dimanche 31 janvier 2010

Spécial Lulu


Une pas trop "customisée" par la ménagerie... l'avantage des carrés, c'est qu'on peut remplacer ceux qui ont trop souffert...
J'attend de voir tes autres...
PP

J.D Salinger - L' Homme Hilare (3)

L'Homme Hilare n'avait pas son pareil pour coller son oreille au sol et détecter les confidences, mais il n'avait jamais pu découvrir les secrets professionnels des bandits. Il s'en moquait d'ailleurs, et un beau jour, il mit sur pied un système à lui, bien plus efficace.
Il commença d'abord, sur une petite échelle, par opérer en franc-tireur dans la campagne chinoise, volant, assommant, assassinant seulement quand c'était absolument nécessaire.En très peu de temps, ses ingénieuses méthodes criminelles, alliées à un singulier amour de la loyauté, le rendirent populaire et il devint cher au coeur du pays.
Pourtant, fait étrange, ses parents adoptifs (les bandits qui l'avaient à l'origine poussé au crime) furent les derniers à avoir vent de ses exploits. Quand ils les connurent, ils furent malades de jalousie.Une nuit, ils défilèrent un à un devant le lit de l'Homme Hilare, croyant l'avoir endormi profondément avec une drogue., et ils massacrèrent à coups de machettes la silhouette qui se dessinait sous les couvertures. La victime s'avéra être la mère du chef des bandits, une mégère désagréable et chicanière. Cela ne fit bien sûr que rendre les bandits plus avides encore du sang de l'Homme Hilare, et, en définitive, il se vit obligé d'enfermer toute la bande dans un mausolée profond mais gentiment décoré. Ils s'évadaient de temps en temps et lui donnaient du fil à retordre, mais il se refusait à les tuer. (C'est ce côté charitable du caractère de l'Homme Hilare qui me rendait complètement cinglé.)
Bientôt, l'Homme Hilare prit l'habitude  de franchir régulièrement la frontière chinoise pour entrer à Paris, en France. Là, il s'amusait à opposer avec modestie son immense génie à Marcel Dufarge, le fameux détective international, remarquablement intelligent mais poitrinaire. Dufarge et sa fille (une exquise jeune fille quoiqu'un peu faux-jeton) devinrent les pires ennemis de l'Homme Hilare. De temps à autre, ils essayaient de l'attirer jusqu'à la porte du jardin. Par goût du risque, l'Homme Hilare les accompagnait jusqu'à mi-chemin puis il disparaissait, le plus souvent sans même laisser une explication plausible quant à la manière dont il s'échappait. De temps à autre, aussi, il postait, par les bouches d'égouts de Paris, un incisif petit billet d'adieu qui arrivait en un rien de temps à Dufarge. Les Dufarge passaient un temps fou à patauger un peur partout dans les égouts de Paris.
Bientôt, l'Homme Hilare amassa la plus énorme fortune personnelle du monde. Il en donnait la majeure partie, sous forme de contribution anonyme, aux moines d'un monastère local, d'humbles ascètes qui avaient consacré leur vie à l'élevage de chiens policiers allemands. Avec ce qui lui restait de sa fortune, l'Homme Hilare achetait des diamants qu'il cachait en passant, dans des grottes d'émeraude, sous la mer Noire. Ses besoins personnels étaient minimes. Il vivait exclusivement de riz et de sang d'aigle, dans un minuscule cottage avec gymnase souterrain et salle d'armes, sur la côte venteuse du Tibet. Quatre acolytes avuglément dévoués vivaient avec lui: un loup des bois bavard et retors nommé "Aile Noire", un adorable nain nommé Omba, un géant mongol nommé Hong (sa langue avait été brûlée par les Blancs), et une splendide eurasienne qui, par amour hélas non partagé pour l'Homme Hilare, et par souci de sa sécurité personnelle, avait quelque fois une fâcheuse propension au crime. L'Homme Hilare donnait ses ordres à la bande à travers un écran de soie noire. Personne, pas même Omba, le nain adorable, n'avait le droit de voir son visage....

A demain....

Faisons un rêve (3)

Le rêve comme transformateur
Il ressort néanmoins un trait commun de ces récits que les mythes rapportent : les rêves ou les visions sont de puissants transformateurs de culture, voire de civilisations. Dans les temps historiques nous ne pouvons oublier le rôle que jouèrent les visions et les rêves dans la vie du Prophète Mohammad. Et ce fut la naissance de l’Islam.
C’est dire la formidable puissance emmagasinée par le rêve et dont le développement façonne une tranche d’histoire.
Fort justement Michel Jouvet affirme : « Gardien et programmateur périodique de la part héréditaire de notre personnalité, il est possible que chez l'homme, le rêve joue également un rôle prométhéen moins conservateur. En effet, grâce aux extraordinaires possibilités de liaisons qui s'effectuent dans le cerveau au moment où les circuits de base de notre personnalité sont programmés, pourrait alors s'installer un jeu combinatoire varié à l'infini — utilisant les événements acquis — et donnant naissance aux inventions des rêves, ou préparant de nouvelles structures de pensée qui permettront d'appréhender de nouveaux problèmes. » (2)
On ne peut mieux faire apparaître le rôle psychopompe du rêve et c’est un physiologiste qui l’affirme.
Le rêve met trois acteurs en relation : le rêveur bien entendu, un interprète et un groupe ethnique.
Rêveurs et interprètes revêtent des caractéristiques spécifiques — rois, ascètes, prophètes, etc. — qui les rendent remarquables aux yeux du groupe.
On retrouvera ces éléments dans de nombreuses ethnies, tant en Afrique qu’en Inde, en Asie ou chez les Amérindiens. Ces rêves ne peuvent être confondus avec les rêves personnels que chacun de nous peut collecter au matin. Ce sont ce que C. G. Jung a appelé des « grands rêves ».
Cette fonction « prophétique » du rêve n’a pas disparu dans l’enfer des technologies et du rationalisme technique...
2. Histoire naturelle du rêve, fonctions du rêve, conférence de Michel Jouvet, in http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/jouvet/histoire_naturelle/p11.html.
Les rêves
Par Illel Kieser El Baz,
Psychothérapeute, Psychologue clinicien
Toulouse, France

samedi 30 janvier 2010

OH ! AÏE, AÏE!!!

Un site hébergeur???? Késaco???J'y comprend que pouic!!
Je récapitule:
1/J'ai un (des )CD , à moi, qu'un copain m'a fait , plein de belles chansons qu'on trouve pas sur You Tube ni ailleurs.
2/ Je les ai enregistrées sur l'ordi.
3/ Je voudrais vous les faire écouter.
4/ Pourquoi je peux pas les importer comme les images?
5/ Désolée d'être aussi cruche.
6/ Merci de m'aimer comme ça quand même
7/ Bises
PP

HELP!

Quelqu'un pourrait-il m'expliquer comment importer sur ce blog de la musique depuis "ma musique".
J'ai plenty de trucs chouettes qui ne sont pas sur you tube, que j'ai enregistré sur le computer et je ne trouve pas le moyen de les envoyer ici.
ok , je suis pas fut fut!!! soyez indulgents (tes)
et merci d'avance
mais peut-être que ce n'est pas possible....

PP

Et c'est reparti !!!!!


Dis Papa, c'est quand l'été????

J.D Salinger - L' Homme Hilare (2)

Chaque après-midi, quand il commençait à faire assez sombre pour qu'une équipe perdante en profite pour multiplier les coups-francs et les hors-jeux, nous, les Comanches, nous en remettions entièrement et égoïstement au talent de conteur d'histoires de notre Chef. A ce moment-là, nous nous transformions régulièrement en une meute survoltée et coléreuse, pour nous emparer, à coups de poing ou à grands coups de gueule, des sièges du bus les plus proches du Chef (le bus avait deux rangs parallèles de sièges paillés. La rangée de gauche avait trois sièges supplémentaires - les meilleurs du car - placés à la hauteur du conducteur). Le Chef ne montait dans le bus que lorsque nous étions tous installés. Il s'asseyait alors à califourchon sur son siège, et de sa voix monotone mais bien timbrée, il ouvrait un nouveau chapitre de "l'Homme Hilare". A partir du moment où commençait son récit, notre intérêt ne faiblissait plus. " L' Homme Hilare" était tout à fait l'histoire qu'il fallait à un Comanche.  Elle prenait même les dimensions d'un classique. C'était une histoire qui avait tendance à proliférer dans tous les sens, et qui restait pourtant facilement transportable. On pouvait toujours la ramener chez soi et la méditer, par exemple, dans l'eau de la baignoire.
Fils unique d'un couple de riches missionnaires, l'Homme Hilare avait été kidnappé tout bébé par des bandits chinois. Les riches missionnaires ayant refusé (par principes religieux) de payer la rançon de leur fils, les bandits, fous de rage, avaient placé la tête du petit dans un étau de charpentier et donné quelques tours de vis vers la droite. Le sujet de cette expérience unique, s'était retrouvé à l'âge d'homme avec un crâne chauve, étiré en pain de sucre, et un énorme trou ovale sous le nez, qui lui tenait lieu de bouche. Le nez lui-même n'était que deux narines closes. C'est pourquoi, à chaque respiration de l'Homme Hilare, l'orifice hideux et pitoyable qu'il avait sous le nez se dilatait et se contractait - du moins, c'est ainsi que je l'imagine - comme une monstrueuse ventouse. ( Le Chef mimait la respiration de son personnage mieux qu'il ne l'expliquait.) Les étrangers tombaient raides morts à la seule vue du visage horrible de l'Homme Hilare. Son entourage le fuyait. Assez paradoxalement, pourtant, les bandits le laissaient rôder dans leur quartier général pour peu qu'il gardât le visage caché sous un léger masque rouge fait avec des pétales de coquelicot. Ce masque ne servait pas uniquement à épargner aux bandits le spectacle du visage de leur fils adoptif, il leur permettait aussi de rester sensibles à ses allées et venues; en outre, il empestait l'opium.
Chaque matin, dans sa solitude extrême, l'Homme Hilare se glissait hors du repaire des bandits (il avait la démarche gracieuse du chat), et il s'enfonçait dans l'épaisse forêt alentour. Là il se liait d'amitié avec des animaux de toute espèce: des chiens, des souris blanches, des aigles, des lions, des boas constrictors, des loups. Qui plus est, il enlevait son masque, et leur parlait, dans leur propre langage, d'une vois mélodieuse et douce. Ils ne le trouvaient pas affreux.
(Le Chef mit des mois pour arriver à ce point de l'histoire. A partir de là, il se montra de plus en plus arbitraire dans les rebondissements, à la grande satisfaction des Comanches.)

(A demain....)



vendredi 29 janvier 2010

INFO-DERNIERE

J.D Salinger vient de partir rejoindre le troublant Seymour pour une éternelle partie de pêche au poisson-banane.
Aussi j'ai bien envie de vous infliger (par petites tranches) la nouvelle qui m'a donné envie de raconter des histoires aux petits enfants.
C'est "L'HOMME HILARE"

En 1928 - J'avais alors neuf ans - j'appartenais avec le maximum d'esprit de corps à une organisation connue sous le nom de Club Comanche. Les jours de classe, à trois heures de l'après-midi, nous étions vingt-cinq Comanches à être pris en charge par notre Chef, à la sortie de l'école communale 165, 109°rue, près d'Amsterdam Avenue. Nous nous entassions alors à coups de pied et à coups d'épaules dans le vieil autocar reconverti par le Chef, et il nous conduisait à Central Park (moyennant un arrangement financier avec nos parents). Le reste de l'après-midi, si le temps le permettait, on jouait au rugby, au football ou au baseball, ce qui dépendait (très élastiquement) de la saison. Les après-midi de pluie, le Chef nous emmenait invariablement au Muséum d'Histoire Naturelle, ou au Musée Métropolitain d'Art.
Le samedi et la plupart des jours de fête, le Chef passait nous prendre chez nous le matin, dans son bus bon pour la ferraille, et il nous emmenait hors de Manhattan vers ce qui nous semblait d'immenses espaces en plein air, le Parc Van Cortlandt ou les Palissades. Quand on avait le sport en tête, on allait au Parc Van Cortlandt où les terrains étaient aux mesures réglementaires, et où l'équipe adverse ne comportait ni poussette de bébé ni vieille dame irascible armée d'une canne. Lorsque nos coeurs de Comanches battaient pour le camping, on allait aux Palissades, et on en voyait de dures.(Je me rappelle m'être perdu un samedi, quelque part dans cette méchante bande de terrain qui va du poteau indicateur de Linit à l'extrémité ouest du pont George-Washington. Je ne perdis pas la tête pour autant. Je m'assis à l'ombre majestueuse d'un immense panneau publicitaire, et le coeur gros, j'ouvris mon panier à déjeuner pour casser la croûte, sachant vaguement que le Chef me retrouverait. Le Chef nous retrouvait toujours.)
Quand il ne s'occupait pas des Comanches, le Chef était John Gedsudski, de Staten Island. C'était un jeune homme de vingt-deux ou vingt-trois ans, très timide, très doux, étudiant en droit à l'Université de New-York, et dans l'ensemble un être extrêmement mémorable. Je n'essaierai pas de dresser ici la liste de tous ses exploits, de toutes ses vertus. Je dirai simplement en passant qu'il était chef scout, qu'il avait failli être élu Meilleur Demi de Mêlée Américain pour l'année 1926, et que tout le monde savait que l'équipe de Base-Ball des Géants de New-York l'avait invité à faire un essai. Il était l'arbitre calme et impartial de tous nos charivaris sportifs, un maître incontesté pour faire ou éteindre un feu, un secouriste expert et modeste.Tous autant que nous étions, du plus petit chenapan jusqu'au plus grand, nous l'adorions et le respections.
J'ai gardé très claire à l'esprit l'image du Chef en1928. Si les voeux étaient des centimètres, nous, les Comanches, l'aurions transformé en géant en un rien de temps. Mais les choses étant ce qu'elles sont, c'était un garçon râblé, d'un mètre soixante, soixante-deux, pas plus. Ses cheveux étaient très noirs, et plantés très bas, son nez était grand et bien en chair, et il avait le torse à peu près aussi long que les jambes. Dans son paletot de cuir, ses épaules étaient puissantes, mais étroites et tombantes. A l'époque pourtant, il me semblait que le Chef rassemblait harmonieusement la plupart des qualités photogéniques de Buck Jones, Ken Maynard et Tom Mix..... (à suivre)

La vie des hommes



Voici une petite histoire pas si étrange...
Jean Boudreau a commencé la journée tôt, ayant réglé son réveil-matin (fait
au Japon) à 6 heures..
Pendant que sa cafetière (faite en Chine) filtrait le café ( importé du
Sri Lanka ), il s'est rasé avec son rasoir (fait à Hong-Kong).
Puis il s'est habillé avec sa chemise (faite au Sri Lanka), ses jeans (faits
à Singapour) et ses chaussures (faites en Corée).
Après avoir cuit son petit déjeuner dans son nouveau poêlon (fait en
Inde)
agrémenté de fraises (de Californie)et de bananes (du Costa Rica), il s'est
assis, calculatrice en main(faite au Mexique), pour calculer son budget de
la journée.
En consultant sa montre (faite à Taiwan), il a synchronisé sa radio (faite
en Chine), puis est monté dans sa voiture (faite au Japon) pour continuer sa
recherche d'emploi, entre deux fermetures d'usines (en France)..
À la fin d'une autre journée décourageante, il décide de se verser un verre
de vin (fait en Californie) en écoutant Britney Spears (refaite aux USA!),
pour accompagner son dîner congelé (fait aux USA), met ses sandales (faites
au Brésil) et allume sa télévision (faite en Indonésie), et puis se demande
pourquoi il n'arrive pas à se trouver un bon job bien payé, pour 35h bien sûr ici en France...
Et garanti par le Saint Dika

Histoire (qui vient de Suède)... merci Lili!

jeudi 28 janvier 2010

Catherine Sauvage Est ce ainsi que les hommes vivent

Un jour, la terre pleurera, elle demandera grâce et versera des larmes de sang. Tu devras faire un choix: l'aider ou la laisser mourir; et quand elle viendra à mourir, tu mourras toi aussi.

John Hollow Horn -Sioux Oglala Lakota - 1932


mercredi 27 janvier 2010

L'humeur du jour...

Le string:

Et la burkah:


Deux manières d'aliéner les femmes....
PP

ALMANACH MERVEILLEUX - JANVIER - Semaine 4 – jour 5- C'est pour rire


Quand l’homme eut inventé la selle, il s’aperçut que le plus dur restait à faire : attraper le cheval.
François CAVANNA

lundi 25 janvier 2010

Faisons un rêve (1)

Les rêves
Les rêves et les images intérieures occupent une place primordiale dans l’Histoire et dans le monde depuis probablement la naissance de cette tranche-ci d’humanité.
Cependant leur existence pose toujours problème, la science a, certes, démontré que l’homme rêvait — on le sait depuis près de 100 000 ans — mais n’a rien apporté de neuf quant au contenu du rêve.
Freud a voulu donner une approche scientifique du rêve en fondant des interprétations sur une grille contenue dans la théorie psychanalytique.
Jung, de son côté, tenta une autre approche, par une contribution qu’il voulut moins réductrice en diversifiant les polarités de la libido et en attribuant aux rêves un rôle jusque-là ignoré. Le rêve aurait pour fonction d’établir une communication entre la conscience et l’inconscient et pour but, le rétablissement d’un équilibre dynamique de l’un à l’autre. Ce dernier ayant pour finalité de rendre plus fluide l’immersion du conscient dans la réalité. C’est supposer que conscient et inconscient aient l’un et l’autre un projet.
En France, la polémique, née au lendemain de la rupture de ces deux géants de la psychanalyse, sévit toujours entre les deux écoles issues de ces pères fondateurs.
Du côté de la neurologie et de la physiologie, rien de neuf n’a été apporté de particulier depuis les années 70, avec la découverte des phases du sommeil. On exploite au maximum les découvertes de M. Jouvet à des fins médicales, mais la recherche fondamentale stagne par manque de moyens mais, probablement aussi, par manque d’intérêt pour les rêves. On sait que l’on rêve, scientifiquement parlant, mais nul ne sait ce dont le chat, le singe ou l’homme rêvent, ni pourquoi tel rêve survient plutôt que tel autre. Or c’est ce qui fascine le plus et c’est aussi ce qui a laissé des traces dans l’Histoire. Cela les neurologues et autres physiologistes semblent ignorer.
Force nous est de revenir à l’empirisme de la pratique quotidienne, nous basant sur une écoute attentive du langage du rêve qui faciliterait une meilleure dialectique conscient/inconscient. C’est l’essentiel de la pratique psychothérapeutique ou psychanalytique.
Cela suppose d’emblée l’existence de deux zones, au moins, de la psyché humaine : l’inconscient, le conscient et qu’il existe des communications permanentes entre ces couches de la psyché humaine.
Outre les rêves, les échanges entre la conscience et d’autres zones de la psyché, surviennent — apparaissent à la conscience — des images ou visions dont la trame est plus ou moins élaborée, à des moments particuliers que la physiologie a également très peu étudiées. Suivant les écoles, les modes et la culture, on les nomme fantasmes, fantaisies, images, visions, hallucinations...
Parler de fantasme, en français, c’est laisser supposer qu’il s’agit d’une production tout à fait trompeuse, mensongère, fruit de l’imagination, en somme quelque chose qui n’a ni consistance ni intérêt sinon comme production névrotique. C’est dire que ces productions de l’imaginaire ne suscitent que suspicion et méfiance.
Pourtant la « réalité » de ces images jalonne l’Histoire et, parfois, la forge. Si l’on parle de vision, Dieu n’est pas loin.
On admet pourtant que ces productions sont aussi en relation avec le processus créatif.
Hors du processus névrotique, ces images intérieures seraient donc tout à fait exceptionnelles, survenant à des moments exceptionnels chez des êtres d’exception ou dont la fonction culturelle est spécifiques — artistes, inventeurs...
On comprend que le rêve, cantonné à la vie nocturne, puisse faire l’objet d’une attention pour les spécialistes du cerveau. Au moins entre le jour et la nuit, la veille et le sommeil, la frontière est très nette.
On étudie les abysses de l’océan, on explore les recoins les plus inattendus de la planète, on peut accorder quelque attention à la vie nocturne ou une à activité psychique durant le sommeil, même si les termes activité et sommeil paraissent antinomiques.
De là à passer un seuil et supposer l’existence d’une activité parallèle à celle de la conscience, il y a un abîme. Pour Michel Jouvet, d’un point de vue purement physiologique ce ne sont pas les mêmes zones qui sont concernées par l’activité diurne et l’activité nocturne. On peut donc supposer sans trop de risques qu’il en est de même en ce qui concernent les fantaisies de la psyché.
Fantasme que tout cela ! Illumination de mystique ! C’est l’opinion qui domine.
Forçant un peu l’attention du lecteur, on finira par lui faire accroire l’existence de quelques visions passagères et fugaces qui traversent la conscience. Et l’on admettra aussi bien que cela concerne les sens de la vue. Nous l’avons compris, fantasme, vision, image, pour peu que l’on en admette l’existence, se présentent sous forme visuelle.
Rien n’est moins sûr ! L’expérience nous amènerait à penser que les cinq sens sont concernés. Dans ce cas, pouvons-nous parler d’images ? Bien sûr, car il s’agirait de représentations, de fantaisies et ces particularités du processus psychique peuvent tout aussi bien affecter la vue que le toucher, l’olfaction ou l’ouïe, le goût pourquoi pas.
De nombreux témoignages vont dans ce sens et il suffit parfois de faire une enquête sommaire autour de soi pour constater que la vie psychique peut, en effet, revêtir bien des aspects.

Illel Kieser El Baz - Psychothérapeute, Psychologue clinicien - Toulouse

dimanche 24 janvier 2010

Belle au bois dormant Once upon a dream(french) J'en ai rêvé

L'eau qui mouille la chandelle,

Tombe aussi en la javelle.




LES BIJOUX


La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise;

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passait devant mes yeux clairvoyants et sereins;
et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unies par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe!

-Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre!

Charles BAUDELAIRE
"Vous me croirez si vous voulez: un élève des bons pères comprend mieux que personne certaines réactions communistes."

François MAURIAC

samedi 23 janvier 2010

LIRE et RELIRE

Marguerite YOURCENAR - Anna, soror... (NRF 1981) Une des trois nouvelles parues dans "La mort conduit l'attelage", un recueil édité en 1935. Marguerite Yourcenar l'avait écrite dix ans plus tôt; elle avait 22 ans. Elle raconte, dans l'Italie du XVI° siècle, près de Naples, la passion qui consume Miguel et Anna, le frère et la soeur. C'est dans une langue simple, puissante, parfaite, le chant d'un amour interdit. PP

Handel - Sarabande

mercredi 20 janvier 2010


Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.


Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.


La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.


Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.


Pierre de MARBEUF - (Recueil de vers, 1628)

La Mer. Charles Trénet

mardi 19 janvier 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - JANVIER - Semaine 3 – jour 4- LUSTUKRU!


« La graisse de liposuccion : un carburant d’avenir »
Courrier International, numéro 949
Courrier International publie un article de The Independent, qui annonce qu’« un chirurgien plasticien de Beverly Hills (Etats-Unis) assure avoir trouvé un moyen écologique de concilier deux grandes obsessions des Américains en faisant rouler son 4 x 4 avec la graisse prélevée sur ses patients lors de liposuccions ».
Le quotidien britannique note ainsi que le Dr Alan Bittner « a indiqué qu’il avait effectué quelque 7 000 opérations de liposuccion et que 1 litre de graisse humaine équivaut sensiblement à la même quantité de biocarburant ».
The Independent relève que « selon les scientifiques, il n’y a pas de raison que la graisse humaine ne puisse pas être transformée en biocarburant, car elle contient les mêmes triglycérides que les graisses animales, qui sont déjà utilisées à cette fin ».
Le journal observe toutefois que « l’usage de déchets médicaux humains pour alimenter des véhicules – ou à toute autre fin commerciale – est généralement illégal, et la clinique du Dr Bittner a été perquisitionnée par les services sanitaires de Californie ».
The Independent précise que le chirurgien plasticien « n’est plus là pour jouir de sa toute fraîche notoriété. […] Il a cessé d’opérer à Beverly Hills et s’est, semble-t-il, envolé pour l’Amérique du Sud ».

Catherine Le Forestier : La Petite Fugue

mardi 12 janvier 2010

Antonio Gades.El Amor Brujo. Danza del Fuego Fatuo

LA SORTIE DE PATRIARCAT

- Jacques ARENES, psychanaliste (3)
Les psychanalystes ont, s'ils souhaitent continuer à défendre et à approfondir une anthropologie des différences, à penser des différences qui ne soient plus seulement fondées sur le paradigme masculin. Freud se contente ainsi d'étudier ce qui se passe chez l'homme pour en réduire douloureusement, et difficilement ce qui concerne les femmes. Pour Freud, la femme est « un petit garçon jusqu'à la puberté, un être châtré, un être humain au surmoi faible, moins capable que l'homme de sublimation, un être humain dont le destin est fermé à partir de trente ans. » Il part de la constatation embryologique de l'existence de formations embryonnaires doubles chez tout être humain pour affirmer que tout être humain est bisexué. Le clitoris et le pénis sont issus du même bourgeon embryonnaire, ce qui amène Freud à postuler que le clitoris – qui fait pourtant partie intégrante des organes féminins – n'est qu'un pénis atrophié. La petite fille qui se masturbe a donc, pour lui, une sexualité de type masculin, ce qui entraîne son affirmation que la fille est un garçon jusqu'à la puberté. Il s'ensuit que le devenir femme sera conditionné par le négatif : ce à quoi il faut renoncer pour devenir une femme. Le « phallocentrisme » freudien – il n'y a qu'un organe sexuel, le phallus – entraîne une mise en perspective de la problématique sexuelle sur le modèle « en avoir ou pas », qui ne peut que dériver vers des situations où prévaut la rivalité pour acquérir le symbole indépassable de la complétude narcissique, le phallus. « Le pénis, sous le nom de phallus, devient le symbole de la complétude narcissique, comme si un être n'était entier que s'il était pourvu d'un pénis. » Colette Chiland évoque avec justesse la dimension plus profonde d'une castration proprement féminine, soutenue, par exemple, par l'angoisse d'être ou ne pas être aimée, de ne pouvoir être féconde, et ce afin de sortir de l'aspect asséchant et réducteur de la symbolique phallique.
Le psychiatre et psychanalyste américain Robert Stoller a beaucoup réfléchi à la question de l'identité sexuelle, notamment dans ses études remarquables à propos des transsexuels. Il a développé à cet égard une théorie tout aussi moniste que celle de Freud pour modéliser le développement psychosexuel. Pour Stoller, le modèle est féminin : l'identité du garçon comme de la fille est tout d'abord féminine. La première identité se constitue dans la première symbiose avec le corps maternel. Il s'agit alors, pour le garçon, de se désidentifier de la mère. Le transsexualisme se jouerait ainsi en relation avec les aléas de cette désidentification.
D'autres auteurs, comme Alberto Eiguer, ont tenté de sortir du monisme freudien pour introduire une théorie dualiste qui laisse la place, à côté de l'hypothèse de la castration phallique chère à Freud, à une castration vaginale. « Si les femmes sont phalliquement castrées, les hommes manquent quant à eux d'un certain nombre d'attributs. Ils sont par exemple incapables d'enfanter. Il faut donc avancer l'idée d'une autre castration, celle du féminin, qui inclut évidemment cette impossibilité d'enfanter sans s'y réduire. »
A demain...

lundi 11 janvier 2010

La sortie du patriarcat de Jacques Arène , psychanaliste - Suite

Le masculin comme modèle
Pendant bien des siècles, le dénigrement de la femme par le monde patriarcal  a entériné ce que Françoise Héritier appelle « la valence différentielle des sexes ». Point n'est besoin de remarquer que se règlent aujourd'hui des comptes par rapport une situation ayant perduré depuis le début de l'histoire humaine. La période actuelle, avec la grande révolution du féminisme, date de quelques dizaines d'années seulement. Les jeunes femmes qu'un psychanalyste est amené à entendre aujourd'hui ont ainsi souvent une imago maternelle ou « grand-maternelle » profondément différente de ce que leur propose leur Idéal du Moi voué au travail de la culture actuelle. Une jeune femme peut ainsi avoir une image de mère, plus souvent de grand-mère, passive voire soumise, cantonnée dans l'exercice limité territorialement du pouvoir domestique. La problématique de rapport au manque se jouant dans l'hystérie telle qu'elle fut étudiée par Freud, se conçoit tout à fait dans une culture où le désir féminin ne peut se déployer que dans les obscurités de la plainte d'abord somatique. Cette jeune femme consultant aujourd'hui a à se débrouiller avec la passivité, le silence, des générations précédentes. Mais les hommes doivent encore plus inventer un rapport praticable à des imagos masculines possibles : comment, pour eux, se situer face à la prévalence des valeurs féminines, notamment pour ce qui concerne la famille et la conjugalité ?
... A demain....

dimanche 10 janvier 2010

La sortie du patriarcat (2)

De Jacques ARENES, psychanaliste

Les valeurs classiquement féminines prévalent dans notre société : l'écoute, l'accueil inconditionnel de l'enfant, le désir de compréhension et de négociation. Cela est aussi vrai dans la vie familiale entraînant une dérive psychologisante. Une parole d'autorité, sûrement souvent maladroite, mais imprimant un style plus en rupture avec l'idéal de négociation, une intervention brusque seront perçues comme « traumatisantes ». Certains hommes font des « efforts » méritoires pour coller à l'image réclamée par leur compagne, s'efforçant d’entrer dans un faux-self en partie imposé. Ils y arrivent parfois, au prix de faux-semblants, ce qui ne manque pas d'être souligné par la dite compagne comme un élément supplémentaire de leur manque d'enthousiasme ou de désir vrai. D'autres sont réellement perdus, comme s'ils ne se retrouvaient pas dans l'apprentissage de la « grammaire » féminine. D'autres, enfin, entrent dans une éternelle guerre de tranchée. Tous les hommes ne sont pas pris d'assaut par la critique féminine, mais cette tendance est manifeste dans les couples en souffrance. En tout état de cause, une partie des hommes a peur des femmes : elles leur apparaissent plus sûres d'elles, mieux armées. Les femmes, quant à elles, expriment un manque, une attente parfois désespérée, mettant en scène les figures de l'insatisfaction : conjoints qui ne parlent pas, qui ne se soucient pas de vivre avec elles dans une réelle relation d'échange, qui ne font pas de projets pour l'avenir ; conjoints peu présents, trop violents, agressifs, insituables. Dans un mouvement ambivalent, elles ne les tolèrent pas davantage dans une masculinité « classiquement » manifestée. Conjoint qui résiste surtout au désir d'enfant. Car, la femme est souvent le moteur du désir d'enfant. Ce désir se trouve plus souvent caché chez l'homme. Traditionnellement, il s'enracinait dans un rapport à la transmission. Ce désir de transmettre existe toujours, mais d'une manière voilée. La parentalité est ainsi de plus en plus « monopolisée » par la femme, qui s'estime souvent seule garante de l'orthodoxie parentale. Le discours féminin est d'ailleurs souvent assez disqualifiant sur les compétences parentales de l'homme. Cette insatisfaction, figure principale du désir, colore une situation difficile, voire impossible. Quel est donc le moteur de cette insatisfaction féminine ? Que cache cet emportement devant la rudesse masculine, le manque masculin de finesse ? Quel est le ressort de cette stigmatisation, parfois excessive, de la perversion et de la violence masculine, ou de cette dénonciation de l'absence, de la fuite masculine ? Comment sortir de ce paradoxe moderne dans lequel la différence des sexes est en partie niée, alors qu'elle est vécue au jour le jour sans la nommer ? Comment surtout trouver une « gestion » de la différence compatible avec l'égalité des droits ?
A demain....

vendredi 8 janvier 2010

jeudi 7 janvier 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - Janvier- Jour 6- semaine 1- LA MUSE S'AMUSE


Jours croissants,
Froid cuisant.

CHANSON
DE FORTUNIO





Si vous croyez que je vais dire


Qui j'ose aimer,

Je ne saurais, pour un empire,

Vous la nommer.




Nous allons chanter à la ronde,

Si vous voulez,

Que je l'adore et qu'elle est blonde

Comme les blés.




Je fais ce que sa fantaisie

Veut m'ordonner,

Et je puis, s'il lui faut ma vie,

La lui donner.




Du mal qu'une amour ignorée

Nous fait souffrir,

J'en porte l'âme déchirée

Jusqu'à mourir.




Mais j'aime trop pour que je die

Qui j'ose aimer,

Et je veux mourir pour la mie

Sans la nommer.





Alfred DE MUSSET (1810-1857)

Natalie Dessay - Les Oiseaux dans la Charmille (Bastille)

La sortie du patriarcat



Par Jacques Arènes, psychanalyste

Nous sommes, en Occident, sortis de millénaires de patriarcat. Les positions relatives du masculin et du féminin évoluent dans un contexte de remise en cause, voire de suspicion de la donne précédente, entachée des excès du patriarcat. C'est le cas dans la famille, dans la vie de couple. Progressivement une anthropologie se met en place qui gomme ou nie la différence des sexes. Tout au contraire, dans les domaines culturel et politique, la réflexion sur les différences fonde un appel à la tolérance et à l'accueil de l'autre : elle sert un travail d'altérité. D'une manière paradoxale, derrière cet apparent estompage des différences, se noue une situation inédite de conflit latent, voire de guerre entre les sexes. Les hommes sont sur la défensive. Ils se sentent remis en cause. Nombre d'entre eux entreprennent de consulter un psychanalyste sur la demande ou sur l'injonction de leur compagne qui leur reproche leur manque d'initiative, de parole, de présence, ou, au contraire, une présence inadéquate. Par ailleurs, le cabinet du « psy » bruisse de l'amertume féminine ; combien de femmes, jeunes ou moins jeunes, se plaignent, au cours de leur psychothérapie ou de leur psychanalyse, du manque de soutien, de parole et de présence masculines. Les hommes fuient, répugnent à s'engager dans une relation durable, et se révèlent mentalement absents quand ils sont physiquement présents. Les femmes, quant à elles, expriment une demande paradoxale dans laquelle elles s'attendent à ce que le conjoint prenne sa place bien spécifique d'homme, d'amant et de père, tout en tolérant mal – pour une partie d'entre elles en tout cas – que cette spécificité masculine se manifeste d'une manière trop marquée.
.......A demain....

mercredi 6 janvier 2010

mardi 5 janvier 2010

Je vis rougir son blanc poli ivoire

Et cliner plus humainement sa vue,
Quand je lui dis: Si ta rigueur me tue,
En auras-tu, cruelle, quelque gloire?

Lors je connus, au moins je veux le croire,
Qu' amour l'avait atteinte à l'imprévu:
Car elle, éprise, et doucement émue,
Par un souris me promit la victoire.

Et me laissant baiser sa blanche main,
Me fit recueil si tendrement humain,
Que d'autre bien depuis je n'ai vécu.

Mais éprouvant un trait d'oeil, sa douceur
Si vivement me vint toucher au coeur,
Que, pensant vaincre, enfin je fus vaincu.

Ponthus de TYARD