vendredi 30 avril 2010

El amor brujo - Manuel de Falla

ALMANACH MERVEILLEUX Semaine 1- Jour 1 US et COUTUMES




Au premier jour de mai la pluie,
Les coings, Madame sont cueillis.

LE PREMIER MAI

Dans le ciel du mois de mai, on voit passer les Pléïades qui annoncent le retour des beaux jours. Elles étaient sept nymphes, filles d’Atlas et de Pléione.
Electre, Taygète, Stérope, Mérope, Alcyone, Séléno et Maïa étaient poursuivies par Orion le chasseur .Pour les sauver, Zeus les change en étoiles. Mais Orion, changé a son tour en étoile continue la poursuite.
Maïa, devenue déesse de la terre et de la fécondité a donné son nom au cinquième mois de l’année.

Il entre au son des cloches dans la première nuit de mai parfumée de muguet. Ce carillon voudrait éloigner sorcières et sorciers qui, dès la première heure, courent par les bois et les champs. Ils vont tout nus se rouler dans la rosée qui est excellente pour la peau. Si vous ne craignez ni les sorciers ni ceux qui les pourchassent, vous pouvez en faire autant. La rosée fait passer la gale et l’acné, guérit des dartres, de la phtisie et des goitres ; elle fait pâlir les taches de rousseur et blanchit le linge marqué de rouille. Elle fait aussi revenir les amoureux volages.
On dit qu’en 1515, Catherine d’Aragon se fit accompagner de vingt-cinq dames d’honneur pour aller à l’aube dans ses jardins, prendre la rosée.
Certains sorciers recueillent la rosée dans des barattes que les bretons nomment « ribottes » ; ils versent leur récolte dans les abreuvoirs des vaches pour faire tourner leur lait.
En revanche, en Poitou-Charentes, et en Sologne, sortir le troupeau à l’aube du premier mai et quel que soit le temps, le garde en bonne santé et le préserve des maladies mortelles et accidents qui pourraient survenir dans le mois.
Le lait du premier mai a des vertus remarquables : il procure force et vigueur. C’est que les vaches ont brouté l’herbe imprégnée de rosée magique. Il faut aller le boire, ce lait, de bon matin dans les fermes. On vous l’offrira volontiers et la doyenne de la maison trempera dans votre bol un sarment de vigne qu’elle sucera.  Puis elle souhaitera à tous les présents du bonheur pour l’année. Vous garderez le sarment. Si effectivement l’année se passe bien, vous le nouerez à un ruban sur lequel vous aurez brodé  la date et vous garderez le tout comme porte bonheur. Dans le cas contraire, il faudra le brûler.
Sachez que le serein, la rosée du soir, a les mêmes vertus.

Au temps des  anciens Germains,  montées sur leurs manches à balais, les sorcières se rendaient à leur rendez-vous annuel, pendant la nuit du 30 avril au premier mai, sur la montagne du Blocksberg, la plus haute du massif du Hartz. Saint Boniface envoya une jeune anglaise nommée Walburge mettre fin à ce Sabbat. Elle fut canonisée sans pour autant y avoir changé grand-chose puisque en sa mémoire cette nuit fut nommée la nuit de Walpurgis.


La nuit du premier mai est partout une nuit magique ; les jeunes américaines qui déposeront un mouchoir sur un buisson y verront le lendemain inscrit en lettre de rosée le nom de leur amoureux. Avant de les épouser, ces jeunes gens iront chercher les pots remplis d’or qui se trouvent dans les ruisseaux ou au pied d’un arc-en-ciel. Leurs dirigeants, pragmatiques et qui croient aux vertus du travail,  plutôt que d’aller patauger dans l’eau fraîche,  ont inventé, le I° mai 1886, la Fête du Travail. Idée que reprirent les socialistes lors d’un congrès international qui s’est tenu à Paris peu après.



mercredi 28 avril 2010

Granados, danza española n.4 - Villanesca

Du nouveau dans les verts pâturages...

Déjà ce petit dernier avec sa maman

Et GAMIN, l'heureux papa, une pure et simple saloperie qui mord et botte tout ce qui l'approche. Alors avec un rejeton!!!
Et le frison est revenu avec un copain ou une copine... j'ai pas vu l'étiquette.
Et la musique pour changement de pied au temps pour ceux que ça tente....
P.

EXPO....

bonjour,
pour celles et ceux qui n'auront pas l'okaz de sortir en E&L avant le 24 mai 2010
allez faire un tour sur le picasa en question .
et c'est aussi une grosse fatigue pour tout installer !


http://picasaweb.google.com/dferg1709/100417ExpoBernardSaintLubin#

le photographe c'est :
Daniel Ferguson
01 47 31 59 39
dferg1709@gmail.com

mardi 27 avril 2010

LES YEUX D' ELSA

Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

A l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère des Sept Douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant accaparé par les belles images
Ecarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi  je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa

Louis ARAGON



dimanche 25 avril 2010

Démonstration qu'un fusil ne sert pas qu'à faire la guerre...........

Crazy horse militaire
 
 Cliquez sur le lien

Aanklikken>>http://www.whc.net/rjones/USN/USN_team.html
  

vendredi 23 avril 2010

mercredi 21 avril 2010

En 2008 elle fêtait ses 60 ans. LA DODOCHE !




Courageuse, entêtée,  elle est maintenant devenue un mythe.



Les nostalgiques, ceux qu’elle a trimballés en ville comme à la campagne…seront heureux de rencontrer Jeannette Insurgé, qui raconte avec beaucoup d’humour son parcours  avec
 SA DODOCHE dans un livre :


DODOCHE L’ADOPTION, illustré par Marianne.



Jeannette Insurgé dédicace  le samedi 24 avril
De 15h à 18 h
Devant la Rose des Vents,
Dans une dodoche  aimablement prêtée par
 le Rétro-Mobile-Club-Drouais







mardi 20 avril 2010

Saviez vous que ....



....les académies  et les rectorats conservaient les photos de classes  (groupes) prises chaque année.
 Cliquez sur le lien suivant  pour retrouver vos photos (primaire et secondaire  uniquement)
 Précisez:  la  Ville, l'école concernée et  l'année
   
http://www.pedagonet.com/photos/photoscolaire2.htm
   
C'est  Génial de se revoir, même avec quelques années de  moins, on se reconnait finalement très  bien.
  

samedi 17 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 4 – jour 5- C'EST POUR RIRE

La pluie le jour de Saint Robert
De bon vin remplira ton verre.



"Sur le plan de l'amour lesbien, l'Histoire des Croisades ne dit pas si la femme de Godefroi de Bouillon, surnommée Godchau de Bouillonne, en raison de son tempérament bouillonnant, utilisait, solidement et fidèlement fixé à sa ceinture de chasteté, un instrument phallique dont la première syllabe du nom correspond à celle du prénom de son féal époux. Les deux autres étant celles d'un petit broc connu sous le nom de pichet, avec un M à la place du P, pour saphostiquer ses dames d'atour en l'absence de son seigneur et maître, motivée par sa présence en Terre Sainte pour y combattre les infidèles."
Pierre DAC


vendredi 16 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 4 – jour 4- DE TOUT UN PEU

Il n’est si gentil mois d’avril
Qui n’ait son chapeau de grésil

MANDRIN


Mandrin était-il le brigand que nous raconte la légende, ou bien un redresseur de torts ? un chevalier errant protecteur du pauvre peuple en lutte contre les oppresseurs ou le lois iniques ?
Un bandit d’honneur qui volait les riches pour mieux donner aux pauvres ?
Le fait est que Mandrin s’en prenait surtout aux fermiers généraux, collecteurs d’impôts aux méthodes souvent discutables.
Populaire dans tout le Dauphiné, après avoir donné bien du fil à retordre à la maréchaussée, il fut pris et exécuté mais restera longtemps comme un héros dans la mémoire des gens de la Province.
Certains fermiers généraux pour être placés du bon côté de la loi, n’étaient pas pour autant plus honnêtes que le célèbre bandit.




jeudi 15 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 4 – jour 3- RIMES SANS RAISON

Avril plaît aux hommes,
Mai plaît aux bêtes

Questionnement

ù s’en va la chaussette
Abandonnant sa sœur ?
Et pourquoi la tartine
Beurrée s’écrase-t-elle
Sur le mauvais côté ?
Où se cachent les clefs
Quand on a besoin d’elles ?
Objets inanimés
Votre âme est diabolique,
                                                 Vous nous faites enrager 



mercredi 14 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 4 – jour 1- US ET COUTUMES

Lune rousse
Vide bourse

Les nombres

Partout dans le monde, le quatre est chargé de symboles. 
Dans la réalité, les mythes, les légendes, les contes ou les religions beaucoup de choses vont par quatre.
Après avoir écouté l’histoire des quatre fils Aymon ou des quatre musiciens de Brême, les enfants jouaient aux quatre coins.
L’année est divisée en quatre saisons ; il y a quatre points cardinaux.
Quatre évangélistes ont composé le Nouveau Testament, dans lequel quatre cavaliers annoncent l’Apocalypse.
Les anciens faisaient couler quatre fleuves aux Enfers : l’Achéron, le Cocyte, le Phlégéton et le Styx garant des serments des dieux.
Et gardez précieusement le brin de trèfle, si par chance il possède quatre feuilles.




.

mardi 13 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 3 – jour 7- LES METIERS

Avril a trente jours
Mais s’il en avait trente et un
Nul ne serait chagrin.


Les bijoux fantaisie-


Il y avait dans un immeuble du quai Malaquais, au troisième étage au fond de la cour, un atelier extraordinaire. Là, sur de longues tables, étaient entassés en vrac, des bijoux d’or et d’argent, des perles, des pierres de toutes couleurs ; des trésors de pirates ; des coffres issus de contes orientaux. Les bienveillants dragons qui gardaient ces trésors en offraient toujours quelques parcelles à une petite fille éblouie, autorisée pour quelques instants à se parer de ces merveilles.
Le lieu était aussi magique que ce que l’on y voyait : de hauts meubles de bois sombre, des plafonds caissons décorés de fleurs et d’animaux et j’ai su depuis qu’il abrita les amours neuves de Georges Sand et de Musset.  On y fabriquait des bijoux pour le théâtre. Du « toc » estiment certains méprisants.
Evidemment, rien à voir avec les précieux bijoux exposés sagement dans les vitrine blindées des joailliers de la place Vendôme. Ces derniers ont eux, de la « valeur ».
Et les autres ?
Quelle est la vraie valeur d’un bijou ?son pouvoir embellisseur, sa valeur émotionnelle de souvenir ? ou sa contrepartie en monnaie ? à quoi servent des merveilles enfermées dans des coffres alors que leurs propriétaires, redoutant le vol, portent la plupart du temps leurs copies… en « toc », justement ?

Et au fait… qui porta le premier bijou ? Le chasseur qui fit de la griffe ou la dent du fauve terrassé, un talisman, une mémorisation de son courage ? ou sa compagne qui assembla des graines ou des coquillages sans autre souci que celui de se faire plus belle ? qui en premier les échangea pour en faire un gage d’amour ?

Et puis les hommes firent les bijoux en or. C’est beau, l’or ! ça brille et aussi il se laisse travailler facilement, il ne s’altère pas et … comme  il est rare, il ajoute une valeur à la parure. On ne tarda pas à ajouter les pierres précieuses : le diamant, le rubis, l’émeraude et le saphir ; et les semi-précieuses aux couleurs innombrables. Et les perles, le corail, l’écaille, l’ivoire, les coquillages taillés en camées. Tout cela valait fort cher. Aussi très vite, les plus modestes apprirent à colorer le verre, à donner de l’éclat à des métaux plus « vils » que l’or et l’argent. Désormais, plus besoin de fortune pour se parer. On fit des lois : interdiction pour le bon peuple de rivaliser avec la noblesse et de porter riches étoffes et bijoux précieux. Ce bon peuple porta des copies et ses femmes n’en furent pas moins belles.

Toutefois la joaillerie continuait de mépriser son imitation, quand au XIX° siècle, le verrier Lalique (entre autres) inventa le bijou « artistique » dont la valeur n’avait rien à voir avec les matériaux dont il était composé. Seule sa beauté lui donnait un prix.

Enfin, dans la première moitié du XX° siècle, deux femmes de génie : Coco Chanel et Elsa Schiaparelli conseillèrent aux femmes,  enchantées de l’idée, de mélanger le « toc » et le « vrai ». Plus moyen de s’y retrouver !
Si… quand même… Si vous rencontrez une moderne Castafiore, parée comme un arbre de Noël, vous pouvez présumer que de tous ses joyaux, les vrais ne sont pas les plus gros.



lundi 12 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 3 – jour 6- AH! LA MODE DE CHEZ NOUS

Fleurs d’Avril
Ne tiennent qu’à un fil.


MADAME VIGEE-LEBRUN



… Le vêtement doit s’effacer devant la beauté, il doit la servir et non en triompher. Elle-même (Vigée-Lebrun) ne porte plus que des robes blanches de mousseline et de linon. Elle ne se pare que pour ses séances à Versailles, étiquette oblige, sinon le naturel est de loin ce qu’elle préfère. Elle arrange ses cheveux elle-même. Le plus souvent elle se « tortille » un fichu sur la tête. Ses portraits en témoignent. Elle laisse son corps libre de toute entrave, sa coiffure sans apprêt, son visage sans maquillage excessif à une époque où la mode se veut encore sophistiquée. Il y a peu, les coiffures montaient si haut qu’elles ressemblaient à des œuvres d’art ou a des échafaudages.
Dès le début du règne, Rose Bertin, marchande de mode, introduite auprès de Marie-Antoinette par la duchesse de Chartres, entraîne la reine à de folles dépenses de toilettes. Toute la Cour suit les nouvelles modes lancées par la souveraine.
Et Mercier de commenter : « Il n’y a pas longtemps que les hautes coiffures, les plumes, les panaches étaient sur toutes les têtes des femmes. Et au spectacle une rangée de femmes, placées à l’orchestre, bouchant la vue à tout un parterre… » Il se plaint : « Si les femmes pouvaient quitter ce choquant enduit de blanc et de rouge trop prononcé, elles auraient détruit le mauvais goût de leurs mères. »
Mercier a été entendu. Rose Bertin a fait la mode, Elisabeth Vigée-Le Brun va la défaire ! Prônant la simplicité, elle libère le corps des femmes et les habille de robes légères. Elle dénoue les cheveux et les laisse à leur couleur naturelle, elle débarrasse le visage et les joues de leurs fards. Les gestes,  les attitudes de ses modèles ne sont plus raides et compassés mais romantiques et déliés jusqu’à paraître lascifs. Ce naturel, signe que les temps changent, plaira aux femmes, étonnera les hommes, quitte à faire crier les laides ou les vieilles.
Cette mode partie de Paris fera le tour du monde.

Inès de Kertanguy – Madame Vigée Le Brun




dimanche 11 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 3 – jour 5- COURRIER DU COEUR

Pluies d’Avril
Remplissent caves et barils.
De Chateaubriand à Juliette Récamier

Rome, mercredi saint, 15 avril 1829
 Je sors de la chapelle Sixtine, après avoir assisté à Ténèbres et entendu chanter le Miserere. Je me souvenais que vous m'aviez parlé de cette cérémonie et j'en étais, à cause de cela, cent fois plus touché.
Le jour s'affaiblissait, les ombres envahissaient lentement les fresques de la chapelle et l'on n'apercavait que quelques grands traits du pinceau de Michel-Ange. Les cierges, tout à tour éteints, laissaient échapper de leur lumière étouffée une légère fumée blanche, image assez naturelle de la vie que l'écriture compare à une petite vapeur. les cardinaux étaient à genoux, le nouveau pape prosterné au même autel où quelques jours avant j'avais vu son prédécesseur; l'admirable prière de pénitence et de miséricorde, qui avait succédé aux lamentations du prophète, s'élevait par intervalles dans le silence de la nuit. On se sentait accablé sous le grand mystère d'un Dieu mourant pour effacer les crimes des hommes. La catholique héritière sur ses sept collines était là avec tous ses souvenirs, mais au lieu de ces pontifes puissants, de ces cardinaux qui disputaient la préséance aux monarques, un pauvre vieux pape paralytique, sans famille et sans appui, des princes de l'église sans éclat annonçaient la fin d'une puissance qui civilisa le monde moderne. Les chefs-d'oeuvre des arts disparaissaient avec elle, s'effaçaient sur les murs et sur les voûtes du Vatican, palais à demi abandonné. Des étrangers curieux, séparés de l'unité de l'Eglise, assistaient en passant à la cérémonie et remplaçaient la communauté des fidèles. Une double tristesse s'emparait du coeur. Rome chrétienne en commémorant l'agonie du Christ avait l'air de célébrer la sienne, de redire pour la nouvelle Jérusalem les paroles que Jérôme adressait à l'ancienne. C'est une belle chose que Rome pour tout oublier, mépriser tout et mourir.

CHATEAUBRIAND







samedi 10 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 3 – jour 4- LUSTUKRU



Quand Saint-Marc n’est pas beau
Pas de fruits à noyau.


Quelques décès occasionnés par la variole noire ont jeté l'épouvante en France, et particulièrement dans la région parisienne. La plupart des journaux et des revues ont engagé leurs lecteurs à se faire vacciner; rien qu'à Paris, soixante-quinze mille personnes, chaque jour, assiégeaient les cabinets de médecins et les instituts de vaccine.
Quinze jours plus tard, les mêmes journaux et revues, dans un admirable esprit d'impartialité, informaient le public vacciné que la vaccination peut donner: la lèpre, l'érysipèle, la syphilis, la tuberculose, la fièvre typhoïde, la fièvre aphteuse, l'herpès tonsurant, la morve et plusieurs autres maladies; car le vaccin humain est infiniment suspect, et la génisse, même de saine apparence, peut nourrir des germes d'infection qu'on connaîtrait seulement après avoir fait son autopsie.
La vérité, c'est que nous vivions perpétuellement au milieu des microbes meurtriers et des risques d'accident, sans compter l'âge qui nous mine un peu chaque jour.

Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire.

Ne nous frappons pas: c'est la meilleure vaccine contre toutes les épidémies. Nous mourrons le jour où nous devrons mourir; vivons jusque là sans trembler.

NOS LOISIRS - 24 avril 1907





vendredi 9 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 3- jour 3- C'EST BON SIGNE

Le jour de la Sainte-Prudence
S’il vente fort, le mouton danse

LE TAUREAU

Devinette :
Trouver le point commun entre Karl Marx, Sigmund Freud, Jean Gabin, Balzac et El Cordobès.
Allez, je vous aide : El Cordobès…. La corrida… les taureaux…
Les cinq sont nés sous le signe du Taureau. (avec, pour Freud un ascendant Scorpion).
Ce qui signifie, si on se fie à l’astrologie, que nous avons affaire à cinq personnages ambitieux… pourquoi pas ?
A cinq hommes pleins d’audace… Cordobès, sans aucun doute.
Cinq individus coléreux… Gabin , sur l’écran, a piqué de mémorables rognes !
Que les cinq ont été de joyeux fêtards…. Marx et Freud, on imagine mal… ;
Et que dit encore le grimoire des natifs du Taureau ?
Qu’ils sont gourmands, qu’ils aiment les cadeaux, qu’ils seraient volontiers méprisants ; qu’ils font des pèlerinages et n’hésitent pas à changer de famille, qu’ils épousent des femmes riches, sont ingrats et oublient de remercier qui les oblige.
Le grimoire dit encore qu’ils sont vindicatifs, ont des peines de cœur et se font mordre par les chiens. Ils doivent vers l’âge de 23 ans se méfier des vipères et autres animaux venimeux.
Ils auront ensuite une dizaine d’années de vie tranquille, puis risqueront la noyade ou la maladie. S’ils en réchappent, leur espérance de vie est de 75 ans « et trois mois ».
Voilà pour les garçons !
Quand aux filles….
Elles sont affectueuses, travailleuses mais prétentieuses et souvent en butte aux calomnies.
Après avoir hérité de leurs parents, elles réussiront leur vie tout en ayant plusieurs maris et de nombreux enfants.
Leur santé fragile leur permettra toutefois d’atteindre l’âge de 76 ans.
Il leur est conseillé de se couvrir de bijoux.
Ah, que l’astrologie est une belle science, et divertissante ! Et que le Taureau est un excellent signe !
Puisqu’à la moitié de son parcours, Avril prend le nom très justifié de Floréal, comme le fit la jeune Europe , éleveurs, matadors, conjoints, conjointes , ornez de fleurs votre taureau préféré.







mercredi 7 avril 2010

Une vie de chien


Préparation d'un chiot à sa future et rude vie de gardien de troupeau




Il a de beaux yeux, vous savez!


La 6° photo

http://lulusorciere.blogspot.com/Odile et Enitram veulent savoir quelle était la 6° photo de mon blog. Merci à elles de m'avoir cité. Ce n'était pas une photo mais une image. Et l'article rappelle que 2008 était une année de 13 lunes, du coup, on peut vérifier si les prédictions étaient  exactes.
A cause des treize lunes que compte cette année, les fruits seront rares; pas de prunes ni de poires et peu de pommes. Celle-ci est pleine, ronde et rouge et il fait froid pour la saison.

pour vous réchauffer, faites un feu et brûlez les fanes de pommes de terre et autres déchets végétaux pour éviter que d'éventuelles maladies et parasites ne se propagent.

Il est temps de récolter les noix puisque:


A la Madeleine,

La noix est pleine

La règle du jeu est de demander à 10 amis d'entrer dans la ronde. Je pose le mouchoir aux pieds de:
Lulu Sorcière,
De tout et de rien,
Frankie Pain
Ma vie bariolée
Couleurs d'aencre
Ca me triture alors j'en cause
Sélunair
Planète bleue
Les mollomollets,


qui sont les dix premiers à être venus me lire.


P.

mardi 6 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 2 – jour 6- LIRE ET RELIRE

Gelée de Saint-Fructueux
Rend le vigneron malheureux.

LE LYS DE BROOKLYN (extrait)


Il était deux heures. La bibliothécaire devait être rentrée, après son déjeuner. Goûtant d’avance le plaisir qu’elle se promettait d’une prochaine lecture, Francie rebroussa chemin et s’en alla vers la Bibliothèque.
La Bibliothèque se trouvait dans un petit bâtiment ancien et sordide ; mais Francie le trouvait magnifique. Ce qu’elle éprouvait pour la Bibliothèque ressemblait un peu à ce qu’elle éprouvait à l’église. Elle poussa la porte et entra. Oh ! Qu’elle aimait l’odeur du lieu, mélange de vieilles reliures, de cuir, de colle et de tampons encreurs ! Elle la préférait peut-être à celle de l’encens qu’on brûlait à la grand-messe.
Elle croyait que tous les livres de la terre se trouvaient ici réunis et elle avait formé le projet de lire tous les livres. Elle lisait à la cadence d’un volume par jour, en suivant l’ordre alphabétique, et sans sauter les moins intéressants. Elle se rappelait que le premier auteur qu’elle eut jamais lu s’appelait Abbott. Il y avait longtemps déjà qu’elle lisait un livre par jour, et elle n’en était encore que dans les B. Elle avait déjà lu des ouvrages traitant des bêtes et des buffles, de vacances aux îles Bermudes, et d’architecture byzantine. Quel que fût son enthousiasme de néophyte, elle était forcée de convenir que certains B lui avaient paru bien arides ; mais Francie était une vraie lectrice ; elle lisait tout ce qui lui tombait sous la main : des niaiseries, des œuvres classiques, les indicateurs de chemin de fer, les prix courants de l’épicier. Certaines de ces lectures l’avaient littéralement émerveillée ; Louisa Alcott, par exemple. Elle projetait de relire une seconde fois tous les livres, quand elle serait arrivée à la lettre Z.
Le samedi n’étant pas un jour comme les autres, Francie se régalait, ce jour-là, à lire un livre pris en dehors de l’ordre alphabétique. Elle priait la bibliothécaire de lui en recommander un.
Quand elle fut entrée et qu’elle eut refermé sans bruit la porte derrière elle, comme il convient de faire dans un tel lieu, elle jeta un coup d’œil sur le petit pot d’un brun mordoré placé tout au bout du pupitre de la préposée. Le petit pot renseignait toujours sur la saison : en automne, il contenait des brindilles de douce-amère ; et à Noël, c’était du houx. Même quand il y avait encore de la neige, Francie savait que le printemps allait venir quand elle voyait dans le petit pot des chatons de saule. (Francie vit à Brooklyn et la seule verdure qu’elle peut voir est un arbre qui pousse tant bien que mal entre les pavés de la cour de son immeuble). Qu’y avait-il dans le petit pot, ce samedi de l’été 1912 ? Pour se faire une surprise, Francie ne leva les yeux que très lentement, le long des tiges vertes des feuilles rondes, et elle vit… des capucines ! Rouges, jaunes, dorées, même des blanches. Spectacle si merveilleux qu’elle en eut presque mal entre les deux yeux. Une chose dont on garde le souvenir sa vie entière.
Elle se dit sur le champ : « Quand je serai grande, j’aurai un bol brun comme celui-là, et, en août, pendant les chaleurs, j’y ferai tremper plein de capucines ! »
Elle avait mis sa main sur le bord du bureau poli ; elle en aimait le doux contact ; elle regardait la belle rangée de crayons fraîchement taillés, le carré vert du buvard propre, le pot ventru plein de colle de pâte, le tas bien équarri des fiches, les livres récemment rentré qui attendaient d’être remis dans les rayons. Le crayon spécial, objet remarquable qui portait un petit tampon dateur, était placé à part, près du bord du buvard.
« Oui. Quand je serai grande, que j’aurai un chez-moi, je n’y mettrai ni chaises de peluche, ni rideaux de dentelles, rien de tout ça ! Pas de ficus non plus avec ses feuilles en caoutchouc verni ! Mais un pupitre comme celui-ci, dans mon salon, des murs tout blancs, un buvard vert, changé tous les samedis soir, une rangée de crayons jaunes bien luisants, toujours taillés, prêts à écrire, et un bol mordoré avec une fleur, ou bien quelques feuilles, ou bien des baies rouges. Et des livres, des livres, des tas de livres !… »
Elle choisit son livre pour le dimanche ; elle ne savait lequel , mais il était d’un certain Brown. Francie se disait qu’il y avait des mois qu’elle lisait des livres écrits par des auteurs appelés Brown. Quand elle pensait en avoir fini avec ce nom là, elle découvrait que le rayon suivant débutait encore par des Brown. Après Brown, ce serait Browning. Francie s’impatientait un peu; elle avait hâte d’en arriver aux C, où il y avait un livre de Marie Corelli dans lequel elle avait jeté un coup d’œil et qui lui avait paru palpitant. Y arriverait-elle jamais ? Peut-être ferait-elle bien de s’imposer de lire deux volumes par jour.
Il y avait longtemps qu’elle se tenait debout devant le bureau quand la bibliothécaire daigna s’apercevoir de sa présence et s’occuper d’elle. La dame lui fit « oui ? » d’un air désagréable :
« Je voudrais celui-ci, s’il vous plaît ! »
Francie poussa le livre devant elle, ouvert à la dernière page, la petite carte déjà tirée de sa pochette. Les bibliothécaires avaient habitué les enfants à présenter leurs livres de cette façon-là. Ce la leur épargnait d’ouvrir chaque jour des centaines de livres, de retirer d’autant de pochettes des centaines de petits cartons.
La dame prit la fiche du livre, y mit le cachet, la glissa dans la fente aménagée dans le couvercle du pupitre. Puis elle tamponna la carte de Francie et la lui tendit. Francie la prit, mais demeura là, immobile.
« Oui ? fit encore la dame sans prendre la peine de lever les yeux.
-Pourriez-vous recommander un bon livre pour une petite fille ?
-Quel âge ?
-Onze ans. »
Francie posait chaque semaine la même question, et chaque fois la bibliothécaire lui disait la même chose. Un nom sur une carte, cela n’avait aucun sens pour la dame, et, comme elle ne levait jamais les yeux sur un visage d’enfant, elle n’en était jamais arrivée à connaître la petite fille qui choisissait un livre par jour, et deux le samedi. Un sourire eut été pour Francie une grande faveur. Quelques mots aimables l’eussent rendue bien heureuse. Elle aimait la Bibliothèque ; elle eut voulu adorer la dame qui la dirigeait. Mais la dame avait d’autres soucis. D’ailleurs, elle détestait les enfants.
Francie tremblait d’appréhension à la voir glisser le bras sous son pupitre. Dès que le livre cherché apparut elle déchiffra le titre : Si j’étais roi, par Mac Carthy. Titre merveilleux ! La semaine dernière, elle avait eu Beverly of Graustark, et le même aussi, deux semaines plus tôt. Le Mac Carthy, elle ne l’avait encore eu que deux fois. La bibliothécaire ne cessait de recommander ces deux livres-là. Peut-être étaient-ce les deux seuls qu’elle eut jamais lus. Ou bien figuraient-ils sur une liste spécialement recommandée ? A moins que la dame eut vraiment découvert qu’ils étaient lecture de tout repos pour une fillette de onze ans.
Ses livres bien serrés contre elle, Francie se hâta de rentrer, résistant à la tentation de s’asseoir sur le premier perron rencontré et d’y commencer sa lecture.
Elle arriva enfin. L’instant était venu, le merveilleux instant qu’elle avait impatiemment attendu toute la semaine : l’heure de s’asseoir sur l’escalier de secours. Elle étendit d’abord un bout de tapis sur le palier de fer, alla chercher l’oreiller sur son lit, l’appuya contre les barreaux. Par bonheur, il y avait de la glace dans la glacière ; elle en brisa un petit bout, le mit dans un verre d’eau. Les gaufrettes à la menthe achetées à l’Uniprix furent mises dans un petit bol, tout fêlé, mais d’un si beau bleu ! Francie rangea le verre, le bol et son livre sur l’appui de la fenêtre, sortit et gagna l’échelle de fer. Une fois là, elle était dans l’arbre, elle habitait pour ainsi dire dans un arbre. Personne, dessus, dessous ou en face, ne pouvait plus la voir. Mais elle, à travers les feuilles, elle voyait tout ce qui se passait…..
….Francie, donc, humait l’air chauffé, observait les ombres dansantes, mangeait ses bonbons, supait une gorgée d’eau glacée ; tout cela, sans cesser de lire :
O mon amour, si j’étais roi…
L’histoire de François Villon était plus belle à chaque lecture. Parfois, Francie se faisait du souci, craignant que le livre se trouva perdu à la Bibliothèque, et qu’elle ne pût plus jamais le relire. Un jour, elle avait entrepris de le copier de sa main, sur un petit carnet de deux sous. Elle désirait tellement avoir un livre à elle qu’elle se disait qu’en copier un calmerait son envie. Mais les pages écrites au crayon ne ressemblaient pas à celles du livre ; elles n’avaient pas non plus la même odeur ; Francie avait abandonné. Pour se consoler, elle avait fait vœu, quand elle serait grande, de travailler beaucoup, d’épargner de l’argent et de s’acheter tous les livres qu’elle aimait.
Tandis qu’elle lisait ainsi dans l’arbre, en paix avec le monde, heureuse comme peut l’être une petite fille nantie d’un beau livre, d’une provision de bonbons, et solitaire, l’ombre du feuillage tournait lentement autour d’elle ; l’après-midi s’écoulait…..

Betty SMITH Le lys de Brooklyn


samedi 3 avril 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - AVRIL Semaine 1 – jour 6- LA MUSE S'AMUSE

Avril pluvieux, Mai venteux
Rendent le paysan heureux


AMOUR LOINTAIN


Quand le ruisseau de la fontaine
S'éclaircit et la marjolaine
Au joyeux soleil du printemps
Et que du rossignol le chant
S'élève et module et s'affine
Sur la branche de l'aubépine,
Il faut que j'entonne le mien.

Amour de la terre lointaine
Pour vous tout mon corps est dolent,
Car ne fut plus gente chrétienne.
Heureux pour qui elle est parlant.

De désir mon coeur est tiré
Vers cette dame qu'entre tous j'aime.
Pour elle ai toujours soupiré,
Mais ne veux pas que l'on me plaigne,
Car de la douleur naît la joie.

Lorsque les jours sont longs en mai,
Le doux chant des oiseaux me plaît
Et quand peu à peu il s'éteint
D'un amour lointain me souvient.

Je marche alors tête baissée
Et non plus que saison glacée
Me plaît alors le chant d'oiseau
Ou le gazouillis du ruisseau.
Je le tiendrai pour vrai Seigneur
Par qui verrai l'amour lointain,
Mais malgré l'espoir de tel heur
J'ai mal, car il est trop lointain.

Ah! que ne suis-je pèlerin
Là-bas pour porter le bourdon
Et recevoir le meilleur don
D'être contemplé par ses yeux.
Jamais d'amour ne jouirai
Sinon de cet amour lointain,

Car femme ne connais meilleure
Ni plus gracieuse en cette heure
De nulle part, ni près ni loin.
Pour elle et pour lui rendre soin
Je consens à être captif
Là-bas au pays sarrasin.

Il dit vrai celui qui m'appelle
Le désireux d'amour lointain,
Car nulle autre joie ne révèle
Que jouir de l'amour lointain,
Mais tous mes voeux sont inutiles
Et je suis voué à ce sort
D'aimer toujours sans être aimé.

Jaufré RUDEL