en Suisse, et lorsque la guerre a pris fin en Croatie, ils avaient disparu du pays sans que les populations s’en émeuvent. L’histoire des gitans est une longue tragédie.
Mais il y a pire à présent : ils sont devenus inutiles.
Dans le monde d’aujourd’hui, on ne rempaille plus les chaises : Ikéa ou autres en fabriquent dans des matériaux destinés à se casser un jour et à être remplacées plutôt que réparés – le design n’aime pas toujours que les objets aient une existence. En fait beaucoup des métiers des « gens du voyages » ont été rendus caducs par l’industrie. C’est assez étrange d’ailleurs parce que, du point de vue de nos préoccupations en matière d’environnement, on n’a jamais connu une telle urgence à ce que les choses soient récupérées, recyclées, réparées…